JACK ET LA GRANDE AVENTURE DU COCHON DE NOËL

UNE HISTOIRE DE J.K. RAWLING

<…Il essaya d’en sortir mais il se trouvait entre deux cadeaux gigantesques dont les flancs n’offraient aucune prise. -Où es-tu ? Murmura le cochon de Noël. Une seconde plus tard cependant, lui aussi avait glissé au bas du paquet enveloppé de papier doré et il atterrit sur Jack. Oh non ! Se lamenta celui-ci.

Tandis qu’ils entendaient Toby le chien se ruer vers le sapin.  -Tu fais trop de bruit avec tes billes en plastique. -Où se trouve la cuisine ? S’écria le cochon de Noël alors que les grognements du chien se rapprochaient … -je ne sais pas! Répondit Jack d’un ton désespéré. -Je suis perdu ! Extrait : JACK ET LA GRANDE AVENTURE DU COCHON DE NOËL, de J.K Rowling, Gallimard jeunesse 2021. Illustré, 352 pages. Version audio : Audible studios éditeur, 2021. Durée d’écoute : 6 heures 8 minutes.

Narrateur(s): Lola NaymarkCharlotte HennequinAlexis TomassianPierre-Henri Prunel, Ariane BrousseAudrey SourdiveBenoît AllemaneCamille DondaChantal BaroinColette MarieErwan ZamorFrédéric SouterelleJade Phan GiaPierre RochefortVictorien Robert

Jack est très attaché à son cochon en peluche de petit garçon. Ils ont tout vécu ensemble, les bons comme les mauvais moments. Jusqu’à cette veille de Noël où arrive la catastrophe : le cochon est perdu ! Mais la nuit de Noël n’est pas une nuit comme les autres. C’est la nuit des miracles et des causes désespérées, le moment où même les jouets peuvent prendre vie. Alors, Jack et le cochon de Noël – une peluche de substitution – embarquent pour une aventure magique et périlleuse au pays des choses perdues. Jusqu’où iront-ils pour sauver le meilleur ami que Jack ait jamais eu ?

LES RÉALITÉS DE L’ENFANCE

Voici l’histoire de Jack, un petit garçon très attaché à son toutou qui est en fait un cochon en peluche. Notre ami est heureux jusqu’à la veille de Noël où un drame vint obscurcir son bonheur. Alors que la famille roulait sur l’autoroute, la demi-sœur de Jack, Holly, prit le cochon de Jack et le jeta par une fenêtre de la voiture. Le toutou était perdu. Holly avait agi par pure méchanceté.

Plus tard, Holly, prise de remords, trouva pour Jack un cochon de remplacement. Mais il n’était pas pareil. Il était même plutôt énervant. Aussi, Jack entreprit une périlleuse aventure : se rendre au pays des choses perdues, quitte à affronter le cruel maître des lieux, le grand PERDEUR. Pour réussir son entreprise, sauver et récupérer son toutou, Jack devra se faire de précieux alliés.

Si vous lisez JACK ET LA GRANDE AVENTURE DU COCHON DE NOËL avec des yeux d’adulte, vous risquez de trouver le conte simpliste et banal. Mais même en me mettant dans la peau d’un enfant, j’ai très vite observé un paradoxe dans ce petit livre : le thème qui y est développé est l’attachement au toutou, un fétiche en peluche, lapin, ourson, canard ou autres, auquel les enfants sont attachés jusqu’à l’âge de 7 ou 8 ans.

Donc pour l’intérêt de la lecture, on doit considérer que le livre s’adresse aux premiers lecteurs mais les sous-thèmes développés dans ce livre vont, d’après moi, sensiblement au-delà de la compréhension des jeunes lecteurs : l’espérance, la persévérance, l’esprit d’équipe, le bonheur et même l’ambition.

Ça reste un très bon petit livre plein de trouvailles intéressantes. La version papier est magnifiquement illustrée. La version audio est exécutée par une équipe de comédiens expressifs et talentueux. La présentation de ce livre est une réussite sur le plan éditorial. Heureusement car je crois que l’œuvre est bien en deçà du talent de J.K. Rawling. Notez, j’en demande peut-être trop. Il est difficile d’oublier tout ce que l’auteure a déployé d’imagination dans HARRY POTTER.

L’histoire accuse des longueurs, du remplissage, manque un peu d’originalité. Il me semble avoir perçu du déjà-vu. C’est peut-être la notoriété de J.K. Rawling qui m’a rendu plus exigeant. C’est pourquoi j’ai précisé plus haut que ça reste un bon livre mais je n’ai été malheureusement ni impressionné ni emballé. Toutefois, j’ai bien aimé la version audio qui pourrait être de nature à stimuler l’émerveillement des enfants.


