NON RECONNU

NON RECONNU

Commentaire sur le livre de
STEVEN M. GREER, m.d.

*…une organisation secrète qui fût lancée dans les années
1940 par le président Truman. Ce groupe d’individus, alors
connu sous l’appellation MAJESZTIC-12, avait pour tâche
essentielle de dissimuler au grand public la vérité concernant
la découverte la plus incroyable de l’histoire du monde-
celle des ovnis et de l’existence d’une vie extra-terrestre. *
(Extrait de NON RECONNU, Steven M. Greer, Arianne
éditions, 2017, édition de papier avec annexes, 400 pages)

Résolus à faire toute la lumière sur la présence extraterrestre et son camouflage par les autorités, Steven Greer et ses témoins fournissent de surprenants détails sur ce chapitre non reconnu de notre histoire ainsi que sur les systèmes énergétiques et antigravitationnels, les bases lunaires, et sur les technologies qui nous ont été si longtemps et si délibérément dissimulées (et qui, par ailleurs, n’ont toujours pas été brevetées). Pourtant ces technologies pourraient radicalement transformer notre monde…à condition de favoriser leur introduction sur le marché libre.

                                                        UN EXPOSÉ DU SECRET LE MIEUX GARDÉ AU MONDE
*Les ovnis sont à la fois de nature extraterrestre et
humaine. Ceux qui travaillaient sur les ovnis
n’avaient pas un seul instant de répit-et T.
Townsend Brown était l’un de ceux qui étaient
le plus au courant avec les allemands. De la
sorte, nous avions un problème- nous devions
garder le secret absolu sur ce que Townsend
faisait dans le domaine du champ antigravitationnel
et de la propulsion électromagnétique.
(Extrait du témoignage de Dan Morris, NON RECONNU)

Quant au secret entourant l’existence des ovnis et aux bassesses atteintes pour le préserver (meurtres, disparitions, menaces, harcèlement, atteinte à la réputation, etc) ce livre ne nous apprend pas vraiment quelque chose de neuf. Je l’ai trouvé toutefois quelque peu novateur en ce qui concerne l’argumentaire et à l’objectif initial du livre qui n’est pas de nous convaincre de l’existence des ovnis mais bien de mettre fin à la désinformation et de dénoncer l’absurdité de l’argument voulant que les peuples de la terre ne sont pas prêts à entendre la vérité sous prétexte qu’il serait trop compliqué de gérer la panique générée par le dévoilement de secrets dont tout le monde se doute finalement : *Je crois aussi que le monde est prêt; les gens croient à l’existence des ovnis et des phénomènes extraterrestres. Le monde est prêt à entendre la vérité et nous sommes tous fatigués de ces petits jeux.* (Extrait) Le livre donne un très bon aperçu de ce que *ces petits jeux* ont coûté à la société en termes de vies, de détournement de fonds, de pression psychologique et d’infrastructures coûteuses pour préserver ces secrets.

Donc ce livre est un vibrant plaidoyer contre la désinformation et celle-ci est tenace : <Nous saurons que notre programme de désinformation est achevé lorsque tout ce que croira le public américain sera faux> (propos de l’ex-directeur de la CIA, William Casey, extrait de NON RECONNU). Quant aux idées développées dans ce livre et qui sont issues des différents témoignages, plusieurs sont archi-connues, d’autres sont un peu plus creusées. Par exemple, je cite l’idée que des gouvernements fantômes hors de tout contrôle politique et financier préservent le secret de l’existence des ovnis pour cacher les découvertes technologiques qui en découlent en matière de transport (anti-gravité, énergie propre) et de santé. Ces secrets dévoilés au grand public pourraient induire des pertes financières colossales à l’industrie pétrolière et pharmaceutique entre autres sans compter un tas de produits coûteux qui deviendraient obsolètes. De la façon dont il est présenté et développé, l’argument est intéressant.

Une petite chose m’agace. Le livre rapporte une grande quantité de gestes posés pour empêcher que les secrets soient dévoilés. Ces gestes sont criminels évidemment et sont mentionnés dans presque tous les témoignages. Je les ai mentionnés plus haut, les plus importants étant les meurtres, disparitions, pression psychologique, pertes d’emplois, dégradation et des menaces constantes. Ce qui m’étonne en fait, c’est qu’on ait pu publier autant de témoignages alors que les témoins sont encore vivants et semblent sains d’esprit. L’auteur lui-même en sait tellement que je m’étonne qu’il soit encore vivant à près avoir enfreint à ce point la loi du silence. À ce titre, le livre manque de nuances et sa crédibilité en souffre un peu. J’ai trouvé ce livre extrêmement redondant avec de multiples répétitions, souvent dans la même page, des témoignages extrêmement ressemblants. Éliminer toutes ces redondances équivaudrait à une cure d’amaigrissement de 25%. C’est mon évaluation en tout cas.

Si vous vous arrêtez essentiellement au caractère spectaculaire des témoignages, vous risquez de trouver l’ensemble indigeste avec des répétitions qui rappellent un peu le refrain d’une chanson et je ne suis pas du tout certain que tous les témoignages sont fiables. En lisant entre les lignes, je crois que le livre ne fait pas vraiment la lumière sur la présence extra-terrestre mais lève plutôt le voile sur le camouflage de la vérité par les autorités. Ce livre est finalement une dénonciation de la désinformation. Dans son recueil d’AFAIRES ÉTRANGES, Joslan F Keller écrit : *L’essor de masse d’internet et des médias sociaux nous a convaincus facticement que toutes les opinions se valent et que l’information est à portée de tous. Rien n’est moins vrai. Il est donc urgent de former de nouveau les individus au doute, à l’esprit critique et à la validation de l’information* (Extrait : AFFAIRES ÉTRANGES, Joslan F Keller, Scrinéo, 2018, num.)

Ce livre pourrait peut-être contribuer à faire éclater la vérité un jour prochain. En tout cas, il pousse à la réflexion…

Steven M.Greer est un médecin américain, ufologue et théoricien de la conspiration. Née en 1955, il vit avec sa femme et ses quatre filles en Virginie. Spécialiste en médecine traumatique, Greer est l’ancien président du département d’urgence de médecine du « Caldwell Memorial hospital » en Caroline du Nord. Il a fondé en 1993 le projet « Disclosure » (Le projet révélation).

Une organisation à but non lucrative qui a pour mission de rendre publique toute information sur les ovnis et de lutter contre la désinformation et l’ostracisme des gouvernements sur le phénomène extra-terrestre. Cette organisation regroupe des scientifiques, des militaires, des membres de la CIA et des hauts fonctionnaires américain.  Steven M.Greer soutient que les gouvernements américain et anglais entretiendraient depuis longtemps des échanges secrets avec des extra-terrestres et qu’ils cacheraient à l’humanité l’existence d’une nouvelle énergie capable de remplacer le pétrole et de régler les problèmes d’environnement liés à la surexploitation d’hydrocarbures et de l’effet de serre.

