LES COUREURS DE LA FIN DU MONDE, ADRIEN J. WALKER

*Nous avions été réveillés en sursaut quatre semaines
auparavant, par un vacarme assourdissant et avions
passé tout notre temps, depuis, sous la terre. Pas de
télévision, pas de radio, pas d’internet, pas de
journaux. Nous n’avions pas la moindre idée de ce
qui était arrivé au monde.
(Extrait : LES COUREURS DE LA FIN DU MONDE, Adrian J Walker,
T.F. : Hugo et compagnie, 2016, collection Hugo thriller, édition
de papier, 560 pages)

À 35 ans, Edgar Hill est un père et un mari absent. C’est un homme éteint. Une chaîne d’évènements va changer sa vie. Séparé de sa femme et de ses enfants par plus de 800 kilomètres. Edgar n’a qu’une option pour les rejoindre : courir. Courir jusqu’à l’épuisement, dépasser ses limites…se battre contre lui-même et pas seulement…de graves dangers le guettent tout au long de sa traversée d’un Royaume-Uni dévasté par une catastrophe. Ce qu’il sait dans l’immédiat, c’est que s’il n’arrive pas à temps, il perdra sa famille. Sa décision est prise. Edgar va courir… courir dans un paysage de fin du monde, à travers les vestiges calcinés de son pays détruit par une frappe foudroyante et la folie qui s’ensuit… courir dans un paysage de désolation et de mort… courir pour ne pas mourir lui-même… courir après une lumière : retrouver sa femme et ses enfants… courir aussi vite qu’il le peut. Est-ce que ça suffira ?

SURVIVRE=COURIR
*«Deux balles, deux têtes, a repris Bryce, fixant le viseur
de son fusil. Bam. Bam. Bonne nuit… -super idée, ai-je
répondu. Tues-en deux, comme ça les autres sauront
où on est. Vas-y , on verra jusqu’où on pourra aller
avant qu’ils nous rattrapent.>
(Extrait : LES COUREURS DE LA FIN DU MONDE)

L’histoire commence par la catastrophe que, semble-t-il, personne n’attendait : une pluie de météorites gigantesques détruit une partie du monde. L’histoire se concentre sur le Royaume-Uni devenu une icône du chaos et d’une dévastation inimaginable : *Vous ne savez sans doute pas ce que c’est de voir que tout ce qui faisait partie de votre monde s’est soudain arrêté, est mort ou a disparu* (Extrait)

L’histoire est celle d’Edgar Hill. Ed, comme on l’appelle est porté volontaire pour trouver de la nourriture dans les villes et les villages des environs. Pendant une de ses missions, donc à son insu, un hélicoptère prend à son bord sa femme et ses enfants pour les évacuer dans un endroit apparemment épargné par les pierres.

Outré autant que découragé, Ed apprend qu’une évacuation est organisée vers la Cornouailles d’où doivent partir des bateaux, sachant que sa famille montera à bord d’un de ces bateaux, il a 30 jours pour rejoindre le port. Ed est à 800 kilomètres de sa famille. Pour la rejoindre, il devra traverser toute l’Angleterre…en courant. Quelques autres personnes se joignent à lui. Ce n’est pas à proprement parler un livre qui pousse à la réflexion sur la condition humaine mais il en dit long sur la capacité d’un être humain de déployer force, énergie et volonté au nom de l’amour.

Jusque-là, il n’y a rien de nouveau. Mais qu’un homme puisse courir 800 kilomètres en 30 jours pour rejoindre sa famille, ça, c’est original. Plus, c’est une trouvaille. Comme il n’y a plus de lois, Ed et ses amis doivent affronter des ennemis qui ont pris sur eux de marquer leur territoire et de tuer au nom de la loi du plus fort. Cet aspect de l’histoire transforme le livre en un redoutable thriller.

J’ai beaucoup aimé ce livre malgré ses longueurs. Le livre a 560 pages et à certains moments, l’auteur s’étend longtemps, mais le fil conducteur de l’histoire étant fort et stable, on oublie vite cette petite faiblesse. En fait, le lecteur est happé dès le début. Walker décrit la catastrophe avec une surprenante habileté descriptive et va plus loin, il prend le temps de décrire la façon dont les personnages reprennent leurs esprits et réalisent ce qu’il leur arrive.