L’auteure J.K. Rowling

JOYEUSES FÊTES À TOUS

Bonne écoute
Bonne lecture
Claude Lambert

 

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Commentaire sur le livre de
JONAS JONASSON

*Ceux qui ne savent raconter la vérité,
ne méritent pas qu’on les écoute,
répondait notre grand-père. *
(Extrait : LE VIEUX QUI NE VOULAIT PAS FÊTER SON ANNIVERSAIRE,
Jonas Jonasson, édition originale papier : Presses de la Cité, 2011, 468p.
Édition audio : Audiolib éditeur, 2013, narrateur : Philippe Résimont, durée
d’écoute : 12 heures 49 minutes.)

Alors que tous dans la maison de retraite s’apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l’histoire du XXe siècle. * Quand la vie joue les prolongations, il faut bien s’autoriser quelques caprices. * 

Histoire du monde revisitée
*La mauvaise nouvelle, dit Julius en baissant un
peu la voix, c’est qu’avec tout ça on a oublié
d’éteindre la chambre froide avant d’aller se coucher
 hier soir.  <Et alors> s’enquit Allan.  <Et alors le gars
à l’intérieur est un ptit peu mort à l’heure qu’il est>.
(Extrait)

Voici l’incroyable histoire d’Allan Karlsson, vénérable maître artificier, spécialiste de la dynamite. Le jour de son centième anniversaire, notre héros décide de déserter la maison de retraite alors que tous s’apprêtaient à le fêter. Mais Allan s’en moquait. À partir du moment où il a sauté par la fenêtre, c’est un retour en arrière que l’auteur nous propose…

l’histoire d’une vie aventureuse, rocambolesque qui va propulser Allan partout dans le monde pour y faire les plus inimaginables rencontres : Une petite réunion  avec Harry Truman, une rencontre diplomatique avec le général de Gaule, un dîner avec Staline, qui sera traité plus tard de cinglé…dîner qui sera interrompu abruptement par une question déplacée d’Allan : Tu ne trouves pas que tu devrais raser cette moustache ? La soirée se termina sur cette question. L’interprète avait perdu connaissance. * (Extrait)

Ajoutons à cela des conversations édifiantes avec le général Franco, une dégustation de nouilles avec Mao Tse Tong qui sera qualifié de gros lard sans oublier quelques flirts à la cour de Suède. La liste n’est pas exhaustive.

Le récit je le rappelle est rocambolesque. Il y a des longueurs, du papotage, un peu d’errance. L’ensemble est improbable et caricatural. Mais c’est drôle. Personnellement j’ai beaucoup apprécié Allan, dynamiteur, destructeur de pont, buveur invétéré, espion et diplomate souvent en carence de diplomatie.

J’ai aimé son *je m’en foutisme*, son sens de la répartie et sa philosophie à deux dollars : *<La vengeance ne sert à rien.> le sermonna Allan. Il en est de la vengeance comme de la politique. L’une mène à l’autre et le mauvais conduit au pire qui aboutit en fin de compte à l’intolérable. *

L’auteur est habile car avec le parcours de la vie d’Allan, il survole les grands moments de l’histoire. L’intervention d’Allan dans l’histoire est tordue, l’auteur ayant imaginé entre autres que son héros ait été responsable en partie de l’effondrement de l’Union Soviétique.

Ce parcours n’est pas sans me rappeler un film extraordinaire : FOREST GUMP qu’on qualifiait de simple d’esprit et qui est devenu malgré lui un acteur et même l’instigateur des grands évènements qui ont marqué les États-Unis entre les années 1950 et 1980.

J’ai trouvé le récit satirique, ce qui n’est pas pour me déplaire. Je rejoins l’auteur entre autres pour sa description des personnages politiques qui ont marqué l’histoire, descriptions loin d’être flatteuses et qui sont même parfois virulentes, par exemple, le fait que le numéro un soviétique Leonid Brejnev puait et pas à peu près.

Ce roman, si je vais au-delà de son petit caractère burlesque, a été pour moi une grande évasion car non seulement l’histoire est originale et bourrée de trouvailles mais le récit a toutes les qualités littéraires que je recherche : histoire bien imaginée alternant le présent et le passé (concentration requise), L’écriture est soignée. L’histoire est extravagante mais la plume soutient une logique qui tient lieu de fil conducteur.

Je vous invite donc à faire la connaissance d’un grand petit monsieur : Allan Karlsson, un personnage zen, spontané, résolument jovial, ne connaissant pas la colère. Je crois que l’auteur s’est arrangé pour que j’aie envie de connaître Allan.

