L’HISTOIRE DU QUÉBEC en 30 secondes

L’HISTOIRE DU QUÉBEC
en 30 secondes

Les évènements les plus marquants
expliqués en moins d’une minute

Commentaire sur le livre de
SABRINA MOISAN
et
JEAN-PIERRE CHARLAND

*Il n’existe pas de rétroviseur qui permette de
voir le passé. La pluralité des récits suscite
maints débats qui dépassent les cadres de la
discipline pour envahir l’espace public. 
L’histoire d’une société nourrit la mémoire
collective, soulève les passions et  contribue
à la constitution d’identités fortes. L’histoire
devient ainsi une source de conflit…*
(Extrait : introduction à L’HISTOIRE DU QUÉBEC
EN 30 SECONDES, Sabrina Moisan, Jean-Pierre
Charland, Hurtubise 2014, éditions numérique et
de  papier, 160 pages)

Illustrations et maquette : Nathalie Duperré

L’HISTOIRE DU QUÉBEC EN 30 SECONDES est une synthèse du Québec à travers 55 événements importants de son histoire, depuis les premiers occupants avant même l’implantation de la colonie jusqu’aux accommodements raisonnables, en passant par la Nouvelle-France, les Patriotes, l’Expo 67, la Loi 101 et les référendums. L’ouvrage nous livre également le portrait de 8 personnalités importantes, plus ou moins connues, qui ont marqué l’histoire du pays. Le tout est illustré avec une iconographie vintage c’est-à-dire rafraîchie, réactualisée, remise au goût du jour. Un survol de 400 ans d’histoire et de faits marquants.

JE ME SOUVIENS
*Le roi de France veut faire de bons
français avec les «sauvages». Pour
cela, ces derniers doivent reconnaître
son autorité et devenir catholiques.*
(Extrait du chapitre consacré à
l’évangélisation)

Ce n’est pas un manuel d’histoire à proprement parler. Je le vois plutôt comme un recueil de capsules exposant, en surface, les grands thèmes de l’histoire du Québec avec des sous-thèmes, des photos et illustrations et quelques annotations biographiques. Les thèmes sont génériques et ne sont donc développés que dans leurs grandes lignes. Les thèmes sont choisis en fonction de leur importance et de leur caractère marquant ou valeur structurante. La mention *30 secondes* est un peu exagérée. Chaque capsule prend autour de deux minutes à lire et se divise de la façon suivante : Pour l’évènementiel :
1) Le thème principal (environ 1 minute 15)
2) Le condensé (3 ou 4 lignes) environ 10 secondes
3) Une petite réflexion (plus ou moins une minutes)
4) photo et suggestion biographique

Le volume propose aussi le portrait de huit personnes qui ont contribué à faire progresser le Québec comme par exemple Marie-Anne Barbel, pionnière du rôle des femmes dans la classe commerçante en Nouvelle-France. Chaque portrait se divise comme suit :
1) Présentation du personnage (environ 2 minutes)
2) Chronologie de la naissance au décès
3) Photo

Donc en lisant ce volume, on s’engage dans un survol des moments cruciaux de l’histoire. Il faut prendre le livre pour ce qu’il est : un recueil de thèmes expliquant l’essentiel seulement. Il faut se rappeler aussi que l’histoire du Québec fait l’objet d’une exégèse qui est loin de mettre tout le monde d’accord. Aussi, le petit volume nous donne des pistes d’interprétation et nous outille pour pousser plus loin la recherche sur un ou plusieurs sujets qui pourraient vous intéresser. C’est la principale force de ce livre et le principe est le même pour l’ensemble de la collection. (voir la liste) en tout temps, le lecteur et la lectrice conservent leur libre arbitre. Cette collection convient à tous et en particulier à la jeunesse. Beaucoup ne sont pas prêts à lire des briques sur des thèmes précis. Cette collection livre l’essentiel, le plus important. Elle surprend par sa concision tout en permettant au lecteur d’augmenter fortement ses connaissances et encore, de façon très agréable.

J’ai parcouru rapidement la collection. Je me suis attardé  sur quelques  titres .  Je me suis finalement arrêté à l’histoire du Québec. Moi, j’aime le concept. Il est bref c’est vrai, mais il est conçu pour ça. Si je veux pousser plus loin, et je l’ai déjà fait, j’utilise les annotations biographiques et je fonce. Tout en me limitant aux *30 secondes*, j’ai appris beaucoup de choses et sur certaines d’entre elles, j’ai pu préciser ma pensée. J’ai particulièrement apprécié le portrait des personnalités. Par exemple, Marie-Anne Barbel, citée plus haut. Sa connaissance des affaires et du commerce a inspiré les femmes de la Nouvelle France qui ont toujours eu à se battre contre un système machiste. J’en ai appris un peu plus aussi sur le roi du nord par exemple, le bon vieux Curé Labelle, qui a présidé à la colonisation des Laurentides.

Les petits livres sont bien vulgarisés, ils sont ventilés et clairs. Ils s’adressent à tous les âges et constituent pour les jeunes en particulier un excellent outil d’introduction pour les sujets qui les passionnent. La collection EN 30 SECONDES est un bon outil d’acquisition de connaissances. Excellent pour tous, parfaite pour les jeunes lecteurs et lectrices.

Écrivain et historien québécois né en 1954, Jean-Pierre Charland a publié plusieurs romans, dont L’Été de 1939, avant l’orage (2006) et La Rose et l’Irlande (2007), salués par la critique et appréciés du public. Sa saga LES PORTES DE QUÉBEC a connu un succès remarquable avec plus de 80 000 lecteurs.
Passionné d’Histoire et conteur hors pair, il offre aux lecteurs des récits à la fois authentiques et originaux. (Pause lecture)

 

Sabrina Moisan est professeure à l’Université de Sherbrooke. Elle s’intéresse à l’enseignement de l’histoire, à l’éducation, à la mémoire collective et à l’histoire du Québec.

 

 

 

D’AUTRES LIVRES DE LA COLLECTION

         

         

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 22 novembre 2020

LES CONTES DES 1001 NUITS partie 1

LES CONTES DES 1001 NUITS

Commentaire sur le recueil anonyme
de contes populaires
(Partie 1)


*«mais ne vous trompez pas, vizir», reprit le
sultan : «demain, en vous remettant
Sheherazade entre les mains, je prétends
que vous lui ôtiez la vie. Si vous y manquez,
je vous jure que je vous ferez mourir vous-
même.»*
(Extrait : LES CONTES DES 1001 NUITS, anonyme,
recueil de contes populaires d’origine persane et
indienne, édition numérique réunissant les trois
tomes : 1 800 pages)

Le sultan Shahryar, déçu par l’infidélité de son épouse, la condamne à mort et, afin de ne pas être à nouveau trompé, il décide de faire exécuter chaque matin la femme qu’il aura épousé la veille. Shéhérazade, la fille du grand vizir, est désignée pour épouser le sultan. Aidée de sa sœur, elle raconte chaque nuit au sultan une histoire dont la suite est reportée au lendemain. Le sultan ne peut se résoudre alors à tuer la jeune femme ; il reporte l’exécution de jour en jour afin de connaître la suite du récit commencé la veille. Peu à peu, Shéhérazade gagne la confiance de son mari, et, au bout de mille et une nuits, il renonce à la faire exécuter.