Un tel souci du détail rend le rythme lent par moment et dans les circonstances ce n’était pas pour me déplaire. Stephen King m’a habitué à ce style, incluant la psychologie des personnages, très bien élaborée dans le livre de Walker qui jongle habilement avec les sentiments induits par la catastrophe : découragement, espoir, amitié, entraide, empathie. J’ai trouvé l’écriture belle et le développement soigné.

Ce roman me rappelle un peu *2010*, la suite de ODYSSÉE DE L’ESPACE 2001, livre adapté à l’écran en 1984 par Peter Hyams. Le message de la fin du film nous rappelle que nous ne sommes que les locataires de notre planète. Dans le livre de Walker, nous dirons que le loyer s’est fait sérieusement brassé.

Vu sous cet angle, le livre véhicule une certaine conscience environnementale : *Comment aurions-nous pu prendre soin de notre planète, alors que nous n’étions déjà pas capables de prendre soin de nos pays, de nos villes, de nos propres communautés ? De nos propres familles. De nous-mêmes, De nos propres corps. De nos propres esprits ?* (Extrait) Ce roman, dans l’ensemble de son développement vient nous rappeler à quel point la surexploitation de notre planète rend l’équilibre de l’humanité fragile.

C’est un livre qui se lit bien mais pas trop vite car la psychologie des personnages est fortement étayée, je le rappelle. Il faut être patient par moment. Certaines longueurs sont de nature descriptive. Tout le long du périple d’Ed, l’auteur décrit avec force détails un décor de malheur, de désolation, de chaos et de destruction. Rien de trop désagréable. Ça se lit bien. La finale m’a laissé un peu sur ma faim. Elle pourrait aussi se prêter à une suite. Bref, une lecture que je recommande : LES COUREURS DE LA FIN DU MONDE d’Adrian J Walker.

Adrian J Walker est un écrivain australien né dans le bush autour de Sydney. Il a grandi en Angleterre où il vit toujours. Il se passionne pour l’écriture, la musique et la technologie. Sur le plan littéraire, il s’est spécialisé dans la fiction dystopique et spéculative. LES COUREURS DE LA FIN DU MONDE est son tout premier roman en français. Ce roman a une particularité : il commence par la fin. Autres romans prometteurs : FROM THE STORM ET COLORS, première partie de sa trilogie de science-fiction EARTH INCORPORATED. Pour en savoir plus, visitez son site officiel :
livres et blog.

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 20 juin 2020

LE SIXIÈME HIVER, Douglas Orgill et John Gribbin

*Les températures que nous avons en ce moment
en Saskatchewan sont incroyablement basses et
il n’y a aucune chance qu’elles remontent. Nous
avons pris hier à Ottawa une décision qui sera
annoncée demain. Nous allons évacuer
Winipeg…*
(Extrait : LE SIXIÈME HIVER, Douglas Orgill & John
Gribbin, Éditions du Seuil, t.f. 1982, édition de papier
355 pages)

Sur une route du Dakota du sud, un automobiliste bloqué par une tempête de neige voit soudain une espèce de colonne blanche tourbillonnante effacer un village de la carte…Dans des régions habitées d’union Soviétique, on a observé des hordes de loups…Signe avant-coureur, d’une mutation brutale du climat que le docteur William Stovin avait annoncée sans être entendu: après un intermède de 15 000 ans, la terre retourne à sa condition normale et une nouvelle ère glaciaire commence. New-York, Chicago, Montréal, Hambourg, Moscou, rapidement inhabitables, finissent par disparaître. Il n’y a plus ni essence ni électricité. La famine s’étend. 