Pour terminer mon commentaire, j’extrais du roman une petite phrase qui résume à merveille la motivation de l’auteur dans le montage de son histoire et qui fait qu’on peut pardonner au récit, du moins comprendre son cachet mondain, déjanté et un peu excessif : *Sa vie avait été passionnante.  Mais rien ne dure éternellement.  À part peut-être la bêtise humaine. *

Né en Suède en 1961, Jonas Jonasson, ancien journaliste et consultant pour les médias, est l’auteur du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, son premier roman, qui a connu un immense succès dans la trentaine de pays où il a été publié et qui a été adapté au cinéma (voir ci-bas) L’Analphabète qui savait compter est son deuxième livre.

AU CINÉMA



Photo de Robert Gustafsson extraite du film éponyme, réalisé par Féix Herngren
et sorti en mai 2014



Philippe Résimont brûle les planches depuis plus de 20 ans dans des registres très différents (Cyrano de Bergerac, Ladies night) Il participe aussi à quelques aventures cinématographiques comme LES CONVOYEURS ATTENDENT et MATERNELLE. Enfin il performe magnifiquement dans l’univers du livre audio avec, entre autres DANS L’OMBRE et PASSAGE DES OMBRES d’Arnaldur Indridason, ALEX en version française de Pierre Lemaitre et bien sûr LE VIEUX QUI NE VOULAIT PAS FÊTER SON ANNIVERSAIRE de Jonas Jonasson.

Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 18 décembre 2021

TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE, Florian Dennisson

*La mine déconfite et le teint blafard, Anna
accueillit quelques minutes plus tard les
gendarmes et s’autorisa enfin à pleurer à
chaudes larmes alors qu’on l’interrogeait
sur les circonstances exactes de la
découverte du corps.
(Extrait : TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE,
Florian Dennisson, Chambre noire éditeur, 2016
papier : 162 pages, format numérique : 4592 KB)

Privé de son quotidien de prédilection, Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe, se retrouve à éplucher les faits divers d’un journal de province. Il s’entiche d’une affaire étrange qui va le mener dans la noirceur des secrets d’une des familles les plus puissantes de Courchevel. Un magnat du monde de la nuit laissé pour mort au beau milieu de son chalet de luxe et de vieilles connaissances de Gabriel accusées à tort, c’est le Poulpe au pays de l’or blanc.

 

 

Intrigue sur fond blanc
*Le métal froid de son Beretta se rappela à lui et le
rassura. Il appuya sur l’interphone et sans même
attendre une quelconque réponse, la porte d’entrée
s’entrouvrit lentement sur un couloir sans lumière.
(Extrait)

En navigant sur Youboox, j’ai fait récemment une découverte originale à plusieurs égards. TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE met en scène un personnage assez singulier. Il s’agit de Gabriel Lecouvreur, appelé LE POULPE, quelque fois aussi appelé LE CÉPHALOPODE. On dit de lui qu’il a de longs bras tentaculaires. Pourquoi ? Eh bien j’ai découvert que LE POULPE est issu d’un phénomène littéraire relativement rare. Le personnage a été créé par Jean-Bernard Pouy, un auteur qui a dirigé pendant plusieurs années la collection éponyme par Jean-Bernard Pouy aux éditions Baleine.

Par la suite, il a été donné à plusieurs auteurs, émergents ou confirmés, la chance de publier, selon un code d’éthique précis et à certaines conditions, une histoire, un roman avec comme personnage central LE POULPE. Voilà pourquoi, je suppose, on dit du POULPE qu’il est tentaculaire. Parce qu’on le retrouve dans plusieurs histoires crées par des auteurs différents.

L’expérience a tenté un Haut-Savoyards, Florian Dennisson qui a bâti son tout premier roman avec LE POULPE comme héro. Le polar n’a pas été intégré à la collection pour des raisons techniques, donc rien à voir avec la qualité du roman. Ça donne au récit un caractère piraté, ce qui ne m’a pas ému plus qu’il faut.  Dans un petit journal de province, Gabriel lit un article évoquant une affaire étrange.

Un magnat du jeu, issu de la riche famille des Courchevel est assassiné dans son chalet de luxe. Il se trouve que les coupables potentiels sont au nombre des relations de Gabriel. Cette affaire intrigue le POULPE au plus haut point, Il décide de mener lui-même l’enquête avec ses propres méthodes qui ne versent pas toujours dans la dentelle : * Hercule Poirot se serait assis dans un fauteuil au beau milieu d’un living-room de cottage anglais, pensa-t-il et Sherlock Holmes n’aurait analysé strictement que les faits tangibles. Qu’allait faire LE POULPE ? Partir à la pêche à l’aide de ses tentacules en laissant faire le destin ? Non. Il fallait qu’il ne lâche rien et qu’il continue dans sa lancée. * (Extrait)

À travers l’action, un certain sens de l’humour, une amourette et quelques aventures sexuelles, LE POULPE entraîne le lecteur dans les secrets obscurs d’une famille dont la conscience est loin d’avoir la blancheur de la neige.

