50 chefs-d’oeuvre que vous devez lire avant de mourir

Mes meilleures salutations à vous amis lecteurs, amies lectrices. Aujourd’hui, mon commentaire est un peu hors-norme. Je veux vous parler d’une découverte numérique que j’ai faite récemment chez Kobo. Il s’agit d’une méga-édition qui réunit 50 grands classiques de l’histoire littéraire sous le titre *50 CHEFS-D’ŒUVRE QUE VOUS DEVEZ LIRE AVANT DE MOURIR*. Ce sont 50 titres immortels. Bien sûr, ils sont tous disponibles séparément. Mais si jamais il vous venait à l’idée de lire ces grands classiques à la queue leu leu, vous vous apprêtez à consommer une œuvre numérique de 15,400 pages, ce qui représente plus ou moins 250 heures de lecture, c’est-à-dire 11 jours et demi de lecture en continu. Vous aurez alors pénétré au cœur de l’histoire littéraire, des grands romans, des courants de pensée, des styles et des genres. Rappelez-vous LE GRAND MEAULNES, LE CID, LA REINE MARGOT, LE FANTÔME DE L’OPÉRA.

Il y a dans cette véritable bibliothèque numériquement reliée des titres dont j’ai déjà parlé sur ce site comme LES FLEURS DU MAL de Beaudelaire, L’ILIADE ET L’ODYSSÉE d’Homère, FRANKENSTEIN OU LE PROMÉTHÉE MODERNE et j’en passe. D’autres titres sont dans mes projets de lecture au moment d’écrire cet article comme LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE JAUNE, CYRANO DE BERGERAC, DU CÔTÉ DE CHEZ SWANN et plusieurs autres. D’autres titres ne m’attirent pas mais ça ne leur enlève rien de leur prestige. Plusieurs de ces titres ont été adaptés au cinéma comme LES AVENTURES DE TOM SAWYER, VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE et GERMINAL œuvre romanesque extraordinaire d’Émile Zola qui réunissait à l’écran du septième art une distribution tout aussi extraordinaire : Miou Miou, Renaud, Gérard Depardieu, Jean Carmet.

Maintenant, pour ceux et celles qui aimeraient planifier une liste de lectures potentielles, voici les titres proposés, dans l’ordre de parution: LE GRAND MEAULNES d’Alain Fournier, ALCOOLS de Guillaume Apollinaire,  LES DIABOLIQUES de Jules Amédée Barbey d’Aurevilly, LES FLEURS DU MAL de Charles Beaudelaire, UN CRIME D’AMOUR de Paul Bourget, JANE EYRE ou LES MÉMOIRES D’UNE INSTITUTRICE de Charlotte Brontë, LES HAUTS DE HURLE-VENT d’Emily Brontë, ALICE AU PAYS DES MERVEILLES de Lewis Caroll, MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE de François-René de Chateaubriand, LE CID de Pierre Corneille, DE L’ORIGINE DES ESPÈCES de Charles Darwin, DISCOURS DE LA MÉTHODE de René Descartes, CANTIQUE DE NOËL de Charles Dickens, LE MONDE PERDU d’Arthur Conan-Doyle, LA REINE MARGOT d’Alexandre Dumas, L’ÉDUCATION SENTIMENTALE et MADAME BOVARY de Gustave Flaubert, LE JOURNAL D’UN FOU de Nikolaï Gogol, L’ILIADE ET L’ODYSSÉE d’Homère, LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ et COSETTE de Victor Hugo.

         

L’ESCLAVE AMOUREUSE de Gustave Le Rouge, LE FANTÔME DE L’OPÉRA et LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE JAUNE de Gaston Leroux, JUSTICE DE FEMME de Daniel Lesueur, BABBITT de Sinclair Lewis, L’APPEL DE LA FORÊT de Jack London, JUSTINE ou LES MALHEURS DE LA VERTU du Marquis de Sade, BEL-AMI de Guy de Maupassant, LE CHAT NOIR et DOUBLE ASSASSINAT DANS LA RUE MORGUE d’Edgar Allan Poe,  DU CÔTÉ DE CHEZ SWANN de Marcel Proust, CYRANO DE BERGERAC d’Edmond Rostand,  DU CONTRAT SOCIAL ou PRINCIPES DU DROIT POLITIQUE de Jean-Jacques Rousseau,  FRANKESTEIN ou LE PROMÉTHÉE MODERNE de Mary Shelly,  LE ROUGE ET LE NOIR et LA CHARTREUSE DE PARME de Stendhal.

