TERRES DE SANG ET DE LUMIÈRE, JOCELYNE GODARD

TOME 1 
L’APPEL AU DÉPART

*Pour apaiser les conflits, Urbain II se mit à prêcher une croisade en Terre Sainte…En 1095, il organisa un concile… appelant les foules venues d’Italie, d’Espagne, d’Angleterre et de France. Au cœur de l’été 1096, une fièvre délirante secoua le peuple et ce fût le départ de la première croisade.*(Extrait : TERRES DE SANG ET DE LUMIÈRE, tome 1 L’APPEL AU DÉPART, Jocelyne Godard, format numérique, Éditions du 38, 2019. 1675 Kb, 190 pages pour l’édition imprimée)

En l’an 1096, la jeune franque Mahaut de Saint-Victor se prépare à quitter le château familial en Picardie pour accompagner ses oncles et son frère qui vont délivrer Jérusalem, à la demande du pape Urbain II, ainsi qu’il le prêche aux futurs croisés lors de l’immense rassemblement qu’il a convoqué devant l’abbaye de Clermont en Auvergne. <illustration ci-haut, appel à la croisade d’Urbain II, détails ici>

Cette première croisade, celle « Des Chevaliers », sera le plus exécrable des voyages jamais vécus à cette époque, d’autant plus que leurs familles, femmes et enfants participeront à l’expédition. Il faut préparer les convois, chariots, chevaux et bœufs, puis la nourriture, les bâches, les couvertures, les armes, les casques et les cottes de maille.

Tous ceux qui reviendront de Jérusalem délivrée de la main des impies seront pardonnés de tous leurs péchés. C’est ce que prêche le pape. L’ Église est ferme : il faut se libérer de la menace turque qui pèse en Palestine et tuer les hérétiques.

Dotée de sa foi chrétienne, Mahaut part avec sa famille pour rejoindre le gigantesque rassemblement à Clermont d’où partira la croisade, menée par Godefroy de Bouillon, en direction de l’Orient.

Une grande saga médiévale en 8 tomes, qui se poursuit avec le tome 2, Violent Danube.

Du sang pour Jérusalem
*Les émotions étaient communicatives, les sensibilités
à fleur de peau, les craintes amplifiées, les esprits
échauffés et la haine envers les Infidèles augurait un
dénouement aussi barbare qu’inattendu. Urbain II
cherchait le moyen de répondre à ces angoisses qui
ne présageaient rien de bon.
*
(Extrait)

Dans une série de 8 tomes, Jocelyne Godard nous entraîne dans des temps agités, début du deuxième millénaire, dans la première croisade d’abord prêchée par le pape Urbain II dans les campagnes de France afin de lever une gigantesque armée dans le but de délivrer Jérusalem des Infidèles, c’est-à-dire des Musulmans et d’y assurer une domination chrétienne.

Jocelyne Godard s’appuie sur une réalité historique en commençant par l’appel à la Croisade d’Urbain II garantissant la rémission des péchés des futurs morts.

Je dis ça en passant mais c’est une comédie crasse jouée par l’église pendant des siècles. Il suffisait de dire *c’est la volonté de Dieu * pour faire des milliers de morts. C’est très personnel mais je crois que dans l’histoire du monde et des religions, rien n’a été plus mal interprété que la volonté de Dieu. Mais bon…passons.

Disons que ce livre m’a fait réagir car il a exacerbé certaines émotions. Son ton est juste et son portrait de la mentalité de l’époque et des réalités religieuses est documenté et crédible. Voyons comment Jocelyne Godard imbrique la fiction dans la réalité.

Le récit est peuplé de personnages authentiques mais le personnage principal est fictif. Il s’agit de Mahaut de Saint-Victor, une jeune franque qui s’apprête à quitter le château familial en Picardie pour se rendre à l’immense rassemblement convoqué par Urbain II devant l’abbaye de Clermont en Auvergne. La première croisade est décidée avec une mission précise : libérer Jérusalem et tuer les hérétiques.

C’était, pour ceux qui y tenaient, la volonté de Dieu. Cette croisade allait être dirigée par le prestigieux Godefroy de Bouillon, personnage authentique, héritier du Royaume de France et descendant de Charlemagne. Le but de Jocelyne Godard dans ce premier tome L’APPEL AU DÉPART.

