DRACULA, de BRAM STOCKER en version audio

Jonathan Harker, jeune clerc de notaire, est envoyé par son employeur, Monsieur Hawkins, notaire à Londres, dans un château isolé des Carpates situé en Transylvanie, auprès du comte Dracula. Le comte Dracula souhaite en effet acquérir une maison à Londres, où il veut se rendre prochainement. Mais malgré la politesse de son hôte, le jeune Jonathan se sent terriblement mal à l’aise en présence du comte, sans qu’il ne parvienne à définir précisément les causes de son appréhension. Surviennent alors des évènements étranges… Dracula est un personnage de fiction inventé par l’écrivain irlandais Bram Stocker en 1897. Il s’est toutefois inspiré d’un personnage historique, Vlad l’Empaleur, prince de Valachie (région de l’actuelle Roumanie) au XVe siècle.

Narrateurs: Christian Fromont
                     Cyril Deguillen

Adaptation: John Mac

Musique: Nikola¨Rimsky-Korsakov

Compagnie du Savoir éditeur, 2006

MON PREMIER AUDIO

*Non non! Retournez d’où vous venez !
pour vous ce n’est pas encore le moment.
Attendez. Un peu de patience. Cette nuit
m’appartient. La prochaine sera à vous!
(Extrait de DRACULA, adaptation audio)

Hé oui, j’en suis à ma première expérience en livre audio. J’avais auparavant fait beaucoup de recherche sur les livres audio pour voir si ça m’intéressait vraiment. Je voulais savoir aussi si cette plateforme gagnait du terrain dans le monde littéraire. Différents facteurs ont favorisé un essor rapide du livre audio comme la simplicité d’utilisation et la qualité d’enregistrement qui ne cesse de s’améliorer.

Le gros point faible que j’ai noté et assez rapidement encore, c’est la faiblesse des titres français. Je me doute toutefois qu’avec la forte augmentation de la demande francophone, on va sûrement améliorer l’offre avant longtemps. 

J’ai noté aussi qu’il y a plusieurs types de présentations audio. Il y a les simples narrations avec une personne ou deux, il y a les narrations enrichies de musique et d’effets sonores et enfin, j’ai entendu des extraits de quelques présentations théâtrales dans lesquelles les narrateurs se donnent la réplique avec musique et bruitage.

Pour ma première expérience complète en livre audio, j’ai choisi une œuvre classique à double narration, avec Christian Fromont et Cyril Deguillen qui se donnent la réplique. J’ai trouvé l’ensemble intéressant. Les narrateurs ont de très belles voix, en particulier Fromont, l’articulation est impeccable. Les répliques manquent parfois de conviction, celles de Deguillen m’ont semblé parfois artificielles. 

Est-ce que l’atmosphère particulière et spécifique à l’œuvre de Stocker a été rendu dans ce livre audio ? À ce titre, je lui accorde la note de passage mais guère plus. Les éléments musicaux et sonores auraient pu contribuer à rendre davantage l’atmosphère compatible avec le livre de Stocker. Mais ces éléments ont été mixés en studio à travers les éléments narratifs. Il n’y a pas de fondue, seulement des enchaînements parfois brutaux. 

Sans être emballé, j’ai apprécié mon expérience et j’ai trouvé que le temps d’écoute a passé rapidement, environ 70 minutes. Je précise ici que c’est une version abrégée. Je précise aussi que je n’ai jamais lu Stocker.

J’ai donc fait connaissance avec son œuvre en passant par la plateforme audio et ma foi, j’ai trouvé ça pas mal intéressant, assez pour récidiver. En écoutant Deguillen en particulier, j’imaginais l’image parfaite que le cinéma m’a donné de Dracula telle qu’il a été incarné par le grand Christopher Lee, un acteur que j’ai toujours admiré. 

Si cette édition sonore de Dracula a pu me faire rêver, voire me faire évader un peu mais d’une façon différente des bons vieux livres de papier, c’est que cette plateforme a du bon et je me propose de l’explorer sérieusement pour la suite de ma carrière de lecteur.

Christian Fromont (à gauche), comédien, acteur, musicien est le narrateur de DRACULA. Il incarne le clerc de notaire Jonathan Harker. Cyril Deguillen (à droite)
est un acteur et narrateur, spécialiste de l’interprétation des classiques. Il incarne Dracula. Deguillen a interprété plus d’une centaine de livres audio.

Né à Dublin, en Irlande, en 1847, Abraham Stoker, dit Bram, est l’auteur de Dracula. Son oeuvre mettant en scène ce mythique personnage de vampire a été adaptée de nombreuses fois au cinéma. Troisième d’une famille de sept enfants, Bram Stoker avait la santé très fragile étant enfant. À son chevet, sa mère lui lisait la Bible et lui racontait les légendes irlandaises, qui inspireront la création de son célèbre roman. Après plusieurs articles de presse, il publie son premier roman « The Chain of Destiny » en 1875 puis devient administrateur du Lyceum Theatre de Londres.

« Dracula », publié en 1897, est son quatrième roman. Il y travaille pendant dix ans. C’est un roman épistolaire composé d’extraits de journal intime, de lettres et de coupures de journaux qui s’inscrit dans le genre littéraire du gothique. L’ouvrage, extrêmement documenté, ne connut cependant pas le succès tout de suite. Ce n’est qu’à la mort de son auteur, à son domicile en 1912, que le personnage monstrueux, mais raffiné de Dracula, est entré dans le mythe.

Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 25 juillet 2021

MORT À CRÉDIT, le livre de LOUIS-FERDINAND CÉLINE

Ah ! C’est le but que tu poursuis…N’est-ce pas ! Inlassable ! Tu rampais !… Divers… Ondoyant ! Imprévu toujours !… Violences… Tendresse… Passion… Force… Je t’ai entendu l’autre jour ! … Tout t’est possible, Ferdinand. Tout ! (Extrait : MORT À CRÉDIT, Louis-Ferdinand Céline Éditions Gallimard 1952, collection Folio, édition de papier, 635 pages.)

Le second roman de Céline nous ramène au temps de son enfance. Nous suivons les avatars du jeune Ferdinand aux prises avec son  époque -la France et l’Angleterre d’avant 1914- et son éducation- une suite d’expériences familiales, touristiques, scolaires, laborieuses, érotiques, etc. Ferdinand grandit  entre une mère mercière et un père correspondancier qui s’empoisonnent littéralement l’existence et accablent leur fils de reproches amères et douloureux. Il ne trouve dans sa famille besogneuse et mesquine qu’une atmosphère étouffante, fébrile, odieuse de laquelle deux personnalités seulement filtrent comme des rayons de soleil, celles de sa grand-mère Caroline et de son oncle Édouard…

AMER ET INDIGESTE
Mais profond
*Ça bardait du matin au soir…un défilé
d’hurluberlus exorbités jusqu’aux
sourcils, qui se dépoitraillaient devant
la porte, gonflés, soufflés de certitudes,
de solutions implacables… C’était pas
marrant à regarder.
(Extrait : MORT À CRÉDIT)

MORT À CRÉDIT m’a ramené à l’esprit certaines expressions consacrées relatives à la folie et au génie comme par exemple la citation de Thomas Fuller *Le paradis des fous c’est l’enfer des sages* ou celle d’Aristote *Il n’y a point de génie sans un grain de folie*. D’après la poétesse belge Josiane Coeijmans, la folie est porteuse de génie. Avec Louis-Ferdinand Céline, j’en suis là. Je ne sais trop quoi penser de son œuvre.

