HISTOIRES À LIRE AVANT LA FIN DU MONDE

Commentaire sur le recueil de
PAUSE-NOUVELLE

*Et puis, nous allons certainement assister à des scènes horribles…les gens vont céder à la panique, et qui sait de quoi ils seront capables alors. De brèves images de déchaînements de brutalité et de décors chaotiques me traversent l’esprit et un frisson
me parcourt l’échine.
(Extrait : HISTOIRES À LIRE AVANT LA FIN DU MONDE, collectif, L’Anthologiste éditeur, 2012, numérique, 80p)

Cette anthologie est exclusivement consacrée à la fin du monde, histoire de coller un peu à l’actualité. En effet, d’après plusieurs exégètes, notre destruction est imminente. 10 auteurs vous présentent leur vision de l’Apocalypse. Interventions divines, guerres nucléaires et autres cataclysmes sont au rendez-vous. Et la plupart ne laissent pas beaucoup de place à l’espoir. Alors que faire lorsque l’on est condamné ? Certains en profitent pour renouer des liens, d’autres pour régler leurs comptes. Entre destructions massives et dénouements cocasses, découvrez ces histoires à lire avant la fin du monde.

LES NOUVELLES

  • NÉMÉSIS ET TARTE AU RIZ de Frédéric Muller. 15 minutes
  • AU TABLEAU d’Alain Kotsov. 5 minutes
  • MÊME PAS REPU de Raphaël Deux-Ailes. 10 minutes
  • OZOPOLY de Daniel Bruet. 15 minutes
  • BYE BYE BABY de Josepha Alberti. 10 minutes
  • DISPARITIONS de Stéphane Chamak. 10 minutes
  • UNE MAUVAISE MIGRAINE d’Aurélien Poilleaux. 15 minutes
  • ERREURS DE GENÈSE d’Emmanuelle Cart-Tanner. 10 minutes
  • PUNURRUNHA de Michael Chosson, 20 minutes
  • VU DE LÀ de Stéphane Schler. 10 minutes

100% catastrophe
*La bande grandit à vue d’œil au cours des minutes
qui suivent, une barrière poussiéreuse, un rouleau
charriant cendres et fragments de vie réduits en
poudre. Un rouleau poussé en avant, inépuisable.
Sans échappatoire.
(Extrait)

La fin du monde est sans doute le sujet véhiculant le plus de discussions, d’émotions, de prédictions et d’exégèses à travers le monde. Tout le monde y pense tôt ou tard. Il ne faut pas se surprendre que le sujet soit extrêmement répandu en littérature même si la prédiction la plus étoffée du XXIe siècle, celle de décembre 2012 a été balayée, comme toutes les autres d’ailleurs.

Pourtant, tout le monde semble unanime, il y aura une fin. Nombre d’auteurs continuent d’exploiter ce que j’appelle un filon en littérature sauf qu’ici, les auteurs réunis dans ce cinquième tome de PAUSE-NOUVELLES couchent surtout leurs émotions sur le papier. La catastrophe vient après. Si je savais la fin du monde imminente, je ne suis pas sûr que je choisirais ce livre pour me remonter le moral. Voici un bref survol des sous-thèmes traités.

Némésis et tarte au riz de Frédéric Muller : Une météorite va pulvériser la Terre. Privée d’espoir et au bord de la destruction, l’espèce humaine se révèle dans ses aspects les plus misérables.
Au tableau ! d’Alain Kotsov : Julius est interrogé par la maîtresse. Il doit citer le nom des villes détruites au cours de l’histoire …la liste est interminable.
Même pas repu ! de Raphaël Deux-Ailes : Tous les mots qui ne sont pas autorisés par le Syndicat du langage sont interdits. Un auteur attend impatiemment une livraison de nouveaux mots
Ozopoly de Daniel Bruet : Pendant une partie d’Ozopoly, le pollumètre se met en alerte 4.
Bye bye, baby de Josepha Alberti : Quelques jours avant la fin, un étudiant traverse New-York pour empêcher sa sœur de commettre l’irréparable.

Disparitions de Stéphane Chamak : Des êtres humains se mettent à disparaître, Des centaines d’abord puis des milliers et des millions…
Une mauvaise migraine d’Aurélien Poilleaux : des policiers tentent de faire craquer un jeune homme porteur d’un lourd secret.

Erreurs de Genèse d’Emmanuelle Cart-Tanneur : Dieu aurait fait des erreurs dans sa conception du monde. Il a été long avant de créer les océans. Un ingrédient manquait.
Punurrunha de Michael Chosson : Les hauteurs ne te mettront pas à l’abri. Le monde s’embrase.
Vu de là de Stéphane Schler : La fin vue de l’espace.

Comme c’est le cas pour la plupart des recueils, j’ai composé dans celui-ci avec des hauts et des bas, des sujets qui défilent en dents-de-scies. L’ensemble est très varié quant à la longueur des textes, leur sujet et aussi leur sens. Car je dois bien le dire, j’ai eu un peu de difficulté à saisir le sens de certaines nouvelles.

C’est le genre d’observation qui laisse à penser qu’il pourrait y avoir autant de perceptions que de lecteurs. Je note dans l’ensemble qu’il y a de l’originalité dans les récits, que je n’ai pas trop eu l’impression de déjà lu ou de déjà-vu. Je me suis attardé à certains textes comme DISPARITION question de donner à l’humour noir une petite place.

Et puis j’ai déjà imaginé en rêve ce genre de disparition mais moi ça concernait l’évaporation de tout ce que la planète comptait de tueurs, de violeurs et autres…mais l’auteur, Stéphane Chamak a eu une autre idée…pas mauvaise je dirais. Ma nouvelle préférée est ERREURS DE GÉNÈSE qui présente un Dieu plutôt étourdi qui cherche l’ingrédient final à ajouter pour compléter la création des océans. Drôle et bien imaginée.

Il y a plus de pour que de contre. J’ai apprécié ce livre. Certains textes viendront vous chercher, comme moi. Ils offrent tous matière à réflexion. Autre point en commun, aucun ne dédramatise la Fin du Monde, aucun ne fait de prédictions, plusieurs évoquent la folie des hommes, d’autres l’acte de Dieu.  C’est un peu noir mais la Fin du Monde prête rarement à la fête. Je vous invite à lire ce recueil, ne serait-ce que pour apprécier de très bonnes idées mises de l’avant par des auteurs prometteurs.

***************

Avec PAUSE-NOUVELLE, vous sautez d’un univers à un autre, plongez dans d’improbables situations, rencontrez des personnages hilarants, touchants, machiavéliques ou simplement malchanceux. Vous pouvez les suivre dans leurs aventures les plus rocambolesques, les plus romantiques ou les plus sombres. Les volumes sont publiés par thème, toutefois, l’intégrale des 80 nouvelles est maintenant disponible au rayon numérique. Si vous préférez par thèmes, voici quelques suggestions :

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 19 juin 2021

50 chefs-d’oeuvre que vous devez lire avant de mourir

Mes meilleures salutations à vous amis lecteurs, amies lectrices. Aujourd’hui, mon commentaire est un peu hors-norme. Je veux vous parler d’une découverte numérique que j’ai faite récemment chez Kobo. Il s’agit d’une méga-édition qui réunit 50 grands classiques de l’histoire littéraire sous le titre *50 CHEFS-D’ŒUVRE QUE VOUS DEVEZ LIRE AVANT DE MOURIR*. Ce sont 50 titres immortels. Bien sûr, ils sont tous disponibles séparément. Mais si jamais il vous venait à l’idée de lire ces grands classiques à la queue leu leu, vous vous apprêtez à consommer une œuvre numérique de 15,400 pages, ce qui représente plus ou moins 250 heures de lecture, c’est-à-dire 11 jours et demi de lecture en continu. Vous aurez alors pénétré au cœur de l’histoire littéraire, des grands romans, des courants de pensée, des styles et des genres. Rappelez-vous LE GRAND MEAULNES, LE CID, LA REINE MARGOT, LE FANTÔME DE L’OPÉRA.