Ce but qui est aussi le fil conducteur, est de décrire avec précision tous les préparatifs de ce voyage rapporté par l’histoire comme étant infernal : le recrutement, l’approvisionnement, le financement, le transport, la logistique, les préparatifs militaires, l’armement et la création de la chaîne de commandement.

À travers tous ses préparatifs expliqués en détail, et je ne m’en suis jamais lassé soit-dit en passant, l’auteure s’attarde sur la vie sentimentale de Mahaut à qui on a promis la main de Jean de Villedieu, un chevalier qu’elle ne connait pas, qu’elle n’a jamais vu. Bref on lui a dit que c’est un bon garçon. Ils vont se marier ça s’arrête là. C’était la mentalité de l’époque. Mais Mahaut qui a 16 ans, a un caractère bien trempé. Il y a, disons un froid en vue, peut-être même de la glace.

Enfin, dans cet appel au départ, l’auteure exploite de façon exhaustive non seulement les préparatifs de la 1ère croisade mais aussi les émotions, les craintes et les peurs que suscite cette dernière et elles sont de taille car les turcs et les sarrasins sont des guerriers féroces et impitoyables.

Ils avaient raison d’avoir peur car la croisade a fait plus de 120,000 morts sur le champ de bataille et pendant le voyage des pèlerins. Et dire que sept autres croisades vont suivre. Je sais pas mais il me semble qu’il y a quelqu’un quelque part qui n’a rien compris mais tous connaissait la puissance de ces trois mots : DIEU LE VEUT.

J’ai été séduit par la plume de Jocelyne Godard. C’est une belle écriture toute en nuance. Elle a développé un sujet qui n’est pas facile sans artifice ou exagération. Ses personnages ont été travaillés, en particulier Mahaut qui sera spécialement appréciée par le lectorat féminin. Elle est attachante et authentique.

Je me suis rapidement identifié à elle à cause entre autres, de son questionnement sur la logique de l’Église : *Décidément, Mahaut ne saisissait plus les mots du Pontife. Pourquoi poussait-il autant les pèlerins à donner leur vie au cours de ce voyage en échange de leur rédemption ? Tout à l’heure, il se désespérait devant les chrétiens massacrés par les turcs, à présent, il s’enthousiasmait devant ceux qui périrait pour le Christ…*  (Extrait)

Naïveté ou plus sûrement un questionnement sur l’utilité d’autant de morts. Jamais en 2000 ans le problème de Jérusalem, centre de toutes les fois du monde, n’a été réglé.

La fluidité de la plume fait en sorte que le temps passe vite. La lecture est facile et agréable et le souci du détail historique est intéressant. Internet regorge de sites qui parlent des croisades. Mais il sera particulièrement intéressant de suivre la saga TERRES DE SANG ET DE LUMIÈRES ne serait-ce que pour voir comment évoluera Mahaut. Très belle lecture en vue.



Née dans la Sarthe, Jocelyne Godard a longtemps vécu à Paris. Les sagas et biographies romancées qu’elle a publiées au fil du temps ont toujours donné la priorité à l’Histoire et aux femmes célèbres des siècles passés.

Ces femmes qui ont marqué leur temps, souvent oubliées ou méconnues, et qui, par leurs écrits, leurs œuvres, leurs engagements, leurs talents, leurs amours, ont signé l’Histoire de leur présence qu’elle n’a cessé de remettre en lumière. L’Égypte ancienne et le Japon médiéval l’ont fortement influencée. Puis elle s’est tournée vers l’époque carolingienne, le Moyen-Âge et la Renaissance.

Plus récemment, elle a mis en scène, avec l’éclairage qui leur revient, une longue saga sur l’investissement des femmes durant la Grande Guerre. Lorsque ses héroïnes sont fictives, elles ont toujours un lien étroit avec les femmes qui ont fait la Grande Histoire. Dans ses plus jeunes années, elle s’est laissé guider par la poésie et elle a publié quelques recueils.

Puis elle s’est tournée vers le journalisme d’entreprise auquel elle a consacré sa carrière tout en écrivant ses romans. Depuis son jeune âge, l’écriture a toujours tenu une grande place dans son quotidien. Un choix qui se poursuit.