Dans son premier vrai grand roman, VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT, Céline raconte le cheminement de Bardamu se butant aux horreurs du colonialisme en Afrique, puis aux horreurs du capitalisme en Amérique, puis l’humanité de Bardamu tentant d’apaiser les souffrances humaines. Le livre donnait un sens à la vie d’une incroyable profondeur et poussait à l’introspection. 

Dans MORT À CRÉDIT, Céline raconte l’enfance de Bardamu qu’on appellera Ferdinand, fils unique, apparence petit bourgeois dans un quartier de Paris qui vit au début avec des parents qui sont de parfaits modèles d’égocentrisme. Ferdinand évolue dans un monde de grognons mal embouchés et radoteurs. Dans son style *coup de poing* habituel, Céline décrit le parcours initiatique de Ferdinand qui entre dans la transition qui le fera sortir de l’enfance avec de la violence, de l’émotion, l’indifférence qui va jusqu’au *je m’enfoutisme*.

J’ai senti que cette fois, Céline poussait son style à outrance, un style poussant à la redondance et à l’étalement d’états d’âme qui ne finissent pas de finir, le tout dans un langage hautement argotique. 

Les passages qui évoquent les relations de Ferdinand avec ses parents sont intéressants…des relations émiettées entre un petit bonhomme représentant un fardeau potentiel pour ses *vieux* pusillanimes…

Les émotions se ressentent dans certains dialogues dont la compréhension a nécessité un dictionnaire : *Alors ils m’ont fait une gueule ! Rien qu’à m’entendre badiner !… Ça donnait juste l’effet contraire!… Ah! merde ! Moi, j’en avais tringle!… Je fumais alors moi aussi!… Moi aussi merde à la fin… J’avais bien toute la caille au cul…je venais pas leur quémander ! Ni flouze ! ni pitance ! Je leur demandais rien du tout ! Seulement je voulais pas m’enfoirer avec des soupirs à la con. Je venais simplement dire « au revoir »… Merde ! Un point c’est tout! … Ils auraient pu être contents… (Extrait) 

J’ai décelé beaucoup d’amertume dans le récit. Tout en demeurant décapant, une caractéristique indécollable de Céline, je l’ai trouvé geignard. Avec le langage d’une brute, tantôt ordurier tantôt généreux, Céline fait dériver son personnage d’une côte à l’autre, introduisant chaque fois une nouvelle galerie de personnages. Pas de plans précis, pas de fil conducteur. 

Ce n’est pas un récit vraiment axé sur les joies de la vie. C’est au contraire désespérément humain. C’est incisif, parfois acide mais le réalisme est omniprésent. Céline n’avait pas de plan mais il avait une vision et c’est là que ça devient intéressant si on considère que MORT À CRÉDIT est une vision tranchante et sombre du sens de la vie et qu’on le veuille ou pas, ça pousse à la réflexion. Cet aspect a beaucoup divisé les lecteurs et explique aussi mon lien entre la folie et le génie au début de cet article. Si ça met du monde en désaccord, c’est qu’il y a matière à débat. 

J’ai trouvé le livre très long, il fait quand même 628 pages, répétitif, parfois ennuyeux, sensiblement misérabiliste mais son esthétique littéraire a mobilisé beaucoup de lecteurs quant à sa vision plutôt glauque de la vie et par une plume gueularde qui mobilise l’attention et ce, malgré l’omniprésence de l’argot. Heureusement, il y a l’oncle Édouard qui s’en tire bien et qui aime bien Ferdinand…un petit symbole qui nous rappelle que tout n’est pas noir.

Peut-être que je ne sais pas trop quoi penser de ce livre. Difficile aussi de saisir les raisons pour lesquelles il est considéré comme un monument littéraire. Une chose est sûre cependant, il ne m’a pas laissé indifférent.

Auteur du XXe siècle considéré comme majeur, Louis-Ferdinand Auguste Destouches dit CÉLINE est né le 27 mai 1894 à Courbevoie. Il est l’un des écrivains français les plus traduits et diffusés dans le monde. Son œuvre a fait toutefois l’objet de polémiques violentes en raison de son antisémitisme particulièrement haineux. Ce profond antisémitisme l’amène à devenir pro-nazi. Mis au ban des personnalités respectables depuis cette période et celle de la libération, Céline s’exile en Allemagne puis au Danemark. Avant de revenir en France. Il faudra attendre 1957 pour un retour de Céline dans l’actualité littéraire mais il meurt peu de temps après d’une rupture d’anévrisme. Malgré les états d’âme de Céline, son écriture particulière, son réalisme et son style en font un écrivain très important. (Franceculture)

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 11 juin 2021

Le procès, le livre de Franz Kafka

*Vous n’avez pas le droit de sortir. Vous êtes
arrêté. Et Pourquoi donc ? Demanda-t-il
ensuite… nous ne sommes pas ici pour vous
le dire. Retournez dans votre chambre et
attendez. La procédure est engagée.*

(Extrait : LE PROCÈS, Franz Kafka, présente
édition : Audible studios, 2014, durée d’écoute :
7 heures 51 minutes. Éd. or. t.f. : Gallimard 1933)

Le jour de son arrestation, K. ouvre la porte de sa chambre pour s’informer de son petit-déjeuner et amorce ainsi une dynamique du questionnement qui s’appuie, tout au long du roman, sur cette métaphore de la porte. Accusé d’une faute qu’il ignore par des juges qu’il ne voit jamais et conformément à des lois que personne ne peut lui enseigner, il va pousser un nombre ahurissant de portes pour tenter de démêler la situation.
À mesure que le procès prend de l’ampleur dans sa vie, chaque porte ouverte constitue une fermeture plus aliénante sur le monde de la procédure judiciaire, véritable source d’enfermement et de claustrophobie. L’instruction suit son cours sur environ un an durant lequel l’absence d’événements est vue uniquement à travers les yeux de K. Sa lucidité, dérisoire et inutile jusqu’à la fin, n’apporte aucun soulagement.

La satire qui questionne
*Il ne songea qu’à l’inutilité de sa résistance.
Il n’y avait rien de bien héroïque à résister
et à poser des difficultés aux deux messieurs
et à chercher en se défendant à jouir d’un
dernier semblant de vie*
(Extrait)

LE PROCÈS est un roman philosophique qui prend l’allure d’un conte, très noir, lourd et dérangeant. L’Histoire est celle de monsieur K, fondé de pouvoir dans une grande banque.  Un bon matin, monsieur K. est mis aux arrêts pour une raison obscure qui ne sera jamais définie. Notez qu’il n’est pas emprisonné. Il peut aller travailler mais la justice est en marche et le procès en cours. Pas de chef ni acte d’accusation. Le crime ne sera jamais précisé même s’il est déjà considéré coupable. K. fait de son mieux pour organiser sa défense mais il deviendra vite évident pour le lecteur que dès le moment où les agents l’arrêtent, K. perdra définitivement le contrôle de son destin.

Dans ce récit froid et tranchant, la justice est tournée en dérision. Même K. l’affronte avec quantité d’attitudes et de comportements absurdes. Tout le récit fait le procès. Et le procès n’est fait que de questions qui ne trouveront jamais de réponses. La défense de K. consiste à tenter d’excuser un acte non identifié qu’il ignore avoir commis. Ce n’est pas important. Il a simplement été désigné pour tomber dans les mailles de la justice. K. est perturbé. Il cherche des appuis mais ne trouve que froideur, indifférence, incompétence et vacuité. Un confident qui a l’expérience de la justice laisse même entendre à K. qu’aucun acquittement définitif n’est possible. K. sombre graduellement dans une solitude étouffante qui le pousse à lâcher prise.