Il y a dans cette véritable bibliothèque numériquement reliée des titres dont j’ai déjà parlé sur ce site comme LES FLEURS DU MAL de Beaudelaire, L’ILIADE ET L’ODYSSÉE d’Homère, FRANKENSTEIN OU LE PROMÉTHÉE MODERNE et j’en passe. D’autres titres sont dans mes projets de lecture au moment d’écrire cet article comme LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE JAUNE, CYRANO DE BERGERAC, DU CÔTÉ DE CHEZ SWANN et plusieurs autres. D’autres titres ne m’attirent pas mais ça ne leur enlève rien de leur prestige. Plusieurs de ces titres ont été adaptés au cinéma comme LES AVENTURES DE TOM SAWYER, VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE et GERMINAL œuvre romanesque extraordinaire d’Émile Zola qui réunissait à l’écran du septième art une distribution tout aussi extraordinaire : Miou Miou, Renaud, Gérard Depardieu, Jean Carmet.

Maintenant, pour ceux et celles qui aimeraient planifier une liste de lectures potentielles, voici les titres proposés, dans l’ordre de parution: LE GRAND MEAULNES d’Alain Fournier, ALCOOLS de Guillaume Apollinaire,  LES DIABOLIQUES de Jules Amédée Barbey d’Aurevilly, LES FLEURS DU MAL de Charles Beaudelaire, UN CRIME D’AMOUR de Paul Bourget, JANE EYRE ou LES MÉMOIRES D’UNE INSTITUTRICE de Charlotte Brontë, LES HAUTS DE HURLE-VENT d’Emily Brontë, ALICE AU PAYS DES MERVEILLES de Lewis Caroll, MÉMOIRES D’OUTRE-TOMBE de François-René de Chateaubriand, LE CID de Pierre Corneille, DE L’ORIGINE DES ESPÈCES de Charles Darwin, DISCOURS DE LA MÉTHODE de René Descartes, CANTIQUE DE NOËL de Charles Dickens, LE MONDE PERDU d’Arthur Conan-Doyle, LA REINE MARGOT d’Alexandre Dumas, L’ÉDUCATION SENTIMENTALE et MADAME BOVARY de Gustave Flaubert, LE JOURNAL D’UN FOU de Nikolaï Gogol, L’ILIADE ET L’ODYSSÉE d’Homère, LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNÉ et COSETTE de Victor Hugo.

         

L’ESCLAVE AMOUREUSE de Gustave Le Rouge, LE FANTÔME DE L’OPÉRA et LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE JAUNE de Gaston Leroux, JUSTICE DE FEMME de Daniel Lesueur, BABBITT de Sinclair Lewis, L’APPEL DE LA FORÊT de Jack London, JUSTINE ou LES MALHEURS DE LA VERTU du Marquis de Sade, BEL-AMI de Guy de Maupassant, LE CHAT NOIR et DOUBLE ASSASSINAT DANS LA RUE MORGUE d’Edgar Allan Poe,  DU CÔTÉ DE CHEZ SWANN de Marcel Proust, CYRANO DE BERGERAC d’Edmond Rostand,  DU CONTRAT SOCIAL ou PRINCIPES DU DROIT POLITIQUE de Jean-Jacques Rousseau,  FRANKESTEIN ou LE PROMÉTHÉE MODERNE de Mary Shelly,  LE ROUGE ET LE NOIR et LA CHARTREUSE DE PARME de Stendhal.

       

DRACULA de Bram Stoker, L’ART DE LA GUERRE (les treize articles) de Sun Tzu, LES AVENTURES DE TOM SAWYER de Mark Twain, LA BIBLIOTHÈQUE DE MON ONCLE de Rodolphe Töpffer, LE KAMA SUTRA de Vatsyayana, LE TOUR DU MONDE EN QUATRE-VINGTS JOUR et VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE de Jules Verne, CANDIDE ou L’OPTIMISME de Voltaire, L’HOMME INVISIBLE et LA MACHINE À EXPLORER LE TEMPS de H.G. Wells, LE PORTRAIT de DORIAN GRAY d’Oscar Wilde, GERMINAL et J’ACCUSE d’Émile Zola.

       

Voilà chers amis. Vous êtes servis. Et si vous voulez aller plus loin dans votre exploration des titres historiques, Oregan a publié le tome 2 de 50 CHEFS D’ŒUVRE que vous devez lire avant de mourir…50 titres, 18 000 pages, près de 450 heures de lecture si vous projetez de lire tout le pavé. On y retrouve des noms qui figurent dans le volume 1 et d’autres comme Jules Renard, Alphonse Daudet, Alexandre Dumas, Machiavel, Théophile Gauthier et beaucoup d’autres. Pour plus de détails, cliquez ici.

Surtout, n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires, suggestions et pourquoi pas nous livrer vos titres préférés…

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le samedi 27 février 2021

LES COLLECTIONS DU CITOYEN, collectif

LES COLLECTIONS DU CITOYEN

De NANE ÉDITION

Et deux de ses titres…

*LES COLLECTIONS DU CITOYEN* est une initiative de la maison d’Édition Nane fondée en 1996 dans le but de fournir aux jeunes lecteurs et jeunes lectrices des livres conçus pour eux mais aussi destinés à leurs parents et à leurs éducateurs afin d’élargir leur culture générale. Soucieuse de comprendre dans quel monde vit la jeunesse d’aujourd’hui, Nane s’est fixé comme objectif d’éveiller la curiosité des jeunes, leur permettre d’approfondir ce qu’ils souhaitent le mieux connaître et répondre à leurs questions. Le civisme étant au goût du jour, LES COLLECTIONS sont une clé pour mieux comprendre un monde en perpétuel mouvement et des institutions dont les missions demeurent méconnues ou incomprises.

La collection compte actuellement plus d’une centaine de titres. Plusieurs de ces titres concernent l’Europe en général et la France en particulier. Il y a aussi une grande quantité de titres qui développent des sujets plus universels comme les dangers de la drogue par exemple, l’eau, les Nations-Unies, les OGM, l’Islam, etc. Quoiqu’il en soit, tous ces titres ont un point en commun : l’enrichissement du savoir collectif. Chaque présentation est simple, tout comme les réponses apportées aux questions que se pose le jeune lectorat. Chaque titre a une centaine de pages plus ou moins. Pour avoir la liste complète, cliquez ici.

