PETIT GUIDE POUR LES MORTS

Je me pose des questions qui me font
Perdre du temps. C’est vrai,  mais j’ai
Toujours été ainsi.  Dois-je changer
Maintenant que je suis mort?

(extrait de CARNET DE VOYAGE D’UN MORT
DÉBUTANT, Isabelle Bouvier, Iboux éditions, 2012)

Commentaire sur le livre
CARNET DE VOYAGE D’UN MORT DÉBUTANT
D’ Isabelle Bouvier

La mort, c’est le meilleur moment de la vie, c’est pourquoi il est préférable de le garder pour la fin.

Gustave Parking

Isabelle Bouvier a imaginé le carnet de voyage de Paul qui, après sa mort se retrouve dans un endroit de transition où il peut, même mort, continuer à vivre une vie ressentie. Il y a bien sûr quelques exceptions, issues de l’imaginaire de l’auteure comme par exemple le fait de faire apparaître des choses en les souhaitant très fort. Dans ce monde mystérieux où apparemment il ne fait que passer, il attend une lettre qui lui expliquera la suite des évènements.

Paul profite de cette transition pour entreprendre une quête complexe : comprendre le sens de la vie et de la mort, comprendre ce qu’il fait là et comprendre aussi les gens qui l’entourent…bref une quête au bout de la mort.

Il retrouve son papy, fait la connaissance de l’énigmatique  monsieur jeudi, se fait une amie : Maria et entreprend un journal où il consigne ses questionnements,  ses observations, ses recherches et ses rencontres.C’est un magnifique petit livre sans prétention et tout en sensibilité. Dans ce livre, il n’y a pas de discours, de manifestations morales ou de théories compliquées sur la vie après la mort. Isabelle Bouvier raconte très simplement sa vision du cheminement d’un homme simple, attachant avec un petit côté *enfant*, après sa mort.

En fait, c’est un livre qui pousse à l’introspection en évitant le piège de l’examen de conscience et de la fameuse psychose du ciel et de l’enfer. Avec un brin de poésie, une douce pointe d’humour, l’auteure laisse supposer que bien des questions trouvent leurs réponses dans le cœur des vivants. Loin d’être moralisateur, l’ouvrage est de nature à apaiser l’esprit qui se préoccupe davantage de la mort que de vivre. C’est un petit livre rafraîchissant qui se lit vite et en douceur.

L’auteure Isabelle Bouvier

Je vous recommande CARNET DE VOYAGE D’UN MORT DÉBUTANT, le premier roman d’Isabelle Bouvier…bon jusqu’au dernier mot.Pour en savoir davantage sur Isabelle Bouvier, je vous invite à visiter son blog au http://monavistinteresse.blogspot.fr/

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
AVRIL 2014

Une incursion chez les dégénérés

LES 120 JOURNÉES DE SODOME

Commentaire sur le livre du
Marquis de Sade

*…il se relève, baise encore la petite fille,
lui expose un gros vilain cul sale qu’il lui
ordonne de secouer et de socratiser;…*
…………….
*…Moi qui vous parle, j’ai bandé à voler,
à assassiner, à incendier, et je suis
parfaitement sûr que ce n’est pas l’objet
du libertinage qui nous anime,  mais
l’idée du mal.*
(extraits de LES 120 JOURNÉES DE SODOME, 1785)

Vers la fin du règne de Louis XIV, quatre psychopathes de 45 à 60 ans se réunissent pour mettre à exécution une bacchanale d’une incroyable perversité. Le président DeCurval, le financier Durcet, le duc de Blangis et l’évêque son frère sont des aristocrates dont l’énorme fortune n’est que le produit du crime. Ces quatre êtres sans morale réunissent 38 objets de luxure pour les soumettre à leur pouvoir absolu : leur épouse, 8 jeunes garçons, 8 jeunes filles, tous kidnappés,  8 sodomistes choisis pour leur dimension monstrueuse, quatre femmes sexagénaires pour garder le harem, quatre proxénètes appelées historiennes et six cuisinières et servantes. Les 42 personnages s’enferment dans un château isolé pour 120 journées d’une orgie sans nom, dans un crescendo d’horreur. 

