HANNIBAL, le livre de Thomas Harris

*-Evalda ! Pas de résistance. Venez vers moi !…Evalda l’ignore. Elle se dirige droit sur Brigham. La couverture du bébé flotte dans le vent. Le MAC10 aboie dessous, Brigham s’écroule, sa visière rouge de sang.*
(Extrait : HANNIBAL, Thomas Harris, Pocket numérique, 2000, 980 pages)

Sept ans ont passé depuis Le Silence des agneaux. Depuis, Hannibal Lecter vit sous nom d’emprunt à Florence, en Italie, où le faux docteur, vrai serial killer, mène la grande vie. Sur ses traces, Clarice Sterling, agent modèle du FBI. Mais elle n’est pas la seule à le pister : Mason Verger, une des premières victimes d’Hannibal Lecter, attend sa vengeance. La lutte peut-elle être égale entre cet homme cloué à son lit d’hôpital, accroché à son respirateur artificiel, qui tente de tirer parti de toutes les potentialités d’Internet pour mener sa traque, et le redoutable Lecter ?

Démence à long terme
*Une seule arme autre que le fusil à air comprimé
était autorisée dans la mission, celle de Johnny
Mogli. Un Shérif adjoint de l’Illinois…C’était
quelqu’un qui approuvait tout ce que disait sa
victime avant de l’abattre.*
(Extrait)

Dans cette histoire, on retrouve un des personnages les plus odieux et les plus monstrueux de la littérature et du cinéma : Le docteur Hannibal Lecter que j’appelle le <cannibale en série> de la littérature moderne.

HANNIBAL est le troisième volume d’une série de quatre. Le célèbre docteur a d’abord fait son apparition dans DRAGON ROUGE publié en 1981 mais il a vraiment connu le sommet de la gloire dans LE SILENCE DES AGNEAUX publié en 1988. L’originalité de cette série n’a jamais vraiment été battue selon moi.

Dans ce troisième opus, on se retrouve donc sept ans après les horreurs relatées dans LE SILENCE DES AGNEAUX. Une des rares victimes de Lecter à avoir survécu, Mason Verger, défiguré et presqu’à l’état de légume, peaufine une cruelle vengeance avec des raffinements de cruauté< je veux que Lecter soit dévoré en deux services. Le premier soir, les porcs lui rongeront les pieds … Ensuite, il patientera jusqu’au lendemain, sans ses pieds, pour que les cochons le liquident. > extrait

Toutefois, pour accomplir son œuvre, Verger a besoin de la seule personne pour laquelle Hannibal Lecter entretient un certain sentiment : l’agente du FBI Clarice Sterling qui a, elle, aussi, un compte à régler avec le tueur en série. Starling sert donc d’appât dans cette cruelle machination.

Ici, le personnage de Lecter est à l’image du roman : fort et d’une crudité parfois désarmante. Il est calme, calculateur et peut-être aussi subtil que froidement direct : <Pour en venir à un sujet connexe, signore Pazzi, j’envisage sérieusement de manger votre femme.> extrait

Le pouvoir descriptif du récit qui entre jusque dans les détails les plus crus est la première force du volume. Le docteur Lecter a une espèce d’aura qui mystifie le lecteur. Il est énigmatique, mystérieux, froid et indifférent, en plus d’être extrêmement intelligent, attribut essentiel si on veut être le criminel le plus recherché de la police américaine.

Le personnage a été longuement imaginé, travaillé et mûri de façon à donner froid dans le dos au lecteur et à la lectrice. De plus, l’agente Starling dresse, au cours du récit un profil psychologique du docteur Lecter d’une remarquable précision, même s’il ne dit pas tout. <Sa seule appartenance au genre humain a toujours été un sujet de controverse et de spéculation dans les milieux psychiatriques.> Extrait

La vengeance de Mason Verger, cruellement imaginée, donne au récit un caractère immersif. Il n’y a pas d’erreur, si vous êtes comme moi, vous risquez d’être happé par ce roman attractif, quitte à atteindre les limites du dégoût.

C’est un roman qui, bien qu’il soit très fort et intelligemment développé, est dérangeant, noir. Le cannibalisme y est traité avec une légèreté irritante. <la gastronomie classique veut que la cervelle soit rincée, essorée et mise au frais une nuit entière pour lui donner toute sa fermeté>. Extrait

Je le répète c’est un roman très fort et son caractère attractif confirme son succès. Moi j’ai été un peu déçu, en particulier de la voie choisie par l’auteur pour Clarisse Starling.  L’ouvrage sera sûrement perçu différemment d’un lecteur à l’autre. Il faut simplement avoir le cœur solide et se rappeler que ce n’est qu’un roman. Pour ma part, ma quête des pérégrinations du docteur Lecter s’arrête là.   

