La réincarnation une réalité

LA RÉINCARNATION
une réalité

Commentaire sur le livre de
J. ALLAN DANELEK

*Jespère que les lecteurs finiront par prendre
conscience que la réincarnation possède une
cohérence intellectuelle et rationnelle, que je
trouve réconfortante et admirable.*
(Extrait : LA RÉINCARNATION UNE RÉALITÉ,
introduction, J. Allan Danelek, éditions, AdA,
2012, édition de papier, 260 pages)

Ce livre est une exploration de tout ce qui concerne la réincarnation : le choix de la prochaine vie physique, linfluence des vies antérieures, ce qui se passe entre les vies, etc. Lauteur passe aussi en revue les sujets intimement liés à la réincarnation dont le divin, l’âme  éternelle, le lien entre les mondes spirituel et physique, le karma, le choix de notre prochaine réincarnation, les fantômes, sans oublier les souvenirs de vies antérieures. Fidèle à son parcours de chercheur du domaine paranormal, Danelek présente des théories variantes sur un monde étrange et fascinant y compris laspect spirituel du processus de renaissance.

UNE QUESTION DE FOI
*Il s’agit d’un recueil d’idées, de théories
et de pensées sur le processus de la
réincarnation, qui sont devenues pour
moi des croyances.*
(Extrait de la préface, LA RÉINCARNATION)

Lorsqu’on m’a proposé la lecture de ce livre, j’ai hésité parce que je craignais de tomber sur un livre vendeur porteur de bonnes nouvelles ou sur le genre <L’ABC de l’incarnation>. Lorsque j’ai entrepris ma lecture, j’ai vite constaté que l’auteur J. Allan Danelek est sérieux dans son approche. Toutefois, je veux préciser tout de suite que Danelek n’apporte aucune résolution à la question de la réincarnation qui demeure un mystère interprété selon la foi de tous et chacun : *Le concept que chaque lecteur trouve personnellement plus profitable reste, bien sûr, une question de préférence. * (Extrait) L’auteur explore plutôt de façon exhaustive le sujet et propose des pistes de solutions. Plusieurs sont sérieuses comme le chapitre sur les personnalités multiples d’autres simplement intéressantes comme le chapitre sur la danse karmique, certaines m’ont paru fantaisistes comme la question des jumeaux, des âmes sournoises et des âmes qui se disputent un bébé.

Dans à peu près tous les cas, j’ai trouvé l’argumentaire bien nourri mais qui retourne toujours le lecteur à son libre arbitre. Le livre est généralement bien vulgarisé mais il repose sur un mystère qui ne sera jamais résolu. La question de la réincarnation quant à sa définition et son but demeure complexe malgré tous les efforts de l’auteur pour la rendre accessible : *Bien que la réponse paraisse simple, elle est immensément complexe : étant donné que l’âme ne peut parvenir à la perfection, comme elle est déjà parfaite, elle peut réaliser cette perfection en oubliant qu’elle est parfaite et en s’expérimentant plutôt comme quelque chose qui n’est pas parfait* (Extrait)

Malgré certaines tournures de phrases qui font parfois savantes et hautaines, le livre est relativement facile à suivre et une conclusion rétrospective termine chaque chapitre, ce qui amène le lecteur à se dire d’accord ou pas d’accord avec la conclusion tirée évidemment mais aussi à faire le point sur des questions auxquelles on ne pense pas et c’est ici que l’auteur m’a vraiment saisi, confirmant le caractère exhaustif de l’ouvrage. En effet, Danelek développe des idées extrêmement intéressantes par exemple sur l’âme et la personnalité, le libre arbitre dans la réincarnation, la durée du processus : est-ce qu’on se réincarne éternellement, ce qui entraîne le développement d’un autre argumentaire intéressant cette fois sur les *vieilles âmes* et *les jeunes âmes*.

Pour utiliser une expression familière, au final, la réincarnation, cette migration de l’âme demeure inexpliquée et ça demeurera toujours un mystère.

Dans le titre de l’ouvrage, Danelek présente la réincarnation comme une réalité. Il n’en apporte aucune preuve mais une logique sous-tend son raisonnement. Par ailleurs son sous-titre est irritant : *LES MYSTÈRES DE L’ÂME DÉVOILÉS*. C’est ce genre d’insertion qui me fait hésiter à lire sur des sujets comme la réincarnation ou *la vie après la vie* ou la *vie après la mort*. Si j’en crois les chiffres de vente de ces ouvrages, il semble certain que les humains ont besoin de croire à quelque chose.