La suite

BONNE LECTURE
CLAUDE LAMBERT
le dimanche 17 octobre 2021

DARK WEBB, un roman signé DEAN KOONTZ

*En temps ordinaire, on dénombre 38 000 cas de suicide annuellement.
Pour l’an dernier, cela représente 4 500 décès supplémentaires. En
projection annuelle, on comptera 8 400 suicides de plus au 31 décembre
prochain. Tout en citant ces chiffres, elle avait bien conscience de ne pas
pouvoir les interpréter. >
(Extrait : DARK WEB audio, Dean Koontz, édition originale : Archipel éditeur,
2018, papier, 418 pages. Édition audio : Audible éditeur, 2018, narration :
Pascale Chemin, durée d’écoute : 12 heures 12 minutes)

« Il faut que j’en finisse. » Tels sont les derniers mots d’un homme que la vie semblait avoir comblé, mais qui y met fin… subitement. Son épouse, Jane Hawk, du FBI, ne croit pas à la thèse du suicide. D’autant qu’ils sont de plus en plus nombreux à connaître le même sort sur le territoire américain…
En cherchant des réponses, Jane met au jour – avec l’aide d’un hacker spécialiste du dark web – un complot visant à manipuler mentalement les êtres humains. Très vite, elle devient la fugitive la plus recherchée des États-Unis. Y compris par sa propre hiérarchie. Ses ennemis semblent posséder un secret si terrifiant qu’ils semblent prêts à tout pour l’éliminer. Mais leur influence et leur perversité suffiront-elles pour arrêter cette femme aussi intelligente que déterminée ?

UN KOONTZ DIFFÉRENT
*En parlant de tuer, j’ai découvert le corps d’une morte à
Aspasie. (il fut parcouru d’un frisson) Une ravissante
blonde nue sur une table en innox. Elle a été étranglée,
sans doute au moment où un de vos amis membres
atteignait la jouissance…Ils s’apprêtaient à brûler son
corps dans un four crématoire…
(Extrait)

Tout au cours de l’écoute de ce livre audio, j’ai essayé de reconnaître l’esprit, le caractère habituellement angoissant de Koontz. Bien sûr, j’ai reconnu son style cinématographique. La plupart de ses livres sont écrits comme des scénarios. Pour le reste j’ai eu un peu de difficulté. Il ne faut donc pas chercher le surnaturel auquel Koontz fait habituellement appel. Il faut plutôt prendre le livre pour ce qu’il est : un thriller. Voyons un peu le contenu. Une vague de suicides sans précédant frappe les États-Unis.

Une agente du FBI récemment mise en congé sans solde décide de faire une enquête à titre personnel et elle y mettra un redoutable acharnement pour la bonne raison que son mari s’est suicidé, lui aussi, sans raison apparente, comme des centaines d’autres. Livré à elle-même, Jane Hawk se lance à la découverte d’un complot qui semble toucher l’ensemble du pays.

Ce qui pousse les lecteurs/lectrices à s’accrocher dès le départ est la nature même des suicides : des gens sans histoire, sans problème en bonne santé mentale et physique et ne présentant aucun caractère suicidaire et s’accrocher aussi au caractère mystérieux des messages laissés par les auto-sacrifiés : *Quelque chose ne tourne pas rond chez moi, j’ai besoin, un besoin terrible, j’ai terriblement besoin de mourir. *

Il devient facile pour le lecteur de deviner qu’il y a une intervention humaine…un dispositif quelconque qui modifie quelque chose dans le cerveau : *J’ai une araignée dans la tête, qui me parle. * (Extrait) Ça donne au récit un caractère très intrigant.

Bien sûr, c’est un thriller efficace mais sans grande originalité. En fait c’est une variation sur un thème fortement récurrent en littérature : ambition, pouvoir, domination et même, par extrapolation, l’eugénisme, le tout ficelé avec de la science-fiction. Ne vous fiez pas au titre, DARK WEBB frôle la fausse représentation. Le dark Webb a peu à voir avec l’intrigue. Il n’est qu’un prétexte pour Jane Hawk pour se lancer sur une piste précise.