       

DRACULA de Bram Stoker, L’ART DE LA GUERRE (les treize articles) de Sun Tzu, LES AVENTURES DE TOM SAWYER de Mark Twain, LA BIBLIOTHÈQUE DE MON ONCLE de Rodolphe Töpffer, LE KAMA SUTRA de Vatsyayana, LE TOUR DU MONDE EN QUATRE-VINGTS JOUR et VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE de Jules Verne, CANDIDE ou L’OPTIMISME de Voltaire, L’HOMME INVISIBLE et LA MACHINE À EXPLORER LE TEMPS de H.G. Wells, LE PORTRAIT de DORIAN GRAY d’Oscar Wilde, GERMINAL et J’ACCUSE d’Émile Zola.

       

Voilà chers amis. Vous êtes servis. Et si vous voulez aller plus loin dans votre exploration des titres historiques, Oregan a publié le tome 2 de 50 CHEFS D’ŒUVRE que vous devez lire avant de mourir…50 titres, 18 000 pages, près de 450 heures de lecture si vous projetez de lire tout le pavé. On y retrouve des noms qui figurent dans le volume 1 et d’autres comme Jules Renard, Alphonse Daudet, Alexandre Dumas, Machiavel, Théophile Gauthier et beaucoup d’autres. Pour plus de détails, cliquez ici.

Surtout, n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires, suggestions et pourquoi pas nous livrer vos titres préférés…

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le samedi 27 février 2021

LE MONDE DE BARNEY

LE MONDE DE BARNEY

Commentaire sur le livre de
MORDECAI RICHLER

*Si je m’aventure dans cette pagaille, dans ce ratage
qu’est l’histoire de ma vie, c’est uniquement pour
répondre aux venimeuses calomnies que Terry
McIver répand dans son autobiographie à paraître*
(Extrait : LE MONDE DE BARNEY, Mordecai Richler,
Éditions Albin Michel, livre de poche, 1999, papier, 600p.)

Mécontent du livre de souvenirs que vient de publier un écrivain qu’il a fréquenté dans sa jeunesse, Barney Panofsky, 67 ans, canadien issu de la communauté juive de Montréal, décide de donner sa version des faits et d’écrire ses mémoires. Passionné de hockey, grincheux, alcoolique, caustique et d’une redoutable mauvaise foi, Barney règle ses comptes : québécois francophones nationalistes, écrivains ratés ou pédants, antisémites, mais aussi ses coreligionnaires, gens de droite, de gauche, personne n’est épargné. Il ne manque pas d’évoquer ses trois mariages et les villes où il est passé au gré de ses diverses activités : Paris, New-York, Toronto et bien sûr Montréal. Autobiographie fictive et drôle.

UN OURS MAL LÉCHÉ
*Je suis un impulsif. Un type qui trouve préférable de
commettre des erreurs plutôt que de regretter ce
qu’il n’a pas fait. Eh bien, dans la catégorie des
erreurs, l’une des pires fut mes fiançailles puis mon
mariage avec Mrs Panofsky II. Ce qui n’excuse
aucunement mon abominable comportement au
cours de notre lune de miel.
(Extrait)

Avec LE MONDE DE BARNEY, vous allez faire la connaissance d’un personnage très singulier : Barney Panofsky, un misanthrope juif de 67 ans, natif de Montréal. Panofsky est un personnage grognon, chialeur et mal embouché en plus d’être très porté sur la bouteille. Panofski sait ce qu’il vaut : *Bon sang ! Me voici, moi, un vieux schnoque de soixante-sept ans qui rétrécit à vue d’œil, affligé d’une queue qui fuit, et je reste toujours incapable d’expliquer un deuxième mariage qui me coûte…dix-mille dollars par mois…* (Extrait) De ce qu’on peut bien penser de lui, Barney s’en contrefout. Ça lui donne d’ailleurs un petit côté attachant, peut-être à cause du destin tragique qui l’attend. Ça peut être dû aussi à la philosophie de supermarché qui caractérise ce personnage perçu par son entourage comme un mufle de première :
*…car c’était encore un temps…où il n’y avait pas un dentiste particulier pour les gencives, un autre pour les molaires, un autre pour les couronnes, un autre pour les extractions, non, un seul abruti se chargeait de tout à la fois*. (Extrait)