*Un évènement met le feu aux poudres : le 28 juin 1914,
l’Archiduc François-Ferdinand, neveu de l’empereur
d’Autriche-Hongrie et héritier du trône est assassiné à
Sarajevo. L’Allemagne est pointée du doigt. Le jeu des
alliances fait le reste. En quelques jours, la plus grande
partie de l’Europe est en guerre…La première Guerre
mondiale a commencé.*
(Extrait : LA GUERRE DE 14-18, Frédérique Neau-Dufour
et collectif, Coll. : LES COLLECTIONS DU CITOYEN, 2014,
Nane Éditions, 2014, numérique)

    

LA DÉPORTATION DES CAMPS NAZIS :
L’ouvrage explique les raisons de la montée du nazisme en Allemagne et de son expansion dans toute l’Europe. Il décrit ce que furent les camps de concentration et d’extermination : le voyage, la vie dans les camps, les maladies, les violences mais aussi la Résistance et la solidarité. Cette édition insiste sur la déportation en France et explique les particularités des principaux camps en Europe. Enfin, le livre relate la fin des camps : La libération, le procès de Nuremberg et aborde également le devoir de mémoire face à cette atrocité que fut la déportation.

LA GUERRE DE 14-18 :
La Première Guerre mondiale marque l’entrée de l’Europe dans le XXe siècle. Prévue pour être courte, elle dure plus de quatre ans. Impliquant environ 70 millions de combattants, elle inaugure l’avènement de la violence de masse. Guerre totale, elle mobilise les États et les sociétés et fait plonger l’humanité dans une modernité destructrice. Cet ouvrage destiné aux jeunes et moins jeunes, permet de se replonger dans les épisodes clés du conflit, mais aussi d’en découvrir des aspects moins connus : l’impact de la guerre sur les mouvements sociaux, le rôle des australiens, des chinois, le front d’Orient et la place des animaux dans la guerre, entre autres.

Les Collections du citoyen sont formées de séries de petits volumes, chaque série ayant un titre très révélateur comme RACONTE-MOI, EXPLIQUE-MOI. Elles me rappellent un peu l’ancienne collection QUE SAIS-JE mais moins technique et moins développée en général. Ce sont de petits ouvrages de plus ou moins une centaine de pages et qui ont sacrifié la rigueur au profit de la synthèse.  La guerre de 14-18 par exemple a fait l’objet d’encyclopédies complètes.

Entre autres, celle publiée chez Bayard en 2013 qui est excellente fait près de 1 300 pages. Alors comment résumer un conflit mondial aussi long et complexe, ayant fait des milliers de morts et changé la face du monde, pendant que le nazisme couvait déjà. L’éditeur Nane a développé une série de critères précis pour faire de ses livres des ouvrages de survol, des résumés de terrain, des synopsis brefs mais précis. Ces livres n’entrent pas dans les détails mais peuvent être la source ou le départ d’intéressantes recherches pour les lecteurs et lectrices, les ados et les jeunes adultes en particulier.

Donc, ces petits livres survolent, résument, synthétisent, en restent à l’essentiel. Plusieurs thématiques sont développées dans les collections : historiques, civiques, sociales, politiques, religieuses, environnementales, santé et j’en passe. En général, ces petits volumes développent leur sujet par le biais de brèves définitions, de chronologies, d’explications synthétisées sur les chaînes d’évènements et de fonctionnement et d’indications biographiques et d’extraits d’archives.

On y trouve aussi, des photos, dessins et illustrations. À ce niveau, certains volumes sont très généreux comme celui sur la déportation par exemple. D’autres volumes sont plus lourds en texte. Les critères semblent moins précis pour les illustrations et les encadrés. On trouve aussi, dans la plupart des livres de ces collections, des statistiques qui viennent crédibiliser le sujet.

Ces livres sont, en général, agréables à lire. Ils sont aussi généralement bien aérés. Ils se lisent vite. Les efforts de synthèse sont louables, l’idée étant de ne pas permettre au lecteur de passer à côté d’éléments importants. C’est un défi un peu lourd.

Il faut prendre ces collections pour ce qu’elles sont : des ouvrages de survol, des résumés succincts. Les données bibliographiques suggèrent toutefois au lectorat des idées d’ouvrages plus spécialisés et complets. Je veux préciser aussi que les éditions de papier sont beaucoup plus agréables à lire. Moi j’ai lu des éditions numériques et j’ai eu de la difficulté à lire les encadrés, surtout ceux en couleur. Il est vrai que les encarts anecdotiques rendent la lecture plus ludique à la condition que la présentation soit claire et agréable.

J’ai trouvé cet aspect plutôt assommant dans les éditions numériques. Ces collections engagent les jeunes et les moins jeunes sur la voie de la connaissance. Ce sont des points de départ intéressants. Elles introduisent les lecteurs et lectrices dans l’histoire, le fonctionnement de la société et de ses institutions. Une intéressante méthode d’acquisition de connaissances…

D’AUTRES TITRES DE LA SÉRIE

         

    

         

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 26 juillet 2020

LES CONTES DES 1001 NUITS partie 2 du recueil

LES COMPLÉMENTS

On pourrait créer une encyclopédie colossale seulement en réunissant les différents travaux, œuvres et créations divers sur les contes des 1001 nuits. Mon exploration de la question sur internet m’a amené à une quantité considérable d’analyses, d’œuvres littéraires de toutes formes et tendances bandes dessinées incluses, pièces de théâtre, adaptations cinématographiques incluant les œuvres d’animation, jeux de société, comédies musicales sans oublier les représentations musicales classiques dont celles de Maurice Ravel et Maurice Schuman. Je vais aujourd’hui me limiter à citer quelques exemples de tendances issues de l’univers littéraire en commençant par l’iconographie.

Le plus célèbre des illustrateurs des 1001 nuits pourrait être Léon Carré (1878-1942) le fameux peintre et illustrateur français. En 1926, l’éditeur d’art Henri Piazza commande au peintre orientaliste Léon Carré les illustrations des 1001 nuits. Carré réalisera 144 planches en couleurs hors textes qui trouvent leur place dans les 12 volumes de l’édition de luxe de Piazza. Pour en avoir une bonne idée, voyez l’album publié par bnf.fr qui propose une sélection d’illustrations commentées de Léon Carré dans l’ordre où elles apparaissent dans l’édition Piazza. Allez voir, vous ne serez pas déçu. Cliquez ici.

POUR UNE LECTURE HISTORIQUE DES MILLE ET UNE NUITS propose une analyse historique des contes tels qu’ils sont versés dans la première édition de l’ouvrage en Égypte en 1835. Jean-Claude Garcin, éminent historien de l’Islam médiéval passe en revue les différentes influences et censures successives qui ont modelé la version égyptienne telle que nous la connaissons aujourd’hui. Très intéressante analyse de contenu et de contexte. Le livre a été publié en 2013 chez Acte Sud.

LES MILLE ET UNE NUITS est une bande dessinée envoûtante, une œuvre remarquable de deux excellents scénaristes américains de bandes dessinées : Richard Corben, surtout connu pour ses œuvres de fantasy et Jan Strnad, connu pour son travail sur l’univers de Star Wars. Cette BD pénètre les contes des 1001 nuits et en déborde avec entre autres le huitième voyage de Sinbad, un inédit qui se fond dans l’esprit des contes en y restant fidèle. Les critiques publiées sur la bedethèque sont flatteuses et soulignent entre autres l’originalité de l’œuvre.