Pour mettre le lecteur, la lectrice sur un début de piste, je miserais plutôt sur la définition que fait l’auteur dans son récit de la singularité : *…du stade où les progrès de l’intelligence artificielle et des nanotechnologies induiront des changements au niveau de l’évolution humaine. * (Extrait) Il manque quelque chose à ce récit, comme si l’auteur, en s’écartant de son thème de prédilection, le surnaturel, avait péché par la sous-exploitation de son thème principal c’est-à-dire la recherche de scientifiques tordus assoiffés de pouvoir. Le genre *erreur de la nature* qui se distingue par une absence totale d’empathie et une incroyable cruauté.

Si j’établis un rapport direct de forces et de faiblesses, je dirai, d’abord pour les forces : le récit est intrigant et donne parfois lieu à des passages qui font froid dans le dos. Le rythme est élevé. Le fil conducteur est fragile mais le tout se lit assez bien. Le sujet est bien traité, il y a quelques trouvailles intéressantes. L’écriture est efficace, de nature à donner au livre un petit côté tourne-page, l’intrigue un peu paranoïaque poussant le lecteur à la curiosité.

Du côté des faiblesses : sous-exploitation du thème, récit linéaire, pas beaucoup de rebondissements, personnage principal (Jane) plutôt froid et caricatural. C’est long avant de comprendre où l’auteur veut en venir. La finale est peu éclairante et laisse supposer une suite qui n’est annoncée nulle part. Je n’ai pas été emballée par la narration de Pascale Chemin qui manque d’émotion.

Bref, je préfère le Koontz *d’avant*.

Auteur de best-sellers souvent classés nº1 sur la liste des meilleures ventes du New York Times, Dean Koontz réside en Californie. Traduit dans près de quarante pays, l’auteur de Les Yeux foudroyés et Les Étrangers a écoulé plus de 450 millions d’exemplaires dans le monde. Les éditions de l’Archipel ont publié Dark Web (2018), premier volet de cette nouvelle saga d’action et en cours d’adaptation par la Paramount.

DU MÊME AUTEUR SUR CE SITE : LE TEMPS PARALYSÉ. Pour lire mon commentaire, cliquez ici.

BONNE ÉCOUTE
Claude Lambert
Le vendredi 2 octobre 2020

LE PROJET ALICE, livre de MARLÈNE CHARINE

*Pourriez-vous me donner votre nom ? Tout
naturellement, j’ouvre la bouche pour
répondre. Mais aucun son n’en sort. Parce
que je ne sais pas. Je ne sais pas qui je suis.
cette fois, la panique me submerge.*
(Extrait : LE PROJET ALICE, Marlène Charine,
ÉditionsNL.com édition numérique, 400 pages)

Dans un futur très proche, au nord-est des États-Unis, un commando exfiltre une jeune femme d’une base appartenant à l’Agence, une organisation scientifico-militaire. À peine a-t-elle eu le temps de s’affubler du nom d’Ellie Kay qu’une course-poursuite commence. Traquée d’un côté par l’Agence qui cherche à la récupérer, manipulée de l’autre par ceux qui prétendent l’avoir sauvée, Ellie découvre les premiers aspects de sa personnalité : un naturel impatient, d’incroyables aptitudes au tir et au combat rapproché, mais aussi un talent remarquable au violoncelle. Chargé de la remettre en forme, Sean, un membre de l’équipe, la pousse à ses limites, de manière parfois brutale. Une rudesse qui n’est rien en comparaison avec les révélations qui l’attendent au détour d’un voyage en Europe…

CLONE À L’HORIZON
*Réfléchis à ce que tu sais
pour t’aider à trouver ce que tu ignores.
Que sais-je ?*
(Extrait : LE PROJET ALICE)

C’est une histoire originale qui malgré quelques longueurs et digressions, mérite toute votre attention. Voyons d’abord le contenu : Une jeune femme appelée Ellie est arrachée des griffes d’une mystérieuse organisation qui se fait appelée L’AGENCE. Au premier regard, l’agence a des buts nobles comme la création de vaccins ou le développement de moyens efficaces de vaincre le cancer.

Mais cette noblesse camouffle des intentions hégémoniques du genre à organiser d’abominables génocides pour réduire la population mondiale : *Des millions de jeunes filles vaccinées devenant incapables de concevoir. Une génération entière rayée des statistiques. Un massacre raffiné…plus efficace qu’une guerre de territoire, sans aucune goutte de sang versé, mais pas moins terrifiant…>(Extrait) , dominer des peuples militairement, créer et conditionner des clones pour tuer avec indifférence et sans demander d’explications.

