TOUS À ZANZIBAR

TOUS À ZANZIBAR

Tomes 1 et 2

Commentaire sur le livre de
JOHN BRUNNER

Jaime ce pays, et quand ils décomposeront
cet amour en un ramassis de facteurs
analysables par ordinateur, il ne restera rien
de ce qui fait la fiert
é d’être un homme.
(Extrait : TOUS À ZANZIBAR, John Brunner, Éditions
J’AI LU 1968, trad. Fr. Éditions Robert Laffont 1972,
Édition de papier, 412 pages tome 1, 410 pages t.2)

 

Il est important d’insister sur le fait que cette histoire a été écrite en 1968. Elle nous transporte au XXIe siècle à New-York, mais ça pourrait être aussi bien à Londres, Paris, Montréal…Une ville tout entière protégée par un dôme, mais parcourue de saboteurs qui détruisent et tuent pour le plaisir ; une ville régie par la technologie la plus raffinée, mais où l’émeute peut éclater à chaque détour de rue ; où la loi interdit de procréer si vous présentez la moindre tare, mais qu’est-ce qu’une tare ? Pour le savoir, pour tout savoir, il y a Shalmaneser, l’oracle électronique. C’est dans ce monde que tentent de vivre, liés par une amitié menacée, Donald Rogan, le Blanc et Norman House, l’Aframéricain. Deux hommes lucides qui se veulent encore libres. À moins que conditionnés, manipulés, ils ne soient plus déjà que des pions que l’on déplace sur l’échiquier d’une conspiration planétaire…

ÉTERNELLE HOMMERIE
*EXPLOSION DÉMOGRAPHIQUE : Évènement unique de
l’histoire humaine. C’est arrivé hier et tout le monde dit
que c’est pour demain.
(Extrait du lexique de la
délinquescence de Chad C. Mulligan, personnage créé par
Brunner qui publie son lexique en parallèle de l’histoire
principale.)
(Extrait : TOUS À ZANZIBAR, tome 2)

C’est une lecture à la fois fascinante et éprouvante. Voyons d’abord le côté fascinant, en ne perdant pas de vue que le livre a été écrit en 1968, son action se déroule en 2010 et au moment d’écrire ces lignes, nous sommes en 2019. Nous sommes donc en 2010. La surpopulation est telle que la pollution est hors de contrôle, que la tension sociale est soulagée à coup de tranquillisants, le contrôle des naissances est devenu une obsession, les libertés individuelles disparaissent une par une et pire encore, plusieurs pays ont adopté une *législation eugénique contre l’idiotie, la phénylcétonurie, l’hémophilie, le diabète, le daltonisme, rigoureusement appliquée.* (Extrait) La terre abrite maintenant une société paranoïaque et artificiellement oxygénée. À New York, la toute puissante société GT Corporation organise, avec l’aide de son superordinateur omniscient SHALMANEZER, rien de moins que l’achat d’un pays nord-africain. Il semble aussi que l’eugénisme soit appelé à se généraliser. L’humanité aurait un besoin urgent de se rebâtir.

Ce qui m’a le plus émerveillé dans cette œuvre est son aspect prophétique. Dans sa plume multidirectionnelle et parfois indisciplinée, une valeur intrinsèque de l’auteur, Brunner, sans nécessairement le savoir, comme tout bon visionnaire a mis en perspective de nombreux liens entre le monde qu’il décrit et notre propre évolution récente. Le caractère anachronique du récit confirme les qualités de Brunner comme futurologue. Par exemple, toujours dans cet ouvrage écrit en 1968, décrivant une époque proche de la nôtre, Brunner développe une société en effervescence affaiblie par la pollution qu’elle a elle-même engendrée, une société qui banalise l’homosexualité, marginalise la cigarette et tend vers la légalisation de la marijuana, développe de puissants stimulants sexuels, combat ce qui est devenu l’ennemi mondial numéro 1 : le terrorisme et utilise une espèce de *Google* qui, à toute fin pratique a atteint la perfection et qu’on appelle SHALMANEZER.