Tout au long de la lecture de ce récit, j’ai été mal à l’aise. Pris d’une grande compassion pour K., je me suis surtout demandé où Kafka voulait en venir. Puis, j’ai fini par y voir une satire sociale, volontairement incohérente et qui pousse à la réflexion. Pour celle-ci, les éléments ne manquent pas. Le plus beau passage du récit à mon avis est celui où K., de passage dans une cathédrale qu’il faisait visiter à un de ces clients est interpelé par un prêtre qui lui raconte une fable susceptible de l’aider à comprendre sa situation et de préciser sa finalité. K. interprète les propos du prêtre froidement. Son cas est désespéré c’est tout. Là encore comme tous les autres personnages, le prêtre est obscur, imprécis, vague. Ce passage correspond d’ailleurs à LA PARABOLE DE LA LOI, actée dès le début du film d’Orson Welles.

UNE RÉFLEXION SUR LA SOCIÉTÉ ET LA LIBERTÉ

C’est un livre bizarre, dérangeant. Il nous questionne avec force sur le sens de la justice, la loi, la vérité et par la bande sur l’être humain et la société. J’y ai vu aussi une réflexion sur la solitude, la liberté. Est-ce que j’ai vraiment saisi tout ce que Kafka a essayé de faire passer dans son livre? Peut-être que oui, peut-être que non. On sait que LE PROCÈS n’était pas complété à la mort de Kafka. Il n’était même pas censé être publié. Mais on s’accorde à identifier l’esprit de Kafka au texte. Certains pensent même que ce texte aurait un petit caractère autobiographique.

Dans la lecture de ce livre, je me suis senti aux limites de l’onirisme me disant souvent c’est pas possible…c’est pas possible…c’est un cauchemar…impression confortée par une finale absolument dramatique, dérangeante…voire enrageante. Faut-il mourir pour lâcher prise? Partout dans le récit, l’absurde triomphe. J’ai compris qu’il ne faut pas chercher la logique dans cette histoire. Il faut simplement se questionner et chercher un sens ailleurs.

On ne peut pas vraiment juger ou critiquer un tel livre. Je me suis limité à mettre sur papier mon ressenti, gardant à l’esprit qu’il y aura autant d’interprétations que de lecteurs. Ce livre, qui ne devait même pas être publié je le rappelle, est devenu un grand classique incontournable de la littérature qui évoque beaucoup de tares dont la lourdeur, l’hypocrisie et l’avidité d’un système. Kafka voulait-il faire le procès de la justice elle-même.

À la fin du livre, je me suis senti démuni…mais je n’ai aucun regret.

Franz Kafka naît au sein d’une famille juive à Prague, alors sous la domination austro-hongroise le 3 juillet 1883. Son père, commerçant bourgeois autoritaire, lui inculque une éducation stricte. Il part faire ses études en Allemagne, où il sent naître en lui une passion pour la littérature. Il rédige le Procès, la Métamorphose (1915), une nouvelle fantastique, puis Lettre au père (1919). 

Atteint par la tuberculose, Kafka se sent à la merci d’un monde complexe et dangereux. Il cherche dans ses œuvres un moyen d’échapper à la domination et à la dépendance des autres. Il se décharge ainsi de ses angoisses profondes et représente souvent la cruauté du monde. Sa vie amoureuse se résume à un doute perpétuel et à des engagements jamais tenus. Il finit ses jours peu connu du public, le 3 juin 1924. Ses œuvres seront publiées à titre posthume et découvertes seulement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

LE PROCÈS au cinéma

Photo extraite du film LE PROCÈS sorti en 1962, réalisé et scénarisé par Orson Welles avec Anthony Perkins dans le rôle de Joseph K. On le voit ci-haut, plaider sa cause. Dans la distribution, on retrouve également Romy Schneider, Jeanne Moreau, Orson Welles et Elsa Martinelli.

Sur Franz Kafka, je vous propose un article fort intéressant capté sur France-Culture.

Pour explorer la bibliographie de Kafka, cliquez ici.

BONNE ÉCOUTE
Claude Lambert
Le dimanche 16 mai 2021

 

LE CHIEN DES BASKERVILLE d’Arthur Conan Doyle

*Barrymore fit un bond pour s’écarter de la fenêtre ;
un sifflement s’échappa de sa poitrine ; livide, tremblant,
il resta immobile devant nous. Ses yeux noirs qui, dans
le visage blanc, paraissaient encore plus noirs, allaient
de sir Henry à moi en exprimant autant d’horreur que de
surprise.*
(Extrait : LE CHIEN DES BASKERVILLE, Arthur Conan Doyle,
numérique, storylab éditions, 2014, 200 pages)

Une malédiction pèse sur les Baskerville, qui habitent le vieux manoir de leurs ancêtres, perdu au milieu d’une lande sauvage : quand un chien-démon, une bête immonde, gigantesque, surgit, c’est la mort. Le décès subit et tragique de Sir Charles Baskerville et les hurlements lugubres que l’on entend parfois venant du marais, le grand bourbier de Grimpen, accréditent la sinistre légende. Dès son arrivée à Londres, venant du Canada, Sir Henry Baskerville, seul héritier de Sir Charles, reçoit une lettre anonyme : « Si vous tenez à votre vie et à votre raison, éloignez-vous de la lande. » Malgré ces menaces, Sir Henry décide de se rendre à Baskerville Hall, accompagné de Sherlock Holmes et de son fidèle Watson.

Un célèbre cerbère
*Ce fut d’abord un murmure long, grave ; puis
un hurlement qui prit de l’ampleur avant de
retomber dans le gémissement maussade où
il s’éteignit. À nouveau il retentit, et tout l’air
résonna de ses pulsations : strident, sauvage…*
Extrait : LE CHIEN DES BASKERVILLE

LE CHIEN DE BASKERVILLE est un livre à part dans l’œuvre d’Arthur Conan Doyle…une petite escapade atypique comme ça s’est vu avec 10 PETITS NÈGRES d’Agatha Christie par exemple ou LA TOUR SOMBRE de Stephen King. D’abord le récit est plus long que les nouvelles habituelles de l’auteur, le texte est mieux travaillé et l’intrigue fait l’objet d’enquête d’une minutieuse attention. Le docteur Watson est plus présent, plus utile. Il fait corps avec Holmes qui lui, fait un peu moins office de maître un peu imbu comme j’ai pu l’observer dans l’ensemble de l’œuvre : *Je dois vous complimenter…pour le zèle et l’intelligence dont vous avez témoigné à propos d’une affaire extrêmement difficile*. (Extrait) Enfin, l’enquête qui est développée est beaucoup plus complexe, je dirais mystifiante. On a l’impression d’une petite touche de surnaturel. On était habitué à la légendaire réplique *élémentaire mon cher Watson* à quelques variantes près. Pas dans LE CHIEN DE BASKERVILLE où il n’y a rien de simple, encore moins d’élémentaire. 