Pour moi aussi c’est une corde sensible, mais je n’ai pas besoin d’un sous-titre vendeur pour alimenter ma foi ou disons mon système de croyance. Ceci dit, j’ai apprécié ma lecture. J’adhère à beaucoup des idées de l’auteur. J’en ai pris j’en ai laissé. C’est sans doute ce que vous ferez amis lecteurs amies lectrices. Je vous laisse sur un extrait de la conclusion du livre pour alimenter éventuellement votre réflexion : *Que la réincarnation existe ou non demeure une question de croyance, mais, en niant sa réalité, que reste-t-il de ce phénomène que nous appelons la vie ? En ce qui me concerne, croire que cette vie est tout ce que nous avons et que notre conscience ne survit pas à la mort, c’est comme penser que l’amour n’existe pas et n’est qu’une notion stupide que nous avons inventée pour éviter de nous sentir seuls et peu appréciés. * (Extrait)

Un bon livre…utile pour enrichir une réflexion…

J. Allan Danelek est un auteur et essayiste américain, originaire du Minnesota et habitant le Colorado. Son parcours de vie l’a mené sur plusieurs voies différentes. En plus de l’écriture, ses passe-temps incluent l’art, l’histoire politique et militaire, la religion et la spiritualité, la numismatique, la paléontologie, l’astronomie et les sciences en général. Danelek s’intéresse aussi beaucoup aux phénomènes inexpliqués, incluant les ovnis. Sa philosophie personnelle se résume comme suit : la vie est une question d’apprentissage et d’évolution, tant sur le plan intellectuel que sur le plan spirituel. C’est dans cette perspective qu’il entreprend chaque projet.

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 13 novembre 2020

LE PASSE-MONDES, livre de THIBAULT ROLLET

L’histoire de Mr.N
(Tome 1)

*Mais c’est qu’il serait sourd le monsieur ! Youhou,
par là,  non,  plus bas, et aveugle avec ça ! Sur la
table enfin ! Je restai coi. C’était le livre qui me
parlait. Deux yeux et une bouche étaient sortis de
la couverture. J’étais certain qu’ils n’y étaient pas
auparavant.*
(Extrait : LE PASSE-MONDES L’HISTOIRE DE Mr N. tome 1,
Thibault Rollet, Éditions du Petit Caveau, collection Sang
noir, 2014, papier et numérique, 200 pages pour le num.)

Neeyers est journaliste de son état. C’est un homme droit et intègre. Sa vie va basculer le jour où un étrange personnage lui rendra visite pour lui apprendre que le journalisme, c’est fini pour lui. À la place, il s’occuperait de guider les morts et de veiller sur eux. Le mystérieux visiteur se présenta ainsi à Neeyers : Passe-Mondes. C’est ainsi que je me nomme et ce sera votre patronyme désormais. Monsieur N. entreprendra ainsi une étrange formation et découvrira en même temps que le lecteur, un univers parsemé de légendes fantomatiques et vampiriques ainsi qu’une vision de la mort plutôt décalée et assez drôle…

DES MONDES QUI SE FRÔLENT
*Dan passa un coup de fil pour qu’un groupe
passe détruire les corps. On m’expliqua
qu’effectivement, chez les vampires,
l’enterrement n’était pas pratiqué.*
(Extrait LE PASSE-MONDES, L’HISTOIRE DE Mr N)

Un livre très intéressant. Une histoire originale : *Monsieur Neeyers, je vous nomme Passe-Mondes. Puissiez-vous accomplir votre travail avec perfection…* (extrait) N pour Neeyers. Un journaliste qui fait son travail, qui a une vie ordinaire comme les autres mais qui va basculer complètement quand il reçoit la visite d’un étrange personnage qui dit s’appeler Passe-Mondes et dont le but est de guider les morts et d’exécuter les commandes des grands Maîtres : le Très-Haut et le Très-Bas.

Par la décision des Grands-Maîtres, Passe-Mondes dirige les morts vers les portes qui leurs sont destinées et qui se trouvent dans le Middleway…le chemin du milieu où habite Passe-Mondes. Il voit aussi à l’équilibre des destins, attribuant récompenses et punitions. Neeyers a été désigné pour remplacer Passe-Mondes. Pas le choix…très peu d’explications.

Une formation lui est imposée… : *Ainsi commença le récit le plus fou que l’on puisse raconter, à la fois le plus invraisemblable…et le plus plausible. Celui d’un être aux frontières de la vie et de la mort. L’histoire du Passe-Mondes…* (Extrait)

L’originalité du récit réside en partie dans les pouvoirs extraordinaires dont Neeyers hérite, et la façon dont il reçoit la commande des grands Maîtres : un parchemin qui apparaît dans la poche de son manteau tout simplement. Un jour, Neeyers reçoit une commande très particulière qui le propulse dans le monde des vampires pour régler un conflit entre les différentes castes vampiriques dont une en particulier dirigée par l’incarnation de la cruauté : Prâal, un monstre qui à lui seul met en danger l’humanité entière.