À l’appui des thèses de Steven M. Greer, un militaire membre du projet révélation aurait déclaré: « Certains nous ressemblent beaucoup, certains pourraient être parmi nous sans qu’on s’en rende compte », en ajoutant que 57 espèces extraterrestres avaient jusqu’alors été dénombrées. Un autre témoignage détaille l’implication de plusieurs entreprises sous contrat avec l’État américain dans la recherche et le développement de la technologie à contrôle gravitationnel depuis les années 1950. Ils se disent tous prêts à témoigner sous serment devant le congrès américain. Le docteur Steven M.Greer exige la fin du silence et surtout la fin du complot.

Bonne lecture
Claude Lambert

Le samedi 6 mars 2021

LE TOUR D’ÉCROU

LE TOUR D’ÉCROU

Commentaire sur le livre d’
HENRY JAMES

*Pour que je m’assurasse de l’identité positive de l’apparition, il aurait fallu que l’heure de l’action eut sonné à la pauvre horloge de mon courage ; en attendant… je transférai mon regard sur la petite Flora… Un instant, mon cœur cessa de battre, de terreur et d’anxiété, tandis que je me demandais si elle aussi voyait quelque chose ; et je retenais mon souffle, attendant ce qu’un cri, ce qu’un signe naïf et subit, soit de surprise, soit d’alarme, allait me révéler. (Extrait : LE TOUR D’ÉCROU, Henry James, storylab Editions, édition numérique de 2014, 120 pages)

Le huis-clos d’une vieille demeure dans la campagne anglaise. Les lumières et les ombres d’un été basculant vers l’automne. Dans le parc, quatre silhouettes : l’intendante de la maison, deux enfants nimbés de toute la grâce de l’innocence et l’institutrice à qui les a confiés un tuteur désinvolte et lointain. Ils sont quatre. Mais ne seraient-ils pas six si on compte Quint et miss Jessel, les fantômes de serviteurs dépravés qui veulent attirer dans leurs rets les chérubins envoûtés ? Ou les fantasmes d’une jeune fille aux rêveries nourries de romanesque désuet. Henry James a tout mis en place pour égarer le lecteur qui n’y prendra garde, oscillant entre le rationnel et le surnaturel.

TORDU ET DÉRANGEANT
*Je ne pouvais continuer qu’en faisant
confiance à la «nature» en considérant
que ma monstrueuse épreuve était certes
une incursion dans une direction
inhabituelle et déplaisante, mais exigeait
seulement…pour y faire front, de donner
un tour d’écrou supplémentaire aux vertus
humaines*
(Extrait: LE TOUR D’ÉCROU)

C’est un livre étrange, ambigu avec un petit quelque chose de tordu, voire pervers et il y a trop de secrets cachés, de non-dit dans cette histoire pour éclaircir le mystère dans son ensemble. L’auteur laisse le lecteur à lui-même, avec son libre arbitre toutefois… voyons un peu le tableau : la narratrice, dont on ne sait même pas le nom (l’auteur n’a pas jugé bon de le préciser, comme beaucoup d’autre choses d’ailleurs) s’installe dans le vieux manoir de Bly, à titre de gouvernante, pour prendre soin de deux enfants, en apparence adorables : Miles et sa sœur cadette Flora. La vie suit son cour pour un temps très court car des évènements bizarres viennent perturber la nouvelle gouvernante : des apparitions…deux spectres : celui de Peter Quint, un ancien Valet de Bly et Miss Jessel, la gouvernante décédée peu avant l’arrivée de la narratrice qui a pris sa place.

À sa grande stupéfaction, la narratrice constate que les fantômes manifestent une attirance pour les enfants, une attirance qui a l’air coupable, morbide, peut-être même sexuelle…à moins que la narratrice devienne obsédée et verse dans le délire. Pour la nouvelle gouvernante, c’est clair : les fantômes cherchent à pervertir l’innocence de ces enfants. Elle se donne sur le champ la mission de combattre les spectres et sauver les enfants. Folie ou perversion du récit, impossible de le savoir, l’auteur ne laisse pas d’indice et même en s’accrochant à Miss Grose, l’intendante du manoir, la seule personne raisonnable et équilibrée de cette histoire, je ne suis pas plus avancé. Il me manque une clé pour comprendre le sens de cette incroyable histoire. L’auteur ne me laisse rien sauf LE CHALLENGE qui ouvre au lecteur un champ énorme de possibilités. La lecture de ce livre m’a proprement mystifié simplement parce qu’il est plein de cachotteries dont quelques-unes semblent innommables.

Je me suis senti tellement perdu dans cette histoire que j’ai poussé une recherche pour savoir par exemple si mon esprit a besoin d’une pause. Très vite, je me suis rendu compte que j’étais loin d’être le seul dans l’obscurité. Ce livre a fait l’objet d’une quantité impressionnante d’interprétations.

Il ne faut pas perdre de vue que ce livre est un conte fantastique, une nouvelle, mais vers le délire psychanalytique, il n’y a qu’un pas : Plusieurs ont vu dans ce récit des manifestations de névrose, perversion sexuelle, psychose, obsession, possession et j’en passe…autant de thèmes développés par James, inconsciemment ou non mais je crois à la possibilité d’une clé subliminale qui aurait permis à l’auteur de s’exprimer sans heurter les esprits sensibles de son époque en espérant qu’un jour il serait compris.. (le livre est parue en première édition en 1898).  Même le titre est une énigme mais on peut penser que TOUR D’ÉCROU revient à *serrer la vis*, c’est-à-dire, exercer une pression psychologique.

Donc, nous avons ici une nouvelle à caractère fantastique exhalant un parfum de scandale, un récit hautement énigmatique qui rappelle une construction dont on a soigneusement caché tous les clous. L’auteur y nourrit l’ambiguïté et pousse le lecteur à tirer ses propres conclusions avec à peu près rien : rien sur les motivations des personnages, les spectres en particulier, rien sur la psychologie des enfants Miles et Flora. Pourquoi les actes fantomatiques sont dictés par le mal? Quelle relation Miss Jessel et le valet Quint entretenaient-ils avec les enfants quand ils étaient vivants ?

Ce livre est une énigme, développée dans un français cossu typique du XIXe siècle. L’écriture est huppée et elliptique par moment. Je n’ai pas pu m’attacher aux personnages qui sont plutôt froids et distants. C’est un roman troublant. À la limite dérangeant. Je m’y suis pris comme dans une toile d’araignée. J’en suis sorti frustré, heureux d’avoir saisi qu’il n’y a pas vraiment grand-chose à saisir. Pourtant, il y a quelque chose de fort dans ce récit : son pouvoir suggestif sans aucun doute. Ce livre est un défi. Malgré mes interrogations, je ne regrette pas de l’avoir lu.