Une belle façon d’entrer dans le royaume des 1001 nuits est de passer par la porte de la cuisine. C’est une façon de dire que la cuisine orientale est toute de saveurs délicates et de parfums envoûtants. Dans RECETTES DES 1001 NUITS : À LA TABLE DE SHÉHÉRAZADE, un collectif publié par Hachette, les personnages emblématiques des contes vous convient à leur table. Par exemple, le sultan Shahryar livre sa meilleure recette de boulettes de lentilles, Sindbad le marin et ses brihouhats aux crevettes, Ali Baba et sa tajine de poulet, olives vertes et citron vert. Shéhérazade vous sucre le bec avec des cornes de gazelles entre autres. Dans ce livre vous trouverez une centaine de recettes orientales qui vous enchanteront vous et vos invités. C’est un voyage gastronomique qui nous entraîne au Maghreb, en Inde, en Irak et au Liban entre autres. Le livre offre de nombreuses photos pleine page qui, avec une puissante force d’attraction vous fais pénétrer dans l’univers enchanteur de la cuisine orientale dite des mille et une nuits.

Sans dénier aux Mille et Une Nuits l’aspect divertissant, cet ouvrage veut montrer, grâce au thème du voyage, que ces contes étaient ancrés à à des réalités multiples, puisqu’ils ont traversé les temps et les lieux en incorporant à chaque étape de nouvelles histoires et en adaptant le contenu à d’autres mentalités. Les Mille et Une Nuits contes réputés arabes, sont en fait un fabuleux creuset où se sont mêlés des éléments grecs, chinois, indiens et persans, réunis sur le tard par un liant arabe.

POUR LES JEUNES LECTEURS

Je ne vous ai donné que quelques exemples de sous-thèmes liés aux CONTES DES MILLE ET UNE NUITS. Ce n’est que la pointe de l’iceberg. Les contes ont bercé et stimulé à la fois des dizaines de générations. Si vous voulez allez un peu plus loin sur la question, je vous invite à consulter le dossier de PATRIMOINE PARTAGÉ. Cliquez ici. Vous pouvez également consulter un dossier très complet concernant les 1001 nuits sur Wikipédia. Cliquez ici. Je signale aussi à l’intention des parents, que les CONTES DES 1001 NUITS sont expliqués aux enfants dans le très beau site 1 jour 1 actu. Cliquez ici.

Mon choix était de lire l’intégrale, ce que j’ai fait sans le moindre regret. Vous pouvez, si vous le désirez, vous en tenir aux contes les plus lus ou les plus populaires. Ils sont disponibles séparément. D’une façon ou d’une autre, je vous invite à tenter l’aventure.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le mardi 22 octobre 2019

La semaine des bibliothèques publiques du Québec

LA SEMAINE DES BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES
DU QUÉBEC

Hommage aux bibliothèques
de la ville de Québec

La maison de la littérature est une composante majeure du réseau des bibliothèques de Québec. En plus d’offrir les services d’une bibliothèque publique, on y trouve une exposition sur la littérature québécoise, un studio de création, un atelier de bd et une résidence d’écrivains. À longueur d’année, une programmation variée garde bien vivante et vigoureuse la scène littéraire. La maison de la littérature est aménagée dans l’ancien temple Wesley au cœur du vieux Québec.

LA VIE EN PAGE
*J’avais trouvé ma religion : Rien ne me
parut plus important qu’un livre. La
bibliothèque, j’y voyais un temple. *
(
Jean-Paul Sartre-LES MOTS)

Bibliothèque de l’Assemblée Nationale du Québec

Vingt-six bibliothèques forment actuellement le réseau de bibliothèques publiques de la ville de Québec. Les bibliothèques ont beaucoup changé avec le temps. Les autorités ont reconnu dans ces temples de l’enrichissement de l’esprit la clé d’une culture en mouvance. Nos bibliothèques ont été mises en valeur et sont devenues des bijoux d’architecture et d’aménagement et aussi de service avec des centaines de milliers de livres, revues de toutes sortes et divers document…une collection dite flottante car si vous êtes membres d’une bibliothèque à Québec, vous êtes automatiquement membre du réseau. Vous empruntez un livre à Charlesbourg ? Vous voulez le remettre à Sainte-Foy ? Aucun problème.

Nos bibliothèques ont magnifiquement évolué, s’ajustant constamment aux goûts et aux besoins du public. Elles offrent par exemple une grande variété de ressources numériques : livres et encyclopédies, musique en continu et vidéos et toutes les collections sont mises à jour régulièrement et ne cessent de s’enrichir. Pour tous les détails et les avantages d’être membre du réseau, visitez le site de la bibliothèque de Québec vous ne serez pas déçus. Vous y trouverez entre autres l’ensemble des programmes offerts par la bibliothèque de Québec, y compris les activités pour les enfants. Ces activités sont gratuites la plupart du temps.

Personnellement, je suis fier de la bibliothèque de Québec. Dans toutes les bibliothèques que j’ai fréquentées j’ai pu profiter d’un excellent confort pour la lecture ou la recherche informatique, un éclairage étudié, un environnement aussi calme que stimulant. Je peux rester des heures dans une bibliothèque sans en sortir fatigué. Bravo à tous les personnels qui sont chaleureux et accueillants et qui prennent bien soin de nos bibliothèques. Je vous souhaite une magnifique semaine des bibliothèques publiques et j’invite ceux et celles qui ne l’ont pas encore fait à visiter une bibliothèque.

L’addiction vous guette…

QUELQUES BIBLIOTHÈQUES DU RÉSEAU
DE QUÉBEC

La bibliothèque Étienne Parent
La bibliothèque Gabrielle Roy et bibliothèque Aliette-Marchand

La bibliothèque Saint-Charles

 La Bibliothèque Roger Lemelin et à droite, la Bibliothèque Félix Leclerc


Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé (Montesquieu 1689-1755)

BONNE SEMAINE DES BIBLIOTHÈQUES
ET BONNE VISITE
JAILU/Claude Lambert
Le samedi 19 octobre 2019

Pour la liste complète des bibliothèques publiques du réseau de Québec, cliquez ici

 

Pour suivre le réseau sur Facebook, cliquez ici.


 

LE PÈRE NOËL S’APPELLE BASILE, de PIERRE PELOT

*Basile ne répondit pas, ne trouva pas un mot
ni un son, rien que la sécheresse soudaine au
fond de sa gorge. Ce ton employé soudain
par l’homme avait un effet plus glaçant que
l’extérieur embrouillasse.*

(Extrait: LE PÈRE NOËL S’APPELLE BASILE, Pierre Pelot,
éditions Bragelonne, 2013, Castelmore, édition
numérique, 80 pages, littérature jeunesse 7-10 ans)

Habituellement, Basile, neuf ans, rentre de l’école avec son père ou un autre parent d’élève. Mais ce jour-là est un peu particulier… Ce jour-là, la maîtresse a reçu un coup de téléphone qui l’a forcée à abandonner sa classe plus tôt que prévu. Ce jour-là, le petit garçon a décidé que rentrer à pied pour aller voir les décorations de Noël était une bonne idée. Ce jour-là… c’est le jour où Basile va faire la connaissance d’un jeune homme d’apparence sympathique, et accepter sans le savoir de conduire un agresseur à sa victime… En fait, l’homme que Basile rencontre est un père Noël très particulier….

 Un déclic qui clique
*Allez. Vite, souffla Livio.
Je ne suis pas fou tu vois…
C’est ce qui fait la différence,
sans doute…*
(Extrait : LE PÈRE NOËL S’APPELLE BASILE)

 Voici l’histoire d’un jeune garçon de 9 ans, Basile Hordeau, fils d’un acteur, Gérard Hordeau qui incarne l’inspecteur Dalong dans une populaire télésérie policière. Basile est un petit garçon généreux de nature. Un jour, sorti plus tôt de l’école parce que sa maîtresse a dû s’absenter, il décide d’aller admirer les magnifiques décorations de Noël dans le centre-ville. Mais il n’en parle à personne.