Suggestion de lecture : ALLIANCE OBSCURE, de Jean-François Thiery               

LA SÉRIE

L’écrivain américain Thomas Harris est né en 1940 à Jackson dans le Tennessee. Dans les années soixante, il envoie ses premiers textes à des magazines, des nouvelles macabres qui se distinguent par un sens aigu du détail. Après le succès de Black Sunday, son premier roman publié en 1975, Thomas Harris se consacre entièrement à l’écriture. Il met six ans à écrire son deuxième roman, Dragon rouge, publié en 1981, qui introduit le serial killer le plus populaire de la littérature : Hannibal Lecter, dit « Le Cannibale ».

La suite de ce livre, Le Silence des agneaux, est un immense succès, et son adaptation cinématographique entre dans la légende hollywoodienne avec cinq oscars. Hannibal, le troisième volet de la série, a été adapté au cinéma par Ridley Scott. Hannibal Lecter : les origines du mal, adapté au cinéma avec Gaspard Ulliel dans le rôle-titre en 2007, revient sur l’enfance du célèbre serial killer.

Hannibal au cinéma

L’adaptation cinématographique de HANNIBAL a été réalisée par Ridley Scott en 2001. D’après l’œuvre originale de Thomas Harris, le scénario a été signé par David Mamet et Steven Zaillian. Sont réunis à l’écran : Anthony Hopkins dans le rôle d’Hannibal Lecter, Julianne Moore dans le rôle de Clarisse Sterling, Gary Oldman dans le rôle de Mason Verger et Ray Liotta dans le rôle de Paul Krendler. HANNIBAL est le troisième volet de la série et suit le plus célèbre : LE SILENCE DES AGNEAUX réalisé par Jonathan Demme en 1991, Oscar du meilleur film et du meilleur acteur.

 

Bonne lecture
le dimanche 20 novembre 2022
Claude Lambert

LE LAMBEAU, le livre de Philippe Lançon

Version audio

*Je ne retrouvais plus mon cahier. Il était pourtant
dans mon sac au moment de l’attentat et il m’avait
suivi à l’hôpital où je m’en étais servi dans les
premiers jours pour écrire, ne pouvant parler.*
(Extrait : LE LAMBEAU, Philippe Lançon, Gallimard
éditeur, 2018, durée d’écoute : 16 heures 3 minutes.
Narrateur : Denys Podalydès)

Lambeau, subst. masc.  
1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.  
2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. « Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire » (Borel, Champavert, 1833, p. 55). 
3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. 

Le sens et la portée
*…je vous ai vu. Seul. À l’écart sur une table ou une commode,
je ne sais plus trop. Vous étiez choqué cela va sans dire. Vous
ne pouviez pas parler évidemment. Mais vos yeux disaient tout.
Vous imploriez de l’aide. Votre regard a croisé le mien et j’ai
détourné les yeux. Lâchement. Je me disais que je ne me remettrais
jamais de cette image de vous, en souffrance dans mes bras ou
dans mes mains. *
(Extrait)

 

Avant-propos :

Le 7 janvier 2015 à Paris, des terroristes islamistes, les frères Chérif et Saïd Kouachi pénètrent dans le bâtiment abritant le journal satirique CHARLIE HEBDO qui préparait la sortie de sa 1177e édition. Onze personnes seront froidement assassinées dont 8 membres de la rédaction. Premier attentat de trois en France pour le seul mois de janvier 2015. Celui de Charlie Hebdo sera le plus meurtrier.

Au cours de cet attentat, le chroniqueur Philippe Lançon sera gravement blessé au visage…une blessure qui nécessitera une intervention chirurgicale de quatre heures et par la suite, plus de vingt passages au bloc opératoire. Trois ans après cet incroyable gâchis, Philippe Lançon raconte les évènements.

Pour mieux comprendre le contexte des propos de Lançon, voyons d’abord ce qu’est CHARLIE HEBDO. Charlie Hebdo est un journal hebdomadaire satirique français fondé en 1970 par François Cavanna et le professeur Choron. Il fait une large place aux illustrations, notamment aux caricatures politiques, et il publie aussi des reportages à l’étranger sur toutes sortes de sujets explosifs dont la religion, les sectes, l’islamisme.

Dès 2006, Charlie Hebdo s’attire les foudres des pays musulmans en publiant les caricatures de Mahomet du Jylland posten. Au cours de l’attentat du 7 janvier 2015 à Paris, les frères Kouachi (dont Lançon ne cite jamais les noms dans son livre) pénètrent dans les locaux de CHARLIE HEBDO. Onze personnes sont tuées. Parmi les quelques survivants, le chroniqueur Philippe Lançon sera gravement blessé au visage…le menton et la mâchoire inférieure emportés par une balle.