UNE LECTURE ENVOÛTANTE
*-Ma maîtresse, repartit l’oiseau, faites ce que je dis et ne vous inquiétez pas de ce qui en arrivera ; il n’en arrivera que du bien. Quant aux perles, allez demain de bon matin au pied du premier arbre de votre parc, à main droite, et faites-y fouir, vous en trouverez plus que vous en avez besoin. »
(Extrait du conte HISTOIRE DE DEUX SŒURS JALOUSES DE LEUR CADETTE, CONTES DES 1001 NUITS)

              

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gauche

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droite

 

 
LE LIVRE DES MILLE ET UNE NUITS est un recueil anonyme de contes populaires en arabe, d’origine persane et indienne. Il est constitué de nombreux contes enchâssés et de personnages mis en miroir les uns par rapport aux autres. Autrement dit, on trouve de nombreuses histoires qui sont intégrées dans une seule et même histoire, en devenant des parties intégrantes. En littérature, c’est ce que l’on appelle la *Mise en abîme*. Dans le synopsis un peu plus haut, on a vu que la princesse Shéhérazade, avec l’aide de sa sœur, raconte chaque nuit au sultan une histoire dont la suite est reportée au lendemain. Autant de fois l’exécution de Shéhérazade est reportée. La sœur, Dynarzade, pratique la tactique du récit interrompu. Peu à peu la princesse gagne la confiance de son mari et au bout de mille et une nuits, le sultan renonce à la faire exécuter. En fait, Shéhérazade est l’héroïne du récit car elle est un puits sans fond d’histoires, de merveilles, de magie et d’imagination. C’est pour elle une source de vie.

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Mon choix était de lire l’intégrale des CONTES DES MILLE ET UNE NUITS, réunissant donc les trois grands tomes. J’ai pris la traduction la plus accessible, c’est-à-dire celle d’Antoine Galland. Les CONTES DES 1001 NUITS ont été publiés en 1704 sans auteur officiellement reconnu. Ils sont bien sûr libres de droit. J’ai donc lu l’intégrale, soit 1 800 pages. Évidemment, c’est très long. J’ai pris bien mon temps et j’ai intégré les contes à mes lectures courantes. Je ne crois pas qu’on puisse critiquer une œuvre aussi considérable. Moi j’ai été charmé.

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Il n’y a qu’un seul irritant. À chaque nuit, Shéhérazade doit déployer beaucoup d’imagination pour rester en vie. Elle a l’aide de sa sœur Dynarzade qui la réveille à chaque nuit et la pris de poursuivre l’histoire laissée en plan la veille. Cette routine force la redondance. Heureusement, ce petit protocole n’est pas bien long. Il est juste répétitif. Je m’y suis fait. En dehors de ce détail, j’ai été charmé. Je me suis laissé emporter dans le temps et dans l’univers oriental avec ses génies, ses fées, ses sorciers, des lois étranges, des traditions bizarres au service des sultans et de leurs caprices. Un monde où il y a parfois fort à faire pour sauver sa vie. Les 1001 nuits constituent aussi un monde de conteurs avec, en tête Shéhérazade qui, avec sa sœur Dynarzade, entretient le sultan dans l’intrigue de ses histoires, pour se maintenir en vie.

Shéhérazade est le pilier des contes. Le fil conducteur. La référence. Avec elle, tout se tient. C’est grâce à ce fil conducteur, une trouvaille à mon avis, que je suis resté en haleine, que j’ai gardé mon intérêt jusqu’à la fin. Le nombre de page n’avait plus d’importance. Et puis, je l’ai déjà dit, il ne faut pas se laisser impressionner par l’épaisseur d’un volume.

Autre élément intéressant : la traduction. Antoine Galland s’est évidemment servi du français de son époque et a été confronté aux particularités et aux étrangetés du langage oriental. Par exemple *Vous allez le voir* devient *vous l’allez voir*. Je trouve que le langage qui en résulte est d’une magnifique beauté. Non seulement on se fait aux caprices linguistiques, on vient à les aimer et à les rechercher. Cette lecture a été pour moi un enchantement car je devenais moi-même le sultan Shahriar, soucieux de revenir à ma lecture le plus vite possible afin de connaître la suite des aventures si bien racontées par la belle Shéhérazade. Plusieurs seront découragés sans doute par la récurrence des thèmes. Moi, je me suis accroché à la beauté du langage, poussant parfois à la poésie et suffisante pour déclencher le rêve.

Je vous invite donc à entrer dans un monde à part de la littérature avec les CONTES DES MILLE ET UNE NUITS. Rien ne vous oblige à lire l’intégrale. Faites-en l’essai. Vous verrez bien où ça va vous mener. Faites comme moi…laissez-vous aller.

1)       Ali Baba (1909) Maxfield Parrish  oriental art (sur Pinterest)
2)       Aladin dans le jardin magique, illustration de Max Liebert, 1912 (Wikipedia)
3)       Image du film LE SEPTIÈME VOYAGE DE SINBAD, de Nathan Juran, sorti en
1958 avec les célèbres effets spéciaux de Ray Harryhausen
4)       Le conte du cheval d’ébène, illustration de John Dickson Batten, 1895 (Wikipédia)
5)       Shéhérazade et le sultan Schariar (1880) œuvre de Ferdinand Keller
(1842-1922)    Shéhérazade est le personnage central des 1001 nuits.

Mon prochain article sera consacré à des thèmes relatifs aux contes des 1001 nuits : des ouvrages d’analyse, sur l’iconographie, les décorations sous les thèmes des 1001 nuits et même la cuisine. Je vous invite à lire ce complément sur jailu.mllambert.com.

BONNE LECTURE

JAILU/CLAUDE LAMBERT

 Le lundi 21 octobre 2019


NOUVELLES NOIRES

NOUVELLES NOIRES

Commentaire sur le recueil de
RENAUD BENOIST

*En un flash tout disparut, et Lantier, en sueur, sursauta
en ne comprenant pas ce qu’il avait vu ou avait cru
voir…Ne voulant en parler à personne, il décida donc
de garder cette incroyable histoire pour lui.*
(Extrait : NOUVELLES NOIRES, vol. 1, CHEZ LANTIER, Renaud
Benoist,  édition L’ivre-book, 2014, numérique,  recueil)

Dans ce premier opus des NOUVELLES NOIRES, Renaud Benoist nous entraîne dans un malstrom de réalité et d’irréalité. Le but : happer le lecteur et le faire plonger dans des textes insolites, noirs, dérangeants et le poussant sans cesse à se demander s’il est dans le réel ou l’irréel. Oui, Renaud Benoist corrompt la perception de la réalité en entraînant le lecteur dans un monde de cauchemar : tueur en série, tableau maléfique, nature vengeresse, village démoniaque et autres tableaux mystérieux issus d’une imagination débridée. Les NOUVELLES NOIRES sont comme un jeu de pistes qui ouvre la voie à une nouvelle dimension du frisson.

