LA COURSE AUX ÉTOILES, de JAMES MICHENER

Si on se rappelait les interminables délais lors des premiers
Vols, la déception et le découragement des hommes bouclés
Dans leur capsule au sommet d’une gigantesque fusée pendant
Des heures d’affilée et les ajournements de départ répétés, les
Chances de faire décoller cette fusée-là dans un intervalle de
Deux secondes, paraissaient bien minces.
(extrait de LA COURSE AUX ÉTOILES de
James Michener, Libre Expression, 1984)

C’est une longue et belle histoire qui commence vers la fin de la 2e grande guerre par l’enlèvement de plus d’une centaine de savants allemands (voués à une mort certaine) et leur installation clandestine aux États-Unis. Cet extraordinaire sauvetage tissera la toile du projet le plus complexe et le plus coûteux de l’histoire humaine : le programme spatial américain.

Cette fabuleuse histoire nous est racontée par James Michener à travers le destin de huit personnes : quatre hommes et quatre femmes qui, malgré les lourds débats politiques, scientifiques et financiers qui agiteront ce projet grandiose, entreront dans la légende en plaçant toute l’humanité témoin privilégié de la conquête de l’espace, des vols historiques de Gemini et Apollo jusqu’aux premiers pas de l’homme sur la lune.

LA COURSE AUX ÉTOILES est un roman historique qu’on doit aborder comme une chronique. L’auteur y passe en revue le quotidien de ses héros, réels et fictifs, sur une période de plus de 40 ans : leur vie sentimentale et professionnelle, leurs échecs, leurs victoires et leur participation à l’évolution politique et scientifique d’un pays appelé à devenir le plus puissant du monde.

Le lecteur est entraîné dans une suite d’évènements historiques de premier plan dont il devient le témoin : la deuxième guerre mondiale, la chasse aux *sorcières* communistes, la nécessité pour les américains de devancer les Russes dans la conquête de l’espace, l’avènement de la NASA.

Ajoutons le discours historique de Kennedy donnant un sens au programme spatial américain en lançant les USA dans la conquête de l’espace avec des objectifs précis et des moyens financiers colossaux, la création du programme GEMINI et l’avènement du programme spatial le plus coûteux de l’histoire : APOLLO. L’auteur a même imaginé ce qu’aurait pu être le destin d’Apollo 18.

LA COURSE AUX ÉTOILES est une petite brique de 750 pages qui se lit très bien. Les aspects scientifiques y sont assez bien vulgarisés (suffisamment pour ne pas décourager le lecteur), les aspects humains et politiques y sont bien développés et fidèles au contexte de l’époque avec entre autres un regard évolutif sur le rôle des femmes, l’émancipation des noirs et l’éternelle muraille qui sépare la science de la politique.

L’ouvrage est aussi un reflet assez fidèle d’une époque où on voyait des communistes partout.  C’est une grande saga sans prétention qui m’a accroché et qui a réveillé le petit garçon qui a toujours été en moi, celui qui, comme tant d’autres observaient les astres et rêvaient de les conquérir. C’est une belle page d’histoire que je recommande sans hésiter.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
OCTOBRE 2013

(En Complément…)

CODE ZÉRO, le livre de KEN FOLLET


Écoutez, monsieur Carroll,
L’armée n’emploierait pas Un cinglé pour un projet
Ultrasecret. En temps normal,
Luke est aussi sain d’esprit que Vous et moi. De toute évidence, Quelque chose l’a déstabilisé…
Commentaire sur le livre CODE ZÉRO de Ken Follet, version française de CODE TO ZERO, paru en 2001

1958, en pleine guerre froide, un scientifique, Claude Lucas, concepteur de la fusée américaine EXPLORER 1, perd la mémoire dans des circonstances mystérieuses et se retrouve vêtu en clochard dans un milieu malfamé. Cherchant à retrouver son identité,  Lucas, surnommé Luke comprend petit à petit qu’il a été drogué et qu’il est accusé d’espionnage par un agent de la CIA prêt à tout pour l’empêcher de reconstituer son passé. Avant que sa mémoire bascule, Luke avait découvert que le lancement d’EXPLORER allait être saboté.

Pour Luke, le défi  est de taille : convaincre le Pentagone d’annuler le décollage d’Explorer, identifier le saboteur, sauver sa vie, empêcher une catastrophe majeure et remettre les États-Unis en selle dans la course à la conquête de l’espace. Mais voilà…le compte à rebours  est très mince.

Voici un livre que j’ai beaucoup aimé. Il se lit bien et vite. Les chapitres sont en réalité des séquences temporelles (temps réel), intenses, sans longueur, à part peut-être quelques inclusions sentimentales qui sont du reste toujours en lien avec le drame. Cette façon d’écrire de Follet me rend automatiquement captif…c’est une force irrésistible qui caractérise l’auteur.

Fidèle à sa tradition, Follet s’est basé sur un évènement historique pour imaginer son histoire. En effet, il faut se rappeler que le 29 janvier 1985, le lancement d’Explorer avait été annulé et reporté, soi-disant pour des raisons météorologiques, alors que le temps était magnifique sur Cap-Canaveral.

J’aimerais préciser aussi que ce livre est bien documenté politiquement et scientifiquement. En effet, Follet met très bien en perspective le contexte de la guerre froide, l’intensification de l’espionnage et les moyens fantastiques déployés pour développer le contre-espionnage.

D’autre part, Follet met aussi en évidence le défi scientifique extraordinaire que représente la conquête de l’espace en donnant des caractéristiques de la fusée au début de chaque séquence temporelle du roman. Pour moi ça a un ptit coté génial parce que le déroulement de l’histoire est libre de détails scientifiques et techniques encombrants et compliqués.

C’est un livre non seulement divertissant, mais crédible…une lecture agréable que je n’hésite pas une seconde à vous recommander.

Bonne Lecture

Claude Lambert
Février 2013

(En Complément…)