Malgré tout, jamais le sentiment d’appartenance de Philippe Lançon à Charlie Hebdo ne s’est démenti : *Ce petit journal qui ne faisait de mal à personne…ce petit journal avait une grande histoire et son humour avait bienheureusement fait du mal à un nombre incalculable d’imbéciles, de bigots, de bourgeois, de notables, de gens qui prenaient le ridicule au sérieux* (Extrait : LE LAMBEAU)

Personnellement, j’ai toujours eu la certitude que plus on se rapproche de la vérité, plus on dérange. Toujours est-il que CHARLIE HEBDO était et demeure une institution. Les tueurs vengeurs croyant faire un exemple ont créé des héros, le nombre d’abonnés passant de 10 000 à 220 000…bien curieuse stratégie religieuse…

*Depuis quelques années, il était presque moribond, depuis la veille, il n’existait plus mais, il existait déjà autrement. Les tueurs lui avaient donné sur le champ un statut symbolique et international dont nous, ses fabricants, aurions préféré nous passer. * (Extrait)

Le récit s’ouvre sur le théâtre de Shakespeare et l’auteur parle de son faible pour Michel Houellebeck, célèbre écrivain qui a entre autres écrit SOUMISSION qui laisse à entendre que plus les hommes imagineront un Dieu qui est absolu, plus tyrannique sera sa loi. Il fut accusé d’Islamophobie. L’évocation de Houellebeck vient enrichir le contexte dans le récit de Philippe Lançon.

Toutefois, la majeure partie du récit raconte la chaîne d’évènement qui suivra l’attentat: La reconstitution du visage, de longues chirurgies, les greffes, les accessoires et le support médical, les épisodes d’espoir qui alternent avec les épisodes de découragement… une longue réhabilitation qui pousse à se demander si survivre confine au malheur, mais ce serait, je crois, mal connaître la bravoure de Philippe Lançon.

J’ai été subjugué par la forte intensité du récit, la pureté de l’écriture et la sincérité qui s’en dégage. Pas d’artifice, de passages spectaculaires. Je n’ai pas senti non plus de haine, de violence, de désir de vengeance. LE LAMBEAU est un livre de paix écrit par un homme de paix…l’histoire d’une reconstruction racontée en toute simplicité quitte à faire appel à l’occasion à la crudité.

J’ai apprécié l’écoute aussi, malgré la voix un peu blanche et sensiblement dépourvue d’émotion du narrateur. Mais peut-être est-ce voulu ainsi, Denys Podalydès ayant bien saisi l’esprit de l’auteur qui s’est bien gardé d’imprégner le récit de misérabilisme et de sensationnalisme.

Je me suis senti un grand respect pour Lançon. J’ai souffert pour lui, ressenti de l’empathie. Je m’en suis fait un petit frère. C’est un livre qui ébranle, qui brasse les émotions et qui surprend, entre autres par ses étroits liens avec la culture: le théâtre, la littérature et même le septième art.

Outre les références à Houellebeck, on sent l’influence de Beaudelaire, de Shakespeare avec LA NUIT DES ROIS, d’Arthur C Clarke et même de Stanley Kubrick qui a adapté à l’écran L’ODYSSÉE DE L’ESPACE 2001. Cet aspect du récit n’était certainement pas pour me déplaire. Le livre m’a aussi rappelé le dévouement et l’abnégation du personnel hospitalier qui regroupe avant tout des êtres humains, sujets à l’erreur.

Je pourrais en parler longtemps. Je dirai enfin que LE LAMBEAU est un livre magistral, profondément humain, un accroche-cœur que je n’oublierai jamais. Une de mes meilleures *lecture audio* à vie.

Suggestion de lecture : LE LIVREUR, de Marie-Sophie Kesteman

Philippe Lançon est un journaliste et romancier français né en 1963 à Vanves. il est journaliste au quotidien Libération, chroniqueur et critique littéraire, avec une passion particulière pour la littérature latino-américaine. Il a longtemps tenu la chronique Après coup consacrée à la télévision, et a participé au lancement des pages Portrait. 

Il est également chroniqueur pour l’hebdomadaire Charlie Hebdo et à partir de fin 2014 devient un membre de la tribune « théâtre » du Masque et la Plume sur France Inter.
Le 7 janvier 2015, sa vie bascule…

Bonne écoute
Claude Lambert
janvier 2020

 

HANDMAN, livre 1, DESTIN INDÉSIRÉ

Commentaire sur la BD de
QUENTIN LEFEBVRE

(Extrait : HANDMAN, par Quentin Lefèbvre, tome 1
DESTIN INDÉSIRÉ, édition originale, 2014, édition
numérique, 2018, 55 pages. Éditeur : Quentin
Lefebvre)

Mickael est un lycéen qui mène une vie tranquille. Un jour, par accident, il tombe et plonge ses mains dans un cours d’eau pollué, ce qui lui brûle les empreintes digitales. Il découvre alors, stupéfait, la force contenue dans ses mains a été radicalement modifiée : il peut les passer dans le feu sans se brûler, s’accrocher et même briser les murs sans peine ! Au lycée, le lendemain, il grave la trace de ses mains au sol en tombant dans des escaliers. Des élèves l’ont vu tomber, mais il s’enfuit sans qu’on voit son visage. Le journal du lycée parle de cet événement et surnomme le garçon qui a gravé ses traces de main au sol « Handman ». Personne ne sait que Mickael est Handman.