UNE INCURSIONS CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS

J’ai longtemps hésité avant d’écrire un article sur le Marquis de Sade. Après tout, que peut nous apprendre le Marquis hormis cette incroyable capacité qu’ont beaucoup d’êtres humains (trop nombreux hélas) à dépasser les limites de la perversité et de la cruauté. Et puis je me suis longtemps demandé pourquoi certains pontes de la critique littéraire prétendent que le Marquis de Sade doit figurer dans toutes bonnes bibliothèques dignes du titre. Et je me suis aussi demandé quelle était l’urgence d’adapter ces livres au cinéma (ce qui n’a donné que de parfaits navets) Peut-être ai-je voulu jouer le jeu pour vider la question.

Alors j’ai lu deux livres du Marquis : LA PHILOSOPHIE DANS LE BOUDOIR, un torchon élimé et simpliste, et comme deuxième livre (il n’y en aura pas d’autres, y’a rien de plus sûr) LES 120 JOURNÉES DE SODOME.

C’est après la lecture seulement que j’ai réalisé que ces deux titres étaient des œuvres dites clandestines du Marquis de Sade. C’est-à-dire que le Marquis a nié les avoir écrites jusqu’à ce que la preuve ait été faite qu’il en était bien l’auteur.

Le Marquis de Sade a passé presque la moitié de sa vie en prison, pour crimes multiples dont plusieurs épisodes de débauche. D’ailleurs son livre LES 120 JOURNÉES DE SODOME a été écrit à la Bastille vers la fin de 1785.

Ce livre innommable a été écrit dans un français plus que douteux et très expédié par un esprit torturé. De plus, la version numérique sur laquelle je suis tombée était bâclée complètement. Je m’en suis toutefois contenté, presqu’hypnotisé au départ par une gentille note d’avertissement de l’éditeur : *Voici un livre nauséabond, à tel point qu’il semble voué à finir comme il fut écrit, sous forme de feuilles volantes clouées au mur d’un cabinet d’aisance…un livre criminel et pourtant empreint de la plus froide raison*

Un peu plus loin, le Marquis lui-même semble nous prévenir que si on n’a pas le cœur solide, mieux vaut ne pas entreprendre la lecture de ce livre cru et sans âme.

Le fil conducteur de ce livre (car il y en a un malgré tout) est l’expérimentation, en 120 journées, de 600 perversions les plus représentatives des théories du Marquis de Sade développées dans l’ensemble de son œuvre. C’est ici que l’avertissement du Marquis dont j’ai parlé plus haut prend tout son sens : *C’est maintenant, ami lecteur, qu’il faut disposer ton cœur et ton esprit au récit le plus impur qui ait jamais été fait depuis que le monde existe…*

Cette histoire est donc l’exécution de toutes les facettes de la perversion. Ce livre est insoutenable et réunit ce que le marquis considère sans doute comme les raffinements du libertinage mais que moi je considère plutôt comme la dérive totale d’un esprit tordu : sadomasochisme explicite jusqu’à l’ennui, coprophagie, scatologie, torture, bacchanale, sodomie, pornographie bas de gamme, meurtre pour le plaisir et j’en resterai là.

Je ne nie pas que le Marquis de Sade ait laissé sa marque dans la littérature. Elle est effectivement difficile à éviter. Mais à la lumière du propos de LES 120 JOURNÉES DE SODOME, je dirais qu’en matière de littérature ordurière, on ne peut faire ni mieux ni pire.

Quant aux raisons pour lesquelles le Marquis de Sade devrait obligatoirement figurer dans toutes bonnes bibliothèques qui se respectent, je suis maintenant fixé, il n’y en a pas. Je considère (et c’est très personnel) que le Marquis de Sade est la représentation ultime de l’absence de raison.

Je suis heureux de passer à autre chose.

JAILU
MARS 2014

(En Complément…)

Inferno

Mes chaleureuses salutations à vous amies lectrices et amis lecteurs!

C’est à mon tour de mettre mon grain de sel dans le débat entourant le dernier opus de Dan Brown : INFERNO.

Je dis débat parce que l’accueil du livre a été un peu mitigé…les avis sont partagés…beaucoup de critiques sont sévères et même caustiques dans certains cas.