CAUCHEMAR AU JOUR LE JOUR
*Ce jour-là, les cloches de l’église sonnèrent
longtemps, trop longtemps, le curé avait été
seul à s’en inquiéter et ce fut lui qui remarqua
cette brèche qui passait sous la maison de
Dieu.*

(Extrait:: NATURE, du recueil NOUVELLES
NOIRES)

À l’occasion, j’aime insérer dans mes projets de lecture, un recueil de nouvelles pour voir et apprécier comment les auteurs, autant ceux qui sont connus que les émergents se débrouillent dans cette forme littéraire très particulière. La nouvelle littéraire est un récit fictif très bref qui fait appel à la réalité et qui, la plupart du temps, ne comporte pas de situation finale. Généralement, elle se termine avec un dénouement inattendu qu’on appelle la chute. Comme il s’agit d’un court récit, la nouvelle littéraire comporte peu de personnages, peu d’action et peu de lieux… Le défi d’un nouvelliste est de concentrer son histoire pour en renforcer l’effet. Donc la nouvelle n’est pas un roman. C’est une forme définie de littérature développée dans un minimum de pages (5 à 15). Certaines nouvelles vont jusqu’à cent pages. Je ne me passerais certainement pas des romans. Ils jouent sur le développement des émotions et des sentiments et la psychologie. Dans la nouvelle on planche plutôt sur la surprise, les rebondissements et les finales percutantes.

En matière de nouvelles, mon choix s’est porté cette fois sur les NOUVELLES NOIRES, vol. 1 de Renaud Benoist. Les nouvelles de Benoist ont comme toile de fond l’Auvergne, une région du massif central de la France, un territoire de nature sauvage et de paysages grandioses. Un décor parfait pour développer les thèmes de la solitude, du mystère, de la peur et des légendes entourant la nature vengeresse. J’ai aimé ce recueil, résultat d’une imagination volontairement débridée. Les textes sont insolites et poussent le lecteur à l’évasion. On oublie les problèmes, le temps…pour frissonner un peu car c’est bien ce que propose l’auteur : de l’émotion parfois forte, de l’insolite, de l’inexplicable, des forces obscures qui échappent à la raison humaine…

NOUVELLES NOIRES vol. 1 comprend 8 nouvelles. Ma préférée : LES ÉTANGS BLEUS.  Les parents de Jean décident de déménager toute la famille dans un complexe de HLM appelé LES ÉTANGS BLEUS. Quelques temps après le déménagement, Jean entend des bruits bizarres dans le placard de sa chambre…comme un grattement. Dans son nouveau patelin, Jean est attiré par un coin de forêt appelé le petit bois dans lequel apparemment des enfants sont disparus et ne sont jamais revenus. Ça l’intrigue et il demande à son nouveau copain Luc de l’accompagner. Luc lui montre sa cabane perchée discrètement dans un arbre…soudain le lien se fait entre le placard et la cabane. Jean s’apprête à goûter l’obscure médecine du petit bois : *J’ai vu…J’ai vu ce que tu ne verras jamais…J’ai vu une espèce de chose sortir d’un arbre et les attaquer, ça n’a duré qu’une minute ou deux…elle les a avalés et est retournée dans son antre…* (Extrait)

C’est une nouvelle dans laquelle l’atmosphère s’alourdit de pages en pages et qui développe l’idée de créatures qui rappellent un peu les monstres de H.P. Lovecraft. C’est une lecture qui devient très vite addictive.

Une forme se dégagea du comptoir et prit corps. Jeannette…c’était sa Jeannette, sa femme morte depuis dix ans. (Extrait de CHEZ LANTIER, la première nouvelle du recueil NOUVELLES NOIRES vol.1)
Les bulles étaient là, tout comme le «rien» était derrière nous. Lui avançait, elles grossissaient. On aurait dit une scène d’un livre de Kafka. (Extrait de LE PONT la quatrième nouvelle de NOUVELLES NOIRES vol.1)

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture. Je crois que l’auteur a bien relevé le défi. L’écriture est fluide, le mystère est bien entretenu, on le sent dans chaque texte comme une espèce de non-dit. À lire. Si vous aimez, le volume 2 est disponible.

Renaud Benoist est né le 27 mars 1973 à Epinay-sur-Seine. Il suit des études d’arts plastiques aux Beaux -arts de Saint-Étienne. En 1998, il débute la série Nouvelles noires. En 2001, il sort le premier tome de la Trilogie des Yukulutes, La Solution symbiose suivi du tome 2, Le Culte d’Arès, en 2013 et du dernier volume, Quazar Balder, en 2006. De 2007 à 2013, il se consacre à des recherches sur le fameux Triangle de la Burle. En mai 2013, il sort En Quête du triangle de la Burle. Entre ses écritures, les occupations ne manquent pas pour Renaud Benoist. Il reçoit le prix des automnales du livre de Sury-le-Comtal, en 2001, pour La Solution symbiose, Il écrit le scénario d’une comédie musicale intitulée Le Fanten lupo, en 2007 et réalise un court-métrage : ESPRIT ES-TU LÀ ? en 2008.

À LIRE AUSSI

BONNE  LECTURE
Claude Lambert
Le samedi 28 septembre 2019

EN AS-TU VRAIMENT BESOIN ?

EN AS-TU VRAIMENT BESOIN ?

Commentaire sur le livre de
PIERRE-YVES McSWEEN

*Chaque fois que mes yeux convoitent un objet,
que ma main s’empare de mon portefeuille, le
«En as-tu vraiment besoin?» résonne dans ma

tête comme un mantra.*
(EN AS-TU VRAIMENT BESOIN, extrait de la préface
de Paul Arcand, Guy Saint-Jean éditeur, 2016,
éditions de papier, 370 pages.)

EN AS-TU VRAIMENT BESOIN est un livre documentaire comprenant une quarantaine de sujets développés sous forme de chroniques et ayant trait à l’organisation financière personnelle. Chaque titre se termine par EN AS-TU VRAIMENT besoin et place un miroir réaliste devant nos choix de vie et leurs conséquences. Malgré la rigueur administrative à laquelle appelle Pierre-Yves McSween, chaque sujet est traité avec perspicacité et humour. L’auteur poursuit deux grands objectifs : définir le comportement d’un citoyen responsable financièrement et donner au lecteur un peu plus de cette liberté dont il a tellement besoin.

UN RECUEIL STRATÉGIQUE
POUR LES DÉPENSIERS
*On sait pertinemment que les points représentent
un outil de marketing utilisé à des fins de
fidélisation de la clientèle et du profilage des
habitudes de consommation. On sait aussi que si
on ne participe pas à ce système, on paiera de
toute façon le prix de celui-ci pour ceux qui
l’utilisent.*
(Extrait : EN AS-TU VRAIMENT BESOIN)

EN AS-TU VRAIMENT BESOIN est un recueil de 40 chroniques signées Pierre-Yves McSween dont l’expertise est reconnue : comptable professionnel agréé, professeur d’administration dans un Cégep et bien sûr chroniqueur. Dans son livre, McSween remet en question notre façon de dépenser. *Au Québec, l’analphabétisme financier et la consommation à outrance influent négativement sur l’existence de chacun.* (4e de couverture)

*Partant du principe qu’*on n’est pas libre si on passe notre vie à payer* (Extrait) et comme l’auteur remet en question notre façon de dépenser, alors il; nous pose la question : EN AS-TU VRAIMENT BESOIN?…de la carte de crédit, des cartes de point, de faire un budget, d’une voiture neuve, de prévoir la mort, des assurances, de voyager, d’une stratégie de consommation et j’en passe bien sûr.