John Brunner, décédé en 1995 n’aura jamais su à quel point il décrivait avec une étonnante justesse notre société actuelle. Il n’y a pas de doute dans mon esprit, dans le cercle très restreint des écrivains visionnaires des XIXe et XXe siècle, on retrouve John Brunner, bien campé à la droite de Jules Verne, entouré de George Orwell et Arthur C. Clarke.

Et maintenant le côté éprouvant de cette lecture, c’est son caractère multidirectionnel et ses formes narratives au nombre de quatre. Quatre canaux d’expression qui s’imbriquent les uns dans les autres et qui éliminent la possibilité de s’accrocher à un fil conducteur. Un de ces canaux donne la parole à un sociologue fictif, Chad C. Mulligan qui vient donner un poids non négligeable au propos de l’auteur mais qui fait parfois diversion. Les formes narratives sont éclatées, Deux d’entre elles sont bourrées d’ellipses, de sous-entendus, de propos allusifs, de paragraphes inachevés. Les règles narratives sautent. Il semble que c’est une caractéristique de l’auteur dont j’ai déjà lu LE TROUPEAU AVEUGLE, paru en 1972 et qui décrit un monde étouffé par la pollution. Là aussi, construction narrative bizarroïde, développement de plusieurs arguments par l’absurde. Pas toujours facile et pourtant génial au bout du compte. LE TROUPEAU AVEUGLE et TOUS À ZANZIBAR ne sont pas liés et peuvent donc être lus indépendamment mais au début des années 1970, on aurait pu appliquer un slogan publicitaire commun aux deux ouvrages : *LE XIXe siècle comme si vous y étiez*.

Si vous réussissez à surmonter les fantaisies narratives de l’auteur, vous allez comprendre très vite pourquoi TOUS À ZANZIBAR est rapidement devenu un des plus importants ouvrages d’anticipation du XXe siècle. Il a d’ailleurs remporté en 1969 le prix HUGO, une des plus prestigieuses reconnaissances littéraires de la science-fiction. C’est une œuvre majeure de la SF. J’ai dit plus haut que la trame est multidirectionnelle, j’ajouterais que le tout est multidisciplinaire et anti-disciplinaire. John Brunner le dit lui-même d’ailleurs : TOUS À ZANZIBAR est un non-roman. Je le rappelle, ce n’est pas une lecture facile, mais bien au-delà de sa construction littéraire, l’ouvrage est tout simplement génial et demeure toujours aussi pertinent même à la vitesse avec laquelle le temps s’écoule.

TOUS À ZANZIBAR, une belle lecture très sortie des sentiers battus.

Note : pour en savoir plus sur l’eugénisme, cliquez ici.

John Kilian Houston Brunner (1934-1995) écrivain britannique de science-fiction a connu vraiment la consécration en 1969 alors qu’il recevait le prix Hugo et le British SF award pour son livre TOUS À ZANZIBAR devenu un grand classique de la science-fiction. Il a aussi connu un grand succès en 1970 avec L’ORBITE DÉCHIQUETÉE, récipiendaire du British SF award. Il a écrit plus d’une quarantaine d’ouvrages. Une de ses grandes préoccupations était de dépeindre l’humanité au 21e siècle mettant en perspective la portée et les conséquences des progrès technologiques avec un maximum de justesse

Pour lire mon commentaire sur LE TROUPEAU AVEUGLE volumes 1 et 2 de John Brunner, cliquez ici .

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le samedi 5 décembre 2020

LE MYSTÈRE MENGELE

LE MYSTÈRE MENGELE

Commentaire sur le livre de
JORGE CAMASARA

*Dès son arrivée, Mengele fit preuve d’une grande
activité… Il reçut bientôt le titre de «monstre» et
d’«ange de la mort» chez les prisonniers…ils se
souvenaient de lui à cheval, au milieu des victimes
…toujours une cravache de cuir à la main…*
(Extrait : LE MYSTÈRE MENGELE, Jorge Camarassa,
Robert Laffont, 2008, édition de papier, 179 pages)