C’est une histoire bien bâtie. Son personnage principal est d’une trempe vigoureuse, opiniâtre et assez original. Autre aspect original du récit est le lien que l’auteur a créé entre LE POULPE et la loi de Murphy développée par Edward A Murphy Jr qui réunit des édits philosophiques dont l’adage principal s’énonce ainsi :

Tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera mal : *Voilà qui correspondait bien à la philosophie de Gabriel. Beaucoup le taxaient de pessimiste…alors que lui se voyait plutôt comme un fataliste voire tout simplement quelqu’un de réaliste. Il se devait d’être paré à toute éventualité et dans le champ des possibles, il lui fallait toujours considérer les dénouements même négatifs de chaque évènement. * (Extrait) Le livre dévoile beaucoup d’éléments intéressants sur la loi de Murphy.

Évidemment ça en dit long sur le personnage mais ça ne dit pas tout. Il aurait été intéressant d’en savoir un peu plus sur ses origines, ses motivations, son statut. L’auteur aurait gagné à enrichir l’introduction de son héros. Si je peux me permettre une autre petite faiblesse, le langage du récit est très argotique. J’aurais préféré évidemment un français un peu plus universel.

Qu’à cela ne tienne. L’enquête se suit bien. Elle est intéressante, intrigante. Le rythme est soutenu. LE POULPE est un original et son sens de l’humour est un élément qui marque tout spécialement le roman. Un humour qui confine parfois à la dérision. Lire TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE est une excellente façon de s’introduire au personnage issu de *l’ingéniosité littéraire* LE POULPE*. Je pense que ce premier roman lance très bien la carrière littéraire de cet auteur émergent qu’il faudra surveiller : Florian Dennisson.

Né à Annecy en Haute-Savoie, Florian Dennisson quitte les bancs de la fac pour se consacrer à sa première passion : la musique. Il écumera les salles de concert du monde entier avec pour compagnon fidèle : l’écriture. Les paroles couchées sur des carnets font peu à peu place aux histoires avec l’envie de faire frissonner, de faire vibrer et d’interroger, en silence cette fois.
Fervent adorateur du personnage du Poulpe, c’est avec “Téléski qui croyait prendre” qu’il franchit le pas et vient à bout de son premier roman.

Encouragé par le très bon accueil de ce premier polar, Florian continue dans la même veine et signe “Liberté conditionnelle”, premier volet d’une série qu’il espère longue et pérenne. Au moment d’écrire ces lignes, Il vit à Lyon, là où se déroulent les intrigues de la plupart de ses romans.

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 18 décembre 2021

1630 LA VENGEANCE DE RICHELIEU, J.-M. RIOU

L’espion de  la couronne tome 1

Commentaire sur le livre de
JEAN-MICHEL RIOU

*Ces pages captivantes révèlent les dessous des luttes
intestines qui agitèrent l’époque. Mieux. Elles en livrent
les raisons secrètes.*
(Extrait : 1630, LA VENGEANCE DE RICHELIEU, Jean-Michel
Riou, tiré de l’avant-propos de Voltaire, Flammarion 2009, format
numérique. 442 pages.)

1630 :La journée des Dupes se prépare. Richelieu, conseiller du roi, est en danger. Marie de Médicis, mère de Louis XIII, souhaite le faire révoquer. Un complot de plus ? Pire. Car la mise à l’écart du Cardinal constitue la première étape d’une menace plus grave encore. Quo ultimus exigussimus bella evadit cultorem. Cette phrase en latin est-elle la clef d’une conjuration cherchant à éliminer le souverain et à déstabiliser la couronne de France ? Une lutte sans merci s’engage, des rives sauvages du Saint-Laurent aux troubles coulisses du palais du Louvre, du Paris de tous les dangers aux mystères du château de Blois. Mais qui oeuvre dans l’ombre ? Et qui l’emportera vraiment ?

Cette histoire s’appuie sur La journée des Dupes désignant les événements des dimanche 10 et lundi 11 novembre 1630 au cours desquels le roi de France Louis XIII réitère contre toute attente sa confiance à son ministre Richelieu, élimine ses adversaires politiques et contraint la reine-mère Marie de Médicis à l’exil. Cet épisode de l’Histoire de France intervient pendant la Guerre de Trente ans (1618 – 1648), mais avant que la France ne s’y engage, alors que Louis XIII doit renforcer sa position de souverain face à l’omniprésence des Habsbourg tant sur le plan politique que religieux et familial, tout le menace. (wikipedia)

Espionnage, complot et Éminence
*En confessant l’un des secrets les mieux gardés les
de Louis XIII…je cherche ni à me venger
ni à me protéger. De même, je renonce à user de ce que
je sais pour faire chanter les puissants. Pourtant, je
vais révéler les dessous du plus vil complot du siècle,
ouvrant ainsi une porte derrière laquelle fourmillent
machinations et cabales.*
(Extrait)

Pour bien comprendre ce récit qui est un habile mélange de fiction et de réalités historiques, il faut bien saisir un évènement historique qui a secoué la France du XVIIe siècle : LA JOURNÉE DE DUPES.