C’est la première fois que je lis un livre aussi tranchant sur nos habitudes de consommation. Il nous met sur le nez des évidences qui pourraient en faire pâlir plusieurs. En effet, une grande quantité d’exemples de stratégies douteuses pourraient facilement porter l’étiquette de la stupidité : *Quand un étudiant en administration vient se plaindre que son budget est serré, mais qu’il roule en voiture de l’année, je n’ai d’autre choix que de lui pulvériser son incohérence en plein visage* (Extrait)

Une majorité de québécois vivent au-dessus de leurs moyens et dépensent n’importe comment. Le résultat de cette compulsion est l’endettement et l’endettement hypothèque l’avenir. Avec EN AS-TU VRAIMENT BESOIN , Pierre-Yves McSween poursuit deux objectifs très simples : revoir nos habitudes de consommation et établir une stratégie financière efficace. Je vous avertis toutefois que pour beaucoup de québécois, appliquer toutes les recommandations pourraient être aussi difficile que d’arrêter de fumer (Je m’étonne que McSween ne parle pas de la cigarette dans son ouvrage) maigrir, se passer d’internet ou de téléphone.

En fait, j’ai réalisé que si j’appliquais à la lettre les 40 recommandations, je pourrais profiter par exemple d’une retraite aisée jusqu’à cent ans, même si je meurs d’un accident à 65 ans ce qui laisse supposer qu’il faut en prendre et en laisser. Privez-vous disait Séraphin Poudrier à cet éternel endetté qu’était le Père Ovide… Il n’avait pas tort mais ne vaut-il mieux pas tendre vers l’équilibre ?

Et puis appliquer toutes les recommandations équivaudrait à être parfait, ce qui est impossible. Tendre vers la perfection, c’est déjà pas mal. À ce titre, EN AS-TU VRAIMENT BESOIN est un véritable manuel d’auto-défense contre l’irresponsabilité financière voire, comme le dit si bien l’éditeur, l’analphabétisme financier. En gros, c’est un volume intéressant qui vise une gestion personnelle rationnelle. Il y a quelques chroniques que j’ai trouvé étranges, toujours avec la mention EN AS-TU VRAIMENT BESOIN : l’amour, les enfants, les fêtes d’enfant, manger tes bas, cuisiner, mais en général les titres sont pertinents et l’ensemble est formateur.

J’ai apprécié ce livre qui m’a poussé à la réflexion sur ma façon de gérer. Les chapitres (chroniques) font de 6 à 10 pages. Le ton est tranchant. Le langage, pas toujours en équilibre avec le bon goût, a l’avantage d’être très direct. Pas de détour. La plume rappelle un peu l’expression orale. J’avais l’impression parfois de lire le libellé d’une conférence. Chaque chapitre se termine par une petite réflexion qui fait office de résumé et de recommandation. Toutes nos manies de consommateurs sont mises en perspective. L’auteur toutefois s’étend moins sur la façon de budgéter, de s’administrer mais il a le mérite de miser sur l’importance de se créer individuellement une marge de manœuvre financière.

Je crois que chaque famille devrait avoir un exemplaire de ce livre. Il divertit autant qu’il *brasse la cage*…

Pierre-Yves McSween est comptable professionnel agréé. Chroniqueur affaires et économie au 98,5 FM il collabora avec Paul Arcand, avec la Presse. Il est aussi blogueur sur VOIR.CA. Enfin, Pierre-Yves McSween est professeur d’administration au Cégep régional de Lanaudière à l’Assomption. Ses interventions à titre de communicateur visent toujours l’équilibre financier et la prévention de la consommation à outrance.

Bonne lecture
Jailu/Claude Lambert
Le samedi 11 mai 2019

 

 

PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES

PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES

Commentaire sur le livre d’un collectif
de l’Association des Écrivains Québécois
pour la Jeunesse

*Ils les découvrirent à l’étage dans la salle de bain :
Sophie, assise sur un banc, un drap sur les épaules
et de la mousse à barbe plein la tête; Étienne, le
rasoir de son père à la main, tout occupé à faire
disparaître les cheveux de sa sœur.*
(Extrait de la nouvelle de Hélène Grégoire, C’EST LA FAUTE
AU PETIT, du recueil PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES,
Éditions Pierre Tisseyre, 2001, édition de papier, 160 pages.
Littérature jeunesse québécoise)

PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES est un recueil de nouvelles écrites et publiées bénévolement par des membres de l’Association des Écrivains Québécois pour la Jeunesse, les droits d’auteur servant à financer le PRIX CÉCILE GAGNON. Dans ce recueil qui est le cinquième de la série, vous pourrez faire la connaissance de personnages drôles et sympathiques. Vous pourriez être surpris par les fanfaronnades scolaires de ces petits tannants dont les frasques ont pris avec le temps, valeur de légende. Vous l’avez compris, le recueil est développé sous le thème des mauvais coups et à ce sujet nos auteurs ne manquent pas d’imagination. Voyez, au bas de cet article, la liste des auteurs et les titres publiés. Entre temps, encouragez la relève québécoise des jeunes écrivains en vous procurant un des recueils de l’A.E.Q.J.

DE MAUVAIS COUP EN NOUVELLE !
*Dans quelques années, je serais riche, me disais-je
innocemment. J’allais pouvoir acheter tous les
magasins de jouets et de bonbons de la planète.
Après quelques deux ans passés à économiser,
j’avais déjà amassé deux dollars et quarante-
cinq sous. Mon projet allait donc bon train.
(Extrait : ENTRE LA MÉMOIRE ET L’IMAGINAIRE de
Sophie-Luce Morin, du recueil PETITES MALICES ET
GROSSES BÊTISES.)

Ça fait plusieurs fois que j’entends parler de l’Association des Écrivains Québécois pour la Jeunesse et de son initiative pour encourager et motiver la jeune relève de la littérature québécoise. J’ai donc décidé de faire une petite recherche là-dessus car tout ce qui peut stimuler la plume québécoise m’intéresse.

C’est ainsi que chaque année, plusieurs auteurs de l’Association des Écrivains Québécois pour la Jeunesse (AEQJ) collaborent gracieusement à l’écriture d’un recueil collectif de nouvelles à l’intention des jeunes. Les droits perçus par la vente de ces ouvrages financent le PRIX CÉCILE GAGNON attribué par l’Association à un auteur ou une auteure de la relève.