Fruit d’une longue et rigoureuse enquête, le livre raconte un obscur épisode de l’exil en Amérique latine de l’un des plus grands criminels de guerre. Jeune savant eugéniste, Josef Mengele fut chargé de faire exploser le taux de naissances aryennes, afin de fournir les futurs soldats du Reich. À Auschwitz, il sélectionnait à l’arrivée des trains des enfants, juifs et tziganes – souvent des jumeaux –, sur lesquels il pratiquait d’effroyables expériences. En 1945, avec la complicité du Vatican, il échappe à la justice des Alliés et parvient à s’enfuir en Amérique latine où il officie comme médecin  alors  dans une ville frontalière du Brésil. Dès lors, les naissances de jumeaux se multiplient…tous blonds aux yeux bleus… les scientifiques n’ont pas d’explications à ce phénomène, mais pour l’historien Jorge Camarasa, on ne peut écarter l’hypothèse troublante : serait-ce là l’oeuvre du docteur Mengele ?

SUR LES TRACES D’UN MONSTRE
*Josef Mengele a passé ses dernières années
au Paraguay, dans cet enchevêtrement de
confusions, de soupçons et de données
improbables sur sa vie ou sa mort.*
(extrait)

C’est un livre qui rassemble des hypothèses sur la vie et la mort de Joseph Mengele, un des plus grands criminels de guerre de l’histoire et probablement le plus insaisissable, après sa fuite d’Auschwitz en 1945. Mengele était obsédé par une mission qui n’était rien d’autre qu’une manifestation eugénique tordue et dépravée : produire des jumeaux 100% Aryens afin de fournir des soldats au Reich. : *Si on peut être sûr de quelque chose avec cet individu insaisissable, c’est que Mengele n’a jamais renoncé dans sa tâche…Son obsession pour les jumeaux le marquera jusqu’à sa mort. *  (extrait)  À Auschwitz, surnommé « l’Ange blond de la mort », il sélectionnait à l’arrivée des trains des enfants juifs et tziganes sur lesquels il pratiquait d’effroyables expériences. En 1945, il échappe à la justice des Alliés et parvient à s’enfuir en Amérique latine. Au début des années 1960, on le retrouve médecin itinérant, féru de gynécologie, à Candido Godoi, une ville frontalière du Brésil dans laquelle vit une communauté allemande. Depuis 1963, plus de cent paires de jumeaux sont nées dans la petite ville de sept mille habitants. Une proportion qui dépasse l’entendement. Pour l’auteur-historien Jorge Camarasa, on ne peut écarter cette question troublante : serait-ce là l’oeuvre du sinistre docteur Mengele ? Ce livre est le fruit d’une enquête sur l’itinéraire de Mengele dans son exil en Amérique latine et tente d’expliquer pourquoi il n’a jamais été arrêté.

On sait que Mengele était un monstre sans conscience et dont les atrocités ont été largement détaillés dans beaucoup de livre et dans la presse. On sait qu’il envoyait des prisonniers à la mort en souriant ou en sifflant une chanson et qu’il se gardait les autres pour ses abominables expériences. Le livre de Camarasa ne s’attarde pas aux bassesses de Mengele mais plutôt à son errance en exil d’une part et son obsession pour la gémellité d’autre part. *…son histoire, sa correspondance, ses antécédents laissaient clairement apparaître son seul leitmotiv dans l’existence : l’expérimentation génétique. * (Extrait) Dans le livre, une phrase en particulier m’a intrigué car elle résume très bien le caractère insaisissable du personnage : *Joseph Mengele a passé ses dernières années au Paraguay dans cet enchevêtrement de confusions, de soupçons et de données improbables sur sa vie et sa mort. * (Extrait)

C’est un livre intéressant qui nous*rappelle de ne pas oublier* ces millions de personnes assassinées pour satisfaire une ambition eugénique et qui nous motive à exercer une tolérance zéro sur ces monstruosités. Toutefois, le quatrième de couverture mentionne que l’enquête de Camarasa est rigoureuse. Elle l’est sûrement. C’est un livre sérieux mais je constate malheureusement que tous les éléments qu’on y retrouve ne font qu’alimenter la légende entourant Joseph Mengele. Il y a beaucoup d’hypothèses, beaucoup de questions, mais peu de réponses.