LE TOUR D’ÉCROU AU CINÉMA :

Plusieurs adaptations du livre de James ont été réalisées au cinéma. J’en citerai 3 : LES INNOCENTS de Jack Clayton, sorti en 1961 avec Deborah Kerr. C’est mon adaptation préférée.  Il y a aussi LE TOUR D’ÉCROU de Rusty Lamorande sorti en 1994. Il y en a beaucoup d’autres, mais je mentionnerai pour terminer cette brève liste une préquelle au livre fantastique : LE CORRUPTEUR de Michael Winner sorti en 1972. Il y a eu aussi de nombreuses adaptation pour la télévision, la plus récente étant LE TOUR D’ÉCROU réalisé par Tim Fywell en 2009.

     

Henry James est un auteur américain naturalisé britannique, né en 1843 à New-York et décédé en 1916 à Chelsea. Considéré comme une figure majeure du réalisme littéraire du XIXe siècle, Henry James est passé maître dans l’art de la nouvelle (DAISY MILLER en 1978, LE MOTIF DANS LE TAPIS en 1896, LE TOUR D’ÉCROU en 1898) et du roman (PORTRAIT DE FEMME EN 1881, LES BOSTONIENNES en 1886, LA COUPE D’OR en 1904). Il a également écrit de nombreux autres textes : théâtre, livres de voyage, biographies et critiques littéraires.

Bonne lecture
Claude Lambert
Le dimanche 24 janvier 2021

L’HOMME QUI MIT FIN À L’HISTOIRE

L’HOMME QUI MIT FIN À L’HISTOIRE

Commentaire sur le livre de
KEN LIU

*(1931) Nous sommes à la périphérie de Harbin, dans le district de Pingfang. Même si ce nom n’évoque rien à la plupart des occidentaux, certains n’hésitent pas à surnommer ce lieu L’ « Auschwitz d’Asie ». L’unité 731 de l’armée impériale japonaise y a mené durant la guerre d’atroces expériences sur des milliers de chinois et Alliés captifs pour permettre au Japon de   créer des armes biologiques et de conduire des recherches sur les limites de l’endurance humaine. * (Extrait : L’HOMME QUI MIT FIN À L’HISTOIRE, Ken Liu, origine 2011, présente édition, numérique, Le Bélial, collection une heure-lumière)

Futur proche. Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, sans possibilité d’interférer avec l’objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l’histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d’État. Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, l’Unité 731 se livra à l’expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d’un demi-million de personnes… L’Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d’occupation américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l’Histoire.

La vérité à tout prix
*Ce que je souhaite vraiment, c’est que
ce que j’ai vu ne se soit jamais produit.
Mais personne ne peut m’exaucer…*
(Extrait : L’HOMME QUI MIT FIN À L’HISTOIRE)

C’est un livre très original, un documentaire présenté sous diverses formes narratives : interviews, allocutions, mémoires, correspondances, citations…Des scientifiques réussissent à isoler des particules subatomiques appelées BOHM-KIRINO. Adéquatement manipulées, ces particules permettent un voyage dans le temps, essentiellement le passé, une seule fois par endroit visité par une seule personne qui ne pourra jamais interférer dans ce qu’il voit et entend. Évidemment, c’est très limité mais ça permet de résoudre des mystères et les énigmes du passé et ça permet aussi de connaître la vérité sur des évènements pénibles, longtemps cachés par les gouvernements, couverts d’abjection, d’opprobre et de honte. Le livre cite un de ces évènements : les basses œuvres de l’unité 731, une section japonaise de recherches qui, pendant la deuxième guerre, s’est livrée à d’indescriptibles et innommables expérimentations avec des hommes, femmes et enfants vivants : *Il arrivait qu’un médecin tire une balle dans le ventre d’un prisonnier pour simuler une blessure de guerre sur laquelle nous perfectionner. Après les opérations, l’un des officiers décapitait le sujet chinois ou l’étranglait. Les vivisections servaient parfois pour les stagiaires de leçons d’anatomie et de distractions. * (Extrait)

J’ai été captivé par ce livre même si j’ai senti que les particules BOHM-KIRINO ne sont qu’un prétexte pour rappeler les méfaits de l’Unité 731 et tenter de leur donner une finalité afin de forcer les gouvernements impliqués à s’excuser. Ce qui m’a surtout fasciné dans ce livre qui ne fait qu’une centaine de pages, c’est la matière à réflexion qu’il induit. Par exemple, un gouvernement doit-il reconnaître les erreurs d’un passé dont il n’est pas responsable. Il y a trop de responsabilités qui s’imbriquent et de changements dans les juridictions. Par exemple, cet extrait : *Avec l’expérience d’Evan Wei, la juridiction sur le passé n’empiétait guère dans le réel : on se demandait au pire, si c’était à l’Espagne ou aux États-Unis de récupérer le trésor d’un galion espagnol du XVIe siècle naufragé dans les eaux américaines actuelles…Les enjeux se révèlent désormais beaucoup plus élevés. * 

Est-ce qu’on peut mettre fin à l’histoire, est-il sain d’avoir le dernier mot à l’histoire. Qu’est-ce qu’on ferait de toute cette crasse enterrée par l’histoire. En plus d’être fasciné par la réflexion et la recherche que Ken Liu me pousse à faire, le livre contient beaucoup d’idées intéressantes : *À moins qu’on ne doive tenir le passé pour un bien commun administré par les Nations-Unies au bénéfice de l’humanité entière* (Extrait)

Mais que faire d’une vérité qui fait aussi mal que celle sur les boucheries de l’Unité 731 et comment limiter les responsabilités au Japon quand on sait que le général américain MacArthur, commandant en chef des forces alliées, a préservé les membres de l’Unité 731 de toutes poursuites judiciaires pour crimes de guerre afin de récupérer les résultats de leurs expériences et de soustraire les dites données à l’Union soviétique. Plus de 3000 personnes sont mortes dans les laboratoires de l’horreur de l’Unité 731. On peut en ajouter des dizaines de milliers si on tient compte des expérimentations bactériologiques. Je pourrais continuer longtemps…vous avez compris que ce livre est venu me chercher. Les abominations décrites dans ce livre sont une négation de la vie et le livre comme tel est une dénonciation du négationnisme. Malgré tout, je n’ai pas senti chez l’auteur de haine ou de désir de vengeance. L’aspect science-fiction du livre permet à l’auteur de pointer sévèrement le doigt sur un épisode sanglant et honteux de l’histoire. Ça sent le prétexte.

C’est un livre qui m’a ébranlé, choqué et qui m’a fait réfléchir. Le sujet est difficile, mais il est traité avec une remarquable intelligence. L’auteur réussit à imbriquer avec finesse la science-fiction dans la réalité historique. Il en découle un caractère philosophique subtil, dépourvu de lourdeur et de langage compliqué. L’auteur ne condamne pas, mais se demande plutôt qu’est-ce qu’on peut faire pour que ces horreurs ne se reproduisent pas. Je vous avertis, il y a des passages à soulever le cœur. Je ne crois pas qu’il s’agisse de sensationnalisme prémédité. C’était tout simplement inévitable. Bref, je vous recommande L’HOMME QUI MIT FIN À L’HISTOIRE…un petit livre qui ne manque pas de grandeur. Il est très fort et ne vous laissera pas indifférent.