J’ai donc lu cette semaine un de ces recueils et exploré la Collection Conquêtes de l’éditeur Pierre Tissseyre dans laquelle ils sont insérés. Plus précisément, j’ai lu PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES, un recueil de 11 nouvelles sous le thème des mauvais coups. Un collectif très sympa qui va plaire j’en suis sûr aux jeunes lecteurs de 12 à 14 ans et je peux dire aussi que le adultes ne seront pas indifférents à ces nouvelles étant donné le thème développé : LES MAUVAIS COUPS. Moi en tout cas, ça m’a rappelé un bout d’enfance.

J’ai trouvé dans ces petits textes du vécu, de la fraîcheur, de la candeur et beaucoup d’humour : *Audrey Tanguay! Elle me fait les yeux doux depuis la troisième année. Ah! Qu’elle m’énerve! Elle me regarde toujours avec ce petit sourire insignifiant, comme si elle n’était pas intelligente, alors que je sais très bien que c’est une des filles les plus brillantes de la classe. Pourquoi y a-t-il tant de filles qui pensent que les garçons aiment les cruches?* (Extrait de la nouvelle de Yanik Comeau POUR L’AMOUR DE VIRGINIE, du recueil de l’AEQJ PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES). Ça vous donne je pense, un bon aperçu de l’atmosphère du recueil.

Même si j’ai aimé toutes les nouvelles, j’ai quand même ma préférée : LE GANG DES FOULARDS BLEUS de Michel Lavoie. À l’école qu’elle fréquente, Élise est fascinée par LA GANG DES FOULARDS BLEUS, une espèce de petite société secrète dont elle ne sait rien bien sûr mais à laquelle elle tente d’être initiée. Les adultes se rappelleront sans doute leur adolescence à l’école alors qu’ils faisaient partie, ou tentaient de faire partie d’un groupe secret ou un petit club fermé…pour les jeunes lecteurs, ce sera une découverte. En tout cas, dans la nouvelle de Michel Lavoie, tout le monde pourra vérifier la portée du proverbe TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE.

Je vous invite donc à découvrir ce bon petit recueil. En achetant les recueils de l’AEQJ, vous parrainez une très bonne cause. Vous encouragez les jeunes écrivains de la relève québécoise et croyez-moi, il y a du talent là-dedans et plein de promesses pour la pérennité de la littérature québécoise. En même temps, pourquoi ne pas parcourir la très belle collection CONQUÊTE des Éditions Pierre Tisseyre qui réunit une brochette d’auteurs qui ont enchanté et enchantent toujours la jeunesse francophone tels Robert Soulière, Denis Côté, Cécile Gagnon, Yves Beauchesne et David Schinkel, Louis Émond et plusieurs autres.

La littérature québécoise n’a pas fini de me surprendre…

         
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1)      Francine Allard…MOLIÈRE ET LES ÉPINGLES À LINGE
2)     
Jean Béland…MOI, JE SUIVAIS…
3)     
Yanik Comeau…POUR L’AMOUR DE VIRGINIE
4)     
Cécile Gagnon…CINQ POULES AU DORTOIR
5)     
Diane Groulx…LE VAMPIRE
6)     
Michel Lavoie…LE GANG DES FOULARDS BLEUS
7)     
Sophie-Luce Morin…ENTRE LA MÉMOIRE ET L’IMAGINAIRE
8)     
Josée Ouimet…LES MÉMOIRES D’UN «GADOUSIER»
9)     
Stéphanie Paquin…1914
10) 
Louise-Michèle Sauriol…LES «FOUFOUNES» BLANCHES
N’apparaît pas sur les photos : Hélène Grégoire…C’EST LA FAUTE AU PETIT

BONNE LECTURE
JAILU
Le samedi 12 JANVIER 2019


NOT DOG (1)

NOTDOG tome 1

Commentaire sur le livre de
SYLVIE DESROSIERS

*Au passage de tous ces pieds, le sable glisse,
s’enfonce. Les semelles et les orteils laissent
leurs marques jusqu’à ce que le vent ou la
mer les effacent. Au milieu de ces nouvelles
traces, personne ne remarque celles qui se
font toutes seules.*
(Extrait : QUELQU’UN A-T-IL VU NOTDOG, NOTDOG
Tome 1, Sylvie Desrosiers, La Courte Échelle, rééd.
2009, édition de papier, 370 pages, comprend 4
romans.)

Ce livre réunit les aventures de trois ados de douze ans et d’un chien…mais laissons l’auteure nous présenter l’équipe : *Jocelyne, dont la curiosité est sans limites, heureuse propriétaire de NOTDOG. Agnès, une grande rousse, qui en a pour cinq ans à porter des broches aux dents. John, l’Anglais blond fortuné à lunettes rondes qui fait sans arrêt des fautes de français.* Mais le véritable héros de l’histoire est un chien, aussi laid que brillant. Nos amis ont ouverts une petite agence de détectives prêts à résoudre toutes les énigmes qui se présenteront à eux, peu importe la nature de l’enquête, allant jusqu’aux histoires de fantômes, de magie et autres *mystérieux mystères*…

NOTDOG 01 réunit les quatre romans suivants:

      

Un chien aussi laid que génial!
*-Lui aussi dit qu’il n’a vu personne observe
Agnès. –L’homme invisible frappe encore,
on dirait, remarque Jocelyne. -Avant que je
croie à l’homme invisible, il va mouiller des
petites cuillères! C’est alors que, juste à la
hauteur de ses yeux, une petite cuillère
passe lentement, reste suspendue quelques
secondes et…*
(Extrait : NOTDOG 01, FAUT-IL CROIRE À LA MAGIE?)

Lorsque j’étais animateur scout sur la Côte-Nord, je basais les camps sur un livre. J’adorais raconter à mes pré-ados une histoire et créer des jeux d’aventures en liens  avec celle-ci. À ce titre, ma plus grande inspiratrice fût sans nul doute Sylvie Desrosiers. Pour sa série NOTDOG, elle a créé trois jeunes sympathiques personnages de 12 ans et un chien qui retient l’attention autant parce qu’il est laid que parce qu’il est brillant : NOTDOG. Jocelyne, Agnès, John et Notdog  ont monté ensemble une petite entreprise de détectives. Ça c’est le point commun à toutes les histoires de la série. Une enquête par histoire.

À chaque enquête, Sylvie Desrosiers a incorporé avec brio tous les éléments que les pré-ados aiment dans une histoire : du mystère, des intrigues avec des tas d’indices…fantômes, disparitions inexpliquées, phénomènes étranges, mais aussi, de la fantaisie et beaucoup d’humour…des éléments qui plaisent beaucoup aux jeunes, en particulier l’humour.

Dans ces histoires, il n’y a pas de violence, pas de gros mots, pas d’horreur. Mais dans chaque histoire,  nos amis courent un danger potentiel et doivent compter les uns sur les autres pour s’en sortir et résoudre les énigmes. Voilà qui pourrait amener les jeunes lecteurs et lectrices à prendre parti sur les vertus de l’esprit d’équipe. Sylvie Desrosiers a créé trois personnages qui sont toujours à l’image des jeunes d’aujourd’hui : dégourdis, curieux, aimant vivre des aventures dont ils vont s’enrichir, appréciant les amis et les aspects sociaux de leur vie. Donc les jeunes lecteurs peuvent aisément s’identifier aux jeunes héros, d’autant que dans ces histoires, les parents sont légèrement en retrait. Ils peuvent s’intégrer dans les aventures et en demeurer captifs jusqu’à la fin.