Je résumerai rapidement en précisant qu’en 1630 un complot a lourdement menacé non seulement LOUIS XIII et son plus proche conseiller, le cardinal Richelieu, mais aussi le principe même de la monarchie. Il semble que la Nouvelle-France, déjà appelée QUÉBEC dans le récit serait au cœur de la menace par le biais d’une société moribonde : Les cent associés.

Au-delà de la plume précise, détaillée et respectueuse de l’histoire et séduit par l’imbrication astucieuse de réalités historiques avec des éléments fictifs, j’ai eu beaucoup de plaisir à lire LA VENGEANCE DE RICHELIEU parce que le récit évoque mon épisode préféré de l’histoire du Canada : l’émergence de la Nouvelle France et la fondation de Québec le 3 juillet 1608 par un de mes héros : Samuel de Champlain dont l’acharnement à vouloir implanter une colonie française en Amérique du nord lui a valu le surnom de Père de la Nouvelle-France.

Le récit est narré par Antoine Petitbois, au départ jeune homme éconduit par la famille de sa belle et qui sera chassé avec une lettre traîtresse de son curé. Étrangement, au lieu d’être victime de la fourberie du curé, Antoine en deviendra bénéficiaire car une chaîne d’évènements l’amènera à devenir l’espion du cardinal Richelieu, premier ministre et conseiller du roi de France Louis XIII.

Parmi ces évènements, la vie d’Antoine sera sauvée par celui qui deviendra pour lui comme un père : Jacques Lemercier (un personnage qui a réellement existé et très proche de la couronne de France) architecte de Louis XIII et du Cardinal Richelieu. Antoine découvre un complot qui risque de faire basculer la France dans un indescriptible chaos. La réaction du Cardinal Richelieu sera tranchante car la Compagnie des Cent Associés, fondée par Richelieu pour exploiter la Nouvelle France, serait compromise dans ces évènements.

Le tout aboutira, comme vu plus haut, sur l’historique journée de dupes : *Vers qui s’inclinerait le glaive tenu par Louis XIII ? Voilà résumé l’affrontement qui se préparait la veille du 10 novembre dans une maison modeste de la Bastille. Si Richelieu pénétrait au Luxembourg et parvenait à exposer son point de vue, il pouvait triompher…il s’agissait de manier habilement l’art vicié de la politique. * (Extrait)

C’est un récit captivant qui fait voyager le lecteur et la lectrice des rives du Saint-Laurent aux coulisses de la Couronne de France. J’ai apprécié l’intrigue qui, au profit de quelques longueurs, prend le temps d’expliquer le contexte historique. Riou prend aussi le temps d’exposer sa vision du cardinal Richelieu, personnage aussi exécré qu’incompris et que j’ai appris à comprendre un peu mieux.

Évidemment, des recherches indépendantes sur le cardinal m’ont aidé en ce sens. On sent dans le récit une recherche sérieuse sur la psychologie de Richelieu. Le récit est bien développé spécialement la façon dont Antoine Petitbois a gagné son titre d’espion grâce à un enchaînement subtil et graduel de circonstances et d’évènements.

La principale faiblesse de l’histoire est relative à la Compagnie des cent associés qui fait presque figure d’une société secrète, occulte. Les buts et objectifs de la Compagnie sont mal expliqués, sous-développés et semblent suffisamment secondaires pour nuire à la compréhension du complot.

Le récit prend un peu la forme d’un journal intime. Bien que le personnage d’Antoine Petitbois soit sensiblement naïf et un peu emporté, sa narration apporte un éclairage intéressant sur l’histoire et lui confère un caractère intimiste. Il est certain toutefois que si vous mettez l’action haletante au-dessus du contexte historique et de l’incessant complotage des coulisses de la Couronne Française, vous risquez de trouver le récit très long.

De plus, l’histoire est assortie d’une lettre de Voltaire au philosophe Jean-Jacques Rousseau qui veut jeter un éclairage sur l’épisode des dupes et ce que Québec vient faire là-dedans. Ça ne simplifie pas les choses si on considère que l’histoire de la monarchie française repose sur le complot et d’incessantes machinations.

Moi j’ai aimé le tout. J’ai retrouvé Champlain, j’ai redécouvert Richelieu et j’ai goûté encore une fois l’opiniâtreté de personnages qui sont au cœur de la mémoire collective, en particulier le premier agriculteur en titre de la Nouvelle-France, Louis Hébert. Un très bon roman historique.