LE MONDE DE BARNEY, narré par Barney en personne, ce qui garantit un récit des plus colorés est le dernier roman de la belle carrière de Mordecai Richler, publié en 1997. Il a la saveur d’un testament littéraire mais aussi celle d’une petite fresque sociale qui étudie les mœurs de l’époque, sociales, sportives et politiques et qui décrit surtout un personnage loufoque qui ira jusqu’à être accusé de meurtre. La critique de son entourage passe d’abord par l’idée qu’il se fait de lui-même : *J’étais et je demeure un sale bonhomme, un grincheux impénitent, toujours prompt à me réjouir des fautes de ceux qui me dominent socialement. * (Extrait) Le livre est divisé en trois parties, une pour chaque mariage de monsieur Barney. C’est surtout à la suite de ses relations tordues et conflictuelles avec ses femmes que Barney décide de revoir sa misérable vie et là, il règle ses comptes.

Bien que le récit soit centré sur ses relations difficiles avec madame Panofsky 1, 2 et 3, Barney devient caustique, par la bande, sans jeu de mot, avec les Canadiens de Montréal, les racistes, les féministes, les indépendantistes et même les juifs. Dans son œuvre, Richler aurait même été perçu comme antisémite par sa propre communauté. Tout ça parce qu’il n’était pas content d’un livre de souvenirs publié par un écrivain qu’il a fréquenté dans sa jeunesse, ce qui l’a poussé à écrire ses mémoires. Enfin, *Avant que son cerveau ne commence à s’atrophier, Barney Panofsky est resté fidèle à deux intimes convictions : la première, que la vie est absurde; la seconde, que personne ne peut vraiment comprendre autrui. * (Extrait)

Au cours de la lecture de ce livre, je ne me suis pas ennuyé un seul instant. Difficile de ne pas s’attacher à ce grognon acide. Peut-être parce que moi non plus, je ne crains pas le ridicule mais surtout parce que j’ai décelé chez Barney une sensibilité parfois exacerbée couplée à un mal de vivre profond. Par l’intensité de sa plume, l’auteur amène le lecteur à apprécier davantage la comédie de la vie que son caractère tragique. Malgré un récit en dents de scie, j’ai trouvé le volume riche en imagination, en humour et en vocabulaire. Barney boit comme un trou, fume comme un pompier, on se perd un peu dans sa philosophie désorganisée et effectivement, le récit est parfois dur à suivre sans fil conducteur apparent, mais Barney Panofsky demeure un personnage original, drôle et émouvant qui gagne à être connu.

Mordecai Richler est né en 1931 à Montréal. Il a vécu à Paris, en Espagne et en Angleterre, puis en 1972. Il s’est réinstallé au Canada. Journaliste, mais surtout écrivain renommé, il a publié plusieurs romans dont L’APPRENTISSAGE DE DUDDY. Mordecai Richler est décédé le 3 juillet 2001.

LE MONDE DE BARNEY AU CINÉMA

Extrait de l’adaptation cinématographique LE MONDE DE BARNEY
sortie en 2010 et réalisée par Richard J. Lewis avec Paul
Giamatti, Rosamund Pike et Dustin Hoffman.

Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 16 janvier 2021

 


LES 1001 LIVRES qu’il faut avoir lus dans sa vie

LES 1001 LIVRES
QU’IL FAUT AVOIR LUS DANS SA VIE

Commentaire sur le livre réalisé
sous la direction de
PETER BOXALL

*Ce n’est pas encore tout à fait le paradis de
la lecture qui vous est offert aujourd’hui :
c’est son programme nécessaire et très
précieux, ses échantillons, son délicieux
avant-goût.
(Extrait, LES 1001 LIVRES qu’il faut avoir lus dans
sa vie, sélection de romans réalisé sous la direction
de Peter Boxall avec un avant-propos de Peter
Ackroyd, 2008, Éditions du Trécarré pour la traduction
Canadienne Française. Édition de papier, 960 pages.)

Cet ouvrage est une liste de 1001 livres que l’équipe de rédaction considère comme les plus importants à lire dans sa vie. Il s’agit essentiellement de romans, présentés de façon chronologique à partir des 1001 NUITS publié au 9e siècle. Le livre réunit des titres qui nous viennent de partout dans le monde. Pour chaque titre recensé, l’éditeur propose des détails de l’édition, des prix littéraires, un synopsis et un bref commentaire. LES 1001 LIVRES constitue une sorte de catalogue pour un éventuel plan de lecture…une énorme bibliographie qui, sans être exhaustive, donne d’intéressantes pistes de lecture.