Un des éléments qui m’a le plus emballé dans ces histoires est l’humour, particulièrement celui des passages descriptifs : *Ses mains sont tellement sales qu’il a l’air de porter des mitaines; ses jeans sont tellement crottés que même les vidangeurs n’en voudraient pas; et ses dents sont tellement douteuses qu’il a l’air d’avoir une barre de toffee accrochée aux gencives.* (Extrait : NOTDOG 1, FAUT-IL CROIRE À LA MAGIE?)

Je crois que les livres de la série ont tout pour plaire aux jeunes : beaucoup d’humour, mystère et intrigues, amitié, action, rebondissements…les histoires sont courtes et se lisent facilement. Il n’y a rien à l’épreuve des jeunes intrépides…de la bonne lecture…toujours actuelle.

Sylvie Desrosiers est une écrivaine et journaliste québécoise née à Montréal le 28 août 1954. Elle est l’auteure de plus d’une vingtaine de romans à la Courte Échelle dont la série complète NOTDOG. Elle a aussi collaboré à la revue CROC et à l’organisation de plusieurs galas JUSTE POUR RIRE. Son œuvre a été couronnée de plusieurs prix prestigieux dont le PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL en littérature jeunesse de langue française en 2008 et la MÉDAILLE DE LA CULTURE FRANÇAISE en 1997.

Daniel Sylvestre est un illustrateur  québécois, natif de Montréal. Il exerce son art depuis plus de 30 ans. Ses livres sont connus un peu partout dans le monde. Les jeunes lecteurs québécois le connaissent surtout pour ses illustrations dans les séries PUCE, ZUNIK et CLÉMENTINE, ainsi que dans les aventures du chien « Notdog ». Daniel Sylvestre a étudié en arts décoratifs et en arts graphiques à Paris. Artiste graveur reconnu En 2007, il était finaliste au Prix du Gouverneur général du Canada pour les illustrations du roman « Ma vie de reptile » de Sylvie Massicote.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le samedi 24 novembre 2018

PEURS SUR LA VILLE, un collectif de six nouvelles

*Je traverse l’avenue de Paris entre divers
commerçants régalant leurs clients à coups
de hache dans la tronche…les agents de
police sautent à la gorge des mauvais
conducteurs. Les écoliers découpent la
maîtresse. Que de réjouissances…*
(Extrait : BIEN CRU CHEZ LES CH’TIS de
Giovanni Portelli, du recueil PEURS SUR LA
VILLE, publié en 2013 chez Storylab Editions.
95 pages. Édition numérique seulement,
collection Youboox)

PEURS SUR LA VILLE est un recueil de six nouvelles de type *légende urbaine* :
SAIGNONS SOUS LA PLUIE d’Antoine Lefranc, BIEN CRU CHEZ LES CH’TIS de Giovanni Portelli, SORTIE DE ROUTE de Béatrice Galvan, SEPT MINUTES de Julien Banon, LE FRUIT DE CES ENTRAILLES d’Olivier Caruso et LA MONNAIE DES MALFAISANTS de Drims. Ce recueil est le résultat d’un concours d’écriture organisé en 2013 par Storylab et Welovewords et qui a réuni 150 participations sous le thème HORREUR EN MILIEU URBAIN. Par la suite, Storylab s’est associé à Youboox, une plateforme de lecture en streaming pour promouvoir et diffuser le recueil. Il s’agit d’une initiative essentiellement numérique. Épouvante, horreur et humour noir sont au programme de ce recueil qui pourrait bien avoir une suite.

ÉPOUVANTE URBAINE
*-Chopez-la! Cria quelqu’un.
Alors elle les entendit fondre sur elle.*
(Extrait : SEPT MINUTES
du recueil PEURS SUR LA VILLE)

 Je ne croyais pas en arriver là un jour, mais aujourd’hui, je vous parle d’une initiative littéraire essentiellement numérique. Je préciserai tout de même que j’ai un faible pour le livre de papier…j’aurai toujours un faible pour les livres de papier. Mais bon, sauver des arbres, limiter la pollution n’est pas pour me déplaire non plus. Sans jeu de mot, je suis un peu déchiré. Mais l’important n’est-il pas de lire? Peu importe le support utilisé…

Toujours est-il que, de cette initiative, six récits ont été déclarés les meilleurs parmi 150 participants sous un thème cher à une considérable quantité de lecteurs : les légende urbaines, un thème déjà abondamment développé dans la littérature et au cinéma. Il est difficile d’être objectif n’étant pas moi-même friand de légendes urbaines. Les récits sélectionnés n’apportent pas vraiment grand-chose de neuf au thème des légendes urbaines. Il serait intéressant de répéter l’expérience sous des thèmes qui se prêtent davantage à l’innovation : société, psychologie, anticipation, fantastique par exemple.

Cependant, le recueil a des forces intéressantes : les histoires sont courtes et ont la capacité de pousser le lecteur à l’émotion, c’est-à-dire à transposer ses pires cauchemars dans le réel : un réel urbain…rue, métro, parc et même internet comme c’est le cas de SAIGNONS SOUS LA PLUIE d’Antoine Lefranc, la première nouvelle du recueil qui mérite fort bien son titre et qui rappelle un peu LE PROJET BLAIR.

Donc pour faire l’essai d’une expérience numérique (issue d’une longue et enrichissante démarche créatrice), PEURS SUR LA VILLE est un recueil intéressant réunissant six formats courts, accrocheurs, dotés d’un certain humour. Le style n’offre aucune nouveauté qui se démarque, mais vous pourriez apprécier, spécialement si vous êtes amateur d’histoire d’horreur en milieu urbain.

Je n’ai pas été emballé personnellement mais tout de même j’ai été impressionné par l’incroyable démarche qui a abouti à ce recueil et qui est résumée sur www.presseedition.fr  L’initiative est conforme à une nouvelle tendance de lecture faisant appel aux tablettes, smartphones, lecteurs numériques. C’est l’évolution, mais au moins on lit…ça ne m’empêche pas de retourner au papier quand j’en ai le goût, ce qui se produit assez souvent.

Les 6 lauréats de PEURS SUR LA VILLE
Édition 2013

Ligne du haut, de gauche à droite : Antoine Lefranc, Giovanni Portelli, Béatrice Galvan,
ligne du bas, de gauche à droite, Olivier Caruso (qui préférait être vu comme ça),  Julien Banon et Drims.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
25 septembre 2016

MOTS D’EXCUSE, livre de PATRICE ROMAIN

*Des mots méprisants ou condescendants (un peu), des mots d’excuse ou de justification (beaucoup), des mots qui photographient le milieu familial (passionnément), des mots qui racontent, ou plutôt résument l’amour des
parents pour leur enfant et leur angoisse face au risque d’échec scolaire (à la folie), des mots insignifiants (pas du tout)*
(Extrait de l’avant-propos de MOTS D’EXCUSE de Patrice Romain, 2011, François Bourin éditeur, num. 55 pages)

Retards, absences, difficultés scolaires, contestations de notes… autant d’occasions pour les parents d’écrire au maître de leurs petites progénitures. Patrice Romain qui a été professeur, principal et directeur d’école pendant plus de 20 ans a recueilli, au fil des ans,  ces perles drôles ou émouvantes. Au-delà du sourire, ces billets sont également le reflet d’une société. Bien sûr, ces *mots* viennent de France mais vous allez voir qu’ils ont un évident caractère universel, de sorte que tous les parents du monde pourraient bien se reconnaître, et probablement en rigoler….des fautes d’orthographe entre autres.