Dérangé par ses pouvoirs, peu courageux, voulant surtout garder une vie tranquille, le rôle de super-héros ne lui va pas. Il ne veut pas sauver le monde, combattre des méchants ou porter un costume moulant… Mais comment rester soi-même lorsque l’on a une force unique au monde ?

Un super héros réinventé

Extrait

Il est plutôt rare que je fasse irruption dans l’univers de la bande dessinée. Mais, tout récemment, en bouquinant sur Youboox, j’ai découvert une chouette petite série signée Quentin Lefèbvre, un jeune auteur bédéiste français. Tout m’a attiré dans Handman, le dessin, le texte, la qualité des personnages et les petites leçons de vie semées un peu partout dans la série.

Mais ce que j’ai trouvé surtout original c’est que Mickael est un superhéros pas du tout intéressé à combattre les méchants et sauver le monde.  Si le superhéros du genre Marvel a toujours été populaire, rarement aura-t-il été crédible. Or, toute l’histoire de Handman repose sur un paradoxe : Mickael le superhéros est un garçon plutôt pusillanime qui tient à sa petite vie privée, tranquille, peinarde. Mais a-t-il le choix ?

C’est ainsi que Quentin Lefèbvre a imaginé toute une chaîne d’évènements pour faire évoluer son personnage…est-ce pour tendre vers une acceptation de sa condition ? Je vous laisse le découvrir.

J’ai trouvé cette série sympathique et chaleureuse malgré un certain dépouillement graphique qui semble d’ailleurs être voulu. Axé sur la simplicité et certaines valeurs comme l’amitié, le récit suit le quotidien d’un lycéen doté d’un pouvoir extraordinaire suite à un contact de ses mains avec des substances nocives.

Le tome 1 montre un superhéros pour le moment inconnu, réfractaire à sa condition. Le tome 2 est un peu plus conventionnel. Les lecteurs plongeront rapidement dans ce récit qui se rapproche d’un fantasme classique qui caractérise les jeunes qui se font une définition très personnelle de la justice.

Qu’est-ce que je ferais si j’étais l’Araignée, Batman ou Handman? Beau travail de Quentin Lefèbvre qui signe ici un projet d’adolescence, la création d’un nouveau genre de héros. À lire absolument même si vous n’êtes pas amateur de BD.

Suggestion de lecture : LE PETIT MOZART, BD de William Augel

À lire aussi

Je m’appelle Quentin Lefebvre, je suis né près de Paris en 1990. Je suis auteur de bande dessinée/illustrateur. Ma première saga BD a été lancé avec le tome 1 de « Handman » en octobre 2014. Le tome 2 est arrivé en avril 2016, le tome 3 en 2017. Et d’autres suivront…

Je suis amoureux de la bande dessinée depuis mes 13 ans…J’invente et dessine mes propres histoires, c’est ce que j’aime faire dans la vie ! Je suis passionné par la BD ; j’en fais, j’en lis, j’en parle, j’en collectionne… Et j’adore aussi le cinéma, le dessin de presse, les jeux vidéo, la musique… (bedetheque)

Bonne lecture
Claude Lambert
janvier 2020

LE FABULEUX MAURICE et ses rongeurs savants

Commentaire sur le livre de
TERRY PRATCHETT

*Les rats ! Ils pourchassaient les chiens et mordaient les chats, ils… Mais il n’y avait pas que ça. Comme le disait le fabuleux Maurice, ce n’était qu’une histoire de rats et d’hommes. Et le plus difficile, c’était de définir qui étaient les hommes et les rats. *
(Extrait : LE FABULEUX MAURICE ET SES RONGEURS SAVANTS, Terry Pratchet, 2001. T.F. : 2004 par Librairie L’Atalante. Format numérique, 188 pages.)