Ken Liu est un écrivain américain d’origine chinoise né en 1976. Il est aussi informaticien et juriste et de plus, il se définit comme un traducteur de science-fiction spéculative. D’ailleurs, il a déjà reçu un prix pour l’excellence de ses traductions en science-fiction et fantasy. Ses nouvelles et textes ont été publiés dans de nombreux magazines prestigieux. Les œuvres de Liu ont été récompensés par de nombreux et prestigieux prix littéraires, notamment les prix HUGO, WORLD FANTASY, NEBULA et LOCUS. Il continue son œuvre dans le domaine des nouvelles et romans courts.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche mai 2020

René Goscinny raconte les secrets d’Astérix

RENÉ GOSCINNY RACONTE
LES SECRETS D’ASTÉRIX

Commentaire sur le livre de
RENÉ GOSCINNY

*Ma légende selon le cas, m’amuse, m’indiffère ou m’agace.
Elle m’agace quand on me fait dire des choses que je n’ai pas dites.
Elle m’amuse quand un petit garçon me regarde, avec des yeux
écarquillés parce que, pour lui, je suis Astérix réincarné.*

(René Goscinny en citation, extrait de RENÉ GOSCINNY raconte les
secrets d’Astérix, Éditions le Cherche-Midi, 2014, disponible en
papier et en numérique. Pour cet article : édition de papier, 220 pages)

(Le Figaro)
Voici l’histoire d’Astérix racontée par son co-créateur, René Goscinny disparu prématurément en 1977. Rassemblées sous forme d’abécédaire, des centaines de citations composent ce «récit» inédit émanant directement de celui qui, un jour, écrivit pour la première fois sur une feuille de papier le nom «ASTÉRIX». Avec son ami dessinateur Albert Uderzo, le génial scénariste ignorait alors qu’il venait de créer un héros planétaire :  350 millions d’albums vendus et plus de 150 traductions. Sans nuire à l’aura qui entoure le célèbre personnage, on en sait maintenant un peu plus sur Astérix, Obélix, Panoramix et le secret de la potion magique mais aussi sur les sources d’inspiration de René Goscinny, sa méthode d’écriture et l’extraordinaire complicité développée avec Uderzo. On en sait maintenant un peu plus sur l’univers d’Astérix, protégé de très haut par Toutatis…

UN AMI POUR LA VIE !
*Notre seule ambition, c’est de
faire rigoler…les autres
Interprétations sont démesurées.*
(René Goscinny, extrait)

RENÉ GOSCINNY RACONTE LES SECRETS D’ASTÉRIX est un recueil de récits, d’extraits d’entrevue, de citations et de calembours de René Goscinny, créateur d’Astérix et de nombreux autres personnages connus universellement comme Lucky Luke par exemple. Ce n’est pas une autobiographie. Goscinny n’aurait jamais eu le temps de la faire. Il est mort en pleine gloire, très jeune, 51 ans…très prématurément, le 5 novembre 1977 d’une crise cardiaque. Heureusement, Astérix a survécu grâce à un ami de toujours : Albert Uderzo. Ce faisant, René Goscinny nous a laissé un héritage extraordinaire, voir unique au monde : *L’œuvre de René Goscinny est si abondante et multiple que la notoriété de l’auteur se perd dans celle de ses héros* (Extrait) Tous les propos de Goscinny sous quelques formes qu’ils soient sont réunis dans cet opuscule sous forme d’abécédaire affectueusement préfacé par la fille de monsieur René : Anne Goscinny : *Désormais, pour entendre la voix de mon père, j’ouvrirai aussi ce livre-là.* (Extrait)

Lire le CV de Goscinny a été pour moi, étourdissant. Déjà en 1977, je regrettais sa disparition car il a donné à la BD, ce genre littéraire capricieux à l’époque, un souffle qu’il n’a jamais perdu. Si je reviens à ce livre sur les secrets d’Astérix, sa forme d’abécédaire était pratiquement obligée. Le concepteur n’avait pas le choix…trop de citations sur des sujets extrêmement variés…Dans un contexte purement autobiographique, je suis sûr que Goscinny aurait présenté les choses d’une façon différente. Mais sous sa forme actuelle, le livre a un petit quelque chose de…je sais pas…nombriliste peut-être, un peu sensationnaliste. Vu l’extraordinaire productivité de Goscinnny, rien ne pouvait m’empêcher de dévorer ce livre.

L’ensemble des citations, les définitions de l’auteur, les bulles, les interventions d’Uderzo, tous ces éléments rassemblés dans une certaine anarchie qui fait sympathique perpétuent avec une évidente émotion l’intelligence supérieure et l’extraordinaire imagination de René Goscinny. Il se raconte avec une passion débordante et le livre est effectivement bourré de petits secrets, des petites choses toutes simples que j’ignorais, des petites indiscrétions, des notes historiques et surtout comment insérer des personnages ou objets qui n’étaient pas du tout voués à la pérennité comme la potion magique par exemple, ou le *permanentisation* d’Idéfix. Enfin, c’est non sans émotion que j’ai compris la nature du contact entre Hergé, le père de Tintin, mon ami d’enfance et Goscinny, le père d’Astérix, mon ami d’adolescence, et la profonde interaction entre René Goscinny et Albert Uderzo : *Moi c’est l’autre* (extrait)

Je pense que ce livre vient chercher toutes les générations. Il comprend beaucoup d’humour, la marque distinctive de Goscinny, de l’émotion, de la tendresse, des révélations surprenantes et des allusions aussi fines que drôles comme celle-ci par exemple qui évoque l’installation de Goscinny aux États-Unis : *J’étais parti aux États-Unis pour travailler avec Walt Disney, mais Walt Disney n’en savait rien* (Extrait) Je ne veux pas me lancer dans ce qui pourrait vous paraître une dithyrambe, mais il faut prendre ce livre pour ce qu’il est : un petit coffre au trésor dans lequel humour rime avec amour, sensible rime avec susceptible, talent rime avec enfant. Le livre rassemble les propos d’un homme qui aimait être aimé. Ce livre m’a touché, m’a fait rire et m’a appris beaucoup de choses. Je vous le recommande chaleureusement.

Le mot de la fin, je le laisse au Cherche midi, car il est l’expression d’une heureuse finalité eu égard au patrimoine culturel mondial. Il dit tout… :*En redonnant aujourd’hui la parole à celui qui l’a donnée à Astérix, nous faisons œuvre de mémoire. Sociologues, essayistes, universitaires, spécialistes, journalistes se sont emparés du mythe. Mais la véritable histoire d’Astérix, c’est celle que raconte René Goscinny.*. (Extrait : introduction «Ils sont fous, ces romains!» René Goscinny raconte les secrets d’Astérix).

Né le 14 août 1926 à Paris, René Goscinny passe son enfance en Argentine, entre Buenos Aires et la pampa. Après des débuts prometteurs de sous-aide-comptable d’un aide-comptable dans une usine de récupération de vieux pneus, il entre comme apprenti dessinateur dans une agence de publicité. 