ESSAYEZ DONC DE CHANGER LES PARENTS!
*Monsieur
excuser moi pour se Matin.
Car le petit frère à Sassia à
été Malade toute la nuit et
il a chié partou.
Merci d’avance.*
(Extrait : MOTS D’EXCUSE,
transcription intégrale)

L’EXCUSE EST HUMAINE…
MOTS D’EXCUSE est un opuscule de Patrice Romain qui a constitué comme un intermède dans mes lectures. C’est court, c’est drôle et ça porte un peu à réfléchir.

On ne peut pas vraiment critiquer MOTS D’EXCUSE. L’auteur a simplement réuni des mots de parents pour excuser leurs rejetons d’un retard à l’école par exemple, d’un devoir pas fait ou pour se plaindre d’une injustice dont ils pourraient être victimes. On dirait que les raisons pour écrire un mot au prof sont aussi nombreuses qu’il y a d’élèves dans le monde. Romain a précédé son petit recueil d’un avant-propos dans lequel il explique qu’il en a vu de toutes les couleurs, laissant à penser que les parents comprennent peu le petit côté *missionnaire* du métier d’enseignant.

Je précise ici que Patrice Romain a publié intégralement les messages des parents. Pas de censure, pas de correction d’orthographe, pas de ponctuation. C’est du *mot pour mot*. Le résultat : c’est bourré de fautes. Mais il faut aller au-delà de l’orthographe et se rappeler que les parents qui ont écrit ces messages sont issus du siècle dernier et ont connu une enfance encadrée par un contexte culturel et économique très différent. Et puis on peut aussi se poser cette question : est-ce que les ados d’aujourd’hui font mieux?

Je recommande aux parents de lire ce petit ouvrage pour rigoler bien sûr, mais aussi pour faire un petit exercice auquel je me suis moi-même livré : tenter de se reconnaître. Les mots sont tellement variés et touchent tellement de possibilités que par moment, le livre avait sur moi l’effet d’un miroir. Il faut se rappeler que le ridicule ne tue pas.

Un bref mais agréable moment de lecture. Je vous laisse sur cette perle :

*Madame, puisque vous voulez un mot d’excuse pour le retard de ma fille, Le voilà. Au revoir.*

Inspiré par sa longue carrière dans le monde de l’enseignement, Patrice Romain a publié plusieurs livres sur les évènements et les situations qui l’ont marqué. L’aventure a commencé en 1993 avec la publication de MON ÉCOLE, SES MAÎTRESSES, SES MAÎTRES : livre dans lequel il dresse un portrait de ses collègues enseignants du primaire vus par un élève. Bien sûr, MOTS D’EXCUSE a suivi avec près de 100 000 exemplaires vendus. Patrice Romain est même allé jusqu’à exposer son expérience de sapeur-pompier volontaire dans son livre CHRONIQUES D’UN POMPIER VOLONTAIRE, paru en 2012 chez François Bourin. Je vous invite à consulter les notes biographiques et la bibliographie ici.

BONNE LECTURE
JAILU
28 AOÛT 2016

Douze contes vagabonds

Le recueil de GABRIEL GARCIA MARQUEZ

*Elle n’éprouva aucun malaise, et à mesure qu’augmentait la chaleur et que par les fenêtres ouvertes entrait le bruit torrentiel de la vie, le courage lui revenait de survivre aux énigmes de ses rêves. Le comte de Cardona, qui passait à la montagne les mois de grande chaleur, la trouva à son retour plus séduisante encore qu’au temps de ses cinquante printemps surprenants de jeunesse.*
(Extrait: Douze contes vagabonds, de Gabriel Garcia Marquez)

Douze contes vagabonds est un recueil d’histoires imaginées par Gabriel Garcia Marquez et publié en 1992. Le prologue indique qu’il s’agit en fait d’une sorte de patchwork de travaux éparpillés durant les 18 années précédentes, et destinés à différents supports (télévision, cinéma, roman…). Ces travaux, rapporte l’auteur, étaient de ce fait plutôt différents, mais suffisamment proches dans les thématiques pour pouvoir être rassemblés en recueil. C’est en 1974, au Mexique, qu’il m’est apparu que ce livre, au contraire de ce que j’avais d’abord envisagé, ne devait pas devenir un roman mais un recueil de contes brefs s’appuyant sur le genre journalistique et libérés de leur enveloppe mortelle grâce aux astuces de la poésie. (Extrait de la préface)

Ces thèmes que sont les voyages, l’exotisme, la mort et le catholicisme cher aux Latino-Américains sont en effet déployés dans un style frôlant constamment la prose. C’est d’ailleurs ce qui m’a totalement conquis dans l’écriture de Gabriel Garcia. Il manie d’une main de maître les figures de style imagées telles que la métaphore, l’allégorie, la comparaison, la personnification, etc. Ainsi, par ces tournures de phrases nombreuses, bien réparties et surtout naturelles et bien pensées, l’auteur a su rendre douze contes relativement différents, parfaitement harmonieux.

Et que dire de ces récits! L’auteur utilise dans chacun de ceux-ci un curieux alliage de chronique et de nouvelle. Oh ce n’est certainement pas les pâles intrigues et les chutes peu spectaculaires qui gardent l’attention du lecteur. En réalité, ce qui tient le lecteur captif, c’est cet effet étrange engendré par des récits d’une profonde originalité animés par des personnages dépeints comme ordinaires, mais suscitant beaucoup de curiosité. Au milieu de chaque histoire je me posais la question: Où veut-il nous amener avec toutes ces histoires de vieilles attendant la mort, de présidents déchus cherchant le repos de l’âme, de ces gens souhaitant une audience devant le pape? … Et à force de lecture, le questionnement revient d’un conte à l’autre, mais le doute disparaît totalement, car on comprend que l’auteur finira toujours sur une note douce mais surprenante qui fera soupirer ou frissonner de satisfaction.

L’écriture de Gabriel Garcia Marquez se compare au café de son pays d’origine: elle est veloutée. Et de même que chaque gorgée d’un fin café colombien, chaque paragraphe des récits du livre Douze contes vagabonds est une expérience sensorielle et une friandise pour l’esprit. Sans tomber dans des formulations complexes et interminables, Gabriel Garcia fait constamment appel aux sens du lecteur. Il dénote constamment par-ci par-là des sons, des odeurs, des saveurs, des textures, mais de façon tellement élégante et naturelle que le lecteur est immergé sans aucun effort.