Plusieurs éléments m’ont accroché dans ce récit m’entraînant graduellement vers l’addiction. Je ne citerai que les principaux : la vision de Thibault Rollet d’une vie après la mort et cette nonchalance avec laquelle les décisions sont rendues et appliquées, manque d’allure et d’ardeur. Notez que c’est plus drôle que dramatique parce que ça rappelle assez bien la bureaucratie du monde des vivants.

Autre élément original : les pouvoirs de Mr N., celui par exemple de faire apparaître un whisky dans ses mains…une boisson venue de nulle part et haut de gamme encore… l’humour qui se dégage de l’ensemble est un autre élément original : il est noir, mais il fait ressortir de l’œuvre, un petit quelque chose de réaliste, de plausible.

La principale faiblesse que je relève du récit tient dans le fait qu’on sait peu de choses sur Passe-Mondes avant son implication dans le conflit entre vampires et même avant de passer officiellement dans le middleway. J’aurais aimé suivre plus longtemps Mr N. dans son quotidien et savourer des anecdotes qui s’en dégagent. Le livre faisant moins de 200 pages, l’auteur aurait pu se permettre de développer davantage cet aspect du personnage. Puis quand Mr N. a reçu la fameuse commande, je me suis dit Ha non…!

Pas encore une histoire de vampire… Peut-être Thibault Rollet a-t-il prévu le coup car sa plume habile m’a aspiré dès les premiers moments dans une intrigue solide qui va crescendo jusqu’à une finale surprenante et forte…très forte.

Si vous vous considérez lassé des histoires de vampires, essayez PASSE-MONDES. Je pense que c’est une histoire qui sort de l’ordinaire et qui laisse à penser que tout n’a pas été dit sur les vampires. Je vous ai dit que la finale est forte. Elle vous oblige presque à ne pas échapper à la suite : L’HISTOIRE DE Mr N. tome 2 LES TROIS GRANDS alors que le *Service après-Mort* impose à N. une surprenante mission… (eh oui, l’humour est toujours présent surtout si on considère le traitement d’une âme en peine comme un service après-vente)

Le livre a presque tout pour plaire. Il y a un peu d’émotion mais surtout de la magie, du surnaturel et une intrigue puissante. Un dernier mot, pas besoin d’être amateur de fantastique pour lire ce livre car il contient plusieurs avenues intéressantes.

Thibeault Rollet (1991-   ) est un musicien, professeur de guitare et écrivain français. C’est un passionné de fantastique. Ces univers extraordinaires ont marqué son adolescence : Edgar Allan Poe, Tim Burton et plusieurs autres. Aujourd’hui, cette influence transpire dans l’œuvre musicale de son groupe rock qui a pour nom Mr N. qui fait aussi l’objet de son roman. Rollet a créé tout un univers autour de ce personnage fétiche.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le samedi 1er février 2020

PASSAGE, le livre de YANICK St-YVES

*De douloureux et familiers souvenirs refirent
surface. Plus d’angoisse, plus de cauchemar,
seulement les empreintes du passé. Thomas
retourna huit ans en arrière. À ce jour qui avait
séparé l’avant de l’après.
*
(Extrait : PASSAGE, Yanick St-Yves,  Les Édtions de
Mortagne, 2012, édition de papier,  480 pages)

De retour d’un voyage d’affaires, Thomas retrouve sa femme, Catherine qui, pendant son absence, s’est métamorphosée. Femme aimante, elle devient agressive ; sa douceur devient violence. Thomas n’y comprend plus rien. Aucune piste, aucun indice pour expliquer ce changement. Pour faire la lumière sur cet évènement et se réapproprier sa vie, Thomas devra emprunter un passage qui le mènera au cœur de la pire des tourmentes. « Nous y voilà, vous et moi. Là où s’enracine le germe. Au commencement d’un long voyage. Laissez-moi vous conduire à travers les méandres chaotiques de l’inconnu…Ouvrez la porte et venez me rejoindre.» Yanick St-Yves. Dans les rêves de Thomas et dans sa réalité maintenant déphasée, il est question d’un certain passage…

LES MÉANDRES CHAOTIQUES DE L’INCONNU
*…alors que le sang lui couvrit une partie de la
figure…L’homme hurlait à présent : «Je suis
aveugle…tu m’as crevé les yeux, bâtard. Tu
m’as crevé les yeux !

Un ingénieur en électricité qui se lance dans la publication d’un premier roman. Ça m’a intrigué. J’ai voulu voir si Yanick St-Yves avait publié quelque chose de vraiment électrisant. Jeu de mot facile me direz-vous? Sans m’électriser, Yanick a réussi à me rendre captif. D’abord, PASSAGE est un livre en deux parties.

