NE TE RÉVEILLE PAS, livre de LIZ LAWLER

*Un vague souvenir refit surface : elle avançait en
trébuchant…poitrine en avant, ventre rentré, histoire
de mettre sa silhouette en valeur dans sa nouvelle
robe. Et ensuite, un vertige, ses jambes qui se
dérobaient sous elle et ses genoux qui heurtaient le
sol…une pression sur sa bouche, plus d’air, un
haut-le-cœur et puis…plus rien.
*
(Extrait : NE TE RÉVEILLE PAS, Liz Lawler, City éditeur,
2018. Édition de papier, 358 pages)

Quand Alex se réveille, elle est nue, attachée sur une table médicale. Tout semble prêt pour l’opérer mais… la jeune femme est en parfaite santé, elle n’a aucune raison d’être là ! Et l’homme qui manipule les bistouris à ses côtés n’est pas chirurgien. La terreur envahit Alex, juste avant qu’elle ne perde conscience.  Quand elle reprend ses esprits, elle se voit indemne, sans blessure apparente. Dans son entourage, personne ne croit qu’elle a été séquestrée ou violée. On l’accuse de paranoïa, d’affabulation. Ravagée par  ces accusations, la jeune femme est décidée à découvrir ce qui lui est réellement arrivé. À n’importe quel prix…

Le piège de la parano
*…Alex Taylor devenait inquiétante. Son comportement…
avait conforté Laura dans sa conviction que cette
fille souffrait d’une maladie mentale. Comment était-
il d’ailleurs possible qu’on l’autorise encore à exercer ?
Mais ce n’était plus qu’une question de temps avant sa
radiation.  
(Extrait)

À partir des évènements cités dans la présentation (ci-haut) plus rien ne tournera à la faveur de la docteure Alex Taylor à qui la vie fera passer un mauvais quart d’heure. Non seulement personne ne la croit mais plusieurs pensent qu’elle est paranoïaque. 

Alex sera aussi soupçonnée suite à une série de graves évènements : sa présence lors de la mort d’Amy Abbott et de Lilian Armstrong, sa présence lorsqu’une erreur de médicament à deux doigts d’être fatale avait été commise. Sans compter la mort de Fionna Woods qui était la meilleure amie d’Alex. Pour Alex, le pire est de n’être crue d’à peu près personne.

Deux autres éléments vont venir se rajouter pour alimenter l’intrigue. D’abord, plusieurs personnes soupçonnaient Alex Taylor de réunir plusieurs symptômes du syndrome de Münchhausen, une pathologie psychologique  caractérisée par un besoin de simuler une maladie dans le but d’attirer l’attention, la compassion.

Deuxième élément, la participation d’un personnage appelé Oliver Ryan, un acteur de cinéma qui avait reçu l’autorisation de suivre le corps médical de l’hôpital où travaillait Alex Taylor, dans le but de camper le mieux possible un personnage médical dans un futur film. Pour le malheur d’Alex, Oliver Ryan est mort pendu. Cette mort a toutes les apparences d’un suicide mais elle est, semble-t-il, entourée de beaucoup de mystères.

Je mentionne enfin qu’Alex Taylor s’est jurée de découvrir ce qui lui est vraiment arrivée et le temps presse, parce que sa vie part complètement à la dérive. La question est : se fait-elle des accroire ?

Le moins que je puisse dire est que l’auteure Liz Lawler a réussi à me mystifier. J’étais tantôt convaincu qu’Alex Taylor disait vrai et était victime d’une cruelle machination, tantôt je croyais que la docteure inventait toute son histoire et se laissait aller à d’horribles crimes. Je me promenai ainsi d’un camp à l’autre jusqu’à ce qu’un policier, un cran plus perspicace que les autres, considère que quelque chose cloche.