Ce soir-là, Basile aurait aimé être le Père Noël. Mais il ne rêvassa pas longtemps car il fût approché par un inconnu, un homme appelé Livio. Basile ne le savait pas mais Livio était un homme instable qu’il était préférable de ne pas contrarier. Livio cherchait une personne que Basile connaissait. Sans le savoir, Basile allait amener Livio à sa victime.

Ce récit qui est très court est classé thriller de Noël, mais en réalité c’est un conte. Avec un petit rebondissement et une petite morale. En fait, il va se passer quelque chose dans l’esprit de Livio. Un petit quelque chose qui vient nous rappeler que des personnes d’apparence foncièrement mauvaise ne sont dans les faits, pas si méchantes que ça.

Et puis il ne faut pas oublier qu’il y a la magie de Noël…n’est-elle pas capable de changer les cœurs… ? Basile n’a que 9 ans, il n’a pas encore trouvé une définition sérieuse du mal. Vous vous doutez sans doute que l’innocence et la pureté de cœur imprègnent le récit.

C’est une histoire légère et un peu linéaire. Il s’en dégage peu d’émotions. Basile va toutefois connaître la peur : *Il avait une voix maintenant rauque, glissée entre ses dents et ses lèvres sur un ton presque chantant, léger, terriblement venimeux pourtant. Ce ton-là acheva de transformer en véritable crainte ce qui venait d’éclore et s’était installé dans le ventre de Basile*. (Extrait)

Beaucoup d’aspects sont sous-développés dans le récit. En particulier le changement radical qui s’est opéré dans l’esprit de Livio : *L’homme se retourna. Une seconde, une éternité, le fusil fut braqué dans le mouvement droit sur Basile. Le bras retomba. De nouveau, la pesanteur du temps figea les gestes, les regards indéfiniment .* (Extrait)

L’auteur avait au départ l’idée, l’argumentaire et en fait tout ce qu’il faut pour publier un véritable thriller de Noël même et surtout en s’en tenant à la littérature-jeunesse. Il aurait été intéressant d’en savoir plus sur Livio, son passé, son attitude, ses motivations. Et puis je n’ai pas parlé de Dominique Xadé.

C’est la maîtresse d’école de Basile et elle joue un rôle très important dans l’histoire mais la psychologie et les motivations de Dominique sont à peine effleurées. Il y a Nicolas aussi, le conjoint de Dominique, fabricant de jouets de son état. Son rôle aurait pu être renforcé de façon significative l’atmosphère de Noël qui, me semble-t-il, fait un peu défaut parfois dans le récit.

Je m’attendais à plus, je m’attendais à mieux mais c’est quand même une belle petite histoire qu’un père ou une mère pourrait raconter à son enfant en alternant les sourires et les gros yeux.

Et puis Pellot a créé un personnage principal très sympathique. Basile est terriblement attachant et il devient naturel pour les jeunes lecteurs de s’y attacher et c’est sans compter sur son engouement pour les décorations de Noël : *C’était ce spectacle que Basile était venu contempler. Aux approches de Noël, à l’éclosion des décorations urbaines, il se sentait volontiers inspecteur vigilant du phénomène. Instinctivement concerné.* (Extrait)

L’histoire est courte et manque d’actions mais j’ai passé un bon moment avec Basile. C’est une lecture sympathique. Je vous suggère donc ce livre à inclure dans votre bibliothèque de Noël. J’en profite pour vous souhaiter un très très joyeux temps des fêtes. On se retrouve en 2018.

Pierre Pelot est un auteur Vosgien né en 1945. Il a écrit plus de cent cinquante romans dans les genres les plus divers, dont beaucoup ont été traduits dans plus de 20 langues. Avec des œuvres dont DELIRIUM CIRCUS ou LA GUERRE OLYMPIQUE, il reste l’un des meilleurs auteurs de SF française. En compagnie d’Yves Coppens, il a signé LE RÊVE DE LUCY et SOUS LE VENT DU MONDE. ÉTÉ EN PENTE DOUCE a été adapté au cinéma. Le film a connu des succès flatteurs…

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 17 décembre 2017

 

LE SCANDALE DES EAUX FOLLES

Commentaire sur le livre de
MARIE-BERNADETTE DUPUY

*Nous avons reçu ce matin le message suivant :
Saint Gédéon, LE PROGRÈS DU SAGUENAY, Chicoutimi L’eau du lac est à 24,1 à l’étage ici ce matin. Cinq pelles sur sept, à la Petite Décharge, ont été fermées. L’inondation bloque le chemin, les bâtisses sont envasées, les dommages qui sont causés par la fermeture des écluses sont incalculables. Nous en appelons aux autorités pour qu’elles forcent la compagnie à ouvrir les pelles. Pareille chose ne s’est jamais vue depuis quarante-cinq ans, même sans les écluses. L’eau monte toujours. Signé chanoine E. Lavoie, Joseph Girard.
(Extrait : LE SCANDALE DES EAUX FOLLES, Marie-Bernadette Dupuy, les Éditions JCL, 2014, édition de papier, 635 pages.)

1928 : des crues exceptionnellement fortes éprouvent les riverains du Lac St-Jean inondant les terres arables, emportant des ponts et forçant l’évacuation de nombreuses habitations. Cette situation serait attribuable à la construction d’un barrage 2 ans plus tôt près d’Alma. C’est une véritable tragédie, pour les agriculteurs entre autres. Alors que les citoyens assistent, impuissants à la montée des eaux, on retrouve le corps de la jeune Emma Cloutier, morte noyée près de la ferme familiale. Officiellement, elle s’est noyée, mais ce drame fait naître les pires rumeurs. Rongée par le doute quant aux causes de la noyade, l’aînée de la famille Cloutier, Jacinthe est déterminée à obtenir des réponses aussi éprouvantes soient-elles. Pendant son enquête, Jacinthe découvre, entre autres, qu’elle connaissait bien peu sa sœur finalement…

Mort en eaux troubles
*Nous avons pleuré la jeune Emma, devenue
institutrice dans une autre municipalité,
reprit le prêtre. Nous l’avons crue victime
d’un accident, noyée dans les eaux en crue
du lac. Mais il n’en était rien.*
(Extrait : LE SCANDALE DES EAUX FOLLES)

J’en ai peut-être déjà parlé, si oui, j’y reviens brièvement. Il y a des livres, pas beaucoup, qui me font un effet particulier dans le dos : une sorte de frisson, une vibration qui semble influencer les fonctions lacrymales.

C’est étrange, mais c’est agréable. Il y a longtemps que j’ai réalisé que cette sensation est provoquée par l’émotion que j’éprouve à la lecture d’un livre qui a de l’effet sur moi. C’est rare mais ça m’arrive. Le SCANDALE DES EAUX FOLLES a eu cet effet sur moi.

LE SCANDALE DES EAUX FOLLES est l’œuvre d’une romancière brillante et prolifique, spécialiste des grandes sagas : Marie-Bernadette Dupuy, une auteure française passionnée du Québec et cette passion transpire dans l’ensemble de son œuvre.

Dans LE SCANDALE DES EAUX FOLLES, l’auteure situe son intrigue à la fin des années 1920 lors des grandes inondations du Lac Saint-Jean. L’histoire commence à Saint-Prime : la plus jeune de la famille Cloutier, Emma, est retrouvée noyée dans des eaux peu profondes du Lac près de la rive, non loin de la ferme des Cloutier.