Vous voulez savoir ce que j’en pense?
Alors je vous invite à lire mon article et plonger avec moi dans l’enfer de Dante…

Aller lire mon commentaire sur INFERNO de Dan Brown

JAILU

 

INFERNO

Commentaire sur le livre
INFERNO
de Dan Brown

*…L’humanité sans régulation se comporte
comme une maladie endémique, un cancer…
nous devenons plus nombreux à chaque
génération et bientôt ce qui nourrissait notre
vertu et notre altruisme sera réduit à néant.
Alors viendra le règne de la bête en nous…
Voici que vient le neuvième cercle de Dante…*
(extrait de INFERNO, Dan Brown, éd. JC Lattès, 2013)

Le sixième roman de Dan Brown : INFERNO met en scène encore une fois, le célèbre professeur et expert en symbologie Robert Langdon. Un jour, Langdon se réveille dans un hôpital de Florence, amnésique. Il n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé dans sa vie dans les 48 dernières heures. À partir de son réveil, les évènements se précipitent. Il semble qu’on en veut à sa vie. Il fuit, aidée par son médecin la docteure Sienna Brooks. Il découvre qu’il transporte à son insu un tube métallique semblable à ceux qu’on utilise pour stocker des virus mortels hautement contagieux. Il semble que tout le monde cherche Langdon. Il est en danger et il a peu de temps pour éclaircir ce mystère car il semble que les habitants de la planète entière courent un grand danger. Il devra alors s’investir dans la résolution d’un enchaînement d’intrigues et d’énigmes…

Les énigmes que Langdon aura à résoudre sont inspirées de l’enfer décrit par DANTE ALIGHIERI, poète florentin du XIIIe siècle dans sa célèbre DIVINE COMÉDIE.

Robert Langdon sera finalement confronté à un savant transhumaniste, Bertrand Zolbrist, célèbre biochimiste, persuadé que l’humanité court rapidement à sa perte si le nombre d’habitants sur terre n’est pas drastiquement réduit.

AVANT-PROPOS : LE TRANSHUMANISME

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et de la technologie pour améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains tels que les handicaps, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort, subis comme inutiles et indésirables.

Comme le transhumanisme présente autant d’avantages que de dangers, la perspective transhumaniste d’une humanité transformée suscite de nombreuses réactions tant positives que négatives, issues de courants de pensée très divers.

En regard du livre de Dan Brown, INFERNO, je préciserai que Robert Langdon sera finalement confronté à une vision du transhumanisme extrapolée jusqu’à en être déformée. L’argumentaire développé à la fin du volume tend à amener le lecteur à prendre position ou l’amène tout au moins à une réflexion sur ce sujet controversé.

L’UNIVERS DE DANTE
*on ne peut voir la vérité
qu’avec les yeux de la mort*

Concernant INFERNO, j’ai lu beaucoup de critiques et de commentaires en provenance de journalistes, chroniqueurs, critiques littéraires et d’internautes. Certaines de ces critiques sont favorables, mais beaucoup sont plutôt acides, disant que la formule *BROWN* est plutôt cuite, que plus ça change plus c’est pareil, qu’on rame dans les mêmes eaux, que c’est toujours le même moule, toujours le même plat mettant en présence un concept scientifique et une œuvre d’art. Beaucoup s’attendaient à mieux de la part de Brown.

Je m’attendais à mieux moi aussi et pourtant, j’ai aimé ce livre. Me voici à contre-courant encore une fois je le crains.

Il est évident que la griffe de Brown est reconnaissable dans INFERNO car tous les ingrédients de sa recette habituelle sont réunis : enchevêtrements de notions d’art, d’histoire, d’architecture, de science et de technologie, une mystérieuse organisation, risques élevés d’une catastrophe de grande envergure, beaucoup de coïncidences et d’invraisemblances et il se trouve ici que l’amnésie de Langdon est bien pratique pour l’auteur mais amène difficilement le lecteur à participer à la solution de l’intrigue.

L’aspect divertissant d’un livre est évidemment important pour moi, mais j’aime aller au-delà. J’aime apprendre, observer, réfléchir et méditer sur les thèmes et éléments divers qui portent à réflexion. Comme dans INFERNO, le lecteur est poussé à réfléchir et méditer sur les dangers potentiels d’une augmentation exponentielle de la population mondiale.

Il se trouve aussi que j’aime l’histoire et l’architecture. Quant aux invraisemblances, je crois qu’elles ont toujours fait partie de l’univers du roman, même si elles doivent avoir une limite.

Il faut donner à Brown ce qui lui revient. Ses livres sont très bien documentés et les aspects pédagogiques qui en ressortent sont crédibles. Je note aussi que dans INFERNO, le fil de l’histoire est solide, stable et continu. Il tient sur la notion de transhumanisme décrite plus haut et sur un chef d’œuvre historique de la poésie : LA DIVINE COMÉDIE DE Dante Alighieri, une œuvre remarquable connue et étudiée dans le monde entier.