Je ne m’étonne donc pas que LE CHIEN DE BASKERVILLE soit devenu dès sa parution au début du XXe siècle une des enquêtes les plus palpitantes et intrigantes de l’œuvre du Père Doyle…la mieux travaillée, la plus réussie. Et un détail qui m’a beaucoup plus, c’est qu’on a donné à Sherlock Holmes un peu plus d’humilité qu’à l’ordinaire, et surtout, du fil à retordre : *On ne peut pas toujours gagner, ni obtenir le succès qu’on espère, fit-il. Un enquêteur a besoin de faits, mais pas de bruits et de légendes. Cette affaire m’a déçu* (Extrait) Watson aussi, à qui on a beaucoup demandé dans cette aventure, était ébranlé par la complexité de l’affaire…un sentiment que l’auteur a le don de transmettre au lecteur… :

*- Ah ! Holmes, je suis heureux du fond de mon cœur que vous soyez ici ! Car vraiment ma responsabilité et le mystère devenaient trop lourds pour mes nerfs. * (Extrait) 

Avec une énigme aussi puissante, je ne suis pas surpris non plus que LE CHIEN DE BASKERVILLE ait été très largement adapté au cinéma, à la télévision et même à la radio. Près d’une trentaine d’adaptations dans différents pays et c’est sans compter les livre-jeux, les jeux vidéos, les bandes dessinées. Il y a même eu trois adaptations au théâtre. Tout ça fait de LE CHIEN DE BASKERVILLE l’œuvre la plus visitée et consultée de Conan-Doyle et probablement la plus adulée.

J’irai un peu plus loin…Rappelez-vous la prestation de Sean Connery dans le célèbre film LE NOM DE LA ROSE, adaptation de l’œuvre d’Umberto Eco. Connery jouait le rôle d’un ancien inquisiteur en visite dans une abbaye bénédictine pour enquêter sur une mort suspecte. Connery incarnait Guillaume de Baskerville. Ce nom est un clin d’œil d’umberto Eco à Sherlock Holmes et au roman d’Arthur Conan Doyle : LE CHIEN DE BASKERVILLE. 

Donc nous avons ici un très beau classique de la littérature policière, doté d’une écriture ferme, une puissante intrigue développée dans l’atmosphère embrumée, voire glauque de la lande anglaise. Pour moi c’est une trouvaille car Sir Charles de Baskerville est mort de peur apparemment à cause d’un chien sorti tout droit d’une malédiction ancestrale. Comment prouver que cette peur a été provoquée? Autrement dit, que Sir Charles a été assassiné et que Sir Henri court le même risque. Tout ça nous conduit à une finale fort bien imaginée tout à fait imprévisible et dans laquelle les spéculations surnaturelles prennent toutes leur sens. 

C’est un roman assez court, il se lit vite et bien. J’ai apprécié sa profondeur et le non-dit, c’est-à-dire l’atmosphère parfois épaisse qui se dégage de la lande, un endroit définitivement peu recommandable. J’ai aussi apprécié bien sûr l’intelligence de la machination et l’intensité des principaux personnages. Je vous recommande ce livre avec plaisir et je vous invite aussi à essayer au moins une adaptation cinématographique. Voyez ma suggestion ci-bas.

Il y a eu plusieurs adaptations du célèbre roman de Connan-Doyle.

Mon adaptation préférée du livre est de loin la version britannique réalisée en 1950 par Terence Fisher. C’était la première adaptation cinématographique en couleur du roman éponyme de Sir Arhur Conan Doyle publié en 1901. Je l’ai préférée à cause de l’atmosphère particulière du film rendue par Fisher et pour l’excellence de deux des meilleurs acteurs de films d’épouvante : Peter Cushing dans le rôle de Sherlock Holmes et Christopher Lee dans le rôle de Sir Henry Baskerville. André Morell incarne le docteur Watson.

Ce film fut l’une des grandes heures de gloire des studios de la Hammer. En haut, Holmes avec son fidèle Watson. En bas, Sir Henry Baskerville et Sherlock Holmes, incarné par deux icônes du cinéma : Peter Cushing et Christopher Lee.

Pour tout savoir sur l’auteur Arthur Conan Doyle,

cliquez ici.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 25 avril 2021

LA PESTE le grand classique d’Albert Camus

 

D’ALBERT CAMUS
Le roman raconte sous forme de chronique la vie quotidienne des habitants pendant une épidémie de peste qui frappe la ville d’Oran et la coupe du monde extérieur.

UN CLASSIQUE INCROYABLEMENT ACTUEL                                 

*…leur première réaction par exemple, fut d’incriminer l’administration. La réponse du préfet, en présence des critiques dont la presse se faisait écho, -ne pourrait-on envisager un assouplissement des mesures envisagées- fut assez imprévue* (Extrait, LA PESTE, Albert Camus, publié à l’origine par Gallimard en 1947, par la suite, le roman a été réédité une impressionnante quantité de fois jusqu’en mars 2020 où il fut réédité par l’éditeur d’origine, Gallimard. Ces incessantes réimpressions firent de ce roman un des plus grands succès éditoriaux de l’histoire littéraire. J’ai personnellement choisi la version audio de l’œuvre.)

Au moment d’écrire mon article, la pandémie COVID 19 sévit sur toute la terre depuis plus d’un an. Ce fléau a eu et a toujours de nombreux effets sur l’humanité. Changera-t-il sa face ? C’est un autre débat. Mais un des effets culturels de ce désastre fut la réactualisation d’un ouvrage classique qui a conservé toute sa vigueur littéraire : LA PESTE écrit en 1947 par Albert Camus, un roman philosophique. Camus raconte comment s’est répandu et vécue une épidémie de peste déclarée à Oran, une ville d’Algérie française en 1945. Une épidémie modérée car limitée à la grande région d’Oran qui s’est rapidement déclarée dans ce qu’on appelle de nos jours *zone rouge*. Aussi, l’épidémie n’a jamais atteint le stade de pandémie. Je note aussi que ce livre figurait dans les projets d’écriture de Camus bien avant que l’épidémie ne se déclare à Oran. Si je me réfère aux carnets autobiographiques de l’auteur, il y réfléchissait même depuis 1941. Cela fait de son livre une fiction et non un roman historique mais consacre à l’auteur une qualité de visionnaire avec ce livre qui présente d’étonnants parallèles avec la pandémie du COVID. Mais attention. Il y a aussi d’importantes exceptions.

Voyons d’abord les exceptions et différences qui brisent le lien avec la situation actuelle du COVID. D’abord, la peste est une maladie infectieuse morbide, mortelle presque à 100% dans le cas de la peste pulmonaire, et hautement contagieuse. Donc, beaucoup plus dramatique que le COVID. Mais surtout, dans le livre de Camus, si les morts s’empilent, la vie communautaire semble continuer comme si de rien n’était : cinéma, restaurant, shoping, rencontres de groupe, allées et venues dans tous les sens…dans ce récit, la notion de confinement n’existe pas ou tout au moins celle de distanciation sociale. Je ne comprends pas ce choix de l’auteur car même dans les années 40, pour une maladie aussi contagieuse, il allait de soi d’imposer un confinement ou au moins de le recommander fortement.

Pour le reste, tous les liens sont là : mesures sociales, isolation régionale, hésitations des autorités, retards administratifs, incohérences, épuisement dans les milieux de la santé, l’engagement, l’altruisme, etc. Les analogies avec la pandémie du coronavirus sont telles que les ventes du roman ont augmenté considérablement depuis un an.

En dehors des liens avec la pandémie du COVID des années 2020 et si je tiens compte des éléments contextuels de l’époque, le livre de Camus m’a accroché et m’a ému. Le livre est d’abord axé sur la gestion des évènements mais dans sa deuxième moitié, le récit prend une tournure plus philosophique avec des réflexions sur le sens de la vie et les profondes préoccupations individuelles et sociétales. L’écriture devient quelque peu ambivalente, floue et pourtant limpide si je fais référence à la description qu’Albert Camus fait de la misère humaine. Il y a autant de personnages que de perceptions de la morale, mon préféré étant le bon docteur Rieux qui les dépasse tous par l’altruisme, le don de soi et l’abnégation. Il est le pilier de cette histoire s’il n’en est le héros. Pardonnez l’expression, mais c’est un livre qui m’a brassé. Je l’ai trouvé humaniste et j’ai été touché par le réquisitoire d’Albert Camus contre l’indifférence. Il a combattu l’indifférence comme Voltaire a combattu l’intolérance. L’ouvrage va plus loin je crois que l’auteur ne l’avait prévu dans sa réflexion. Il pousse à une profonde introspection. Un ouvrage frappant par les vérités qu’il véhicule. À lire absolument.