Officiellement, Emma s’est noyée. Mais sa sœur Jacinthe a de sérieux doute et entreprend une recherche qui devient une véritable quête de la vérité. Elle apprendra beaucoup de choses. Entre autres, qu’Emma était loin d’être une fille vertueuse à l’instar de ses sœurs, Jacinthe et Sidonie.

Au cours de sa recherche, Jacinthe apprend qu’Emma a eu un enfant qu’elle a abandonné immédiatement à une famille quelque part. Convaincue maintenant qu’Emma a été assassinée, Jacinthe s’impose deux objectifs : retrouver l’assassin et retrouver l’enfant.

Avec intelligence et sa plume d’une remarquable fluidité, l’auteure raconte le quotidien d’une famille meurtrie non seulement par la mort d’Emma, mais aussi par de lourds secrets de famille qui sont mis au jour.

J’ai suivi l’enquête de Jacinthe avec beaucoup d’intérêt et malgré les longueurs, j’avais beaucoup de difficulté à fermer le livre tellement l’intrigue est captivante. L’histoire a comme toile de fond, les grandes inondations de 1928, même si elles plantent le décor, elles sont d’une grande exactitude historique. En général, l’ouvrage est très bien documenté et l’ensemble est crédible. Pour moi, il est évident que l’auteure a fait une recherche sérieuse.

Le livre comporte toutefois ce que je considère comme une faiblesse. J’ai trouvé le rythme de l’histoire très lent et le récit tourne parfois en rond. C’est peut-être le piège classique des longs pavés. Ce livre fait quand même 630 pages ou c’est parce que Jacinthe va de piste en fausse piste et que son enquête qui est très longue donne l’impression qu’elle ne finit pas de finir.

Après la découverte du corps d’Emma en particulier, le rythme tombe, il n’y a plus d’action sur une centaine de pages et le récit prend l’allure d’une chronique linéaire. Puis, le rythme finit par augmenter avec des hauts et des bas et finalement le dernier quart est génial et on a droit à un *happy ending* de grande classe.

Cette faiblesse est largement compensée entre autres par le côté attachant des personnages, par l’atmosphère que l’auteure a su imprégner à son récit incluant la profondeur des sentiments et les non-dits, les rebondissements dramatiques, le réalisme de l’ensemble en particulier le portrait d’une famille complexe, une fratrie instable qui réussit à sortir plus forte d’un épisode noir d’une puissante intensité dramatique. Ce dernier côté m’a fait particulièrement vibrer…suffisamment pour me donner le goût de connaître la suite.

J’y reviendrai sans doute. Entre temps, je n’hésite pas à vous recommander la lecture de LE SCANDALE DES EAUX FOLLES.

LA SUITE

Marie-Bernadette Dupuy est une écrivaine française née à Angoulême en 1952. Son enfance de petite fille un peu rêveuse se déroule dans les rues étroites de la cité médiévale. Après une série de polars et plusieurs livres portant sur la royauté, le succès est enfin au rendez-vous en 2002 avec L’ORPHELINE DU BOIS DES LOUPS qui lui assurera une notoriété internationale. Suivront une trentaine de titres à succès dont certains seront traduits en plusieurs langues. La série la plus populaire est sans contredit celle de L’ENFANT DES NEIGES dont l’action se déroule au Lac St-Jean tout comme c’est le cas pour LE SCANDALE DES EAUX FOLLES. Pour en savoir plus sur Marie-Bernadette Dupuis, consultez son site officiel

Image du site www.pinterest.com  Il s’agit d’une photo prise probablement sur le
boulevard Saint-Joseph à Roberval le 30 mai 1928.

BONNE LECTURE
JAILU
le dimanche 24 septembre 2017

YUL ET SA CLIQUE, une BD de JULIEN MARIOLE

Yul et sa clique
1. L’âge de raison

La clef, extrait de YUL ET SA CLIQUE, 1. L’âge de raison. Scénario, dessins et couleurs : Julien Mariolle. Éditions Sandawe, 2014, 50 pages, édition numérique, collection Youbox.

YUL ET SA CLIQUE est une série de sketches en bandes dessinées mettant en scène Yul que l’auteur appelle un *adulescent* c’est-à-dire un jeune adulte qui peine à maturer. La vie de Yul est complètement chambardée quand il emménage avec Sam, sa copine, mère de jumelles : Liz et Lola. Yul est un grand amateur de science-fiction et de cinéma fantastique. Il va devoir concilier ses rêves et son travail avec son nouveau rôle de papa de substitution et conjoint d’une mère-poule. YUL ET SA CLIQUE passe en revue le quotidien de Yul…le quotidien rocambolesque d’un éternel adolescent. 

Immature mais tellement attachant 

C’est la première fois que je commente une bande dessinée et  ma foi je me demande pourquoi j’ai tant tardé. Après tout, c’est la bande dessinée qui m’a introduit dans le merveilleux univers du livre et je ne m’en privais pas : Tintin, Spirou, Quick et Flupke, Jo et Zette, Bob et Bobette, Gaston Lagaffe, Astérix…Voilà…je me reprends aujourd’hui.

Avant de faire mon choix, j’ai fait une longue recherche pour me familiariser avec l’univers actuel de la bande dessinée. J’ai fait d’extraordinaires découvertes de talents et d’imagination…des bédéistes québécois comme, entres autres,  Michel Rabagliati, Réal Godbout, Philippe Girard, Michel Falardeau et des bédéistes d’ailleurs…Christophe Allerston, Matt Groening avec les Simpson, Philippe Chapuis le créateur de TITEUF sans oublier l’immortel Uderzo….et j’en passe comme vous vous en doutez.

Il fallait faire un choix et celui-ci s’est arrêté sur YUL ET SA CLIQUE, une excellente bande dessinée de Julien Mariolle un bédéiste français qui en a écrit le scénario et réalisé les dessins…une remarquable manifestation de talents. J’ai ri. J’ai même beaucoup ri.

YUL ET SA CLIQUE est un opuscule humoristique qui comprend deux sketches par page, indépendants les uns des autres mais formant une histoire continue. Il se lit vite et bien et j’ai même eu plaisir à le relire.

Que ce soit voulu ou non, tous les livres portent en eux des petits messages, ou des pensées, des réflexions ou dépeignent des réalités qui nous touchent. YUL ET SA CLIQUE ne fait pas exception à la règle car l’histoire est bâtie sur le thème de la famille recomposée. Ça ne fait pas de l’ouvrage une profonde étude sociologique, mais beaucoup de lecteurs se reconnaîtront et en riront car l’humour de Mariolle est omniprésent et efficace.

Je vous invite donc à faire la connaissance de Yul, immature mais tellement drôle et sympathique, et de sa clique…parfait pour tous les âges y compris les vieux qui sont demeurés jeunes.

Julien Mariolle est un bédéiste français né en 1978 dans la région Bordelaise, plus précisément à Libourne. Dès son enfance, il rêve de devenir dessinateur humoristique et créateur de bandes dessinées pour adultes. Après l’obtention du BAC, Julien Mariolle décroche un diplôme de narration graphique à l’École Supérieure de l’Image d’Angoulême. Il devient par la suite professeur d’arts plastiques et fait ses débuts dans la création graphique. Il signe son premier album en 2009 aux éditions Les enfants rouges, DANS LES CORDES. LE TEMPS DES CERISES SUIT EN 2010. Brillante carrière en évolution.