CAUCHEMAR BLANC
*Voici ce que vit alors Stoven. Un grand rectangle
d’une centaine de mètres carrés était entouré
 
d’une barrière construite à la hâte. Et, sous de
grandes bâches, étaient allongés des corps par
 
centaines, entassés les uns au-dessus des
autres…il n’y avait pas eu un seul survivant.*
(Extrait : LE SIXIÈME HIVER)

Bien que publié en 1982, ce livre a conservé toute son actualité. C’est un récit original à plusieurs égards en particulier parce qu’on y développe l’idée d’une fin du monde indépendante des méfaits de l’humanité. Les auteurs décrivent la fin d’un cycle pour notre bonne vieille terre qui est précipitée dans la sixième ère de glaciation de son histoire et les signes annonciateurs sont d’une horreur sans nom, entre autres, la manifestation de ce que les autochtones appellent le danseur : une gigantesque tornade de neige et de glace qui élimine une ville de la carte en quelques secondes.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les auteurs ont trouvé le ton juste car c’est un récit à faire froid dans le dos, ceci dit sans jeu de mots : *Ce froid, dit Stovin, n’est pas de ce monde. Véritablement pas de ce monde. Quelle est la température à une vingtaine de kilomètres de haut ? Même au-dessus de l’équateur. Quelque chose comme quatre-vingts degrés en-dessous de zéro…* (Extrait)

L’histoire laisse à penser que les humains sont de biens petits formats devant une nature déchaînée : *Si l’on ne tient pas compte des effets à long terme, ce qui a frappé cette ville est plus terrible que la bombe atomique d’Hiroshima* (Extrait) Les phénomènes de glaciation décrits dans ce livre sont foudroyants et sont de nature à ne pas laisser le lecteur indifférent.

Si vous avez vu le film LE JOUR D’APRÈS de Rolland Emmerich, vous avez automatiquement une bonne idée du livre. LE SIXIÈME HIVER, tout comme le scénario du film se divise en deux grandes parties : la description très détaillée d’une chaîne de catastrophes et une opération de sauvetage, le tout baignant dans une philosophie de conscientisation : *On ne va pas comprendre ce qui arrive en s’occupant uniquement du climat. Il faut élargir le champ de vision. Il va falloir que nous comprenions ce qui arrive grâce à ce qui se passe…* (Extrait) ce qui nous amène à un élément classique dans ce genre d’histoire : la science des premières nations, la culture inuit en particulier qui a pu s’adapter au fil des siècles et qui semble encore y parvenir.

J’ai trouvé ce livre excellent, crédible et captivant. Il est présenté sous forme de roman mais il a les qualités d’une étude sérieuse de la société, une analyse des comportements qui va au-delà de la science et de la psychologie humaine, je pense aux scientifiques américains et soviétiques coincés autant dans la neige que dans leur mentalité politique. Alors maintenant, imaginez un monde où il n’y a plus de frontières et dans lequel il faut s’organiser avec l’objectif immédiat de survivre.

Je n’ai que deux petits reproches à faire. D’abord la vitesse incroyable des évènements. On peut l’observer dans le livre tout comme dans le film LE JOUR D’APRÈS. Ce qui doit prendre des centaines d’années à arriver se passe en quelques jours C’est le côté catastrophiste du récit par opposition au terme catastrophique.

On manque de place, on manque de temps alors on précipite tout : *…il ne s’agissait pas de débattre si la terre se refroidissait ou non…elle se refroidit. Mais beaucoup de chercheurs continuaient de se cramponner à l’idée que les changements de climat sont…très lents…les pessimistes pensaient…environ deux siècles. Les optimistes disaient dix mille ans .* (Extrait) Que l’humanité soit confrontée à une catastrophe de grande envergure, je n’en doute pas. Mais d’instinct, je pense que ça ne se fera pas en claquant du doigt. Est-ce que l’humanité aura la sagesse de s’y préparer ? Ça c’est une toute autre histoire.

Enfin, c’était peut-être plus fort que les auteurs ou c’était inconscient, peu importe. J’ai senti dans le livre le petit côté *bon capitaliste* *mauvais communiste*. Je pense en particulier au président américain à qui on a prêté dans le récit un côté condescendant qui tape sur les nerfs. Ça pose tout de même un problème intéressant. Est-ce que l’homme pourrait survivre en éliminant complètement les barrières politiques et culturelles ? C’est là je crois une formidable matière à débat. Donc un très bon livre, pas loin du chef d’œuvre qui se lit vite et bien…à lire avec une petite laine…

John Gribbin

Douglas Orgill (1922-1984) était un écrivain américain. Il a écrit plusieurs romans d’espionnage et policiers et publié quelques livres sur les deux guerres mondiales. Collaborateur du Daily Express et aussi, auteur d’un essai sur Laurence d’Arabie, il débute en 1979 une collaboration avec John Gribbin pour publier deux livres dont LE SIXIÈME HIVER pour lequel il a effectué des voyages en Sibérie et en Alaska pour recueillir des données utiles à son oeuvre.