C’est le petit côté prévisible de ce genre d’histoire. Il y a quelque part un petit Colombo en puissance qui voudra scruter le côté B de la médaille. Mais cette curiosité, Greg l’a poussée un peu tard. Le lecteur est maintenu longtemps dans une zone grise mêlant adroitement le tort et la raison, d’autant que la pauvre Alex était portée sur la bouteille depuis son premier enlèvement (il y en aura un autre). Au bout du compte, il y avait plus de contre que de pour. 

C’est une intrigue efficace. Elle m’a tenu en haleine. L’écriture est directe. Je n’ai pas décelé beaucoup de longueurs. On entre assez vite dans l’histoire. Je m’attendais à voir des policiers s’épancher sur leurs états d’âme comme ça arrive souvent mais l’auteure s’est abstenue, l’intrigue ayant pu ainsi maintenir toute sa force jusqu’à la fin. Même qu’une policière très portée sur l’avancement s’est fait remettre à sa place et ça m’a plu. 

Dans l’ensemble, les personnages sont plutôt froids. Il est difficile de s’y attacher. Ce qui explique en partie pourquoi il est si difficile de départager le tort et la raison chez Alex. On doit s’en tenir à l’opiniâtreté d’un personnage : *Son unique espoir désormais reposait sur Greg Turner, un homme bien et doué pour déceler les mensonges…* (Extrait)

Je ne veux pas vous mystifier à mon tour mais est-on certain que Turner apprendra la vérité et si oui, en faveur de qui penchera-t-elle? Bien écrit ! Bien rendu ! NE TE RÉVEILLE PAS est un thriller très recommandable.


Après avoir été infirmière et responsable d’un hôtel de luxe, Liz Lawler se consacre aujourd’hui à l’écriture. Ce premier roman l’a consacrée comme nouvelle reine du thriller psychologique britannique. Numéro un des ventes, ce roman palpitant est en cours de traduction dans une dizaine de langues.

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 19 juin 2022

POSSÉDÉS, l’intégrale de Sharon Kena

*Au mobilhome, Sophia exprime à ses parents son
besoin de faire des recherches sur une maison
abandonnée en pleine forêt. Elle leur raconte qu’un
de ses amis vient d’y mourir dans des circonstances
mystérieuses…*

(EXTRAIT : POSSÉDÉS de Sharon Kena, version intégrale
réunissant les quatre tomes de la saga. Éditions Sharon
Kena 2017, Numerikena pour le format numérique, 1148
pages)

Une légende raconte qu’il y a dix ans, les fils Trémor, possédés par un esprit, ont sauvagement assassiné leurs parents. Depuis, tous ceux qui foulent le sol de leur maison trouvent la mort. Tome 1 : PRIS AU JEU, Sophia découvre l’existence de cette maison et est captivée par le mythe. Tome 2 : JEU DANGEREUX, un garçon qui aime Sophie joue un jeu dangereux avec une nouvelle vacancière moins innocente qu’elle ne le paraît. Tome 3 : DÉMON DU JEU, Sophie découvre qu’elle et ses amis sont dans un endroit maudit et développe un acharnement à détruire la malédiction. Tome 4 : ULTIME JEU, l’esprit réunit le clan. Sophia doit mourir. Le dernier jeu est engagé. 

Le sang coule…la mort rôde… tout doit se finir.

Amour paranormal
*-Je suis sa proie pour cet été, je le sais, mais
lui ignore sur qui il est tombé. – Méfie-toi quand-
même, il est très fort. –Je sais à qui j’ai affaire,
mais je suis rusée et j’ai un pas d’avance sur lui.*
(Extrait Tome 3 : DÉMON DU JEU)

Que dire d’une série de quatre livres qui aurait pu être réduite à deux ? Beaucoup de longueurs, de redondances et plusieurs passages insignifiants. Pourtant, Sharon Kena est partie d’une idée très intéressante : Il y a, près du camping où se trouve Sophia et ses parents au début de l’histoire, dans une forêt, une maison hantée.