BRÈVE BIOGRAPHIE…GRANDES ÉTAPES POUR GOSCINNY

À 19 ans, il part à la conquête de l’Amérique et, plus précisément, des studios Walt Disney. Il rencontre Morris à New York, Jean-Michel Charlier à Bruxelles et Albert Uderzo à Paris. Goscinny, qui a compris que son talent s’épanouissait plus efficacement dans le scénario que dans le dessin, met en chantier une multitude de bandes dessinées (parmi lesquelles « Oumpah-Pah », « Strapontin » et « Luc Junior »).  En 1955, il reprend le scénario de « Lucky Luke » et anime, avec Sempé, une version en bande dessinée du « Petit Nicolas »… Ce personnage connaîtra sa véritable notoriété sous la forme de textes illustrés qui seront publiés quelques années plus tard dans ‘Sud-Ouest’, puis dans ‘Pilote’. En 1959, Goscinny, Charlier et Uderzo prennent une part active dans le lancement de l’hebdomadaire ‘Pilote’. Avec Uderzo, Goscinny y signe le premier épisode des aventures d’Astérix ; il partagera ensuite la rédaction en chef du magazine avec Charlier. En 1962, il crée « Iznogoud », une série mise en images par Jean Tabary. En 1965, il invite Marcel Gotlib à collaborer aux « Dingodossiers » de ‘Pilote’. Entre-temps, sans la moindre promotion, mais par le bouche à oreille, le petit Gaulois connaît une irrésistible ascension : en 1965, le premier satellite français est baptisé « Astérix » et, quelques années plus tard, les albums sont traduits dans une trentaine de langues, dont l’espéranto et le latin…Pendant que le boom « Astérix » secoue la bande dessinée, Goscinny fait de ‘Pilote’ un laboratoire de création où s’épanouit la nouvelle bande dessinée, avec Gotlib, Fred, Jean Giraud, Reiser, Cabu, Claire Bretécher, Mandryka, Jean-Claude Mézières, Philippe Druillet, Jacques Tardi, F’Murrr, Enki Bilal…

En 1973, Goscinny crée, avec Uderzo et Georges Dargaud, les studios Idéfix. En 1976, alors que les studios donnent naissance aux « Douze Travaux d’Astérix », le 23e album du petit Gaulois sort, tiré à 1 300 000 exemplaires.L’histoire de Goscinny s’arrête le 5 novembre 1977, tandis que l’équipe des studios Idéfix travaille sur « La Ballade des Dalton », perpétuant son rêve le plus ancien : après tout, c’était pour conquérir les studios Walt Disney qu’il était parti en Amérique…

Vous le voyez, il est impossible de faire le tour de cette illustre carrière en quelques lignes. Je vous invite à visiter, pour en savoir plus, le site officiel d’Astérix. Vous ne serez pas déçu.
Bonne lecture
JAILU/Claude Lambert
Le dimanche 15 décembre 2019

UN SECRET EFFRAYANT

La chorale du diable

Commentaire sur le livre de
Martin Michaud

*Le tueur est là, en bas des marches. Il
s’apprête à franchir les portes menant
à la station de métro Bonaventure. Le
tueur retire sa cagoule…surtout, ne pas
créer de mouvement de panique…*
(extrait de LA CHORALE DU DIABLE de Martin
Michaud, éditions Goélette, Qc, 2011, éd. Num.
421 pages)

Avant de se suicider, un homme tue une femme et trois enfants…un carnage d’une horreur indescriptible.  Le meurtrier présumé serait le mari. Deux jours plus tard, une alerte Amber (alerte-enlèvement à grande échelle) est déclenchée : une jeune fille faisant de la porno sur internet est kidnappée. Comme les deux drames semblent sans lien au début, chaque affaire est confiée à un policier. Les deux enquêtes vont finir par converger et  elles seront d’autant compliquées que les deux policiers se détestent cordialement. Ils s’engageront néanmoins dans une démarche dangereuse les conduisant dans plusieurs villes du Québec et même jusqu’au Vatican. Évoluant dans un monde obscur de fanatisme religieux et de perversité dans une enquête parsemée de morts, Victor Lessard et Jacinthe Taillon se rapprochent de la découverte d’un secret terrifiant : celui de la chorale du diable.

Un secret effrayant
*…Est-ce que ça -fitterait- avec des satanistes
de mettre en scène des meurtres, en essayant
de reproduire une invasion de mouches
inspirée du quatrième fléau?*
(extrait de LA CHORALE DU DIABLE)

Avec sa plume puissante et fort bien structurée, Martin Michaud nous livre un récit intense qui évoque les travers les plus tordus de la nature humaine : cruauté, sadisme, violence, pédophilie, satanisme et j’en passe. Je pense que le lecteur doit bien évaluer la sensibilité de son âme avant d’entreprendre la lecture de ce livre et savoir aussi qu’il ne donne pas une image très flatteuse de l’Église Catholique. Une fois commencée la lecture de l’histoire, je me suis senti comme une mouche dans une toile d’araignée…difficile d’en sortir.

L’auteur a imaginé une enquête extrêmement complexe et tentaculaire, car elle amène autant l’enquêteur de l’histoire que le lecteur dans de multiples directions avec de multiples rebondissements pour chaque direction. Une phrase captée en cours de lecture et qui concerne l’enquêteur Victor Lessard résume très bien la complexité de l’histoire : *…Il ne peut s’empêcher de frissonner : il se heurte à quelque chose de beaucoup plus grand que lui, une bête à multiples tentacules qui le dépasse et qui lui flanque une peur irraisonnée.* (Extrait LA CHORALE DU DIABLE)

Je parle souvent dans mes commentaires de l’importance du fil conducteur d’une histoire…cette espèce de lien qui garde le lecteur dans le coup. Ce fil conducteur prend une importance capitale dans un récit aussi multidirectionnel que LA CHORALE DU DIABLE. Dans ce récit, il y en a deux…et deux solides : d’abord la chorale. L’auteur dévoile très graduellement le lien entre la chorale et les meurtres. Et puis, il y a les mouches…alors ça c’est une trouvaille : l’omniprésence des mouches dans le récit…des essaims de millions de mouches…

En plus d’établir un lien entre les mouches et l’apocalypse, l’auteur nous livre sa petite explication judiciaire et médico-légale : *…Lessard sait que l’entomologie judiciaire s’intéresse généralement aux mouches et autres insectes qui, les uns après les autres, viennent se nourrir des cadavres en décomposition, parce que ce comportement permet de fixer avec précision le moment de la mort.* (extrait LA CHORALE DU DIABLE)  Mais voilà, dans le récit, il y a beaucoup trop de mouches pour que ce soit naturel. Quoique l’auteur mette le lecteur sur la piste (avec retenue), il ne livre l’explication du mystère qu’à la fin.

Autre lien intéressant dans le récit, la présence constante d’hommes d’église et vous pouvez me croire, ce ne sont pas tous des enfants de chœur et leur rôle dans l’histoire est issu d’une motivation très particulière qui m’a laissé pantois.