Avec L’HOMME RÉVOLTÉ et LES JUSTES, LA PESTE fait partie du CYCLE DE LA RÉVOLTE, œuvre majeure d’ALBERT CAMUS (1913-1960)

(Une scène m’a particulièrement attristé dans LA PESTE :
l’agonie d’un enfant. Le passage le plus douloureux de
l’œuvre. Ce qui explique je crois, cette citation de Camus.)

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 28 mars 2021

La guerre des mondes version audio

LA GUERRE DES MONDES version audio

De HERBERT G. WELLS

Commentaire sur le livre audio lu par
BERNARD PETIT

*La façon dont les martiens peuvent si rapidement
et silencieusement donner la mort est encore un
sujet d’étonnement…cette nuit-là sous les étoiles,
près de quarante personnes gisaient autour du
trou, carbonisées, défigurées, méconnaissables…*
(Extrait, LA GUERRE DES MONDES, Herbert G. Wells,
version audio, narration : Bernard Petit, éditions Le Livre
qui parle, 2017,  durée d’écoute : 6 heures 36 minutes)

Londres, les Martiens débarquent. Afin de préserver leur espèce, ils envahissent la Terre et sèment terreur et désolation. Le roman décrit l’aventure du point de vue d’un seul personnage qui seul (ou presque) tente de rejoindre sa femme. Entre temps, partout sur la terre c’est la panique et la désorganisation totale. Tous les efforts des armées et des scientifiques pour contrer l’envahisseur sont vains jusqu’à ce qu’un allié imprévu donne un vibrant espoir à l’humanité.

UN BARYTON
POUR LE GRAND CLASSIQUE DE LA SF
*«…car je me rendais clairement compte que
les environs de Londres allaient être
inévitablement le théâtre d’une lutte
désastreuse avant que de pareilles
créatures puissent être détruites…*

Après avoir lu le livre, regarder les films et maintenant après avoir écouté LA GUERRE DES MONDES grâce à Bernard Petit, je demeure convaincu que LA GUERRE DES MONDES de H.G. WELLS demeure un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature de science-fiction et principal précurseur de la science-fiction moderne tout au moins dans le développement d’un thème privilégié par le 7e art : les extra-terrestres et les ovnis. Pour parler de l’histoire, je vous invite à lire le commentaire que j’ai publié sur ce site en avril 2016. Allez-y sans crainte, l’œuvre de H.G. Wells n’a pas vieilli d’une ride. Vous y trouverez mon commentaire, quelques photos des films, LA GUERRE DES MONDES AU CINÉMA et pour terminer, une belle frousse provoquée par Orson Wells sur le thème de la guerre des mondes. Intéressé? Cliquez ici.

En ce qui concerne la présentation, j’ai eu plaisir à renouer avec la voix de Bernard Petit que j’ai déjà entendue dans nombre de films institutionnels et documentaires dont LES DERNIERS JOURS DE L’URSS. Sa voix de baryton force l’attention de l’auditeur spécialement parce qu’elle est riche d’intonations parfaitement liées au contexte. Ce genre de défi, quand il est bien relevé contribue souvent l’auditeur à aller au-delà de la voix, je parle d’apprécier l’œuvre dans son ensemble. Comme j’ai déjà vu les versions cinématographiques, j’ai laissé, avec un indescriptible plaisir, Bernard Petit, créer dans mon esprit, des images liées en particulier au film LA GUERRE DES MONDES réalisé en 2005 par Steven Spielberg avec Tom Cruise. Ici, Bernard Petit décrit les tripodes géants avec une conviction qui force l’admiration.

J’aime à croire que j’aurais eu le même plaisir si un film n’était pas lié au livre. Je n’ai pas eu encore le plaisir d’écouter un livre complètement indépendant du 7e art. Je ne manquerai pas d’en faire l’expérience. Film ou pas, un bon narrateur est capable de créer l’image suggérée par le texte dans l’esprit de l’auditeur. La qualité première de Bernard Petit est d’exploiter la totalité de sa voix passant du chuchotement de l’intimité au cri rauque et glacial de la peur et de l’horreur. Cette voix est en mesure de faire passer l’auditeur par toute une gamme d’émotions. Je me demandais si j’allais pouvoir vivre le petit frisson que j’ai parfois dans le dos en lisant. Mission accomplie…ça ne pouvait faire autrement.

Excellente présentation générale bien soignée par *le livre qui parle*. On ne pouvait trouver mieux comme nom d’édition d’un livre audio.

Narrateur professionnel, Bernard Petit séduit par son timbre de voix chaud et profond qu’il a la capacité de nuancer par rapport aux textes qui lui sont soumis. C’est un comédien reconverti dans la voix off. Il a prêté sa voix à de nombreuses réalisations audio-visuelles, livres audio et contes, documentaires sur chaînes généralistes et thématiques, films institutionnels, multimédias, jeux vidéo, audio-guides, bornes de musées, lectures publiques. Bernard Petit est aussi siffleur un talent qu’il utilise surtout en publicité.

Herbert George Wells (1866-1946)

Pour en savoir plus sur LA GUERRE DES MONDES et H.G. Wells, le livre et les adaptations, lisez mon commentaire sur jailu… Cliquez ici.

BONNE ÉCOUTE
Claude Lambert
le samedi 13 février 2021

 

Les aventures de Tom Sawyer

LES AVENTURES DE TOM SAWYER

Commentaire sur le livre  de
MARK TWAIN

*Il avait le visage décomposé et ses yeux exprimaient
l’épouvante. Lorsqu’il se trouva en présence du
cadavre, il se mit à trembler et, se prenant la tête à
deux mains, éclata en sanglots. «Ce n’est pas moi qui
ai fait cela, mes amis, dit-il entre deux hoquets. Je
vous le jure sur ce que j’ai de plus cher, ce n’est pas
moi.*
(Extrait : LES AVENTURES DE TOM SAWYER, Mark Twain,
Culture commune 2012 réed. Tëte de Gondole, numérique
225 pages num.)

Tom Sawyer est orphelin et vit chez sa tante Polly sur le bord du Mississippi. Pas toujours très sage, il entraîne son meilleur ami Huckleberry Finn (Huck) à faire l’école buissonnière. Les deux garçons découvrent les joies de la liberté. Ils se construisent une vie idéale de jeux, de baignades, de pêche, et empruntent des chemins inconnus qui les font voyager. Tom tombe amoureux de Becky Thatcher et tente de la séduire par tous les moyens sous le regard jaloux de Huck. Ils jouent aux pirates, s’identifient à des personnages de roman et assistent malheureusement à un meurtre commis par nul autre que Joe le balafré.