Une chose est sûre, c’est que certains régimes politiques latins ont protégé Mengele et agissaient comme des sympathisants à la cause Nazie même si la défaite a dissout le régime. Le livre met en perspective des collaborations, des complicités, des associations douteuses, de la protection. Il semble que même pendant son exil, Mengele inspirait la crainte. Je suis donc resté un peu sur ma faim. Bien sûr, je peux poursuivre mes recherches avec des livres plus récents, mieux documentés. Pour ce qui est de LE MYSTÈRE MENGELE, la zone grise de la vie de Mengele demeure encore beaucoup trop vaste.

Jorge Camasara (1953-2015) était un écrivain et journaliste argentin diplômé en sciences de l’information par l’Université nationale de La Plata et qui a vécu à Córdoba. Il a travaillé dans plusieurs journaux et a servi en tant que conseiller du Centre Simon Wiesenthal.
Il a aussi participé à des colloques, et donné des conférences dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe. Sa bibliographie comprend près d’une quinzaine de livres dont quelques-uns sont devenus référentiels.

Bonne lecture
Claude Lambert
Vendredi 27 novembre 2020

CTRL + Q, le livre de KATHY DORL

*Clémentine a le feu aux fesses, mais, cette fois-ci,
en mode fusée Ariane ou navette spatiale américaine.
Le trouillomètre frôlant le zéro absolu. Elle commence
à avoir sérieusement peur pour sa vie. «On ne reste
pas une minute de plus chez ces apprentis sorciers.
Sont fêlés du bocal ! Bande de tarés !»*
(Extrait : CTRL + Q, Kathy Dorl, Éditions Hélène Jacob,
collection LITTÉRATURE SENTIMENTALE, 2015, numérique,
200 pages)

Entre son job de secrétaire dans un magasin de matelas et Roue de la Fortune, son hamster, Clémentine mène une vie solitaire et ennuyeuse. Maladroite, pas très futée, superficielle et égoïste, Clémentine est une paresseuse avec une seule ambition : devenir riche. Des petites initiatives aux grandes résolutions qui peuvent tout bouleverser, la vie n’est qu’une succession de décisions à prendre. Clémentine, sans amis ni famille, sans conseils prudents et avisés, va faire les mauvais choix. Au rythme syncopé de ce monde où la science va parfois trop loin et prend de court notre morale, Clémentine devra faire face à l’exceptionnel et l’incroyable. Clémentine est l’héroïne de CTRL + Q.

UN REFLET HILARANT DE LA SOCIÉTÉ
*…la simulation sert deux bonnes causes. D’une, le mec
a l’impression d’être un demi-dieu au lit. De deux, mes
« Vas-y doudou, déchaîne ton corps » ayant tendance
à accélérer le processus, ça permet de reprendre au
plus vite le cours de mes activités, mater le replay des
anges de la téléréalité par exemple, le tout en évitant
l’irritation des muqueuses.*
(Extrait : CTRL + Q)

Voici le livre le plus anti morosité que j’ai lu depuis plusieurs années. Ce livre est comme un vent frais qui fait rire…un magnifique moment d’évasion. C’est l’histoire de Clémentine, une jeune femme paresseuse et égocentrique qui n’a qu’une ambition : devenir riche avec un minimum d’effort. Elle décide de devenir mère porteuse. Après quelques naissances, Clémentine accepte l’offre juteuse d’un mystérieux centre de recherche.

Elle devra porter un bébé dont les gènes et l’ADN ont été modifiés pour des raisons manifestement eugéniques. La vie de Clémentine bascule complètement quand elle apprend que son bébé-génie peut communiquer avec elle par télépathie. Lorsque son bébé lui explique que ce centre est illégal et que les responsables veulent se débarrasser d’elle après la naissance, Clémentine décide de s’enfuir.

Elle trouvera sur son chemin des alliés précieux mais qu’est ce qui arrivera au plus génial des bébés surdoués. Si Clémentine n’est pas au bout de ses tribulations, le lecteur non plus. Comme moi, vous serez obligé de tourner les pages.