Ancien élève de Sciences Po, Jean-Michel Riou a publié une vingtaine de romans, essais ou récits. Son premier ouvrage, Le Boîtier rouge, a paru en 1995 chez Denoël. C’est le début d’une longue série de best-sellers, avec notamment Le Secret de Champollion (Flammarion, 2005) – qui a reçu le Prix Littérature de La Nuit du Livre –, L’Insoumise du Roi-Soleil (Flammarion, 2006) et la tétralogie Versailles, le palais de toutes les promesses (Flammarion, 2011, 2012, 2013, 2014), couronnée par le prix Cœur de France pour Le roi noir de Versailles. Son dernier roman 10 000 jours pour l’humanité (2018)  est publié chez Plon.

Bonne lecture
Claude Lambert
Le dimanche 12 décembre 2021

 

 

L’œuvre de Dieu, la part du diable, de JOHN IRVING

*Ici, à Saint Cloud’s, nous perdrions notre énergie
(limitée) et notre imagination (aussi limitée) en
considérant comme des problèmes des réalités
sordides de la vie. Ici, à Saint Cloud’s, nous
n’avons qu’un seul problème…*
(Extrait L’ŒUVRE DE DIEU, LA PART DU DIABLE,
John Irving, 1986, Éditions du Seuil pour la traduction
française. Collection POINTS, édition de papier, 740 p.)

L’histoire a pour cadre l’orphelinat de Saint Cloud’s, au fin fond du Maine, et relate l’existence de ses pensionnaires pendant plus d’un demi-siècle. À commencer par Wilbur Larch, directeur de Saint Cloud’s, gynécologue excentrique. Aux yeux de nombre de femmes, un saint qui se sent investi d’une double mission : mettre au monde des enfants non désirés, futurs orphelins – <l’œuvre de Dieu» -, interrompre dans l’illégalité des grossesses – l’«œuvre du Diable». Peu à peu, entre le médecin et Homer Wells, un orphelin réfractaire à l’adoption vont se développer des relations et des sentiments qui ressemblent fort à ceux d’un père et d’un fils.

La philo du pour et du contre
*Les femmes n’ont aucun choix. Je sais que tu estimes cela
injuste, mais comment peux-tu-surtout toi avec ton
expérience-, comment peux-tu te sentir libre de refuser
d’aider des êtres humains qui ne sont pas eux-mêmes
libre d’obtenir de l’aide autre que la tienne ?
(Extrait)

C’est une des belles lectures que j’ai faites. Tout au long de cette édition de 740 pages, il a été très difficile pour moi de lâcher prise. Le sujet développé a conservé toute son actualité car il déchire encore la Société de nos jours.

Il s’agit de l’avortement. Au début, on en retrouve quelque part dans le Maine. Le docteur Wilbur Larch, gynécologue excentrique et très porté sur l’éther, dirige l’orphelinat de Saint-Cloud’s. Il met au monde des enfants non désirés qui grandiront à l’orphelinat en attendant d’être adoptés.

Bien qu’ils favorisent la mise en monde des enfants, Larch pratique aussi des avortements, ce qui est illégal à l’époque. C’est une infirmière qui choisit le nom des enfants. Un des enfants issus de Saint-Cloud’s est particulier.

Après quatre tentatives d’adoption, Homer Wells retourne à la case départ. Il grandit à l’orphelinat, finit par s’y sentir bien et y développe une relation Père-fils avec le bon docteur qui rêve de former Homer pour l’assister, et éventuellement le remplacer dans l’accomplissement de l’œuvre de Dieu, mettre au monde les enfants, et la part du diable, interrompre les grossesses.

Malheureusement pour Larch, Homer avait l’intime conviction qu’interrompre une grossesse revenait à interrompre une vie, décision qui revient à Dieu seul. Homer finira par quitter l’orphelinat et aura une intense vie d’adulte. Il connaîtra le travail, le sexe, l’amour. Il aura un fils qui sera adolescent au moment où Homer prendra la plus importante décision de sa vie.

C’est un roman puissant qui développe avec intelligence un sujet extrêmement sensible. Larch et Homer s’aiment comme Père et fils mais ils sont déchirés, tiraillés entre l’œuvre de Dieu et la part du diable. Pour Wilbur, l’avortement devrait être légal et accessible.

Pour Homer, il n’est pas question de jouer à Dieu. Les personnages de ce roman sont forts et très bien travaillés. Ils sont en grande partie la force du récit. Wilbur et Homer sont bien sûr mes préférés..

Mélony est aussi intéressante. Bien que cette fille ait la carrure d’un joueur de football et la délicatesse d’un char d’assaut, elle a quelque chose de spécial, un magnétisme, un incontournable pouvoir d’attraction. Elle aura une influence déterminante sur le destin d’Homer. Enfin, il y a le fils d’Homer, Ange, peut-être le plus attachant des personnages, issu d’une espèce de triangle amoureux et qui sans le savoir, inspirera son père à plusieurs égards.