*Ses visites étaient devenues un rite. Le comte arrivait, ponctuel, entre sept et neuf heures, avec une bouteille de champagne espagnol enveloppée dans le journal du soir pour qu’on le remarque moins, et une boîte de truffes au chocolat. María dos Prazeres lui préparait un gratin de cannellonis et un poulet rôti et tendre, les mets préférés des Catalans de haut lignage de jadis, et une coupe de fruits de saison. Pendant qu’elle faisait la cuisine, le comte écoutait sur le phonographe des enregistrements historiques de morceaux d’opéras italiens, en buvant à petites gorgées un verre de porto qu’il faisait durer jusqu’à ce que les disques fussent passés.*
(Extrait – Douze contes vagabonds)

C’était mon premier livre de Gabriel Garcia Marquez, mais il me tarde d’en expérimenter un autre. Je sens que Gabo, ainsi qu’on le surnomme en Amérique du Sud, pourrait devenir l’un de mes écrivains préférés!

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LA MORT ENTRE LES LIVRES

Crimes à la librairie
Commentaire sur le recueil

*L’heure est venue. Discrètement, il prend
un verre de vin rouge et y laisse tomber
quelques gouttes de funeste poison. Un
convive le regarde d’un air réprobateur
mais poli.
-C’est pour ma pression artérielle…
(Extrait : UN CADAVRE AU CRÉPUSCULE de
Robert Soulières, du recueil CRIMES À LA
LIBRAIRIE, Éditions Druide, 2014, 734 pages)

CRIMES À LA LIBRAIRIE est un recueil de seize nouvelles écrites par des auteurs québécois sous un thème unique. La meilleure façon de décrire cet ouvrage est encore de citer le réalisateur du projet Richard Migneault dans l’avant-propos du Collectif : *Je vous invite donc…à rencontrer ces seize écrivains de chez nous pour nous amener ailleurs au cœur même de leur imaginaire. Pour stimuler leur créativité et votre curiosité, je leur ai donné un devoir pas très facile à réaliser…faire de la librairie une véritable scène de crime, transformant du coup chaque livre qui s’y trouve en témoin de l’énigme, du suspense, de l’insoutenable* (Richard Migneault, extrait). Cette anthologie regroupe autant d’auteurs de renoms que ceux les plus prometteurs de la relève. La crème de la littérature québécoise y est. Polars, récits noirs et frissons au programme.

LES NOUVELLES :
-PUBLIC CIBLE de Patrick Sénécal
-LE LIBRAIRE ET L’ENFANT de Martine Latulippe
-UNE LONGUE VIE TRANQUILLE de Martin Michaud
-LE PSAUME DU PSOQUE de Benoît Bouthillette
-DES HEURES À LA LIBRAIRIE de Chrystine Brouillet
-UN CADAVRE AU CRÉPUSCULE de Robert Soulières
-L’HOMME QUI DÉTESTAIT LES LIVRES de Sylvain Meunier
-PERINDE AC CADAVER d’André Jacques
-JUNGLE JUNGLE de Jacques Coté
-DERNIER CHAPITRE AU BOOKPALACE de Florence Menay
-MON COMBAT de Mario Bolduc
-233°C de Johanne Seymour
-ROUGE TRANCHANT de Camille Bouchard
-LE PALMARÈS de Richard Ste-Marie
-DEMI-DEUIL d’Arianne Gélinas
-RARES SONT LES HOMMES de Geneviève Lefebvre

La mort entre les livres
*-Oui je vais signer.
-Bon là tu parles. Good man!
Robinson griffonna deux mots
«fuck off»

et remit la feuille à Bennet. En
voyant l’affront de ce jeune
insolent, il devint rouge de colère.
(Extrait de JUNGLE JUNGLE de Jacques
Côté, du recueil CRIMES À LA LIBRAIRIE)

CRIMES À LA LIBRAIRIE est le fruit d’une très intéressante expérience dirigée par Richard Migneault qui a réuni 16 auteurs québécois autour d’un thème bien précis : un crime dans une librairie, sujet original s’il en est car avec son atmosphère tamisée, son calme bucolique et l’attraction qu’elle exerce sur les esprits en quête de mots et d’histoires, la librairie est un endroit qui ne se prête pas beaucoup au meurtre. Ce thème est une trouvaille qui a mis en lumière tout le talent des auteurs sélectionnés et bien sûr la puissance de leur plume. L’objectif de l’expérience est simple : faire connaître l’univers du polar québécois et le résultat a donné une remarquable anthologie qui m’a accroché car elle m’a permis de faire des découvertes très intéressantes.

Bien sûr j’y ai retrouvé des auteurs avec lesquels j’étais déjà familier comme Patrick Sénécal, Robert Soulières, Christine Brouillet et Martin Michaud, mais j’ai aussi découvert des auteurs qui m’ont surpris et mon donné le goût d’explorer davantage leur œuvre et leur style comme par exemple Geneviève Lefèbvre dont la nouvelle RARES SONT LES HOMMES est particulièrement oppressante.

En ce qui me concerne, la qualité des textes va de très bonne à excellente. Les textes varient beaucoup en intensité, en recherche et en originalité. Comme dans tous les recueils, il y a des bonnes nouvelles, il y en a de moins bonnes. Je ne prétends pas vous dire quelles sont les meilleures mais j’ai particulièrement accroché sur la nouvelle de Martine Latulippe LE LIBRAIRE ET L’ENFANT. Développer une histoire de meurtre dans une librairie demandant déjà beaucoup d’imagination, y impliquer un enfant rend encore plus complexe le défi littéraire sur le plan contextuel…un défi bien relevé par L’auteure qui se spécialise dans la littérature pour enfants. C’est ce qu’on pourrait appeler une double-vie littéraire.

J’ai aussi beaucoup apprécié la nouvelle d’Ariane Gélinas DEMI-DEUIL, un récit basé sur le parfum de la libraire, qui exhale jusqu’à rendre fou. Cette nouvelle n’est pas sans me rappeler l’œuvre célèbre de l’écrivain allemand Patrick Süskind LE PARFUM dont j’ai déjà parlé sur ce site. Comme je l’ai déjà précisé, décrire une odeur avec justesse et émotion est déjà un énorme défi.


Martine Latulippe à gauche et Ariane Gélinas

Je crois que grâce à l’initiative de Richard Migneault, la littérature québécoise s’est enrichie d’un fleuron qui place le polar québécois au rang de littérature de haut niveau. Il serait intéressant de répéter l’expérience avec des auteurs québécois en émergence. Les résultats pourraient être fort intéressants.

Directeur d’école à la retraite, Richard Migneault est un défenseur de la littérature québécoise. Animateur du blogue POLAR, NOIR ET BLANC et coordonnateur des Prix TENEBRIS des PRINTEMPS MEURTRIERS DE KNOWLTON, il s’est donné pour mission de faire connaître les auteurs québécois de polar en Amérique et en Europe. Il intensifie sa mission en réunissant 16 écrivains québécois autour d’un même thème, ce qui nous a donné l’excellent recueil CRIMES À LA LIBRAIRIE.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
JANVIER 2016