John Gribbin est un écrivain et scientifique britannique né en 1946. Après des études d’astronomie et d’astrophysique à l’Université du Sussex et à Cambridge, il a collaboré à Nature, l’une des plus prestigieuses revues scientifiques du monde. Auteur de divers ouvrages destinés au grand public, dont plusieurs consacrés à la climatologie, Gribben a publié près d’une centaine d’œuvres.

UN FILM À LA MÊME ENSEIGNE

Film catastrophe américain réalisé par Roland Emmerich et sorti en 2004. Le climatologue Jack Hall avait prédit l’arrivée d’un autre âge de glace, mais n’avait jamais pensé que cela se produirait de son vivant. Un changement climatique imprévu et violent à l’échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages : inondations, grêle, tornades et températures d’une magnitude inédite. Jack a peu de temps pour convaincre le Président des États-Unis d’évacuer le pays pour sauver des millions de personnes en danger, dont son fils Sam.
A New York où la température est inférieure à – 20° C, Jack entreprend une périlleuse course contre la montre pour sauver son fils.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 7 juin 2020

LA LIGNÉE, de GUILLERMO DEL TORO et CHUCK HOGAN

*Ou bien une créature qui avait été Czardu. La peau
ratatinée, assombrie, assortie aux plis multiples de
son ample robe. Une ressemblance frappante avec
une tache d’encre mouvante. Cet être se déplaçait
sans effort apparent tel un spectre immatériel…Les
ongles de ses orteils, pareils à des serres d’oiseaux
de proie, grattaient légèrement le plancher.*
(Extrait : LA LIGNÉE, Guillermo Del Toro, Chuck Hogan,
Presses de la Cité 2009, édition de papier, 450 pages.)

Un avion en perdition finit par atterrir à New-York. Ce que les secouristes découvrent dépasse leur entendement. Après eux, une équipe d’épidémiologistes découvrent avec horreur que tous les passagers sont morts sauf quatre d’entre eux. Les victimes sont mortes paisiblement, du moins en apparence. Le même soir, parallèlement à cette stupéfiante découverte, 200 cadavres disparaissent des morgues de New-York. Ephraïm et son équipe d’épidémiologistes comprennent rapidement qu’une menace sans précédent plane sur toute l’agglomération New-Yorkaise et ses 20 millions d’habitants et pire, ça risque de s’étendre à toute la planète. Est-ce un attentat au gaz? Une bactérie foudroyante? Comment les choses peuvent peuvent-elles en arriver là? Ce que personne ne sait encore c’est que les vampires sont là, tapis dans l’ombre…

LA MYTHOLOGIE VAMPIRIQUE REDÉFINIE
*«Je pensais que les vampires ne buvaient que le sang
des vierges…Qu’ils hypnotisaient leur proie, qu’ils se
transformaient en chauve-souris.»…«On a beaucoup
brodé autour de leur existence. La vérité est plus…
comment dire… ?*
(Extrait : LA LIGNÉE)

Ce livre est un coup de cœur pour moi. Le thème des vampires est au cœur de l’histoire. Si LA LIGNÉE est une variation d’un thème surdéveloppé, il faut savoir que la variation est importante. En fait, LA LIGNÉE c’est Bram Stoker* revisité, modernisé, dépoussiéré mais dans le respect de l’idée de base : *Bram Stoker a popularisé la croyance selon laquelle le vampire pouvait se transformer en créature nocturne tels le loup ou a chauve-souris. C’est une idée fausse qui repose quand même sur un fond de vérité.* (Extrait)

Ici, les auteurs vont au-delà du Dracula classique et aussi au-delà du vampirisme moderne que nous sert la télévision. Ce qui fait que j’ai trouvé le livre original. Je vous laisse découvrir les différences que proposent Del Toro et Hogan. Je crois que vous ne serez pas déçu.