BON DIVERTISSEMENT
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 14 mai 2017

L’ÉPREUVE, tomes 2 et 3 de JAMES DASHNER

L’ÉPREUVE
Tome 2 : La terre brûlée
Tome 3 : Le remède mortel

*C’est votre dernière chance. Faites
demi-tour et vous éviterez la découpe*
(Extrait : L’ÉPREUVE, tome 2, LA TERRE BRÛLÉE,
James Dashner, 1ère parution 2010, t.f. 2013,
Éditions Pocket Jeunesse, num. 330 pages)
*…Si vous perdez une partie de votre corps
à la suite d’une rencontre malheureuse avec
un fondu, je vous conseille fortement de faire
une croix dessus et de vous tirer le plus vite
possible. Sauf s’il s’agit d’une jambe
évidemment.
(Extrait : L’ÉPREUVE, tome 3, LE REMÈDE MORTEL,
James Dashner, t.f. 2014, Pocket jeunesse, num.
325 pages)


LES TOMES

2 et 3

de la

trilogie

L’ÉPREUVE

Ces deux volumes constituent les tomes 2 et 3 de la trilogie L’ÉPREUVE de James Dashner. TOME 2: LA TERRE BRÛLÉE. Après leur incroyable aventure dans LE LABYRINTHE (tome 1 dont j’ai déjà parlé sur ce site) Thomas et ses amis se retrouvent dans un monde apocalyptique, ravagé, brûlé, accablé par un climat ravageur…plus d’ordre, plus de gouvernement et partout, des gens infectés par la braise, une maladie qui provoque une folie meurtrière. Thomas et ses *blocards* ont donc une 2e épreuve à subir: traverser les terres brûlées et atteindre un refuge prévu par les «créateurs» avant d’accéder à l’épreuve finale.

TOME 3: LE REMÈDE MORTEL. Les blocards arrivent graduellement à la conclusion de leur épreuve mais ce ne sera pas simple. Il semble que ce soit à eux de compléter le plan pour le traitement de la braise. De plus en plus irrités par les machinations du WICKED et suite à une turbulente chaîne d’évènements, Thomas et ses amis décident de se révolter contre les mystérieux créateurs et de faire éclater la vérité. Mais celle-ci ne serait-elle pas trop dangereuse pour la répandre. Thomas n’est pas au bout de ses surprises et le lecteur non plus.

LA BRAISE ET LE CHAOS
*On ne peut plus s’amuser à deviner ce qu’ils
ont derrière la tête. Parfois, ils élaborent des
plans rien que pour m’obliger à faire le
contraire de ce qu’ils croient que je pense
qu’ils veulent*
(Extrait : L’ÉPREUVE, tome 3, LE REMÈDE MORTEL)

Pour bien comprendre la trame des tomes 2 et 3 de L’ÉPREUVE, il est de loin préférable d’avoir lu le tome 1 LE LABYRINTHE et je vous dis N’HÉSITEZ PAS. Vous ne serez pas déçu. Je vous invite d’ailleurs à lire mon commentaire sur le LABYRINTHE.

Faisons d’abord un bref retour en arrière. Pour des raisons inconnues au départ, des jeunes à qui on a enlevé la mémoire sont réunis dans un endroit mystérieux, artificiel, appelé LE LABYRINTHE. Ils sont approvisionnés et leur séjour dure environ deux ans. Ils ne le savent pas, mais ils vivent la première d’une série d’épreuves infligées par de mystérieux inconnus appelés CRÉATEURS, des scientifiques qui appartiennent à une organisation appelée WICKED. Également sans le savoir, ils se préparent à la deuxième épreuve. Un livre passionnant même si on ne savait pas exactement où l’auteur voulait en venir, ce qui est normal dans le premier tome d’une trilogie.

Dans le second tome, qui amène les jeunes dans LA TERRE BRÛLÉE, le fil conducteur du récit se précise et se solidifie : tout tourne autour de la braise, une maladie créée artificiellement suite aux terribles éruptions solaires qui dévastent la terre et qui enlève aux victimes toute humanité avant de mourir.

La deuxième épreuve oblige les jeunes à traverser la TERRE BRULÉE, affronter les victimes de la braise qu’on appelle les FONDUS et gagner un refuge indiqué par les agents du WICKED. Ce refuge est un piège grossier qui les amènera au troisième opus : LE REMÈDE MORTEL.

Dans le REMÈDE MORTEL, la plupart des jeunes ont retrouvé la mémoire et doivent maintenant vivre avec car ils comprennent beaucoup mieux les motivations du WICKED, suffisamment en tout cas pour le combattre et le détruire. C’est la mission que les jeunes se sont donnée eux-mêmes, grâce entre autres, à des alliés imprévus, mais plusieurs y laisseront leur peau.

J’ai adoré le tome 2. L’histoire démarre en trombe et l’action va en s’intensifiant. Les rebondissements nombreux et rapides ainsi que le réalisme du récit m’ont rivé au volume. J’ai trouvé l’ensemble légèrement supérieur au tome 1. Ne soyez pas surpris, les raisons qui forcent les jeunes à affronter tellement de cruauté ne sont dévoilées qu’au compte-gouttes. J’ai dû me creuser la tête mais les idées et l’imagination extraordinaire déployées par Dashner nous obligent pratiquement à aller de l’avant.

Je me suis donc senti entraîné, accroché en particulier à Thomas, un personnage attachant autour de qui tout a commencé. Notez toutefois que les nombreux retournements de situation et les multiples directions que prend le scénario rendent la lecture parfois un peu compliquée. Mais c’est surmontable. L’intrigue est complexe et ce n’est pas dans ce tome que j’ai entrevu ne serait-ce qu’une petite partie du fin mot de l’histoire. Rendez-vous donc au tome 3.

J’ai eu un peu plus de difficulté avec LE REMÈDE MORTEL. Quelle série ne souffre pas tôt ou tard d’un certain degré d’essoufflement? Me suis-je demandé. Cette difficulté vient en grande partie des nombreux et imprévisibles changements de direction dans le scénario de l’auteur. Et puis dans le récit, personne ne fait confiance à personne.

Je sais que cette confusion est créée par le WICKED et qu’en principe, sa place est logique, mais il y a beaucoup d’invraisemblance et j’ai trouvé l’ensemble un peu tiré par les cheveux. Je n’ai pas senti le réalisme qui m’avait accroché au tome 2. Plusieurs questions sont restées en suspens. Malgré tout, je me suis laissé emporter par le suspense, l’émotion et la fluidité de la plume.

Bien sûr, j’ai eu le fin mot de l’histoire sur le destin des jeunes et surtout sur les motivations du WICKED et ça c’est un aspect extrêmement intéressant. Le WICKED avait pour mission d’assurer la survie du monde par tous les moyens. A-t-il réussi? Peut-on être d’accord avec les moyens qu’il a utilisés? Là-dessus, James Dashner ne se prononce pas. Le lecteur doit composer avec son libre arbitre et prendre position, l’auteur nous laissant avec une passionnante question à saveur philosophique à débattre. L’ÉPREUVE a été pour moi une belle et grande lecture.

Je me propose maintenant de lire le préquel de la trilogie L’ÉPREUVE qui raconte les évènements précédant LE LABYRINTHE alors que le soleil menace l’humanité. J’y reviendrai bientôt sur ce site.