Les déchets magiques de l’Université de l’Invisible ont transformé le chat Maurice et les rats des environs en créatures super intelligentes, dotées de parole et d’une conscience du monde très aiguë. Maurice est devenu le roi de l’arnaque. Avec sa bande de rats (Pur-Porc, le dominant, Pistou, le rat albinos, ou encore Sardines, pro des claquettes), il parcourt les cités qu’il pille joyeusement en simulant des invasions, grâce à un complice benêt, le joueur de flûte. Mais arrivés à Bad Igoince, la petite bande tombe sur un os. Un village sans rats où vivent pourtant des chasseurs de rats, voilà qui est étrange. Voire carrément malsain…

 

Les couleurs de l’imaginaire
*<N’importe qui peut attacher ensemble des queues de rats
s’il en a envie…je suis sûre que je pourrais, moi. –Avec des
rats vivants ? Tu dois d’abord les prendre au piège, ensuite,
tu de débats avec des espèces de bouts de ficelle glissants
qui gigotent sans arrêt pendant que l’autre extrémité des
bestioles continue de te mordre ! Huit rats ? Vingt ? Trente-
deux ? Trente-deux rats enragés ? > *
(Extrait)

J’ai été attiré par le titre bien sûr mais spécialement pas l’image de couverture. Attention toutefois car vous pourriez avoir la même impression que moi. En effet, l’image laisse à penser que Maurice est un chat savant qui fait des tours extraordinaires avec des rats dans un cirque. On est très loin du compte. Je dirais même que Terry Pratchett a tranché par son originalité.

Il a imaginé Maurice, un chat plutôt égocentrique et impudent, d’apparence en tout cas, et une bande de rats, tout ce beau monde ayant séjourné trop longtemps et trop proches d’une haute école de mage. Le résultat est extraordinaire car nos amis parlent maintenant. Ils peuvent penser.

Avec ce magnifique nouveau don d’intelligence, Maurice et les rats décident de parcourir les campagnes environnantes et d’arnaquer les habitants en simulant des invasions de rats et chargeant un complice humain, Keith de faire semblant de dératiser avec une flute. Mais, dans un village au bout de la route, la petite troupe trouvera chaussure pour chaque petit pied.

Cette façon qu’a Pratchett de faire fondre la nature des humains dans celle des rats est très spéciale et donnera lieu à des moments très drôles spécialement en mettant à la jonction des deux dimensions un chat : qui n’a jamais voulu être fabuleux et qui n’aime pas spécialement les rats. Il est aussi spécial que tout ce petit monde mette à profit ce don soudain d’intelligence en volant et en trompant.

Enfin On est humain ou on l’est pas et puis, tant qu’à penser…*-Ho, tu penses aussi hein ? fit Pur-Porc. Tout le monde pense ces temps-ci. Je pense que ça pense beaucoup trop, voilà ce que moi je pense. On ne pensait pas à penser. Quand j’étais jeune…* (Extrait) Ça donnera lieu à des moments parfois très émouvants, mais aussi cocasses voir drôles.

J’ai trouvé les dialogues avec les humains savoureux d’autant que ce sont des rats qui ont reçu l’intelligence et comme on le sait, le rat n’est pas spécialement le meilleur ami de l’homme. Le récit n’est pas seulement drôle, il est sensible, coloré, léger. C’est un livre-jeunesse mais j’ai eu beaucoup de plaisir à le lire.

La dimension humoristique du récit a été bien pensée en commençant par les noms donnés aux rats, suffisamment drôles pour changer un simple rictus en fou rire : Pure-porc, Pistou, Nutritionnelle, sardines, grosseremise, datlimite, saumure, pêches, offrespéciale, noir-mat et j’en passe.

Tout ce beau monde est dirigé, c’est une façon de parler, par celui qui a un nom bien humain, MAURICE, le fabuleux Maurice, le gentleman arnaqueur qui va entraîner le lecteur et la lectrice d’une péripétie à l’autre avec, au programme rater, dératiser, et encaisser.

*« On va leur en mettre plein la vue, conclut Maurice. Des rats ? Ils s’imaginent avoir connu des rats dans leur ville ? Après notre passage à nous, ils en feront des romans ! » (Extrait) Il y a dans ce livre un peu les caractéristiques d’un conte ce qui n’est pas sans rappeler les frères Grimm.

Il y a aussi un aspect légende, entre autres les rois des rats, attachés par la queue et à qui on prête des pouvoirs surnaturels. Je veux noter au passage les belles illustrations de David Whyatt. Elles sont trop discrètes à mon goût mais elles rehaussent le récit avec l’omniprésence de monsieur Lapinou qui rappelle Wish et les mangas des années 90.

Tout ceci donne à l’ensemble une richesse extraordinaire même si ça s’est déjà vu. Rappelez-vous LE JOUEUR DE FLUTE DE HAMELIN. Le livre de Pratchett en est la parodie.

Enfin, vous avez en présence un chat, des rats et des hommes. La violence est inévitable et il y a en a. Même Maurice meure dans cette histoire mais heureusement, il lui reste des vies dans son lot de 9. Il y a aussi dans le récit des longueurs. Quelques dialogues qui se ressemblent sensiblement.