LA CHORALE DU DIABLE est un polar bien ficelé, puissant qui rappelle un peu Dan Brown dans le dévoilement progressif de l’intrigue et la multiplicité des indices. Les personnages principaux : les enquêteurs Victor Lessard et Jacinthe Taillon sont deux mufles, mais étrangement, deux mufles attachants. À vous amis lecteurs de découvrir pourquoi. La violence y est très descriptive…trop à mon goût, mais si vous avez le cœur solide, je vous recommande LA CHORALE DU DIABLE déjà bardé de reconnaissances littéraires : PRIX SAINT-PACÔME du meilleur roman policier en 2011, et PRIX ARTHUR- ELLIS remis au meilleur roman policier francophone publié au Canada en 2012.

Né à Québec en 1970, Martin Michaud est un véritable homme-orchestre : avocat, scénariste, écrivain, il est aussi musicien. Sur le plan littéraire, il s’est spécialisé dans le thriller à forte intensité. Ses trois premiers ouvrages (IL NE FAUT PAS PARLER DANS L’ASCENSEUR et LA CHORALE DU DIABLE en 2011, JE ME SOUVIENS en 2012) obtiennent un succès spontané et fulgurant avec la création d’un personnage tourmenté mais d’une impeccable moralité : Victor Lessard. Son œuvre lui vaut de prestigieux prix littéraires.

Pour en savoir davantage sur cet auteur déjà qualifié de maître du thriller québécois, consultez le site internet michaudmartin.com

 

BONNE LECTURE

JAILU

AOÛT 2015

 

POUR LES ENFANTS DE TOLKIEN

BILBO LE HOBBIT

Commentaire sur le livre de
J.R.R. Tolkien

*L’animal devint alors fou; il sauta en l’air;
trépigna et jeta ses pattes de droite et de
gauche en d’horribles bonds, jusqu’au moment
où Bilbo le tua d’un nouveau coup d’épée;
après quoi il tomba et perdit conscience
pendant un long moment.*
(extrait de BILBO LE HOBITT, publication originale
1937, rééd. Le livre de Poche, juin 2007. J.R.R. Tolkien,
édition numérique, 253 pages)

Ce livre raconte l’histoire de Bilbo, un Hobbit de la Comté, paisible qui n’aime ni les aventures ni les imprévus. Mais un jour, la douce quiétude de Bilbo s’envole quand Gandalf, accompagné de 13 nains, vient le chercher. Le magicien entraîne Bilbo dans une aventure fantastique qui le mènera jusqu’à la Montagne Solitaire, gardée par un dragon cruel. Le voyage est périlleux et comporte de dangereuses épreuves.  Bilbo croisera des personnages très étranges, Gollum en particulier, mais aussi des trolls. Avec Gandalf, Gollum, le Seigneur Elrond et plusieurs autres, Bilbo, sans le savoir, tisse la toile de la plus extraordinaire fresque de l’histoire de la littérature : LE SEIGNEUR DES ANNEAUX

Pour les enfants de Tolkien

*-Qu’ai-je, je me le demande?-
se dit-il, pantelant et trébuchant.
Il fourra la main gauche dans sa
poche. L’anneau lui parut très
froid comme il le glissait
doucement à son index tâtonnant.*
(extrait de BILBO LE HOBBIT)

Ce livre m’a envoûté tout simplement. Non seulement j’ai savouré une écriture limpide et qui confine parfois à la poésie, mais j’ai eu des réponses aux questions que je me suis posées suite à ma lecture du SEIGNEUR DES ANNEAUX (que j’ai lu en premier comme beaucoup l’ont déjà fait). Entre autres, j’ai su les circonstances exactes dans lesquelles l’anneau a été découvert par Bilbo.

Dans ce livre, l’anneau n’est qu’un accessoire. Ce n’est que dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX que le lien pourra être établi entre l’anneau et le Nécromancien dont il est question à 2 ou 3 reprises dans BILBO LE HOBBIT et qui deviendra SAURON dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX. Mais la découverte de cet anneau sera le prétexte à un extraordinaire dialogue, essentiellement composé de devinettes entre Bilbo et Gollum. Ça m’en a dit long sur la psychologie de ce dernier.

BILBO LE HOBBIT est une histoire pour les enfants. Tolkien l’a écrite pour ses propres enfants en y incorporant des chansons et comptines et en développant des thèmes qui passionnent les jeunes lecteurs : héroïsme, courage, quêtes, mystères…mais ce livre convient très bien aux adultes d’autant que, sans le savoir probablement, avec BILBO LE HOBBIT et LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, Tolkien allait modéliser des personnages et des créatures qui occupent encore aujourd’hui l’univers littéraire extrêmement riche du *fantasy* : elfes, gobelins, trolls, dragons, orques, nains, magiciens et j’en passe. De plus le style et les thèmes développés par Tolkien ne sont pas sans rappeler le phénomène *DONGEON ET DRAGONS*.

Mais BILBO LE HOBBIT est avant tout le prologue du SEIGNEUR DES ANNEAUX. Le livre est plus court, plus abordable. L’histoire est basée sur une seule quête, celle des nains qui veulent récupérer le trésor de leur peuple dérobé par Smaug. Le livre est plus facile à suivre les dialogues étant plus courts et plus simples, un peu moins descriptifs que LE SEIGNEUR DES ANNEAUX et moins guerriers. L’écriture est un heureux mélange de force et de délicatesse.

Il ne faut pas perdre de vue que c’est une histoire pour enfants, elle est construite comme telle, mais elle a tout ce qu’il faut pour séduire les adultes et puis après tout, il faut bien la lire pour saisir tous les aspects profonds de l’œuvre majeure qui suit. Mais ce sera loin d’être une corvée car le récit est rythmé et très bien construit. L’ensemble est simple et captivant.

Pour moi, BILBO LE HOBBIT est un petit bijou de la littérature…incontourmable.

John Ronald Reuel Tolkien (1892-1973) natif d’Afrique du Sud était écrivain, poète et philologue. Au départ, il a imaginé BILBO LE HOBBIT pour amuser ses enfants (Christopher, John, Priscilla et Michael) et stimuler leur sens de l’émerveillement.  Le texte ne sera achevé et publié que beaucoup plus tard, en 1937 et préfigurera LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, ouvrage majeur sur lequel Tolkien travaillera à partir de 1938 et qui sera publié en 1954. Son succès ne sera jamais démenti. TOLKIEN était un passionné des langues, de la linguistique et de philologie.

Martin Freeman incarne BILIBO LE HOBBIT dans le premier film d’une trilogie
adapté et réalisé par Peter Jackson et sorti en 2012. À suivre…

BONNE LECTURE
JAILU
AVRIL 2015

DEUX COMPRIMÉS, DEUX CONS PRIMÉS

BAISSE LA PRESSION, TU ME LES GONFLES

Commentaire sur le livre de
San Antonio

*À cause de son visage grêlé, Molly Heigerter
devint réellement neurasthénique et se refusa
définitivement à son mari. Mais comme il
n’avait plus envie d’elle, tout fût pour le mieux
dans le pire des mondes!*
(extrait de BAISSE LA PRESSION, TU ME LES GONFLES,
San Antonio, éd. Fleuve noir, 1958, 160 pages, éd. num.)