Le poète y narre un voyage à travers les trois règnes supraterrestres : INFERNO (l’enfer), PURGATORIO (le purgatoire) et PARADISO (le paradis). Toutes les énigmes du livre de Brown sont basées sur le premier règne : INFERNO qui est devenu le titre du livre. Je savais peu de choses de Dante Alighieri et de la DIVINE COMÉDIE. Maintenant, je me considère pratiquement initié.

À ces aspects culturels et pédagogiques qui ajoutent à la valeur littéraire de INFERNO, j’ajoute quelques éléments intéressants que j’aime bien retrouver dans un suspense : des chapitres courts (il y en a une centaine dans ce livre de 525 pages, édition numérique), des rebondissements, mystère, intrigues haletantes et une finale un peu spéciale qui n’est pas sans faire réfléchir comportant un argumentaire sur les motivations du savant qui a tout déclenché.

En fin de compte j’ai aimé ce livre même si je m’attendais à de la nouveauté et aussi à un peu plus d’originalité. Brown reste fort mais un petit changement de recette serait sûrement le bienvenu. J’aurais envie de lui dire, pour le prochain livre, cette fois, surprend-moi…

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Août 2013

(En complément…)

Einstein – Comment je vois le monde

« La condition des hommes s’avérerait pitoyable s’ils devaient être domptés par la peur d’un châtiment ou par l’espoir d’une récompense après la mort. »

« Mais c’est la personne humaine, libre, créatrice et sensible qui façonne le beau et le sublime, alors que les masses restent entraînées dans une ronde infernale d’imbécillité et d’abrutissement. »

« Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement.

« Je crois que l’exagération de l’attitude férocement intellectuelle, sévèrement orientée sur le concret et le réel, fruit de notre éducation, représente un danger pour les valeurs morales. Je ne pense pas aux risques inhérents aux progrès de la technologie humaine, mais à la prolifération des échanges intellectuels platement matérialiste, comme un gel paralysant les relations humaines. »

« Et pourtant je crois profondément en l’humanité. Je sais que ce cancer aurait dû depuis longtemps être guéri. Mais le bon sens des hommes est systématiquement corrompu. Et les coupables se nomment: école, presse, monde des affaires, monde politique. »

« C’est le rôle essentiel du professeur d’éveiller la joie de travailler et de connaître. »
(Voir le complément pour plus!)

« Si l’on sépare le judaïsme des prophètes, et le christianisme tel qu’il fut enseigné par Jésus-Christ de tous les ajouts ultérieurs, en particulier ceux des prêtres, il subsiste une doctrine capable de guérir l’humanité de toutes les maladies sociales. »

« Je m’imagine qu’une des motivations les plus puissantes qui incitent à une oeuvre artistique ou scientifique, consiste en une volonté d’évasion du quotidien dans sa rigueur cruelle et sa monotonie désespérante, en un besoin d’échapper aux chaînes des désirs propres éternellement instables. Cela pousse les êtres sensibles à se dégager de leur existence personnelle pour chercher l’univers de la contemplation et de la compréhension objectives. »

-Comment je vois  le monde, Albert Einstein

Ce sont ces citations et extraits qui m’ont poussé à chercher le livre Comment je vois le monde, de Albert Einstein. Il ne s’agit pas d’une biographie, ça semble plutôt être une réelle volonté d’Einstein d’en dire d’avantage sur sa vision des choses, ses idées, ses opinions. J’avoue qu’après une première lecture (et même la relecture de certains passages), eh bien je n’ai vraiment pas tout compris. Le texte est par moment dense et technique. Le livre est divisé en quatre grands thèmes (Le pacifisme, la lutte contre le nazisme, les problèmes juifs, et la science), eux même subdivisés en plusieurs articles. Ça aide un peu la lecture, mais ça ne rend pas vraiment le tout plus assimilable.

Ce que j’ai retenu surtout de Comment je vois le monde, c’est qu’Einstein parle de la paix, de la démilitarisation, de l’abolition du service militaire obligatoire, du désarmement. Il est aussi question de science évidement, et aussi de religion, surtout du judaïsme. Le tout à travers des textes personnels, des échanges de lettres et des discours  Certains passages sont parfaitement clairs et inspirants, alors que d’autres furent insaisissables pour un non-initié comme moi, quand il aborde la philosophie ou la physique par exemple.