Cela dit, l’histoire est imprégnée de mystère dès le début : un avion atterrit avec 200 passagers morts, plus tard, 200 cadavres disparaissent de différentes morgues. Un expert médico-légal a le temps de faire une autopsie et fait une découverte à la fois extraordinaire et terrifiante : *Il se passait quelque chose d’extraordinaire. On aurait dit que les lois immuables de la mort et de la décomposition devenaient obsolètes sous ses yeux, là, dans cette salle d’autopsie* (Extrait)

Rien ne laisse supposer qu’il s’agit de vampires à ce stade. Les auteurs prennent bien leur temps pour confirmer cette notion jusqu’à ce qu’on constate qu’ils se multiplient de façon exponentielle : *Ces vampires -car c’est bien de cela qu’il s’agit-, sont des virus incarnés et ils vont se répandre dans toute la ville jusqu’à ce qu’ils nous aient tous exterminés.* (extrait)

Dès le départ, les auteurs m’ont entraîné dans une atmosphère d’intrigue, de mystère, de questionnement, le tout, s’en allant grandissant au fil des pages. Je n’ai compris que vers le milieu du livre que les auteurs m’entrainaient dans une logique de transformation du mythe des vampires. Rien à voir avec les vampires qui mordent le cou de leur victime, rien à voir avec Twilight. Je vous laisse découvrir les différences et comment Ephraïm pourrait éviter l’anéantissement de l’humanité étant donnée la vitesse avec laquelle se propage ce *virus incarné*.

J’ai trouvé ça novateur, audacieux, original avec quelques éléments qui m’ont atteint particulièrement comme le rôle que joue le site du World Trade Center dans cette histoire. La destruction des tours donne un lien intéressant et respectueux aussi avec la destruction possible de l’humanité dans cette histoire.

L’histoire est très bien construite et amène très graduellement le lecteur dans l’horreur, le chaos, la désolation. Il y a beaucoup d’action. C’est un thriller haletant. Je ne vous cacherai pas toutefois que j’ai trouvé la finale un peu bâclée. Les points forts du livre compensent largement cette faiblesse. Je vous recommande donc ce livre : LA LIGNÉE, premier tome de la trilogie du même nom…une série dite *vampirique*.

Guillermo del Toro est un réalisateur, scénariste, romancier et producteur de cinéma mexicain né le 9 octobre 1964 à Guadalajara, dans l’État de Jalisco. C’est aussi un spécialiste des effets spéciaux. Pendant plus de 10 ans, il a œuvré, dans son entreprise : Necropia à la création de nombreux effets spéciaux pour des productions mexicaines. Son imagination débordante s’est étendu au domaine littéraire avec quatre romans, trois coécrits avec Chuck Hogan et le quatrième avec Daniel Kraus. Il cumul de nombreux prix, mais essentiellement dans le monde du cinéma.

Chuck Hogan est un écrivain et scénariste américain né en 1969 à Canton dans le Massachusetts. Il est spécialisé dans la littérature policière, d’horreur et de science-fiction.  Son fameux roman LE PRINCE DES BRAQUEURS publié en 2004 lui a valu le PRIX HAMMETT. Sa notoriété s’accroit d’un cran alors qu’l s’associe au réalisateur-scénariste mexicain Guillermo Del Toro pour l’écriture d’une trilogie sur la violence amorcée avec LA LIGNÉE en 2009.  LA CHUTE et LA NUIT ÉTERNELLE complètent la série. Je note enfin que LE PRINCE DES BRAQUEURS a été adapté au cinéma par Ben Affleck en 2010 sous le titre THE TOWN.

La suite…

Abraham Stoker (1847-1912) est un écrivain britannique d’origine irlandaise, auteur de nombreux romans et créateur de DRACULA publié en 1897 et qui lui a valu la célébrité. Toute son œuvre est imprégnée du style néogothique qui n’est pas sans rappeler certaines œuvres devenues classiques comme par exemple FRANKESTEIN de Mary Shelly.  DRACULA, les vampires ne tarderont pas à envahir la littérature et le cinéma.