L’humour est omniprésent dans ce livre. Humour dans le dialogue : *En parlant de relations sentimentale, l’histoire du pompier qui a fondé un foyer, après avoir déclaré sa flamme à une sirène, tu la connais ? –Tu fais chier, Clem !*. (Extrait)

L’humour est aussi omniprésent dans le récit, le genre d’humour spontané qui prend par surprise un peu comme le font nos humoristes lors de leurs stand-up : Par exemple, comment croyez-vous que Clémentine s’y prend pour virer un mec ? *Connais-tu l’association de groupements d’ensembles de communautés d’union de rassemblements d’agglomérations de sociétés d’alliances d’attroupements des personnes qui aiment vivre seules ? Non ? Comme c’est dommage.* (Extrait)

L’humour est même présent dans le titrage. L’auteure, Kathy Dorl ne s’est pas contentée de numéroter les chapitres, elle leur a trouvé chacun un titre, la plupart du temps non-pertinent mais témoignant toujours d’un esprit vif décidé à dérider. Par exemple : *Toi + moi – toi = perfection* (Extrait, chapitre 4) *Quand je conduis, même le GPS met sa ceinture.* (Extrait, chapitre 7) *Cette phrase est volontairement ennuyeuse, afin que la suivante paraisse vraiment drôle.* (Extrait, chapitre 10)

Quant à l’histoire comme telle, elle est déjantée, elle a un petit caractère rebelle qui me plait. La plume est à la fois légère et loufoque quand on pense que l’héroïne au départ est moins qu’ordinaire. L’auteure lui a même attribué un défaut langagier quand elle est fatiguée ou stressée avec le résultat qu’une fois sur deux, le lecteur pouffe de rire. L’humour est parfois un peu acide mais atteint rarement le mauvais goût.

Notez que la légèreté du récit ne m’a pas empêché de réfléchir un peu sur l’eugénisme qui a poussé des tarés comme les nazis au nettoyage ethnique. Dans la plupart des pays, l’eugénisme est illégal. Certains pensent que cette philosophie est mourante. Moi je n’en suis pas si sûr. Est-ce que la manipulation peut amener un fétus à communiquer avec sa mère par télépathie ? J’en doute, mais on ne sait jamais…jusqu’où peut aller le génie humain, surtout pour mal faire.

Donc CTRL+Q est un roman énergique, rafraîchissant avec une héroïne tordante. L’ensemble est original. Ça se lit vite. C’est même un peu trop court à mon goût, mais j’admets qu’il faut savoir s’arrêter. Enfin, pourquoi CTRL+Q comme titre ? Je vous laisse le découvrir mais vous allez vite comprendre que, même dans le titre, l’auteure n’a pas manqué d’humour.

À lire absolument, spécialement pendant les jours gris et les humeurs sombres.

Kathy Dorl a jusqu’à présent vécu aux États-Unis en charge du développement à l’international de grands groupes de cosmétiques américains. Malgré un agenda chargé entre vie professionnelle et familiale, elle a toujours aimé se réfugier dans l’écriture. Son premier roman « Ce que femme veut… » publié en 2013 aux Éditions Hélène Jacob rencontra un vif succès. Entre légèreté et humour le ton est donné : sans prétention, les sujets sont d’actualité et les personnages attachants. Un roman pétillant et drôle.

L’écriture de Kathy Dorl se situe dans ce qu’on appelle aux Etats-Unis les « feel-good books », ou romance moderne en français.
En janvier 2015, « Déconfitures et pas de pot » se positionne directement dans le top 20 en littérature humoristique ainsi que « Ctrl + Q » .
Prix littéraires : Finaliste du prix Jean-Jacques Robert de la nouvelle 2014 (Salon du livre d’Ile-de-France) Second prix roman concours littéraire Maestro 2015 avec « Déconfitures et pas de pot », entre autres.