L’esprit qui squatte la maison aurait poussé, il y a une dizaine d’années, les fils Tremor à assassiner sauvagement leurs parents. Depuis ce temps, tous ceux qui se pointent dans cette maison meurent. Le tout fait l’objet d’un jeu morbide de séduction et de meurtres, dirigé par Alex, son frère Jérôme et un troisième frangin qui fera son apparition beaucoup plus tard dans l’histoire.

Sans s’en apercevoir, Sophia est poussée dans le jeu par Alex. Elle est donc condamnée…sauf qu’il y a un imprévu…Alex tombe amoureux de Sophia. La belle Sophia est passionnée par le mystère entourant la maison et décide d’identifier et de trouver les frères Tremor.

Donc, l’idée de l’auteure était de développer une histoire sur fond de paranormal, avec, à l’origine, l’action d’un savant fou. Malheureusement, cette idée a été sous-développée au profit d’intrigues sentimentales et d’une accumulation de meurtres. Le résultat est un beau dérapage.

Il y a des passages agréables à lire. Il y a un certain intérêt et ça serait évident si on avait réduit la série. Mais il y a tellement d’irritants dans cette série qu’il m’est difficile d’être positif. D’abord cette histoire est une série continue de mensonges, de traîtrise et d’hypocrisie. Impossible de savoir à qui se fier. Même Alex s’enfarge dans ses propres mensonges.

Le lecteur ne sait pas où donner de la tête. Il n’y a pas de points de repère. Il est étonnant que l’auteure elle-même ne se soit pas emmêlée tellement le fil conducteur de l’histoire est en zig zag. On ne peut pas non plus se fier sur Sophia. C’est une vraie girouette qui ne sait pas vraiment ce qu’elle veut. Une autre faiblesse concerne la violence qui est traitée dans l’histoire avec une légèreté qui frôle l’indécence :

*-Je pensais qu’on pouvait passer de bonnes vacances ici, confie-t-il en regardant les dégâts autour de lui. –C’est ce qui s’est passé, on tuait, on était bien.* (Extrait) On est pas loin du genre de phrases prononcées par un demeuré. J’ai été surpris aussi de la facilité avec laquelle l’auteure faisait rouler la police dans la farine. Rien de bien signifiant de ce côté. La crédibilité de l’histoire en souffre.

*Oui dit la brunette, non dit le blondinet.* La brunette c’est Sophia. On l’appelle plus souvent par la couleur de ses cheveux que par son nom. C’est agaçant. Même chose pour le blondinet, c’est-à-dire Jérôme. Ça saute aux yeux…tellement que je me suis demandé si l’auteure s’est relue. Je veux ajouter ici une remarque un peu plus personnelle peut-être. Si vous venez d’arrêter de fumer, abstenez-vous de lire cette série.

Deux de ses acteurs, Sophia et Alex fument comme des pompiers, cigarette sur cigarette. À une époque où on essaie de bannir cette saleté, je crois que l’auteure aurait pu faire preuve d’un peu plus de retenue. Un dernier point, Sophia aura plusieurs enfants d’Alex. Leur participation à l’histoire est pratiquement occultée.

J’ai trouvé que les enfants étaient considérés comme un détail sans importance. Je crois que l’auteure est passée à côté d’une opportunité d’enrichissement de son histoire.

Comme vous voyez, beaucoup de points ont assombri mon intérêt pour cette histoire qui est beaucoup trop longue au vu de son contenu. Toutefois, si, comme moi, vous persévérez jusqu’à la fin, vous trouverez probablement le dernier tome plus riche en action et en imagination avec entre autres l’entrée en scène de deux personnages surprise.

C’est un peu tiré par les cheveux et là encore un mensonge n’attend pas l’autre, mais il y a un peu plus d’action et le dénouement est intéressant et même dramatique.

Née le 11 octobre 1978, Sharon Kena vit dans la petite ville de Morhange entourée de sa famille et 6 chats. Elle aime passer des heures à écrire, même si elle en a moins le temps qu’avant. C’est une fervente lectrice de romans sentimentaux et de Bit-lit. Elle aime malmener ses personnages et rendre incertaine la fin d’un roman jusqu’à la dernière page… Je suis une fervente lectrice de romans sentimentaux, j’adore quand il y a des problèmes, des secrets inavouables… J’aime passer des heures à écrire, en écoutant de la musique. Je ne suis pas du genre à respecter les codes littéraires !