Dans la première partie, Thomas constate que sa femme s’est transformée…elle est devenue chipie, violente et invivable. Quelque chose lui échappe. Il découvre finalement que sa femme n’est plus elle-même : une entité s’est emparée d’elle. Ce n’est pas sa femme, c’est son corps. Sa femme est morte assassinée alors qu’il était sur le chemin du retour. Thomas ne peut accepter cela, lui, déjà affecté par la mort de son meilleur ami Simon. Une petite voix rappelle souvent à Thomas qu’il lui faut *sauter*, ce que Thomas finit par faire. Le seul objectif de son suicide : emprunter le PASSAGE et retrouver Catherine.

Première découverte fantastique : Thomas s’incarne intact dans un autre monde. Oui, il y a de la vie après la mort et ce dans des centaines de mondes. Ainsi se dessine clairement sa nouvelle raison de vivre : retrouver Catherine, prisonnière de l’entité qui a complètement chamboulé la vie de Thomas. Rien ne sera facile. La deuxième partie est donc la quête. Il se fera des amis et alliés en cours de route. Il retrouvera Simon entre autres. Mais Combattre le mal à l’état pur est loin d’être simple.

J’ai retrouvé dans ce livre toutes sortes de tendance que j’ai toujours appréciées en littérature, un caractère fantastique, une âme violée. Jamais l’auteur utilise le mot possession ni même de double-personnalité. L’auteur en appelle à son propre pouvoir descriptif afin de créer l’image appropriée dans l’esprit du lecteur.

Le style de l’auteur me rappelle un peu Dean Koontz, Patrick Sénécal et même Stephen King…je pense à SIMETIERRE et un peu aussi à LA TOUR SOMBRE à cause de la complexité de sa quête. St-Yves décrit à sa façon la force d’une profonde amitié, les avantages de l’esprit d’équipe, l’opiniâtreté et la persévérance. Il décrit aussi de façon inattendue l’éternelle dualité entre le bien et le mal. J’ai vu là le principal trait d’originalité de l’ouvrage. Si en littérature, plus souvent qu’autrement le bien triomphe, la lecture de PASSAGE vous réserve des surprises.

J’ai trouvé la deuxième partie aussi essoufflante qu’accrochante jusqu’à la finale qui n’est pas du tout celle à laquelle je m’attendais basée, sur la conclusion logique d’une chaîne d’évènements. J’ai été surpris mais ça ma plu. J’ai été aussi surpris à la fois de la douceur et de l’étrangeté de nombreux passages :

*Il douta être en mesure de s’assoupir, car le bruit des roues d’acier sur la route sablonneuse était insupportable, pourtant, quelques secondes après que sa tête eut touché l’oreiller, il s’endormit depuis la première fois depuis sa mort* (Extrait) Dans PASSAGE, l’auteur a une vision très élaborée de la vie après la mort. J’ose espérer que moi personnellement, j’aboutirai dans un monde plus calme. Blague à part, en débutant le livre, je m’attendais à un sujet élimé.

Cette impression de déjà-vu a perduré pendant presque toute la première partie. Par la suite, l’auteur m’a entraîné dans une voie complètement différente qui m’a déstabilisé, ce qui ne l’a pas empêché de me faire verser dans l’addiction avec son écriture parfois allusive, de nombreux rebondissements et une finale qui confirme que St-Yves se démarque des autres auteurs.

Le récit donne parfois l’impression d’être scénarisé, donc plus en fonction du cinéma que pour le lectorat. C’est un élément qui peut déplaire, mais j’ai passé par-dessus. Bravo à l’auteur car à chaque fois que je devais faire une pause dans la lecture de son livre, je ressentais de la frustration et l’envie d’y revenir très vite.

Donc Yanick St-Yves a frappé fort à mon avis, pour sa première publication. C’est un livre que je vous recommande…un long voyage dans l’inconnu, un face à face avec le chaos et je laisse à l’auteur le dernier mot : *Vous trouverez, je le souhaite, un peu de moi et beaucoup de vous*.

Je n’ai pas trouvé d’informations sr l’auteur mais il y en a sur l’ingénieur. Yanick St-Yves est effectivement titulaire d’un baccalauréat en génie électrique, spécialisation en technologie de l’information, expert en réseau de télécommunication. Il est également scénariste à la Fuica Productions depuis 2012 et bien sûr, auteur d’un premier roman : PASSAGE. Avec le talent qu’il y a mis, on peut considérer que Yanick St-Yves est un auteur à surveiller.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 29 septembre 2019