Il faut surtout ne pas perdre de vue que la parole ne suffit pas nécessairement à prouver l’intelligence d’une part et que si les rats ont reçu le don de parole et de pensées, ils demeurent des rats avec des mœurs de rat. C’est un aspect du récit qui ne plaira pas à tout le monde. C’est un livre-jeunesse oui, mais avec certaines limites.

Dans l’ensemble, c’est un livre bien écrit, bien imaginé et surtout bien documenté. Pratchett n’a pas lésiné sur la recherche. Le tout est crédible.

Suggestion de lecture : CHRONIQUE POST-APOCALYPTIQUE D’UNE ENFANT SAGE, d’Annie Bacon

AVANT-PROPOS
Le Disque-monde est un univers imaginaire de fantasy burlesque développé à partir de 1983 par l’écrivain britannique Terry Pratchett dans la suite de romans Les Annales du Disque-monde et adapté depuis sur divers supports. La série de romans du Disque-monde comporte quarante-et-un volumes (trente-cinq annales et six romans dédiés à un public jeune), tous traduits en français. Il existe également un certain nombre d’ouvrages « hors-série ». La série a été adaptée en téléfilms, film d’animation, jeux vidéos et même en jeux de société.

Terry Pratchett est né en 1948 dans le Buckinghamshire. Voilà un écrivain dont l’humour donnera du fil à retordre à ses biographes ! Sa vocation fut précoce : il publia sa première nouvelle en 1963 et son premier roman en 1971. D’emblée, il s’affirma comme un grand parodiste : La Face obscure du soleil (1976) tourne en dérision L’Univers connu de Larry Niven ; Strata (1981) ridiculise une fois de plus la hard S.-F. en partant de l’idée que la Terre est effectivement plate.

Mais le grand tournant est pris en 1983. Pratchett publia alors le premier roman de la série du Disque-Monde, brillant pastiche héroï-comique de Tolkien et de ses imitateurs.

Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 12 novembre 2022

EXODUS, le célèbre livre de LEON URIS

*<À vous de jouer Sir, répéta le commandant.>
<Que tes ennemis périssent, Israël…>
murmura Sutherland. <Je vous demande
pardon Sir ?>*
(Extrait : EXODUS, Leon Uris,
Les Éditions Goélettes, 1999. Édition de papier,
565 pages)

1946. Alors que l’humanité tente d’oublier les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, des milliers de Juifs ont l’espoir de s’installer en Palestine pour y créer un État qui leur est propre. Les survivants des camps de concentration s’entasseront par centaines sur un vieux rafiot, l’Exodus, pour voguer loin du blocus qui les garde captifs, vers une terre d’ indépendance et de bonheur. Ce récit matérialise le désir de liberté de tout un peuple à travers les destins entrecroisés de ses personnages. Entre le passé et le présent d’une jeune fille et d’un jeune garçon ayant échappé à l’Holocauste, de Palestiniens ardemment convaincus par la cause, d’un militaire, d’un journaliste et d’une infirmière américaine, Leon Uris dessine une véritable fresque historique.

La terre promise
*…les juifs, eux, se montraient plus réalistes. Leur futur état
avait maintenant une parfaite base légale. Mais, si après
l’évacuation de la Palestine par les anglais, ils voulaient
proclamer leur indépendance, leurs cinq cent mille habitants
mal équipés devaient faire face, seuls à cinquante millions
d’arabes fanatisés.*
(Extrait)

EXODUS raconte, de façon romancée, la chaîne d’évènements la plus fascinante qui m’a été donnée d’explorer sur le plan littéraire, car je dois l’avouer ce sujet m’a toujours passionné.

Trois mille ans après avoir été affranchis de l’esclavage des égyptiens, des dizaines de milliers de juifs auront été rescapés des camps de la mort nazis, plus chanceux que six millions de leurs coreligionnaires gazés ou assassinés de toutes sortes de façons au nom d’une épuration ordonnée par un cinglé que les allemands suivaient comme un mouton.

Leon Uris raconte donc, en insérant des éléments fictifs, les évènements qui ont conduit à l’évacuation des juifs d’Allemagne en commençant par l’appareillage d’un bateau célèbre baptisé EXODUS, parti de Sète en 1947 à destination de la Palestine. Ce navire, qui n’était déjà qu’une casserole flottante, fût refoulé et malmené par la répression britannique.

C’est une grève de la faim très avancée qui a finalement ému l’univers médiatique et qui fut le prélude à une chaîne d’évènements ayant provoqué des milliers de morts mais qui ont finalement conduit à la naissance de Tel-Aviv et surtout, à la naissance de l’état d’Israël en 1948.

Ainsi, non seulement les rescapés de la guerre, mais aussi des juifs provenant de plus de 74 pays ont pu gagner une terre bien à eux, bien qu’elle ait été acquise dans le sang et les larmes. (D’après les recherches que j’ai faites, l’aventure de l’EXODUS tel que décrite par Uris ne correspond pas tout à fait à la réalité même si le résultat final est le même).