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Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 9 avril 2022

 

PASSÉ À VIF, le livre de LISA JACKSON

*…Deagan crut voir briller une étincelle mauvaise
dans ses prunelles bleues. Il n’avait pas besoin
de lire ses pensées. Ce petit sourire pervers, sur
son visage, indiquait clairement qu’il l’avait
invité pour se divertir, et très probablement à
ses dépens.*
(Extrait : PASSÉ À VIF, Lisa Jackson, réédition 2017,
Harpercollins France, numérique et papier. 500 p.)

Kate Summers mène une vie paisible à Hopewell, Oregon, en compagnie de son fils de quinze ans, Jon. Pourtant, un secret la ronge : et si, un jour, quelqu’un venait lui réclamer cet enfant qui n’est pas le sien et qui ignore le secret de sa naissance ? D’autant que Jon lui a récemment parlé de ses cauchemars, dans lesquels un homme qui prétend être son père cherche à le tuer…Alors, quand le séduisant inconnu qui vient d’emménager dans la maison voisine essaie par tous les moyens d’entrer en contact avec Jon, Kate panique. Sans savoir que, de toute façon, son fils et elle sont déjà cernés par le mensonge. 

DES DONS QUI DÉRANGENT
*Son cœur continuait à battre la chamade, tandis
que son rêve se dissipait lentement dans la
lumière grise de l’aube, ne lu laissant que le
goût amer du malaise…Ça ne se passerait
peut-être pas exactement comme il venait de
le voir dans son sommeil, mais ça allait arriver.*
(Extrait : PASSÉ À VIF)

Un très bon livre. La trame du récit est un peu complexe mais elle est bien développée dans le premier quart du livre pour permettre au lecteur de s’accrocher à un fil conducteur sans faille. Je vais tenter un petit résumé en utilisant mon petit style télégraphique. 

-L’histoire tourne autour de Jon Summers, 15 ans. Il a la particularité de faire des rêves prémonitoires qui le trompent rarement.
-Jon est le fruit d’un inceste entre Deagan O’Rourke d’une part, le fils de Frank Sullivan, un parfait salaud qui n’a jamais reconnu son fils et d’autre part, la cousine de Deagan, Bibi.

 -L’aîné de la famille Sullivan, une famille de salauds riches, décérébrés et blasés, Robert décide de se débarrasser du bébé en le faisant adopter illégalement dans un autre état. C’est Kate Summers qui deviendra la maman adoptive.
-Deagan n’était pas au courant qu’il était père. Bibi le lui a caché jusqu’à ce qu’il ait 15 ans. Elle-même n’a jamais voulu du bébé.

-15 ans après la naissance de Jon, le patriarche de la famille Sullivan, Robert constate qu’il n’y a personne dans sa famille digne de son héritage et de poursuivre les affaires familiales. Il décide donc de mettre la main sur Jon.

-Plusieurs Sullivan risquent donc d’être déshérités. Aussi Jon est en danger…en grand danger. Certains veulent le tuer mais tout le monde le veut…pas nécessairement pour les mêmes raisons.
-Deagan a un gros poids sur la conscience et Kate voit Jon lui échapper rapidement… 

Ce qui capte rapidement l’attention du lecteur, c’est l’histoire de la famille dont Jon est issu, une famille de dégénérés assis sur une immense fortune : *Stu prenait son pied en matant son amant en train de baiser sa sœur. Je n’arrive pas à y croire ! * (Extrait) Autre élément intéressant, John fait des rêves prémonitoires qui influencent directement le développement du récit.