Christopher Lee.
Le plus célèbre DRACULA
du septième art

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 27 janvier 2019

LA THÉORIE DES DOMINOS, ALEX SCARROW

*En arrivant au bout de leur rue, elle scruta Uxbridge Road. De chaque côté, les vitrines avaient disparu. Les articles étaient éparpillés sur la chaussée : machines à laver, télés, vêtements…Uxbridge Road aurait dû être embouteillée…mais elle ressemblait à une ville fantôme de western.* (Extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS, éditeur original : Orion 2007, t.f. : Le Cherche-midi, 2010, num. 470 pages)

Un expert en stratégie pétrolière est en mission en Irak pour une méga pétrolière au moment où la tension internationale est très élevée. Pendant son séjour, les pires craintes de David se concrétisent. L’ensemble du Moyen-Orient se déstabilise complètement et s’embrase. Alors que des terroristes détruisent les oléoducs, raffineries et les installations pétrolières les plus stratégiques, la panique s’installe à l’échelle mondiale. En effet c’est tout le globe qui risque d’être privé d’énergie, de nourriture, de chauffage, d’essence et j’en passe, cédant ainsi le quotidien aux émeutes, à la violence…notre expert, David tente de retrouver les siens dans ce chaos, mais quand il est attaqué par des tueurs il comprend vite que cette situation explosive est issue d’un complot machiavélique.

La fragilité de l’équilibre…
*Tout s’enchaînera rapidement…
une chose après l’autre,
comme des dominos.
Personne ne s’y attendra…*
(Extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS)

Imaginez un instant que, pour toute sortes de raisons et du jour au lendemain, notre approvisionnement en pétrole soit coupé. Quelles seraient selon vous les conséquences à court terme sur notre vie? La nourriture, l’eau, les transports, les communications, l’électricité, les soins de santé, le chauffage et j’en passe?

Dans la THÉORIE DES DOMINOS, Alex Scarrow tombe rapidement dans le vif du sujet et annonce des couleurs plutôt apocalyptiques : J’ai le sentiment qu’il se passe bien plus de choses que l’on sait…tout a commencé par une série d’explosions en Arabie Saoudite, programmée par quelqu’un qui voulait provoquer une colère à grande échelle…(Extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS)

Les évènements en Arabie Saoudite constituent la chute du premier domino, issue d’un complot machiavélique et, avec un argumentaire redoutable, Scarrow raconte la suite des évènements : anarchie, chaos… Arrêter le flot continu de pétrole, même l’espace d’un court instant, ressemblait à une embolie ou un infarctus dans le corps humain. Cet étranglement ressemblait exactement à cela : une crise cardiaque économique mondiale* (Extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS).

Avec une plume impitoyable décrivant les côtés sombres de la nature humaine, LA THÉORIE DES DOMINOS raconte le destin d’une famille éparpillée entre l’Angleterre et l’Irak et qui tente de se réunir à travers l’incroyable chaos provoqué par une crise pétrolière planifiée qui se transforme rapidement en panique mondiale.

Cette description anticipée de la chute d’un monde moderne tellement dépendant du pétrole est d’un réalisme à faire frémir et Scarrow n’a pas peur des mots. Il a bâti d’une façon marquante, un thriller anxiogène qui n’est pas sans nous faire réfléchir d’une part sur notre mode de vie actuel et notre dépendance à l’or noir et d’autre part sur l’extrême violence dont l’homme est capable pour survivre.

Ce livre est, et demeurera selon moi, d’une grande actualité puisqu’il évoque les tensions religieuses, politiques, frontalières et pétrolières au Moyen Orient, une partie extrêmement instable du monde que j’appelle la poudrière planétaire. Scarrow ne fait pas dans la dentelle en décrivant un monde de désorganisation brutale et de violence car les premières conséquences d’une coupure subite d’approvisionnement en pétrole touchent inévitablement la nourriture, l’eau, l’électricité. Scarrow démontre avec une logique désarmante que les hommes peuvent être pires que des bêtes.

C’est un livre qui rend captif. La trame est solide, le fil conducteur accrochant, un thriller efficace qui porte à réflexion. Il me rappelle un peu le livre de Barjavel, RAVAGES dans lequel l’électricité cesse d’exister, excellent livre dont j’ai déjà parlé sur ce site.