UN INVENTAIRES DE RÊVES ET D’AVENTURES
*…d’une façon ou d’une autre, le bonheur de lire
est demeuré. C’est un plaisir silencieux né de la
solitude et de la concentration, qui produit rêves
et réflexion, flirte avec la passion, entraîne
aventures et transformations. Un roman peut
littéralement changer une vie.*
(Extrait : LES 1001 LIVRES QU’IL FAUT AVOIR LUS DANS
SA VIE.  De la préface de Peter Ackroyd )

                     

À gauche : LES CONTES DES 1001 NUITS, auteurs anonymes,  première parution au IXe siècle vers 850, langue arabe. Au centre : VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE, de Jules Verne, première parution en 1864. À droite, LE DOCTEUR ZHIVAGO de Boris Posternak, première parution en 1957.

C’est un livre qui réunit…des livres, tout simplement…essentiellement des romans…un long pavé de près de 1000 pages dans lequel l’équipe de rédaction propose sa liste de 1001 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie. Évidemment, ce genre d’ouvrage qui est un genre de catalogue a toujours un petit côté arbitraire. Si j’avais à faire ma propre liste des meilleurs romans de l’histoire de l’humanité, elle différerait sans doute de celle proposée par Peter Boxall. Si vous aviez à faire la vôtre, elle différerait de la mienne sans doute. Mais on s’entend pour dire qu’une grande quantité de titres sont définitivement incontournables.

                    

À gauche : TROPIQUE DU CANCER de Henry Miller, première parution en 1934. Au centre : CASINO ROYALE d’Ian Flemming avec son fameux personnage James Bond, agent 007, première parution : 1953. À droite : LE PETIT PRINCE d’Antoine de Saint-Exupéry, première parution : 1943.

J’ai lu ce livre en entier et je crois que les passionnés en feront autant car on se pose tous la même question : QU’EST-CE QUI M’A ÉCHAPPÉ? Dans cet ouvrage, j’ai trouvé une grande quantité de livres que j’ai déjà lus. Aussi, je l’avoue franchement, j’ai trouvé une grande quantité de titres qui ne m’intéressent pas, mais surtout, j’ai trouvé une grande quantité de titres qui sont devenus pour moi des projets de lecture. Voilà ce qu’est ce livre, un vaste tour d’horizon des grands moments de la littérature mondiale qui rappelle un peu l’histoire du roman avec ses errances et ses débordements.

                 

À gauche : DON QUICHOTTE de Miguel De Cervantès Saavedra, Espagne, première parution : 1605-1615. Au centre : DES SOURIS ET DES HOMMES de John Steinbeck, États-Unis, première parution : 1937, prix Nobel de littérature en 1962. À droite : L’HISTOIRE DE PI de Yann Martel, Espagne, première parution en 2001.

Voilà ce qu’est ce livre, un florilège de titres de romans qui ont marqué l’histoire de la littérature. Je pourrais aussi la qualifier «d’anthologie suggérée». Pour moi cette liste n’est évidemment pas exhaustive. Aucun ouvrage de ce genre ne peut être exhaustif car *Des livres naissent d’autres livres dans un processus ininterrompu de pollinisation croisée, et il est parfois difficile de savoir où s’arrête l’inspiration d’un ouvrage et où débute la source d’un autre.* (Extrait  de l’avant-propos de Peter Ackroyd) C’est une chaîne sans fin. Comme le dit Jean d’Ormesson, 1001 livres, c’est beaucoup. Même les plus cultivés n’ont pas la connaissance précise de chaque livre inscrit dans la liste. Aussi, j’ai pris ce livre pour ce que je crois qu’il est en réalité : un instrument de découverte et ça m’a pleinement satisfait.

Peter Boxall a dirigé la réalisation et la publication de LES 1001 LIVRES QU’IL FAUT AVOIR LUS DANS SA VIE. Il est enseignant au département de littérature anglaise de l’Université du Sussex et a publié une vingtaine d’ouvrages critiques sur la littérature du XXe siècle. Après la publication des 1001 LIVRES, il a commencé une monographie consacrée à la fiction contemporaine. Pour les 1001 LIVRES, Boxall a travaillé avec la complicité de Jean D’Ormesson de l’Académie française, auteur de plusieurs best-sellers, et Peter Ackroyd, auteur de plusieurs romans historiques et des biographies de T.S. Eliot, Charles Dickens et William Blake.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 30 septembre 2018