UN FLEURON DE LA LITTÉRATURE AMÉRICAINE
*tu sais, on peut se fier à Tom. Il a dit
qu’
il reviendrait. Il ne nous
abandonnera pas. Ce serait
d
éshonorant pour un pirate et il est
trop fier pour faire une chose comme
celle-l
à. Quand il nous a quittés, il
avait sûrement un plan en tête*
(Extrait : LES AVENTURES DE TOM SAWYER)

Il y a quelques années, j’ai pu rigoler un bon coup en visionnant LES AVENTURES DE TOM SAWYER. Je n’avais pas lu le livre. Ce n’est que tout récemment, en consultant les nouveautés sorties sur support numérique que je me suis décidé à lire ce petit chef d’œuvre, un grand classique de la littérature jeunesse du XIXe siècle qui a conservé toute son actualité jusqu’à aujourd’hui car le récit évoque des thèmes qui ont toujours été chers à la jeunesse : l’amitié, l’amour naissant, la débrouillardise, l’imagination et surtout la liberté avec un grand L. La liberté est un des thèmes les plus importants aux yeux de l’ensemble de l’humanité, malheureusement, historiquement, ce fut un des droits les plus malmenés. J’ajoute à cela qu’en lisant cette merveilleuse aventure, j’ai été fasciné par la capacité des jeunes de s’occuper avec à peu près rien…ce qui est impensable de nos jours.

Le récit est fortement autobiographique. En effet, Twain s’est inspiré de son enfance, de sa famille et surtout de quelques amis en particulier ou *combinaisons d’amis*, Tom Sawyer, jeune orphelin gardé par sa tante Poly, un gentil chenapan sympathique qui a plus d’un tour dans son sac pour tromper la vigilance de sa tante. Et il y a bien sûr Huckleberry Finn dont le père est alcoolique et toujours absent. Il vit dans un tonneau, s’habille en guenille et fume la pipe. Mais qu’à cela ne tienne, il est libre et heureux. C’est un personnage énergique, sympathique, un peu naïf, un grand ami de Tom, car sur la vie, ils partagent les mêmes sentiments. Il y a aussi quelques personnages un peu plus en retrait, Joe Harper et Becky Thatcher, une jolie fille nouvellement arrivée. Becky et Tom sont loin d’être indifférents un pour l’autre. Ils deviendront troglodytes pendant quelques jours et passeront par une kyrielle de sentiments.

Le fil conducteur de ce récit est en trois volets le principal étant que Tom rencontre Becky dont il tombe amoureux. Il y a bien sûr le volet familial : les relations de Tom avec sa tante poly, son frère Sid et sa sœur Mary. Quant à l’intrigue, elle tourne autour de Joe l’Indien un personnage sinistre qui inspire la peur et qui est impliqué dans un meurtre dont Tom a été témoin. L’écriture est d’une grande simplicité. L’histoire est fort bien développée et comprend de nombreux passages intrigants et ingénieux. Le récit étant surtout axé sur l’action, la psychologie des personnages n’était pas une priorité pour Twain mais qu’à cela ne tienne, au fil des pages, on développe l’impression qu’on connait Tom et Huck depuis toujours et on a envie de s’en faire des amis. Comme lecteur, j’avais l’impression de faire les cent coups avec eux.

On dit de ce livre que c’est un roman jeunesse parce que, sans doute, les adolescents de toutes les époques se reconnaissent dans les tribulations de Tom Sawyer. Mais dans les faits ce livre a été écrit pour tout le monde en plus d’être actuel dans toutes les époques depuis sa première publication en 1876. J’ai adoré ce livre. J’ai juste trouvé dommage d’avoir un peu trop attendu pour le lire. J’ai pu faire des liens pas mal intéressants avec la télésérie, une excellente adaptation et surtout, comme je le dis au début de cet article, j’ai rigolé. L’humour est présent partout ce qui est une recette gagnante, je crois, pour inciter les jeunes à la lecture.

LES AVENTURES DE TOM SAWYER demeure pour moi un superbe classique qui met en valeur la liberté bien sûr et le fait que cette liberté s’acquiert, se mérite. Mais le récit pointe aussi du doigt le courage et l’audace car j’ai beaucoup aimé le petit caractère rebelle prêté aux deux principaux personnages. Ça ne les rend que plus attachants encore. Donc à découvrir ou redécouvrir absolument : LES AVENTURES DE TOM SAWYER.

Samuel Langhorne Clemens (1835-1910) est un auteur américain natif de la Floride. Devenu très jeune orphelin de père, il abandonne ses études et rejoint en 1850 le journal fondé par son frère et y rédige ses premiers articles. Il devient reporter et voyage beaucoup en Europe. Ses voyages l’inspireront entre autres pour son premier roman LE VOYAGE DES INNOCENTS publié en 1869. Mais c’est surtout son roman LES AVENTURES DE TOM SAWYER qui lui vaudra la notoriété dès 1876. Clemens est parvenu à décrire la société américaine d’une façon très novatrice pour l’époque.

POURQUOI MARK TWAIN COMME PSEUDO?
Alors qu’il embarque sur le Mississipi pour rejoindre la Nouvelle Orléans en 1850, Clemens rencontre un capitaine de bateau à vapeur nommé Horace E. Bixby, lequel parvient à le convaincre de travailler pour lui. De cette rencontre naîtra son pseudonyme : lorsqu’il vérifie la profondeur du fleuve, le capitaine lui crie «MARK TWAIN» : des mots de jargon pour signaler que la profondeur est suffisante.

 Mon adaptation préférée à la télé :

Rolland Demongeot  incarne Tom Sawyer et Marc Di Napoli joue le rôle de Huckleberry Finn dans cette série télé sortie en 1969, très fidèle au livre. La série a été réalisée par Mihai Iacob et Wolfgang Libeneiner. La série a marqué toute une génération.

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 30 janvier 2021

24 histoires d’avent Noël

24 HISTOIRES D’AVENT NOËL
Version audio

Commentaire sur le livre de
ERIK BJORK

Les titres

  • Le Noël de Jimmy l’épouvantail (Mary Wilkins Freeman) ;
  • La fée de Noël de Strasbourg (Joseph Stirling Coyne) ;
  • Le Noël de Lapinou (Lyman Frank Baum) ;
  • Noël tous les jours (William Dean Howells) ;
  • La petite fille aux allumettes (Hans Christian Andersen) ;
  • Quand Johnny Grillon vit le Père Noël (Johnny Gruelle) ;
  • Joyeux Noël, Père Fouettard ! (Erik Bjork) ;
  • Le sapin (Hans Christian Andersen) ;
  • Le bonhomme de neige (Hans Christian Andersen) ;
  • L’enlèvement du Père Noël (Lyman Frank Baum) ;
  • La lettre au Père Noël ;
  • Le Noël de Paulina (Anna Robinson) ;
  • Le voyage de Lilli au pays du Père Noël (Ellis Towne, Sophie May et Ella Farman) ;
  • Le moulin magique (Mary Howitt) ;
  • Le Noël des poupées ;
  • Toinette et les elfes (Susan Coolidge) ;
  • Le Noël de la petite fille (W. E. Lincoln) ;
  • Le Père Noël n’oublie pas ;
  • Gretchen et la chaussure en bois (Elisabeth Harrison) ;
  • Le cadeau de Noël de Boréas (W. J. Hays) ;
  • Joël et le Père Noël (Eugene Field) ;
  • Les sabots du Petit Wolff (François Coppée) ;
  • L’incroyable aventure de Chatouille et Pistou (Erik Bjork) ;
  • Ce que le père Noël dit aux jouets (Abbie Phillips Walker).

(FILEOS éditeur, 2015, Durée d’écoute : 5 heures 2 minutes. Narrateurs : Eric Bjork, et Anouck Montreuil.)