Ce livre évoque le courage, l’imagination, la ténacité et l’abnégation du peuple le plus opprimé dans l’histoire de l’humanité. *Le seul fait de notre existence constitue un miracle.  Nous avons survécu aux romains, aux grecs, même à Hitler. Nous survivrons encore à l’empire britannique. Le voilà notre miracle. * (Extrait)

Je suis loin d’être le seul qui a été ému par cette véritable fresque historique. Ce livre a été publié en 1958 et est devenu un des plus grands best-sellers américains du XXe siècle, traduit partout dans le monde et adapté à l’écran, ce qui nous a valu une des plus belles prestations en carrière de l’acteur Paul Newman.

À travers les évènements meurtriers et dramatiques qui ont conduit à la création d’Israël, l’auteur fait évoluer des personnages forts : Ari, un agent senior du Mossad, Kitty, une infirmière américaine, Jordana, la sœur d’Ari et plusieurs autres, sans oublier le plus attachant : Dov, enfant du ghetto de Varsovie, déporté à Auschwitz, rescapé in-extrémis mais seul survivant de sa famille. Au-delà de l’amour, rien n’est plus fort pour un juif que la raison d’un état à bâtir :

*Aujourd’hui, nous proclamons solennellement la renaissance de l’État juif en Palestine, État qui s’appellera ISRAËL. Ouvert aux juifs du monde entier, notre état œuvrera pour la promotion de tous ses habitants, selon les principes de liberté, de paix, de justice énoncés par les prophètes, dans l’égalité de tous, sans distinction de race ni de religion, et dans le respect loyal de la charte des Nations-Unies.* (Extrait, Tel-Aviv, 14 mai 1948)

Je vous recommande la lecture de ce livre, ne serait-ce que pour comprendre les mécanismes de cette poudrière que sont les relations actuelles entre Israël et les contrées arabes voisines.

Il y a tout de même certains irritants dans ce livre, entre autres, son caractère *prosioniste* assez marqué, par moment aux limites du misérabilisme. Il y a un manque au niveau de l’équilibre genre *le bon contre l’horrible méchant*, j’ai trouvé ça dérangeant, agaçant. Le récit est bien documenté, instructif même, mais par rapport à ce que j’ai découvert dans mes recherches, il y a des imprécisions sur le plan historique. EXODUS demeure malgré tout un moment fort de la littérature. Le récit est palpitant et prenant. C’est un bon roman.

Suggestions de lecture :
LA CRÉATION DE L’ÉTAT D’ISRAËL d’André Chouraki
je vous invite à lire aussi le dossier très détaillé sur Israël publié par Wikipédia.

Aussi, LE SIÈCLE, la trilogie de Ken Follet

EXODUS AU CINÉMA

Ce grand classique du cinéma américain est sorti en 1960 et a été restauré en 2016. Ce film réalisé par Otto Preminger a été lauréat et nominé pour plusieurs Oscars. Dans la distribution, nous retrouvons entre autres, Paul Newman dans le rôle d’Ari’Ben Canaan, Eve Marie Saint dans le rôle Kitty Fremont, Sal Mineo dans le rôle de Dov Landau et Jill Haworth dans le rôle de Karen Hansen Clement.

Leon Marcus Uris, (1924- 2003), romancier américain connu pour ses œuvres panoramiques comme la guerre mondiale Roman Battle Cry (1953) et Exodus (1958). Son premier roman, Battle Cry, est basé sur ses expériences de la guerre. L’adaptation du film parut en 1955. Cette année-là également, son deuxième roman, The Angry Hills, un compte rendu de la brigade juive de Palestine qui s’est battue avec l’armée britannique en Grèce, a été publié. Uris a ensuite écrit de nombreux livres et scénarios..

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 6 novembre 2022

LE GRAVEUR, livre de Pierre Bergeron

*L’intrus lève son arme et juste avant de presser
la détente, il voit Soucy lever les yeux vers
l’escalier derrière lui, il presse la détente deux
fois. Deux petits bruits secs résonnent avant que
Soucy tombe à la renverse sur la table à café
dans un grand fracas. *
(Extrait : LE GRAVEUR, Pierre Bergeron, ADA
éditions, collection Corbeau, 2019, 400 pages)

Un avocat opposé au crime organisé, un directeur de la protection de la jeunesse et un pédophile sont abattus dans diverses régions du Québec. Rien ne les relie, mis à part la signature sur leurs cadavres: les lettres T et C ont été gravées dans la chair de leurs fronts. Que signifient ces lettres? Qui peut bien se cacher derrière ces homicides?

La liste de suspects potentiels est tellement longue que les enquêteurs de la Sûreté du Québec et de la police de Longueuil doivent travailler ensemble pour résoudre ces  meurtres sordides.