Je vous recommande LA THÉORIE DES DOMINOS de Alex Scarrow…réaliste à faire peur…*le monde est un vieil homme au cœur fragile et le pétrole est le sang qui coule dans ses veines…* (extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS)

Alex Scarrow est né à Nigéria en 1966. Après le collège, il a travaillé pendant 10 ans dans le domaine de la musique, et par la suite une douzaine d’années comme graphiste et concepteur de jeux. Après le collège, il développe le goût de l’écriture et se spécialise dans la science-fiction. On lui doit entres autres l’octalogie TIME RIDERS. Il a écrit entre temps LA THÉORIE DES DOMINOS et L’EFFET DOMINO qui développe un thème cher à l’auteur : La déroute et l’effondrement de la civilisation. Alex Scarrow est le frère de l’auteur bien connu Simon Scarrow.

BONNE LECTURE
JAILU/ CLAUDE LAMBERT
27 novembre 2016

SUR LE PONT DU LOUP, de JAMES PATTERSON

*Tous les ponts de la planète qui s’écroulent,
la Société moderne qui craque aux coutures.
Le loup est peut-être fou, mais lorsqu’il a
décidé de faire le mal, il le fait avec un tel
talent! C’est un fou de génie.*
(extrait : SUR LE PONT DU LOUP, James Patterson,
Le livre de poche, num. bibl. ibook, or. :  t.f. : Jean-
Claude Lattès,  2007,  430 pages)

Une bombe extrêmement puissante détruit entièrement une petite ville du Nevada. Un criminel russe d’une implacable cruauté appelé LE LOUP revendique l’attentat et avertit que le même sort attend d’autres villes stratégiques à forte densité de population telles Washington et Londres si une rançon exorbitante ne lui est pas versée, assortie de la libération d’une certaine quantité de prisonniers politiques. Mais il y a pire, il semble qu’un autre criminel notoire appelé LE FURET soit de la partie. Les dirigeants de la planète ont quatre jours pour éviter l’indescriptible chaos annoncé. L’agent Alex Cross se lance, avec les plus importants services de police et d’espionnage de la planète, dans une chasse à l’homme mortelle…une véritable course contre la montre et c’est plus qu’urgent car déjà les morts et les catastrophes s’accumulent…

HAUTE TENSION À L’ÉCHELLE MONDIALE
*Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué,
je ne vous aime pas beaucoup. Je ne vous
aime pas du tout, à dire vrai. J’ai mes
raisons, de bonnes raisons. Je déteste
toutes les valeurs de l’Amérique…alors
maintenant, vous allez voir ce que je suis
capable de faire…*
(extrait SUR LE PONT DU LOUP)

C’est du grand Patterson : une intrigue forte, beaucoup de rebondissements, un rythme élevé et soutenu, une écriture efficace, des chapitres courts, dans l’ensemble ça se lit vite et bien. En contrepartie, il y a dans le récit beaucoup de passages invraisemblables et dans l’ensemble, je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotions, ce qui m’arrive souvent dans la lecture d’histoires accusant un rythme effréné.

En effet, on sait que dans ce récit, Alex Cross recherche activement le pire criminel que la planète ait connu : un monstre qui se fait appeler LE LOUP, un misanthrope dégénéré dépourvu d’empathie et de tout respect pour la vie humaine. Toutefois, j’ai développé l’impression en cours de lecture que Cross recherchait le Loup plus pour en faire un trophée de chasse que pour arrêter la tuerie. Je n’ai donc pas ressenti l’émotion à laquelle je m’attendais ni dans l’intrigue ni dans la psychologie des personnages.

Malgré tout, je dois reconnaître que Patterson sait entretenir le suspense. Il n’y a pas beaucoup de temps morts dans son récit sauf peut-être dans les quelques passages évoquant la vie personnelle d’Alex Cross : vie familiale compliquée, et vie sentimentale tumultueuse, comme dans tous les récits où Cross tient la place de héros. Quoique ces passages aient été pour moi sans grand intérêt, ils tiennent lieu de diversion et devraient permettre au lecteur de souffler un peu.