Celui-ci verse donc sensiblement dans le surnaturel. Le mystère le plus dense de l’histoire demeure Deagan qui tombe en bas de sa chaise en apprenant qu’il est père d’un garçon de 15 ans et dont les évènements vont l’obliger à s’immiscer dans la vie de Kate et du garçon, Jon qui est rejeté par ses pairs à cause de son don de prémonition qui, aux yeux de la communauté fait de lui un monstre, ce qui n’est pas sans pousser à la réflexion sur l’acceptation des différences. 

UNE PLUME FORTE
C’est un suspense fort qui tient en haleine jusqu’à la fin. Il n’y a rien de simple je le rappelle. La trame est complexe Jon et sa mère auront à composer avec le mensonge, l’hypocrisie, la violence, un shérif incompétent et bien sûr le mystérieux Deagan dont les aveux sont versés à la petite cuillère et laissent tout le monde pantois. 

Ce qui rend aussi le récit addictif, c’est l’atmosphère qui l’imprègne, le non-dit, la complexité des sentiments dans le cas de Jon qui traverse le pire moment de son adolescence à tout point de vue et qui doit gérer un don qu’il ne contrôle pas. Ça peut paraître paradoxal, mais c’est une lecture éprouvante… Appelons ça un stress bienfaisant.

Ça se dévore jusqu’au bout. J’étais curieux de voir comment l’auteur allait démêler tout ça à la fin. Il a été habile en rajoutant un choc supplémentaire. Jon est encore en danger, mais c’est une toute autre histoire. 

L’épilogue de l’histoire m’a un peu déçu. Trop beau pour être vrai, tiré par les cheveux et peu réaliste. Mais je considère que même en laissant de côté ces quelques pages, ce que je ne recommande même pas, les lecteurs auront eu largement satisfaction. Je suis donc très content de ma lecture.

Lisa Jackson a grandi dans une petite ville de l’Oregon. Elle sort diplômée de l’Université d’État et travaille quelque temps plus tard dans le secteur bancaire. Elle se lance peu après dans l’écriture et publie son premier roman en 1983 : A TWISTE OF FATE qui n’a jamais été traduit à ma connaissance. Elle écrit aussi des suspenses romantiques contemporains et des romans d’amour historiques qui se placent régulièrement sur la liste des meilleures ventes de livres du New-York times, USA today et Publisher Weekly.

Bonne lecture
Claude Lambert

 

LA DERNIÈRE DES STANFIELD, Marc Levy

*Une lettre m’apprenait que ma mère aurait eu
un passé dont j’ignorais tout. On m’assurait
qu’en fouillant ses affaires, je mettrais la main
sur des souvenirs qui me livreraient quantité
d’informations sur la femme qu’elle avait été. À
l’en croire, maman avait été coauteure d’un
forfait magistral…*
(Extrait : LA DERNIÈRE DES STANFIELD, Marc
Levy, Éditions Robert Laffont|Versilio, 2017, édition
de papier,, pocket, 450 pages.

Eleanor-Rigby est journaliste, elle vit à Londres. Un matin, elle reçoit une lettre anonyme lui apprenant que sa mère a eu un passé criminel. George-Harrison est ébéniste, il vit au Québec. Un matin, il reçoit une lettre anonyme accusant sa mère des mêmes faits. Eleanor-Rigby et George-Harrison ne se connaissent pas. L’auteur des lettres leur donne à chacun rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore. Quel est le lien qui les unit ? Quel crime leurs mères ont-elles commis ?  Au cœur d’un mystère qui hante trois générations, La Dernière des Stanfield nous entraîne de la France occupée à l’été 44, à Baltimore dans la liberté des années 80, jusqu’à Londres et Montréal de nos jours.

LES SECRETS D’UNE FAMILLE TORDUE
*Robert était désormais seul et il se demanda
combien de nuits il lui restait à vivre. Dans
quelques heures, le jour se lèverait sur Baltimore…
Et il songea qu’il allait crever à des milliers de
kilomètres de chez lui à cause d’une partie de
poker.*
(Extrait)

LA DERNIÈRE DES STANFIELD raconte l’histoire d’Eleanore Rigby Donovan, journaliste pour un magazine à Londres et George Harrison Collins, un ébéniste qui vit à Québe. Ils ont deux points en commun : d’abord leur prénom évoque les Beatles. Eleanore Rigby est une chanson des Beatles. Et Bien sûr George Harrison était un Beatle.