NOËL TOUS LES JOURS
*-Est-ce que le Père Noël a apporté un cadeau
à l’épouvantail ? -Bien sûr que non ! …
Je te souhaite un Joyeux Noël dit-elle à
Jimmy l’Épouvantail
(Extrait de LE NOËL DE
JIMMY L’ÉPOUVANTAIL)

Voici une petite merveille sonore qui accompagnera les enfants dans les jours précédant Noël. L’œuvre comprend 24 contes et histoires, soit un pour chaque jour de décembre avant Noël. Un calendrier sonore de l’avent pour les tout-petits. Durée moyenne: treize minutes. Chaque histoire est enrichie d’effets sonores, de musique, de voix d’enfants. La narration d’Eric Bjork et Anouk Montreuil est un bijou de chaleur et d’émotions avec un registre vocal tout en nuance qui est de nature à cultiver chez l’enfant le sens de l’émerveillement. Les contes m’ont rappelé évidemment les souvenirs de mon enfance, je pense à UN NOËL TOUS LES JOURS de Howell.

J’ai renoué avec ce bon vieux Père fouettard que j’imaginais sombre, barbu avec des cheveux hirsutes et sur lequel j’entendais beaucoup d’histoires qui ne plaisaient pas aux enfants qui n’étaient pas gentils. On retrouve dans la collection quelques classiques d’Andersen. Je ne suis pas sûr que les enfants apprécieront LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES, mais ce serait l’exception. C’est bien fait, léger, chaleureux et je le rappelle encore une fois, c’est une occasion en or d’introduire les enfants à la littérature, une occasion de se rapprocher des enfants, de leur donner du temps car idéalement, les parents doivent accompagner les enfants dans cette démarche de découverte et je ne m’en cache pas, ça m’a permis de retomber en enfance pendant un moment. Une expérience sonore des plus agréable.

Rien d’intéressant en photo ni en propos concernant l’auteur et narrateur Erik Bjork. Par contre, j’ai pu apprendre sur Anouk Montreuil que c’est une véritable femme orchestre, avant tout comédienne et dont la voix est spécialement largement utilisée : Livres audios, dessins animés, publicité, documentaires, doublages, applications-jeux, vidéos, internet, jingles, présentations, etc. Ses capacités vocales lui permettent de doubler aisément tous les âges de la vie : entant, adolescent, jeune adulte, troisième âge et aîné.

Bonne écoute
Claude Lambert
Le dimanche 29 novembre 2020

Les aventures de Tom Sawyer, le livre de MARK TWAIN

*Mais Tom savait désormais de quel côté soufflait le vent et se mit en mesure de résister à une nouvelle attaque en prenant l’offensive. * (Extrait : LES AVENTURES DE TOM SAWYER, Mark Twain. Éd. Originale, 1876, réédition, 2008, Livre de Poche jeunesse, 400 pages. Version audio, Audible studio éditeur, 2014, narratrice : Mathilde Desgardin-Lamarre, durée d’écoute : 7 heures 31)

Ce livre, best-seller, décrit les frasques et mésaventures de Tom Sawyer, jeune garçon à l’esprit vif et débordant d’imagination, élevé par sa tante Polly, au bord du Mississipi. Tom ne loupe pas une occasion de se distinguer pour plaire à la jolie Becky, et il est toujours prêt pour vivre des aventures en compagnie de son inséparable ami Huckleberry Finn, fils de l’ivrogne du village.
Un soir dans un cimetière, Tom et Huck sont témoins d’un meurtre. Muff Potter est accusé du crime, mais Tom et Huck savent que le véritable assassin est Joe l’Indien… et justement ils en savent trop. Ils auront besoin de toute la force de leur amitié.

UN SYMPATHIQUE PETIT DIABLE
*Les garçons s’allongèrent à plat ventre sur le
plancher, l’œil collé à une fissure. Ils grelottaient
de peur…-Oh mon Dieu…je voudrais bien être
ailleurs ! *
(Extrait)

C’est avec plaisir que j’ai redécouvert LES AVENTURES DE TOM SAWYER, le classique best-seller de Mark Twain. J’avais lu le livre en 2017. Cette fois, j’ai utilisé le support audio et encore une fois, je me suis régalé en constatant à quel point le livre a gardé toute son actualité.

C’est d’ailleurs un des livres jeunesse les plus adulés de l’histoire de la littérature parce que le jeune lectorat se reconnait dans les personnalités de Tom et Huckleberry et le récit évoque des thèmes qui ont toujours été chers à la jeunesse : la débrouillardise, l’amitié, la liberté et l’amour émergent.

Voici donc l’histoire de Tom Sawyer, un jeune turbulent sympathique et ombrageux qui est gardé par sa tante Poly et de Hucklebbery Finn, gamin énergique, attachant, un peu naïf, vit dans un tonneau, s’habille en guenille et fume la pipe. Des jeunes vies vont basculer suite à l’arrivée dans le village de Becky Thatcher, un beau brin de fille et plus tard, Tom sera témoin d’un meurtre, ce qui va secouer l’ensemble du village, peu habitué à ce genre d’éclat.

L’histoire est fort bien développée et comprend de nombreux passages intrigants et ingénieux. Le récit étant surtout axé sur l’action, la psychologie des personnages n’était pas une priorité pour Twain mais qu’à cela ne tienne, au fil des pages, on développe l’impression qu’on connait Tom et Huck depuis toujours et on a envie de s’en faire des amis. Comme auditeur, j’avais l’impression de faire les cent coups avec eux.

La narration de Mathilde Desgardin-Lamarre est intéressante quoique peut-être un peu trop déclamée. Je dois admettre toutefois que la voix qu’elle prête à Tom Sawyer est non seulement très réussie mais presque identique à celle de la version française de la télé série éponyme. Ayant visionné presque toute la série, je me sentais en pays de connaissance.

LES AVENTURES DE TOM SAWYER demeure pour moi un superbe classique qui met en valeur la liberté bien sûr et le fait que cette liberté s’acquiert, se mérite. Mais le récit pointe aussi du doigt le courage et l’audace car j’ai beaucoup aimé le petit caractère rebelle prêté aux deux principaux personnages, Tom en particulier.

Quant à Huckleberry, affectueusement appelé Hucky, j’ai trouvé ce personnage particulièrement sympathique et attachant. Je me suis surpris à le préférer à Tom. Peut-être ne suis-je pas le seul puisqu’un livre éponyme a été consacré à Huckleberry Finn. Je dois vous avertir toutefois qu’il est autrement plus dramatique que LES AVENTURES DE TOM SAWYER.

Un dernier détail intéressant, le récit est fortement autobiographique. En effet, Twain s’est inspiré de son enfance, de sa famille et surtout de quelques amis en particulier ou *combinaison d’amis* : *Huck Finn est un personnage réel. Tom Sawyer également mais lui est un mélange de trois garçons que j’ai bien connus. Il est en quelque sorte le résultat d’un travail d’architecte. *  Je vous recommande chaleureusement l’écoute de LES AVENTURES DE TOM SAWYER

ADAPTATION À LA TÉLÉ

Plusieurs adaptations des AVENTURES DE TOM SAWYER ont été réalisées, la principale étant la série française-allemande-roumaine réalisée en 1968 par Wolfgang Libeneiner et Mihai Iacob. La photo ci-contre est extraite de cette série télévisée. Rolland Demongeot (à gauche et Marc Di Napoli incarnent respectivement Tom Sawyer et Huckleberry Finn. Outre cette série qui a marqué toute une génération, une série de bandes dessinées est parue à partir de 2007 et un jeu vidéo a été édité en 1989 par Nintendo. Notons qu’une série télé a été consacrée à Huckleberry Finn en 1968-69. Le jeune héro était incarné par Michael Shea.