Un graveur grave
*Méthodiquement et sans s’énerver, il observe les
signes vitaux de sa victime tout en surveillant
cette rue encore déserte. Le décès confirmé, il
sort un couteau tactique Walther P99 d’une poche
avant. Il déplie la lame et se penche sur le corps
avec un frisson de plaisir comme s’il goûtait à
l’avance ce qu’il est sur le point de faire. *
(Extrait)

C’est un roman intéressant, bien développé, avec en général tout ce qu’il faut pour capter l’attention. C’est un thriller fort, malgré certaines faiblesses. Mais voyons d’abord le contenu.

Les policiers de la Sûreté du Québec et du service de police de Longueuil doivent unir leurs forces pour résoudre des meurtres crapuleux qui n’ont en fait qu’un seul point en commun : Les lettres T et C gravées sur le front des victimes. C’est ainsi que le meurtrier devient LE GRAVEUR L’auteur frappe dès le départ avec un meurtre puis un autre, un double…

Entrée en scène des policiers qui seront présent tout le long du récit : de la sq, Marie Loup Berger à la beauté parfois dérangeante. Louis Biron, plus ou moins stable psychologiquement car il se croit l’auteur d’une gaffe policière qui a amené une mort d’homme. De la police de Longueuil, Benoit Lassonde qui a eu dans le passé une vie conjugale pénible.

Beaucoup d’autres personnages vont grossir la galerie en cours de récit. Une enquête aussi minutieuse qu’ardue se développe très lentement.

LE GRAVEUR est un polar minutieux et crédible sur le plan policier. C’est la minutie de l’enquête imaginée par Pierre Bergeron qui amène les policiers à croire qu’il y a peut-être plus qu’un point en commun entre les victimes. Le roman devrait plaire je crois aux amateurs de polars et aussi aux geeks car ce qui a permis au graveur de se rendre si loin est sa maîtrise dans nouvelles technologies et l’utilisation du DARK WEBB, le côté obscur du réseau internet, de plus en plus évoqué en littérature. 

*On y retrouve : des trafiquants d’armes, de drogues ou d’esclaves, ainsi que nombre de pédophiles. Dans cette partie de la toile, tout est accessible par le biais de forums de discussions où vendeurs et acheteurs se rencontrent anonymement à l’abri des organismes qui espionnent l’Internet. Le seul préalable, c’est d’être capable d’y surfer incognito pour assurer sa sécurité en regard des pirates qui y foisonnent. *  (Extrait)

Grâce à cette compétence particulière, LE GRAVEUR se joue des policiers et évolue dans ce qui rappelle le jeu du chat et de la souris. C’est habilement construit et bien imaginé.

La faiblesse du récit est dans sa finale. Pour ce qui est de connaître et comprendre les motivations du tueur, le lecteur et la lectrice sont laissés sur une voie de garage tout le long du récit. Bien sûr, le tueur parle et laisse des indices sur ce qui pourrait être par exemple une vengeance, mais pourquoi exactement ?

La réponse à cette question explose en quelques pages à la fin du récit. Personnellement j’aurais aimé que l’auteur me mette dans le coup plus tôt dans le récit, m’amène à tirer mes conclusions et les comparer à la fin comme si je voulais me donner une note. J’ai eu l’impression que la finale accordait plus d’importance aux États d’âme de Louis Biron qu’aux motivations du tueur.

Il y a dans la finale ce qui ressemble à un déséquilibre. Bien sûr, j’ai fini par savoir ce que signifient les lettres T et C et personnellement, j’ai trouvé ça plutôt simpliste. C’est évidemment une question de perception, sachant à la fin ce qui motive le GRAVEUR et l’entraîne dans un tel déploiement de haine et de violence.

Donc j’ai déchanté un peu à la finale mais je n’irais pas jusqu’à dire qu’elle manque d’intérêt. La force du récit réside dans sa construction. Je pense aux étapes de l’enquête, aux subtilités conduisant aux déductions.

Je me suis senti dans les coulisses d’un vrai service de police, ce qui consacre la crédibilité de l’histoire si je tiens compte des 25 années d’expérience de l’auteur dans les enquêtes criminelles. Pour toutes ces raisons, je recommande sans hésiter LE GRAVEUR de Pierre Bergeron.

Suggestion de lecture : DARK WEBB, de Dean Koontz

Pierre Bergeron est né à Longueuil en 1951. C’est à la suite de l’enlèvement de monsieur Pierre Laporte, alors ministre du travail, qu’il a décidé de devenir enquêteur. Après 32 années d’expérience, dont 25 consacrées aux enquêtes criminelles. Il a écrit son premier livre NÉ POUR ENQUÊTER en 2016. LE GRAVEUR est son deuxième roman.

Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 5 novembre 2022