TERRE BRÛLÉE AU CINÉMA

Adapté du deuxième tome de la trilogie L’ÉPREUVE de James Dashner, le film TERRE BRÛLÉE, réalisé par Wes Ball est sorti en 2015. C’est James Dashner lui-même qui a scénarisé le film. Dans la distribution, on retrouve surtout des jeunes évidemment dont Dylan O’Brien, Kaya Scodelario, Thomas Brodie-Sangster et Ki Hong Lee.

Au moment d’écrire ces lignes, la sortie du troisième et dernier film est planifiée pour 2017. 

James Dashner est né aux États-Unis en 1972. Après avoir écrit des histoires inspirées du SEIGNEUR DES ANNEAUX sur la vieille machine à écrire de ses parents, il a suivi des études de finance. Mais, très vite, James Dashner est revenu à sa passion de l’écriture. Aujourd’hui, depuis les montagnes où il habite avec sa femme et ses quatre enfants, il ne cesse d’inventer des histoires, influencé par ses lectures et ses films préférés. Sa série L’ÉPREUVE a rencontré un grand succès aux États-Unis et un film intitulé LE LABYRINTHE adapté du premier volume, est sorti en 2014, suivi de LE LABYRINTHE LA TERRE BRÛLÉE adaptation du deuxième roman sortie en 2015.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le 5 mars 2017

PASSEPEUR TRIO TERREUR NO 3, de RICHARD PETIT

*Comme dans un cauchemar, il se met à avancer
vers vous telle une araignée géante dans une
cacophonie de grincements. Vous ne savez pas
quoi faire car vous n’avez jamais été attaqué
par un luminaire…*
(Extrait : Passepeur trio terreur no 3, texte et
illustrations de Richard Petit, Éditions Boumerang
jeunesse, 2008, réédition 2015, papier,  384 pages)

Les TRIOS TERREUR de PASSEPEUR sont des compilations de trois mini-romans ayant chacun plusieurs finales possibles. Ce sont les jeunes lecteurs qui décident des directions à prendre, des moyens de contourner les obstacles, et des conclusions possibles pour chaque récit. Les pages du destin, qui font intervenir le hasard, ainsi que des petits jeux éducatifs aident les jeunes à se diriger vers la meilleure finale possible. Les trois titres bourrés de pièges, et de situations étranges et mystérieuses : LE PROF CANNIBALE, BIENVENUE AU ZOORREUR et LE LABYRINTHE DU CYCLOPE.  Plusieurs finales sont possibles mais une seule permet de terminer le livre.

Les titres :

Le prof cannibale : À l’école Saint-Macabre, il faut tout prix éviter la retenue, car elle pourrait être mortelle…
Bienvenue au Zoorreur : Visite dans un zoo terrifiant où il est strictement interdit de nourrir les ANIMONSTRES!
Le labyrinthe du cyclope : L’endroit ressemble à un parc d’attractions, mais les lieux sont maudits et il semble qu’il n’y ait qu’une seule façon d’en sortir…couché dans un cercueil.

La bande des téméraires de l’horreur
*Paralysé par la peur, tu ne peux pas bouger
un seul muscle pour tenter de t’enfuir. De
la tombe voisine, une grosse tête poilue
émerge de la neige.*
(Extrait : LE LABYRINTHE DU CYCLOPE, PASSEPEUR,
Trio terreur numéro 3, Richard Petit)

Les ouvrages de la collection PASSEPEUR sont des livres jeux-aventures pour les jeunes qui décident eux-mêmes du déroulement de l’intrigue. C’est un véritable défi pour les jeunes lecteurs et lectrices qui ont à choisir le chemin à prendre pour arriver à la finale appropriée. Quand je dis défi, je pèse le mot, car dans le trio PASSEPEUR numéro 3, je me suis cassé le nez plusieurs fois. Par exemple, dans le récit ZOORREUR, il y a 19 façons de finir l’aventure, dans LE PROF CANNIBALE, il y en a 21. Dans tous les cas, une seule fin permet vraiment de terminer l’aventure.

Voici un exemple de direction à prendre. Dans le récit LE LABYRINTHE DU CYCLOPE, on passe du chapitre 1 au 7, puis le 4 qui nous laisse cinq autres choix de direction : le 2, le 10, le 29, le 36 et le 35. Si vous choisissez le chapitre 29 par exemple, vous devrez tourner les pages du destin, c’est-à-dire feuilleter le livre au hasard et suivre les instructions afin de déterminer si vous allez au chapitre 21 ou au chapitre 3. Si vous choisissez le chapitre 21, ça vous amènera par la suite au chapitre 30, puis au 65 et ainsi de suite…

Vous avez compris qu’il serait inutile de suivre les chapitres dans l’ordre. La compréhension de l’histoire serait impossible. Je pense que l’auteur a eu l’idée géniale d’amener les jeunes non seulement à LIRE un livre, mais aussi à le VIVRE comme une aventure. Ainsi, les jeunes lecteurs et lectrices doivent manipuler le livre, le feuilleter, chercher, comprendre, fouiller, déduire. Chaque histoire est comme un labyrinthe. La sortie est quelque part. Il faut la trouver.

J’ai trouvé l’idée géniale quoique je mets un petit bémol… je trouve que pour chaque aventure, il y a trop de directions à prendre. Le fait qu’une seule fin possible sur une vingtaine permette de terminer l’aventure peut décourager les jeunes de terminer le livre. En tout cas, ma patience à moi a été soumise à rude épreuve.

Toutefois, le livre contient beaucoup de forces qui peuvent, je l’espère, amener les jeunes à persévérer. Tous les livres de la collection sont abondamment illustrés et développent bien sûr des sujets d’horreur, de terreur et de frissons dont la jeunesse raffole : zombies, fantômes, êtres difformes, monstres, endroits hantés, fantômes, cannibales et j’en passe.

Ajoutons à cela une plume facile à suivre qui permet au jeune lecteur tutoyé de s’identifier à un des héros et l’encourage dans cette voie. Les chapitres sont courts et les instructions à suivre sont limpides. Chaque volume est bien ventilé et je le rappelle, bourré d’illustrations originales réalisées avec brio par l’auteur Richard Petit.

Un des côtés le plus intéressant des PASSEPEUR est qu’ils initient les jeunes à une démarche de recherche et ce, de façon amusante. Ne serait-ce que pour encourager le goût de la lecture, la curiosité intellectuelle et le développement à long terme de la qualité du français orthographique, j’invite et encourage les jeunes à relever le défi.

Richard Petit est un romancier québécois né le 7 mars 1958. Il est auteur et illustrateur de romans pour la jeunesse. Très prolifique, Richard Petit a publié plus d’une cinquantaine de romans dont la série tout à fait innovatrice TÊTE-BÊCHE LIMONADE écrite essentiellement pour les jeunes filles. On lui doit aussi la série ZOMBIRA. Toutefois, la plus populaire de toutes ses séries demeure PASSEPEUR : des livres-jeux du genre aventure-horreur qui sont de véritables petits *labyrinthes* de lecture dans lesquels les jeunes lecteurs et lectrices doivent déterminer eux-mêmes la fin appropriée. Son travail auprès des jeunes a valu à Richard Petit le prix PERSONNALITÉ DE L’ANNÉE de l’Association québécoise des Salons du Livre en 2005.

Quelques autres PASSEPEURS…

    PASSEPEUR

Pour parcourir les livres de la collection PASSEPEUR, cliquez ici.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
8 janvier 2017