Félix mène une enquête sur une étrange résurgence de la variole sur le territoire américain. Après avoir communiqué son rapport aux services policiers concernés, Félix reçoit la visite d’agents secrets qui semblent décidés à l’éliminer. Apparemment, Félix en sait trop. Pour l’aider à comprendre ce qui lui arrive et dénouer cette intrigue pour le moins mystérieuse, Félix, désormais fugitif,  fait appel à son ami San-Antonio. Le célèbre détective se rend à Vienne où se cache Félix pour y mener une enquête pas très orthodoxe et qui ne plaît ni à la police de Vienne ni aux agents secrets. San-Antonio et Félix s’engagent ainsi dans une course contre la montre.

Deux comprimés. Deux cons primés.

-Et ce jeune garçon, qui est-il?
-mon fils adoptif.
-Bravo! Il est tellement mieux de
réparer les erreurs des autres que
d’en commettre soi-même.*
(ex. BAISSE LA PRESSION TU ME LES GONFLES)

Il y a déjà un bon moment que je suis intrigué par San Antonio. Je me disais qu’avec plus de 75 titres pour les seules aventures du détective, il devait y avoir un intérêt du lectorat, voir un engouement.  Je me suis dit *il faut que j’aille voir* et c’est ce que j’ai fait. J’ai pris un titre au hasard dans l’impressionnante production de San Antonio et je l’ai lu. Peut-être suis-je tombé sur le ptit mouton noir de la série, mais j’ai trouvé ça un peu pénible.

Les personnages sont artificiels, dont Félix que l’auteur a affublé d’un pénis de 19 pouces de long…pas grand-chose à voir avec l’histoire sinon que ça *joue* un peu sur la psychologie du personnage sans doute. Mais le problème est que l’intrigue est noyée dans ce genre d’assertion. Le fil conducteur s’en va dans tous les sens. L’histoire est inégale et évolue en dents de scie. De plus l’humour contenu dans ce livre ne m’a pas impressionné ni fait rire…à moins de s’imaginer un homme debout et dont le pénis traîne à terre…mais l’effet se dissipe vite.

Autre élément frappant dans ce livre : le langage est extrêmement argotique et plusieurs passages sont carrément vulgaires. Ainsi, Félix a un PAF de 45 centimètres. On ne regarde pas la télé, on VISE LA TELOCHE. Ça ressemble plus à un dialecte qu’à une langue. Je ne m’habituerai jamais à ce genre d’écriture réservée aux pratiquants de l’argot. Dommage parce que le sujet était prometteur : la réapparition de la variole…d’origine criminelle encore. Ça aurait dû m’accrocher, mais ça n’a pas été le cas.

Toutefois, loin de moi l’idée de bannir San-Antonio de mes projets de lecture. Forte de 75 titres, la collection San-Antonio a quand-même capté l’intérêt de nombreux lecteurs et lectrices.

J’essaierai alors de savoir pourquoi en espérant trouver mieux.

San-Antonio, de son vrai nom Frédéric Charles Antoine Dard (1921-2000) était un écrivain français qui a fait ses débuts comme rédacteur dans un journal local de Lyon. Il fait ses débuts dans l’écriture en 1949 avec RÉGLEZ-LUI SON COMPTE, un polar. Ce sera le début d’une longue et impressionnante série à succès publiée d’abord dans la collection Police au Fleuve Noir, puis dans sa propre collection dédiée, toujours au Fleuve Noir à partir de 1970 . Il est devenu célèbre pour avoir créé le fameux commissaire San Antonio dont il adoptera le pseudonyme.

Pour en savoir plus sur Frédéric Dard, alias San Antonio et son impressionnante bibliographie, je vous invite à visiter le site internet http://www.commissaire.org

BONNE LECTURE
JAILU
NOVEMBRE 2014

CONFRONTATION AVEC LE MAL

LE 5e RÈGNE

Commentaire sur le livre de
Maxime Chattam

*Soudain l’air fut chargé d’électricité,
et un bourdonnement languissant s’éleva.
Glenn Ferguson vit l’air devant lui s’altérer
et se brouiller comme l’onde de chaleur
au-dessus des routes de bitume quand il
fait très chaud. L’air semblait danser sous
ses yeux, et l’émanation commença à
prendre une forme. Une forme presque
humaine…*
(extrait de LE 5e RÈGNE,  Maxime Chattam,
Éditions du Masque, 2006, 386 pages éd. Num.)

Cette histoire se déroule dans la ville américaine d’edgecomb où un tueur en série sévit, assassinant des adolescents de manière cruelle. Un soir, Sean Anderson et ses copains, tous adolescents, découvrent dans le grenier du grand-père de Sean un  livre très étrange : un vieux grimoire. À partir du moment où Eveanna lira ce livre, une force maléfique enveloppera Edgecomb et le groupe d’adolescents : manifestation d’êtres maléfiques, disparitions et meurtres d’une singulière cruauté. Sean et ses amis pourraient bien avoir mis la main sur un livre contenant un terrible secret sur l’humanité et le pouvoir de l’esprit…

AVANT PROPOS :
au sujet des règnes…

Le célèbre naturaliste et nomenclateur suédois Carl Von Linné (1707-1778), qui a fondé les bases du système moderne de la nomenclature binominale a classifié en même temps la terre en règnes : VÉGÉTAL, MINÉRAL et ANIMAL.

Au début du livre, Maxime Chattam semble vouloir justifier le titre de son œuvre à partir d’une citation de Stein Harden :  *…Acceptons de séparer l’homme des bêtes, et nous avons quatre grands règnes terrestres. N’y aurait-il pas la place pour un cinquième qui les lierait tous ensemble, celui qui fixe l’univers et en dicte les rouages? Le 5e règne, tout comme l’homme a 5 sens et cherche désespérément son 6e…deviendra-t-il le diable en passant au chiffre 6?  Le 5e règne est, ce que dans le récit de Chattam, Georges O’Clem appelle *L’ORA*.

Confrontation avec le mal
*L’homme sourit encore plus et ses yeux
se mirent à briller si fort que Warren,
malgré son jeune âge et son inexpérience
de la vie, y vit clairement l’expression
de la démence la plus pure*
(ex. LE 5e règne, MAXIME Chattam)

Ce livre est un *chattam* pure laine : introduction rapide, style direct jusqu’à la dernière page, peu d’étalage sur la psychologie des personnages, sans longueur, atmosphère lourde et niveau d’intensité élevé.  L’auteur a créé des personnages tellement attachants, des jeunes adolescents, qu’on aimerait les avoirs comme amis, petits frères ou petites sœurs. Ils ont chacun leur sensibilité et une certaine fragilité, mais ils sont authentiques et courageux.