John Irving m’a plongé dans le quotidien de ces personnages et m’a placé à leur côté et j’ai vécu des moments de lecture d’une grande intensité. L’auteur ne prend pas parti dans le débat mais développe avec doigté la philosophie de chaque camp. C’est un roman touchant, qui brasse les émotions et dans lequel l’amour est omniprésent et palpable.

Sur le plan social, Wilbur me rappelle un peu le médecin canadien Henry Morgentaler (1923-2013) mort à 90 ans (le même âge que Wilbur Larch dans l’œuvre d’Irving).

Morgentaler militait pour l’avortement thérapeutique et des options de santé pour les femmes en plus d’être chef de file de plusieurs organisations civile et humanistes, ce qui lui a valu l’Ordre du Canada en 2008. Nuls doutes que son action sociale a influencé la politique canadienne et il a laissé sa marque.

Ce livre est un hymne à l’amour, un hommage aux femmes. Irving y a investi une plume qui évoque la main de fer dans un gant de velours, une dualité qui n’est pas près de se résorber. Il s’est voulu très proche de ses personnages et il ne juge pas. Pas de longueurs, pas de jugement, pas de moralisation. Juste une histoire prenante qui offre de fort intéressants éléments de réflexion. Pour moi, L’ŒUVRE DE DIEU, LA PART DU DIABLE est un chef-d’œuvre.

John Irving est né en 1942 et a grandi à Exeter (New Hampshire). Avant de devenir écrivain, il songe à une carrière de lutteur professionnel. À vingt ans, il fait un séjour à Vienne. Puis, de retour en Amérique, il travaille sous la houlette de Kurt Vonnegut Jr à l’Atelier d’écriture de l’Iowa. Premier roman en 1968: Liberté pour les ours ! suivi d’Un mariage poids moyen et de L’Épopée du buveur d’eau. La parution du Monde selon Garp est un événement. Avec L’Hôtel New Hampshire, L’Oeuvre de Dieu, la Part du Diable (adapté à l’écran par Lasse Hallström en 2000), Une prière pour Owen, Un enfant de la balle, Une veuve de papier et La Quatrième Main, l’auteur accumule les succès auprès du public et de la critique. John Irving partage son temps entre le Vermont et le Canada.

L’œuvre de Dieu, la part du diable
au cinéma

Le film est sorti le 22 mars 2000. Il a été réalisé par Lasse Hallström. Dans la distribution, on retrouve entre autres, Toby McGuire, Charlize Theron, Delroy Lindo et Michael Caine. Le film a été adulé et récompensé décrochant l’Oscar du meilleur scénario adapté remis à John Irving, et l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle remis à Michael Caine. Le film a aussi été nominé 5 fois aux Oscars dont l’Oscar au meilleur réalisateur et l’oscar du meilleur film.

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 11 décembre 2021

L’INSOMNIE, le livre de TAHAR BEN JELLOUN

VERSION AUDIO

*J’ai tué ma mère. Un oreiller sur le visage. J’ai appuyé un peu.
Elle n’a même pas gigoté. Elle a cessé de respirer. C’est tout.
Ensuite…j’ai dormi.*
(Extrait : L’INSOMNIE, Tahar Ben Jelloun,
Gallimard éditeur, 2019, papier 272 pages. Version audio : Gallimard
éditeur, 2019, durée d’écoute : 5 heures 52, narrateur : Bernard Gabay.)

« S’il vous plaît…un petit peu de sommeil…un petit peu de cette douce et agréable absence… Une simple échappée, une brève escapade, un pique-nique avec les étoiles dans le noir… » Grand insomniaque, un scénariste de Tanger découvre que pour enfin bien dormir il lui faut tuer quelqu’un. Sa mère sera sa première victime. Hélas, avec le temps, l’effet s’estompe… Il doit récidiver. Le scénariste se transforme en dormeur à gages. Incognito, il commet des crimes qu’il rêve aussi parfaits qu’au cinéma. Plus sa victime est importante, plus il dort. Et c’est l’escalade. Parviendra-t-il à vaincre définitivement l’insomnie? Rien n’est moins sûr. Une erreur de scénario, et tout peut basculer.

TUER POUR DORMIR
*Je ne reconnaissais plus rien et j’avais la
conviction de n’avoir tué personne. Pourtant,
simultanément, une nouvelle liste de
candidats à la mort qu’on a hâtée se
dessinait dans mon esprit.
(Extrait)

C’est un roman court mais dense. Il ne bousculera certainement pas la littérature mais son originalité est quand même dérangeante. L’histoire est très simple : un scénariste marocain, le narrateur qui ne se nomme jamais, souffre d’insomnie et découvre que tuer lui procure le sommeil. Il tue sa mère pour l’essai. J’ai tué ma mère. Un oreiller sur le visage. J’ai appuyé un peu. Elle n’a même pas gigoté. Elle a cessé de respirer. C’est tout. Ensuite j’ai dormi, longtemps, passionnément. J’ai dû dormir des heures, car j’ai fait de nombreux rêves très beaux, lumineux, colorés, parfumés. (Extrait) Ça fonctionne, mais c’est éphémère. Il devient donc une espèce unique de tueur en série.