Ellie est une de ces clones, conditionnée et reconditionnée pour des horreurs sans noms commises sous le nom de Seven. Vous devinez donc qu’Ellie est le 7e clone d’une même personne : Suzan, principal cobaye d’une odieuse expérience appelée PROJET ALICE, Alice étant la première issue d’un même code génétique. Ça va comme ça jusqu’à Eleven. Ellie finit par être exfiltrée de cette diabolique organisation par un groupe appelé les Fraternels.

Les Fraternels et Ellie, qui cherche sa meilleure identité : *Je ne m’attendais pas à trouver le *petit manuel du clonage facile* ou le *Comment cloner sa fiancée en 10 étapes*. Ça serait juste sympathique d’en savoir un peu plus sur moi.> (Extrait)… n’ont maintenant qu’un objectif : rayer l’Agence de la carte. Il sera extrêmement dangereux de s’opposer à une organisation qui se caractérise par un irrespect total de la vie et une absence complète de scrupules.

J’ai été fasciné par l’imagination, la recherche et de la sagacité que l’auteure a investi dans son histoire. Je sais que la science est très avancée dans la connaissance de l’ADN. Aussi LE PROJET ALICE a provoqué en moi un véritable brassage d’émotions. L’intrigue est prenante et l’ensemble est non seulement crédible mais il m’a amené à faire une recherche sur des questions d’éthique qui demeurent pour moi une énorme zone grise : Est-ce qu’il y a des raisons sérieuse de créer un clone? Est-ce qu’un clone peut avoir une existence sociale reconnue? Une identification?

Est-il comme les autres, avec une âme, une conscience, un libre arbitre? Si un clone n’a pas de reconnaissance sociale formelle, est-il sacrifiable à la science ou pire encore au pouvoir militaire? Peut-on conditionner et reconditionner cérébralement un clone jusqu’à le tuer sans aucun égard aux responsabilités? Le clonage est-il un crime contre la dignité? Où en est-on avec la bioéthique? Je pourrais continuer sur plusieurs pages. Il y a au moins une réponse : LE CLONAGE HUMAIN EST INTERDIT. J’imagine que ça peut être contourné.

Bien sûr dans LE PROJET ALICE, il y a un mélange de fiction et de réel. On ne peut pas vraiment parler d’anticipation car le sujet développé est très actuel. Le rythme du récit est très rapide et il faut parfois s’accrocher car le fil conducteur du récit dérive parfois, l’auteure s’étend parfois longtemps sur Ellie, ses interactions complexes avec les autres sur le plan sentimental par exemple, sans compter un copinage chez les membres des fraternels qui fait un peu ado. Il ne faut pas oublier les multiples identifications d’Ellie.

Elle se cherche. Le lecteur va chercher lui aussi. Il n’empêche que l’intrigue est développée intelligemment. Je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer malgré une finale interminable style *bon enfant* qui laisse entrevoir la possibilité d’une suite. Je n’ai aucune idée des intentions de l’auteur à cet effet.

C’est donc un bon thriller que je vous recommande. Il est réactif sur le plan de l’éthique, nerveux sur le plan de l’écriture et captivant sur le plan de la lecture. Pour moi personnellement, il ne m’a pas laissé indifférent. Il ne faut toutefois pas perdre de vue que LE PROJET ALICE est une fiction dans laquelle on a inséré des éléments de la réalité, le tout dans un cadre d’action et d’aventure impliquant des personnages sympathiques mais bien campés et solides.

En terminant, je veux préciser que le clonage reproductif chez l’individu est rejeté quasi unanimement et sans équivoque car non-éthique et irresponsable au niveau médical. Selon les conventions nationales et internationales, le clonage à des fins de production artificielle d’un individu est interdit. Voir à ce sujet les aspects éthiques du clonage.

Née en 1976 en Suisse, Marlène Charine a décidé qu’une vie, même bien remplie, ça ne suffisait pas. Elle a donc commencé à écrire de manière à expérimenter plusieurs existences différentes, toujours teintées d’imaginaire. Les graines magiques semées ici et là commencent à porter leur fruit en 2016 avec la publication de son premier roman, LE PROJET ALICE et de plusieurs nouvelles. Intéressé à visiter son blog ? Cliquez ici.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le vendredi 5 juin 2020