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 5 octobre 2019

 

CURE FATALE, le livre de ROBIN COOK

Bonjour à tous et à toutes. Je veux attirer votre attention cette fois sur un livre qui m’a tenu en haleine de la première à la toute dernière page : CURE FATALE de Robin Cook.

On dit que le système de santé est malade, mais imaginez un peu un système où on décide, sans appel, d’éliminer des malades qui coûtent trop cher, ou des malades qui monopolisent les services hospitaliers ou qui sont incurables.

Dans CURE FATALE, deux jeunes médecins récemment recrutés dans un hôpital du Vermont seront témoins d’évènements forts troublants qui les pousseront à faire une enquête. Ils seront ainsi entraînés dans une horrible machination qu’on imaginait plus possible : éliminer des malades parce qu’ils coûtent trop cher.

En maintenant un niveau de tension élevé et constant dans un récit bien ficelé, Robin Cook réussit à nous faire oublier que son histoire n’est rien d’autre qu’une variation sur un thème bien connu. En effet, il est question ici d’une forme d’eugénisme, cette aberration qui a fait son bonhomme de chemin dans l’histoire des peuples, spécialement chez les cinglés soi-disant bien-pensants.

Dans son roman, Cook ne nous laisse aucun répit et nous pousse inévitablement à nous poser l’éternelle question : **comment les choses peuvent en arriver là???**

J’ai dévoré ce roman et je crois que vous ne serez pas déçu car l’œuvre est issu d’un auteur qui en connait long sur les questions médicales, étant lui-même chirurgien en ophtalmologie, une plus-value pour quelqu’un qui est devenu spécialiste des thrillers médicaux. À ce titre, j’aimerais vous proposer quelques titres fort intéressants :

Mutation(1989) – Risque mortel (1996)
Vector(2001) – Virus (1988)

JAILU
Novembre 2012

(En complément…)

LE SECRET INTERDIT, le livre de BERNARD SIMONAY

L’histoire est celle de Kevin Kramer, écrivain à succès, un jour, lors d’une tempête, Kevin est témoin d’un phénomène très étrange : il voit un navire qui n’est pas touché par la tempête, il ne bouge pas, même pas atteint par les vagues. Il monte à bord, et verra un mystérieux personnage disparaître devant ses yeux. Ce sera pour Kevin le point de départ d’une aventure extraordinaire non seulement autour du monde mais aussi au cours des âges, sur la trace d’évènements historiques auxquels il a participé dans des vies antérieures. Il se mettra en quête d’une vérité que le monde n’est pas prêt à connaître. Avec sa compagne, Alexandra, croisée sur son chemin au début de la quête, il devra affronter une force mystérieuse et implacable qui poursuit le même but.  Pour nos héros, c’est une course contre la montre et contre le mal…

Bien que ce roman fasse partie du CYCLE DES ENFANTS DE L’ATLANTIDE, on peut en faire une lecture indépendante, et tant mieux parce que l’ensemble de l’œuvre est un peu difficile à suivre. Mais c’est une autre histoire

Ici, l’auteur développe principalement 2 thèmes : l’eugénisme et surtout la réincarnation. Il n’y a rien de neuf me direz-vous. Mais il faut voir comment Simonay s’y prend pour livrer son message.

Personne ne peut confirmer que la réincarnation est une réalité parce que personne n’est jamais revenu pour en parler. Ce qui reste, quand on se livre à un débat sur la question, c’est la force des arguments. C’est l’argumentaire qui nous amène à y croire ou non. Il se trouve que c’est la force de Bernard Simonay dans LE SECRET INTERDIT. La progression de l’histoire étant constante, bien rattachée et contenant beaucoup d’éléments plausibles, l’auteur nous pousse continuellement à se poser la question : *serait-ce possible*?

Ajoutez à cela l’écriture de Simonay qui frôle parfois la poésie et qui conforte une imagination débordante. Voilà ce que j’ai aimé de ce livre : cette particularité de nous faire réfléchir et de nous faire rêver qui crée un tout porteur d’espoir. Une quête initiatique où se chevauchent la fiction et la réalité… Un livre à dévorer.

JAILU
Octobre 2012

(En Complément…)