Des chapitres de deux à 5 pages à enchaînement rapide qui font passer le lecteur d’une catastrophe à l’autre l’obligeant à retenir son souffle, ou dans une suite d’éléments spectaculaires qui viennent dramatiser l’enquête ou lui donner une ou des directions différentes viennent compenser un peu deux faiblesses importantes de l’ensemble : Premièrement, on ne sait pas grand-chose du Loup. Sans connaître toute son histoire, j’aurais apprécié que l’auteur développe davantage son profil psychologique.

Deuxièmement, il m’a semblé que l’auteur a un peu piétiné sur sa conclusion qui me rappelle un peu un coup de balai pour en finir.

Je ne m’attendais pas vraiment à mieux car James Patterson a toujours été fidèle à son style. Ce n’est pas un livre extraordinaire, mais c’est une bonne histoire, très visuelle, que je recommande aux amateurs de rythme et de haute tension.

James Patterson est un auteur et scénariste américain né le 22 mars 1947. En juin 2011, il fût le premier romancier à franchir le cap des trois millions de livres vendus dans le monde. Un an plus tard, le magazine Forbes le classait comme l’écrivain le mieux payé au monde avec un revenu annuel de plus de 90 millions de dollars. Les personnages principaux de ses romans sont Alex Cross, enquêteur psychologue de classe internationale et Lyndsay Boxer, avec son groupe le MURDER CLUB, série de romans adaptée à la télévision sous le titre WOMEN’S MURDER CLUB. Plusieurs titres de la série ALEX CROSS ont aussi été adaptés au cinéma. (voir plus bas). 

Morgan Freeman incarne Alex Cross dans une des trois adaptations cinématographiques des romans de James Patterson : LE MASQUE DE L’ARAIGNÉE du réalisateur Lee Tamahori, sorti en 2001.  Freeman a aussi interprété le rôle principal dans LE COLLECTIONNEUR de Gary Fedler en 1997. Enfin, Tyler Perry a pris la relève dans ALEX CROSS réalisé par Rob Cohen en 2012.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
30 OCTOBRE 2016

ODYSSÉE, le livre de CLIVE CUSSLER

…Tout se passe comme prévu…Selon le calcul De nos savants, il faudra 60 jours pour abaisser la température du Gulf Stream jusqu’au niveau qui provoquera un froid extrême dans les Régions du nord. La femme en or sourit et se versa une autre coupe de champagne…(extrait de ODYSSÉE de Clive Cussler, Grasset, 2004)

Dirk Pitt et Al Giordino découvriront alors un mystérieux projet de tunnels reliant deux océans et qui pourrait avoir un impact dramatique et permanent sur notre planète et notre monde…serait-il déjà trop tard?

Bien que ce livre ait, encore une fois comme toile de fond, la domination du monde par un sombre personnage riche et puissant (car, que recherchent les puissants de ce monde sinon encore plus de puissance, thème développé des milliers de fois dans la littérature) , j’ai beaucoup aimé ce livre à cause de son lien avec l’œuvre d’Homère.

Fidèle à sa tradition, Cussler débute son histoire par l’évocation d’une catastrophe du passé qui bien que légendaire, n’a jamais eu d’explication plausible sur le plan historique et géographique. Il s’agit ici de la guerre de Troie.

Toujours en partant de la découverte d’un vase Celte de 3,000 ans et avec son extraordinaire imagination, Cussler explique sa vision de l’odyssée et avance des explications fort plausibles sur ce que fût le cheval de Troie, l’utilisation qui en a été faite, le lien avec les Celtes, les druides et même l’emplacement géographique de la guerre de Troie qui ne serait pas du tout celui qu’on croit.

Sans artifice ni lourds discours scientifiques, Cussler a développé, à travers son interprétation de l’histoire, une intrigue solide et cohérente, sans longueur, en maintenant une tension constante. Ses personnages sont attachants et l’ensemble est bien documenté. J’ajoute que le percement d’un canal entre le pacifique et l’Atlantique sous le Nicaragua afin de stopper l’action naturelle du Gulf stream est une véritable trouvaille sur le plan littéraire bien sûr..

Odyssée est un roman intelligent. Je vous le recommande sans hésitation.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
JUIN 2013

(En Complément…)