Mark Twain (1835 – 1910), dont le véritable nom est Samuel Langhorne Clemens, est né dans le Missouri. Orphelin de père à l’âge de douze ans, il exerce plusieurs métiers : typographe, rédacteur dans un journal, pilote de bateau à vapeur sur le Mississipi. Ne voulant pas se battre au côté des sudistes pour le maintien de l’esclavage, il s’enfuit vers les montagnes du Nevada et devient chercheur d’or. A partir de 1864, il exerce l’activité de reporter à San Francisco et se déplace en Europe en tant que correspondant de presse. Romancier, humoriste et essayiste, il décrira avec réalisme et sévérité la société américaine. Voir bibliographie.

Bonne écoute
Claude Lambert
Le samedi 17 octobre 2020

Les aventures de Tom Sawyer, de MARK TWAIN

*Il avait le visage décomposé et ses yeux exprimaient
l’épouvante. Lorsqu’il se trouva en présence du
cadavre, il se mit à trembler et, se prenant la tête à
deux mains, éclata en sanglots. «Ce n’est pas moi qui
ai fait cela, mes amis, dit-il entre deux hoquets. Je
vous le jure sur ce que j’ai de plus cher, ce n’est pas
moi.*
(Extrait : LES AVENTURES DE TOM SAWYER, Mark Twain,
Culture commune 2012 réed. Tête de Gondole, numérique
225 pages num.)

Tom Sawyer est orphelin et vit chez sa tante Polly sur le bord du Mississippi. Pas toujours très sage, il entraîne son meilleur ami Huckleberry Finn (Huck) à faire l’école buissonnière. Les deux garçons découvrent les joies de la liberté. Ils se construisent une vie idéale de jeux, de baignades, de pêche, et empruntent des chemins inconnus qui les font voyager. Tom tombe amoureux de Becky Thatcher et tente de la séduire par tous les moyens sous le regard jaloux de Huck. Ils jouent aux pirates, s’identifient à des personnages de roman et assistent malheureusement à un meurtre commis par nul autre que Joe le balafré.

UN FLEURON DE LA LITTÉRATURE AMÉRICAINE
*tu sais, on peut se fier à Tom. Il a dit
qu’
il reviendrait. Il ne nous
abandonnera pas. Ce serait
d
éshonorant pour un pirate et il est
trop fier pour faire une chose comme
celle-l
à. Quand il nous a quitté, il
avait sûrement un plan en tête*
(Extrait : LES AVENTURES DE TOM SAWYER)

 Il y a quelques années, j’ai pu rigoler un bon coup en visionnant LES AVENTURES DE TOM SAWYER. Je n’avais pas lu le livre. Ce n’est que tout récemment, en consultant les nouveautés sorties sur support numérique que je me suis décidé à lire ce petit chef d’œuvre, un grand classique de la littérature jeunesse du XIXe siècle qui a conservé toute son actualité jusqu’à aujourd’hui car le récit évoque des thèmes qui ont toujours été chers à la jeunesse : l’amitié, l’amour naissant, la débrouillardise, l’imagination et surtout la liberté avec un grand L.

La liberté est un des thèmes les plus importants aux yeux de l’ensemble de l’humanité, malheureusement, historiquement, ce fut un des droits les plus malmenés. J’ajoute à cela qu’en lisant cette merveilleuse aventure, j’ai été fasciné par la capacité des jeunes de s’occuper avec à peu près rien…ce qui est impensable de nos jours.

Le récit est fortement autobiographique. En effet, Twain s’est inspiré de son enfance, de sa famille et surtout de quelques amis en particulier ou *combinaisons d’amis*, Tom Sawyer, jeune orphelin gardé par sa tante Poly, un gentil chenapan sympathique qui a plus d’un tour dans son sac pour tromper la vigilance de sa tante. Et il y a bien sûr Huckleberry Finn dont le père est alcoolique et toujours absent. Il vit dans un tonneau, s’habille en guenille et fume la pipe.

Mais qu’à cela ne tienne, il est libre et heureux. C’est un personnage énergique, sympathique, un peu naïf, un grand ami de Tom, car sur la vie, ils partagent les mêmes sentiments. Il y a aussi quelques personnages un peu plus en retrait, Joe Harper et Becky Thatcher, une jolie fille nouvellement arrivée. Becky et Tom sont loin d’être indifférents un pour l’autre. Ils deviendront troglodytes pendant quelques jours et passeront par une kyrielle de sentiments.

Le fil conducteur de ce récit est en trois volets le principal étant que Tom rencontre Becky dont il tombe amoureux. Il y a bien sûr le volet familial : les relations de Tom avec sa tante poly, son frère Sid et sa sœur Mary. Quant à l’intrigue, elle tourne autour de Joe l’Indien un personnage sinistre qui inspire la peur et qui est impliqué dans un meurtre dont Tom a été témoin. L’écriture est d’une grande simplicité.

L’histoire est fort bien développée et comprend de nombreux passages intrigants et ingénieux. Le récit étant surtout axé sur l’action, la psychologie des personnages n’était pas une priorité pour Twain mais qu’à cela ne tienne, au fil des pages, on développe l’impression qu’on connait Tom et Huck depuis toujours et on a envie de s’en faire des amis. Comme lecteur, j’avais l’impression de faire les cent coups avec eux.

On dit de ce livre que c’est un roman jeunesse parce que, sans doute, les adolescents de toutes les époques se reconnaissent dans les tribulations de Tom Sawyer. Mais dans les faits, ce livre a été écrit pour tout le monde en plus d’être actuel dans toutes les époques depuis sa première publication en 1876. J’ai adoré ce livre. J’ai juste trouvé dommage d’avoir un peu trop attendu pour le lire. J’ai pu faire des liens pas mal intéressants avec la télésérie, une excellente adaptation et surtout, comme je le dis au début de cet article, j’ai rigolé. L’humour est présent partout ce qui est une recette gagnante, je crois, pour inciter les jeunes à la lecture.

LES AVENTURES DE TOM SAWYER demeure pour moi un superbe classique qui met en valeur la liberté bien sûr et le fait que cette liberté s’acquiert, se mérite. Mais le récit pointe aussi du doigt le courage et l’audace car j’ai beaucoup aimé le petit caractère rebelle prêté aux deux principaux personnages. Ça ne les rend que plus attachants encore. Donc à découvrir ou redécouvrir absolument : LES AVENTURES DE TOM SAWYER.

Samuel Langhorne Clemens (1835-1910) est un auteur américain natif de la Floride. Devenu très jeune orphelin de père, il abandonne ses études et rejoint en 1850 le journal fondé par son frère et y rédige ses premiers articles. Il devient reporter et voyage beaucoup en Europe. Ses voyages l’inspireront entre autres pour son premier roman LE VOYAGE DES INNOCENTS publié en 1869. Mais c’est surtout son roman LES AVENTURES DE TOM SAWYER qui lui vaudra la notoriété dès 1876. Clemens est parvenu à décrire la société américaine d’une façon très novatrice pour l’époque.

POURQUOI MARK TWAIN COMME PSEUDO?
Alors qu’il embarque sur le Mississipi pour rejoindre la Nouvelle Orléans en 1850, Clemens rencontre un capitaine de bateau à vapeur nommé Horace E. Bixby, lequel parvient à le convaincre de travailler pour lui. De cette rencontre naîtra son pseudonyme : lorsqu’il vérifie la profondeur du fleuve, le capitaine lui crie «MARK TWAIN» : des mots de jargon pour signaler que la profondeur est suffisante.

 MON ADAPTATION PRÉFÉRÉE À LA TÉLÉ :

Rolland Demongeot (à gauche) incarne Tom Sawyer et Marc Di Napoli joue le rôle de Huckleberry Finn dans cette série télé sortie en 1969, très fidèle au livre. La série a été réalisée par Mihai Iacob et Wolfgang Libeneiner. La série fut très populaire et a marqué toute une génération.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le samedi 15 août 2020