Je ne regrette pas la lecture de ce livre, car malgré tout j’ai pu en apprendre beaucoup sur le personnage et son époque également (ce livre couvre de 1934 à 1955, l’année de la mort d’Einstein). Mais si quelqu’un veut vraiment se documenter, je conseillerais plutôt de partir en quête d’une bonne biographie. Je ne recommande ce livre qu’aux connaisseurs, aux collectionneurs, aux « Einsteinologues » en devenir.

Phenixgoglu
Mars 2013
(En complément…)

Rêveries – Beaudelaire – Edgar Allan Poe

Je ne suis pas un grand amateur de poésie, si je compare au roman par exemple. Mais une ou deux fois par année j’aime bien me plonger dans un classique.

De temps en temps au travail, je lève les yeux de mon écran pour regarder par la baie vitrée. Celle-ci donne une vue très vaste du ciel surplombant une autoroute congestionnée au quotidien. Là, fixant les cumulus indifférents, dans une rêverie furtive, un désire d’éloignement, je me remémore le premier poème en prose du livre Le Spleen de Paris, de Charles Baudelaire. Si vous ne devez lire qu’un livre de ce poète, excluant évidement les traductions des nouvelles d’Edgar Allan Poe, que ce soit celui-ci!

Charles Baudelaire – Le Spleen de Paris – L’Étranger
« Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
– Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
– Tes amis ?
– Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
– Ta patrie ?
– J’ignore sous quelle latitude elle est située.
– La beauté ?
– Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
– L’or ?
– Je le hais comme vous haïssez Dieu.
– Eh! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
– J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ! »

Dans un autre ordre d’idée, je me suis rendu compte récemment que j’ai lu de Baudelaire beaucoup plus de ses traductions d’Edgar Poe que de ses propres textes! Et je ne crois pas être le seul dans cette situation. Je ne connais pas grand chose sur Baudelaire mais je crois savoir que l’un comme l’autre avait ce côté artiste maudit tellement fascinant. Du coup je me suis posé la question, est-ce que c’est cette ressemblance, cette connexion profonde, qui a poussé Baudelaire à traduire Poe? Ou était-ce simplement parce qu’il admirait ses écrits?

Si ces questions vous intéressent, je vous recommande la lecture de cette page de blog. Bien que d’une présentation grossière, il s’agit d’une excellente analyse complète et riche en détails et en sources. Vous découvrirez que les motivations de Baudelaire étaient étonnamment beaucoup plus complexes qu’il n’y paraît!

Phenixgoglu
Février 2013

John Case – Genesis … Religion, Meurtres et…Génétique?

Je viens de terminer GENESIS, le premier roman de John Case (Il s’agit d’un pseudonyme collaboratif, voir le complément). Le quatrième de couverture en parle comme d’un thriller scientifique, ce qui est ridicule. À mon avis le suspense n’y est pas suffisamment intense pour le qualifier de thriller, et la science n’y prend vraiment pas assez de place pour le qualifier de scientifique. Par contre il n’est pas mauvais! Mais  selon moi il s’agit plutôt d’un roman policier. Seul le dénouement nous immerge vraiment dans la science complexe de la génétique et c’est peut-être là où la classification est détournée.

Dans un petit village d’italie, un vieux docteur fera une confession des plus troublantes au curé de la paroisse. Le sujet de cette confession restera inconnu du lecteur jusqu’à la fin. Une chose est sûr, il s’agit d’une révélation qui bouleversera la face du monde, et la face de la chrétienté. Plus tard à des kilomètres de là, la soeur et le neveu de Joe Lassiter périssent dans un terrible incendie criminel. Lassiter, à la tête d’une agence de détective prospère, fera enquête.

J’ai beaucoup aimé la plume de John Case dans ce livre. Il décrit bien les décors mais juste ce qu’il faut, il étale bien le style de ses personnages mais juste ce qu’il faut, il ajoute de la chair à son récit mais juste ce qu’il faut. Il a cette tendance à « décrire ce qui doit arriver avant que ça arrive ». Par exemple il décrit comment le curé devra obtenir un entretien avec les haut placés du Vatican, ou comment un grand brûlé sera traité à son arrivée à l’hôpital. Ces détails font de GENESIS un roman agréable et léger.

L’histoire est plutôt linéaire, une première intrigue est posée au début (la confession), puis mise en suspens pour laisser place à une autre (l’incendie criminel) qui évoluera très progressivement jusqu’à la fin du roman où, on s’en doute, elle rejoint la première. Cette double intrigue compense pour le rythme un peu lent et le manque d’action dans la majeur partie du livre. Joe Lassiter, l’unique héro du roman, est un personnage qui gagne à être connu et pour lequel on éprouve de l’empathie, quoique son côté cossu de riche héritier prospère à parfois tendance à briser la magie.