Je me suis rapidement enveloppé de l’émotion qui se dégage de cette histoire surréaliste. Qui n’a pas connu les peurs propres à l’enfance…l’obscurité inquiétante du placard, les bruits étranges de la nuit, les rêves bizarres à la limite du cauchemar comme si on y était…

On dirait que Chattam est parti de cette base, en a fait un solide fil conducteur et y a ajouté la magie, le fantastique tout en gardant une remarquable cohérence.

L’écriture est simple et claire et je ne veux pas trop insister, mais elle est très directe et la description des chaînes d’évènements est parfois très dure.

Je recommande LE 5e RÈGNE aux amateurs de fantastique. C’est une histoire fascinante sur fond de thriller où les jeunes héros, qui ne s’en sortiront pas tous vivants, doivent composer et jongler avec la sorcellerie, le spiritisme, la magie et la nécromancie.

Enfin, ce livre n’est pas sans nous faire réfléchir un peu sur un des éléments de base des sciences paranormales : le pouvoir de l’esprit et de la pensée et plus encore…Chattam dit dans sa postface…je cite : *N’oubliez pas, elle est bien là dans notre  vie de tous les jours, mais nous ne la voyons plus*… Chattam parle ici de…magie.

Maxime Guy Sylvain Drouot est un romancier français né en février 1976. Il a écrit sous les pseudonymes Maxime Williams puis Maxime Chattam.  Après avoir joué dans plusieurs téléfilms, il  devient libraire, métier qu’il exerce toujours. Il écrit son premier thriller en 1999 : le 5e règne. Pour donner un maximum de crédibilité à ses romans, Maxime Chattam, suit une formation de criminologie dans laquelle il s’initie à la psychiatrie criminelle, les techniques et sciences policières et même la médecine légale allant jusqu’à assister à des autopsies et consulter des spécialistes afin de documenter ses romans et leur donner un maximum de réalisme. Il a écrit entre autres LA TRILOGIE DU MAL et LA 5e CLÉ.

BONNE LECTURE
JAILU
OCTOBRE 2014

AUTRE MYSTÈRE OUBLIÉ

« …Mais en gros, le centre de la terre reste

Suffisamment inconnu pour que des

Occultistes puissent imaginer n’importe quoi… »

Extrait de *LE RASOIR D’OCKHAM* par Henri Loevenbruck, Flammarion 2008 pour que des


RASOIR D’OCKHAM :

Vieux principe philosophique et mathématique qui veut que lorsque deux hypothèses entrent en compétition pour la solution d’un même problème, l’hypothèse la plus simple est la meilleure…

L’histoire est celle d’Ari Mackenzie, policier analyste controversé de la Direction Centrale des renseignements Généraux. Mackenzie doit enquêter sur des meurtres en série particulièrement sordides commandités par une secte sanguinaire surgie du passé.

Pour avancer dans cette affaire, probablement la plus complexe et la plus violente de sa carrière, Mackenzie doit interpréter six pages d’un célèbre manuscrit du XIIIe siècle : le célèbre carnet de Villard de Honnecourt. Ce document énigmatique aurait un lien avec les Compagnons du Devoir, un groupe occulte prêt à tout pour redécouvrir ce secret oublié du Moyen-âge et susceptible de déchaîner une incroyable violence. Le défi de Mackenzie :  arrêter ces fanatiques  sans scrupules avant qu’ils ne mettent en place leur sinistre dessein.

Rien de neuf et de vraiment original dans cette saga de Loevenbruck qui rappelle étrangement les histoires de Dan Brown … exactement la même recette :  un personnage principal spécialiste des sectes et de l’occultisme, des meurtres dégueulasses, un secret dangereux que veut percer une secte d’illuminés, des héros qui passent d’une énigme à l’autre, évoquant un jeu de piste et bien sûr, la femme de l’histoire qui vient ajouter une petite touche romantique.  J’aime mieux vous le dire tout de suite, bien que le livre de Loevenbruck ait quelques forces, Brown est infiniment supérieur,  plus subtil, plus intriguant, et un peu plus réaliste. Ma déception vient principalement de trois faits qui m’ont sauté aux yeux : le style est beaucoup trop emprunté, l’histoire est un peu tirée par les cheveux, et la finale, bien qu’elle annonce une suite, évoque ce que je pourrais qualifier de superbe queue de poisson.

Mais tout n’est pas noir… il y a quand même des éléments intéressants qui m’ont gardé le nez dans le livre. Les chapitres sont assez courts et plusieurs sont d’une grande intensité. Il y a de l’action et du mystère ainsi qu’une description intéressante des lieux historiques.

Si vous êtes amateurs d’occultisme, de mystère et d’intrigues évoquant un péril possible de l’équilibre mondial, vous pourriez  apprécier ce livre à la condition de ne pas avoir trop d’attente car toute l’intrigue repose sur un secret qui doit être protégé même au prix de la vie. C’est une variation très ordinaire sur un thème archi connu.  Si c’est votre baptême du genre, vous pourriez vous en tirer avec une petite déception sur le manque d’envergure et sur le ptit coté *guerre de gang*. C’est lisible, mais ça s’arrête là.

JAILU
FEVRIER 2013

(En Complément…)

Robert Langdon VS Le Symbole Perdu

Avant de lire LE SYMBOLE PERDU je m’attendais à une suite d’énigmes à résoudre, un rallye à travers un dédale de monuments historiques et de passages secrets, ponctués de symboles occultes et où l’on serait confronté à des personnages dont les motivations réelles sont incertaines. Gentils, méchants ou peut-être même super-vilains? Réponse dans 400 pages. Le tout sur une trame d’urgence et d’apocalypse imminente et dans une atmosphère de nuit sans fin. J’étais pas loin de la vérité.

L’histoire se déroule au cour d’une nuit, dans Washington. Notre Robert Langdon  y arrive, convoqué d’urgence par un vieil ami, Peter Solomon. Langdon fera une découverte macabre qui initiera une quête à travers la ville, une course contre la montre dans les arcanes de la franc-maçonnerie et dont l’objectif est de sauver son ami. Mais est-il étrange que l’élite de la CIA prennent l’affaire autant à coeur? Quelles sont les intentions réelles du séquestreur de Solomon?

Brown manipule très bien le suspense, il a le sens des coups de théâtre et à mon avis, il réussit à bien doser et répartir la matière (occultisme, symbologie, histoire) nécessaire à l’évolution de l’intrigue, mais il importe que le lecteur ai un certain intérêt. Si vous n’avez pas aimé Da Vinci Code et Anges et Démons, vous n’aimerez sans doute pas Le symbole perdue. L’auteur tisse ses intrigues toujours de la même façon, les personnages ont souvent les mêmes profils, l’atmosphère précipitée et tendue est la même, et le terreau dans lequel se développe le tout reste les symboles occultes et les messages codés. Personnellement… j’ai bien aimé!

Phenixgoglu
Novembre 2012

(En complément…)