Il a l’excuse moralement satisfaisante de tuer des gens en fin de vie, lourdement handicapés ou mourants. Il se qualifie lui-même de *hâteur de mort*. Mais est-ce que ça lui suffira ? Les auditeurs pourraient être surpris. Toujours est-il qu’il a besoin de tuer pour accumuler des PCS, c’est-à-dire des ponts crédits sommeil et plus encore, des PCL, soit des points crédits libido.

Dans un environnement textuel exempt de terreur, d’horreur et même de suspense, l’auteur sème la mort tout simplement pour permettre à son héros de dormir et ce, au nom d’une charité dont il a une définition assez singulière.

Ce roman est davantage un mode d’emploi qu’un roman. J’ai senti que l’auteur s’est fait plaisir en dérogeant un peu de son style habituel. Il a eu un éclair de génie et n’a pas vraiment réussi à en faire une histoire qui se tient. Après-tout, y tenait-il vraiment ? Son livre est teinté d’un humour noir, je dirais même tordu.

Son style me rappelle sensiblement celui de Charles Bukovsky en moins recherché et moins alcoolisé…chaotique, tordu, déjanté. Ça n’est pas désagréable à écouter, ça ne doit pas être désagréable à lire non plus mais c’est redondant et ça devient ennuyant. au moins, le roman est court.

C’est personnel, me direz-vous, mais c’est le genre de livre qu’on écoute ou qu’on lit avec un certain intérêt mais qu’on oublie vite. L’histoire est non évolutive et il y a beaucoup de passages crus et vulgaires. Je dois aussi ajouter que malheureusement, la narration de Bernard Gabay est passablement dépourvue d’émotion. Ça m’a ennuyé un peu mais je peux comprendre que Gabay ait ajusté sa voix à un récit aussi froid.

Enfin, c’est une histoire sans scénario ni objectif mais elle a le mérite de pousser à la réflexion sur des problèmes qui déchirent la société : la fin de vie, le suicide assisté, l’euthanasie. J’y ai senti une critique de la société, une timidité à aborder des problèmes au nom des Droits et Libertés. Et, ce qui n’était pas pour me déplaire, l’auteur met en perspective l’hypocrisie religieuse.

Voilà…attendez-vous à une histoire gardant l’absurde à l’avant-plan et dans laquelle semer la mort juste pour dormir est traité avec une légèreté désarmante.  Là, je me suis réveillé assassin. Je n’inventais plus des histoires, je me mettais à les vivre et à en profiter. Comme par enchantement, j’étais passé de l’écriture à la vie. (Extrait)

Un petit détail en terminant : la presse littéraire a reçu l’ouvrage de Ben Jelloun avec une certaine timidité. J’ai senti une certaine difficulté à classer cet ouvrage atypique : histoire est un bien grand mot. Fable et conte sont des termes souvent utilisés.

Tahar Ben Jelloun naît le 1er décembre 1947 à Fès, au Maroc. L’écrivain se rend au lycée français de Tanger, avant d’entamer des études de philosophie à l’université Mohammed V de Rabat.  Tout en commençant à écrire des poèmes, il enseigne la philosophie en français. En 1971, il publie son premier recueil de poésie, Hommes sous linceul de silence.

La même année, il s’installe à Paris. Il y exerce ses talents d’écrivain en publiant des articles pour le quotidien Le Monde. Puis, en 1975, il obtient son doctorat de psychopathologie sociale. Jelloun fera ensuite parler de lui avec la publication de son roman Harrouda, publié en 1973, qui évoque beaucoup la sensualité des femmes, et qui a choqué au Maroc. Mais le roman à l’origine de sa renommée se nomme L’Enfant de sable, publié en 1985. La suite de ce roman, La Nuit Sacrée, paraît en 1987. Ce livre permet à Tahar Ben Jelloun de recevoir le prix Goncourt.

Ces deux livres sont traduits en 43 langues à travers le monde. En 1995, son livre pédagogique Le Racisme expliqué à ma fille rencontre un grand succès. Vendu à 400 000 exemplaires, il est traduit en 33 langues, faisant de Tahar Ben Jelloun l’auteur francophone le plus traduit au monde. Son roman L’Ablation mène une réflexion sur la vie et la maladie. En 2019, Tahar Ben Jelloun publie L’Insomnie.

Bonne lecture
Claude Lambert
Janvier 2021