Les liens expliquant ce choix de prénoms sont plutôt ténus dans le récit. Le deuxième point en commun est le fait que les deux héros qui ne se connaissent pas reçoivent une mystérieuse lettre signée d’un énigmatique personnage qui se fait appeler LE CORBEAU et annonce que leur mère a commis un crime 35 ans plutôt. Le CORBEAU leur donne rendez-vous dans un bar de pêcheur situé dans le port de Baltimore.

Avec méfiance, nos deux héros font connaissance. Le CORBEAU ne s’est pas pointé mais il semble avoir atteint son objectif, la rencontre de deux personnes qui ne se connaissent pas et qui ont pourtant la même mère. Eleanore Rigby et George Harrison décident d’enquêter pour savoir quel crime leur mère aurait commis.

Qui est le CORBEAU et qu’est-ce qu’il cherche exactement? George et Eleanore vont pénétrer un épais mystère, un panier de crabes qui hante trois générations de Stanfield de 1944 à nos jours. Le récit étale la vie de Sally-Anne, la mère de George et Eleanor. Les grands-parents de Sally-Anne, ont fait fortune dans les années 40.

Eleanore Rigby et Georges Harrison tentent ainsi de se dépêtrer dans une suite sans fin de trahisons, de mensonges et de coups bas. Le lecteur tente d’évoluer avec les personnages dans la toile gluante classique des familles dynastiques qui enfouissent des secrets qui sortent au grand jour à la petite cuillère. C’est un peu ce à quoi nous a habitué les séries télévisées comme DALLAS ou comme DYNASTIE.

Moi j’ai trouvé ça compliqué, difficile à suivre à cause des bonds générationnels qui rendent instable le fil conducteur de l’histoire. Je n’ai jamais réussi à adhérer à ces histoires de famille hermétiques et souvent platoniques. Je sais bien que les téléspectateurs en redemandent. Ça n’engage que moi, mais les trois premiers quarts du récit m’ont ennuyé.

J’ai trouvé l’histoire compliquée à cause de son caractère multidirectionnel que l’auteur aurait pu simplifier un peu. La narration est complexe, le style alambiqué. Je m’attendais à mieux, surtout que j’étais au départ très intrigué par les prénoms de nos héros, évoquant les Beatles.

Mais ce n’est qu’un accessoire sous-développé qui n’est d’aucune utilité pour aider à comprendre où l’auteur veut en venir exactement quant à la malédiction qui pèse sur les Stanfield où tout n’est qu’imposture, mensonges et apparences. Non ce n’est pas vraiment le livre capable de me faire renouer avec le style saga familiale et ses idées usées.

Je conviens que le style de Levy est intéressant. Il faut bien dire aussi que le dernier quart du récit nous entraîne de surprise en surprise. Ça devient intéressant si on tient le coup jusque-là. Quand je termine un livre, j’essaie de déterminer deux choses : ce que le livre m’a apporté et à quelle réflexion a-t-il engagé. Je crois que vous en avez déjà une bonne idée.

Marc Levy est un romancier français né en 1961. Il  ne quitte pas le classement des meilleures ventes depuis le début des années 2000. Né dans les Hauts-de-Seine, il quitte la France pour les États-Unis à 23 ans et fonde une société spécialisée dans l’image de synthèse.

Aimant raconter des histoires, Marc Levy se met à l’écriture en amateur. Finalement, il décide d’envoyer un manuscrit à plusieurs éditeurs et ce sont les éditions Robert Laffont qui le contacteront. Depuis, il se consacre à l’écriture. En janvier 2006, les ventes de ses cinq livres ont dépassé les dix millions d’exemplaires et ça continue.

Suggestion de lecture : AFFAIRES ÉTRANGES de Joslan F. Keller

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 6 décembre 2020