J’ai bien aimé ce livre et je relierai assurément un autre livre de John Case un jour. J’ai lu des extraits assez convaincants de SYNDROME, je crois bien que ce sera le suivant!

Phenixgoglu
Janvier 2013

(En complément…)

D’étoile en étoile

Amateurs de lecture, je vous salue. Pour débuter cette série de collaborations
à ce blogue, j’ai pensé attirer votre attention sur une trouvaille que j’ai faite
récemment lors d’une de mes nombreuses pérégrinations sur internet. Attiré
cette fois par un goût de fantastique et de science-fiction, j’ai découvert Maurice
Limat, un auteur français extrêmement prolifique qui vécut de 1914 à 2002.

Quand je dis prolifique, c’est peu dire, d’autant qu’il a publié sous plusieurs
pseudonymes : Maurice Lionel, Maurice d’Escrignelles, Lionel Rey, Lionel
Rex.Vous verrez par vous-même en consultant la bibliographie très partielle
proposée à la fin de cet article.

Maurice Limat a publié une quantité considérable de petits romans d’aventure, devenu célèbre pour ses romans de science-fiction réunis dans des collections non moins célèbres, en particulier FLEUVE NOIR dont il est devenu le pilier.

C’était un passionné d’occultisme, des mystères de l’espace, de science-fiction, de fantastique.

Maurice Limat a écris plus de 500 romans. C’est énorme pour un lecteur comme moi qui aime varier ses découvertes. Et puis il faut bien passer à autre chose. Néanmoins, je me suis attardé à la fameuse collection FLEUVE NOIR. J’ai lu en
tout 27 romans de cette collection. Voici les titres:

Un astronef nomme péril – La cloche de brume – Les cosmatelots de Lupus –Les créatures d’Hypnos – Un de la galaxie – Le dieu couleur de nuit – Et la comète passa – L’étoile de Satan – Le flambeau du monde – Flammes sur Titan – Les foudroyants – Fréquence ZZ – Ici finit le monde – J’écoute l’univers – Lumière qui tremble – Particule zéro – La planète de feu – Plus loin qu’Orion – Les portes de l’aurore – Le septième nuage – Les sirènes de Fao – Le soleil de glace – Les soleils noirs – Tempête sur Goxxi – La terre n’est pas ronde – Le treizième signe du zodiaque – Le voleur de rêves.

À la lecture de ces petits romans, j’ai été agacé par le manque d’aboutissement et de fini, des conclusions hâtives et quelques fois bâclées. Toutefois, cette faiblesse évidente est compensée par une force non moins évidente, soit l’idée que se fait l’auteur de l’univers. Ici, Limat fait preuve d’une imagination extraordinaire. Il a créé des centaines de mondes, sur des centaines de planètes avec leur flore, leur faune, leurs mystères, leurs phénomènes étranges, leurs peuples, leur organisation administrative et politique, leurs guerres et l’éternelle dualité entre les dominants et les soumis.

J’ai fait aussi des trouvailles étymologiques fort originales, des mots qui parlent par eux-mêmes : cosmatelot, astroport, volnager, coplanétriotes, etc. Enfin, je ne voudrais pas passer sous silence, les personnages que Limat a créé et qui gravitent autour de deux héros : Robin Muscat, policier de l’interplan (créé sur les bases de l’interpol actuelle), la police interplanétaire…un personnage énergique, brillant au caractère fort et pas toujours prévisible et son ami, le Chevalier Coqdor que j’appelle le détective de l’esprit, un personnage sympathique, sensible et attachant qui met ses importants pouvoirs paranormaux au service du bien et de la justice.

Je ne dirai pas que ces romans sont des chefs d’œuvre ou même des ouvrages de haut niveau, mais je vous recommande de les explorer, question de vous offrir une petite fantaisie rafraîchissante en pénétrant dans des mondes mystérieux et fascinants. Maurice Limat a dépeint, pendant un peu plus de trente ans et un peu plus de cinquante romans, l’épopée d’une race humaine qui, partie de sa Terre natale, a su s’allier avec les races voisines de Mars et Vénus puis, de là, se lancer à la découverte de la Galaxie pour enfin fièrement prendre place aux côtés des natifs d’Altaïr et de Persée…

Dépaysement garanti…

JAILU
Octobre 2012
(En Complément…)