LE CHIEN DES BASKERVILLE d’Arthur Conan Doyle

*Barrymore fit un bond pour s’écarter de la fenêtre ;
un sifflement s’échappa de sa poitrine ; livide, tremblant,
il resta immobile devant nous. Ses yeux noirs qui, dans
le visage blanc, paraissaient encore plus noirs, allaient
de sir Henry à moi en exprimant autant d’horreur que de
surprise.*
(Extrait : LE CHIEN DES BASKERVILLE, Arthur Conan Doyle,
numérique, storylab éditions, 2014, 200 pages)

Une malédiction pèse sur les Baskerville, qui habitent le vieux manoir de leurs ancêtres, perdu au milieu d’une lande sauvage : quand un chien-démon, une bête immonde, gigantesque, surgit, c’est la mort. Le décès subit et tragique de Sir Charles Baskerville et les hurlements lugubres que l’on entend parfois venant du marais, le grand bourbier de Grimpen, accréditent la sinistre légende. Dès son arrivée à Londres, venant du Canada, Sir Henry Baskerville, seul héritier de Sir Charles, reçoit une lettre anonyme : « Si vous tenez à votre vie et à votre raison, éloignez-vous de la lande. » Malgré ces menaces, Sir Henry décide de se rendre à Baskerville Hall, accompagné de Sherlock Holmes et de son fidèle Watson.

Un célèbre cerbère
*Ce fut d’abord un murmure long, grave ; puis
un hurlement qui prit de l’ampleur avant de
retomber dans le gémissement maussade où
il s’éteignit. À nouveau il retentit, et tout l’air
résonna de ses pulsations : strident, sauvage…*
Extrait : LE CHIEN DES BASKERVILLE

LE CHIEN DE BASKERVILLE est un livre à part dans l’œuvre d’Arthur Conan Doyle…une petite escapade atypique comme ça s’est vu avec 10 PETITS NÈGRES d’Agatha Christie par exemple ou LA TOUR SOMBRE de Stephen King. D’abord le récit est plus long que les nouvelles habituelles de l’auteur, le texte est mieux travaillé et l’intrigue fait l’objet d’enquête d’une minutieuse attention. Le docteur Watson est plus présent, plus utile. Il fait corps avec Holmes qui lui, fait un peu moins office de maître un peu imbu comme j’ai pu l’observer dans l’ensemble de l’œuvre : *Je dois vous complimenter…pour le zèle et l’intelligence dont vous avez témoigné à propos d’une affaire extrêmement difficile*. (Extrait) Enfin, l’enquête qui est développée est beaucoup plus complexe, je dirais mystifiante. On a l’impression d’une petite touche de surnaturel. On était habitué à la légendaire réplique *élémentaire mon cher Watson* à quelques variantes près. Pas dans LE CHIEN DE BASKERVILLE où il n’y a rien de simple, encore moins d’élémentaire. 

Je ne m’étonne donc pas que LE CHIEN DE BASKERVILLE soit devenu dès sa parution au début du XXe siècle une des enquêtes les plus palpitantes et intrigantes de l’œuvre du Père Doyle…la mieux travaillée, la plus réussie. Et un détail qui m’a beaucoup plus, c’est qu’on a donné à Sherlock Holmes un peu plus d’humilité qu’à l’ordinaire, et surtout, du fil à retordre : *On ne peut pas toujours gagner, ni obtenir le succès qu’on espère, fit-il. Un enquêteur a besoin de faits, mais pas de bruits et de légendes. Cette affaire m’a déçu* (Extrait) Watson aussi, à qui on a beaucoup demandé dans cette aventure, était ébranlé par la complexité de l’affaire…un sentiment que l’auteur a le don de transmettre au lecteur… :

*- Ah ! Holmes, je suis heureux du fond de mon cœur que vous soyez ici ! Car vraiment ma responsabilité et le mystère devenaient trop lourds pour mes nerfs. * (Extrait) 

Avec une énigme aussi puissante, je ne suis pas surpris non plus que LE CHIEN DE BASKERVILLE ait été très largement adapté au cinéma, à la télévision et même à la radio. Près d’une trentaine d’adaptations dans différents pays et c’est sans compter les livre-jeux, les jeux vidéos, les bandes dessinées. Il y a même eu trois adaptations au théâtre. Tout ça fait de LE CHIEN DE BASKERVILLE l’œuvre la plus visitée et consultée de Conan-Doyle et probablement la plus adulée.

J’irai un peu plus loin…Rappelez-vous la prestation de Sean Connery dans le célèbre film LE NOM DE LA ROSE, adaptation de l’œuvre d’Umberto Eco. Connery jouait le rôle d’un ancien inquisiteur en visite dans une abbaye bénédictine pour enquêter sur une mort suspecte. Connery incarnait Guillaume de Baskerville. Ce nom est un clin d’œil d’umberto Eco à Sherlock Holmes et au roman d’Arthur Conan Doyle : LE CHIEN DE BASKERVILLE. 

Donc nous avons ici un très beau classique de la littérature policière, doté d’une écriture ferme, une puissante intrigue développée dans l’atmosphère embrumée, voire glauque de la lande anglaise. Pour moi c’est une trouvaille car Sir Charles de Baskerville est mort de peur apparemment à cause d’un chien sorti tout droit d’une malédiction ancestrale. Comment prouver que cette peur a été provoquée? Autrement dit, que Sir Charles a été assassiné et que Sir Henri court le même risque. Tout ça nous conduit à une finale fort bien imaginée tout à fait imprévisible et dans laquelle les spéculations surnaturelles prennent toutes leur sens. 

C’est un roman assez court, il se lit vite et bien. J’ai apprécié sa profondeur et le non-dit, c’est-à-dire l’atmosphère parfois épaisse qui se dégage de la lande, un endroit définitivement peu recommandable. J’ai aussi apprécié bien sûr l’intelligence de la machination et l’intensité des principaux personnages. Je vous recommande ce livre avec plaisir et je vous invite aussi à essayer au moins une adaptation cinématographique. Voyez ma suggestion ci-bas.

Il y a eu plusieurs adaptations du célèbre roman de Connan-Doyle.

Mon adaptation préférée du livre est de loin la version britannique réalisée en 1950 par Terence Fisher. C’était la première adaptation cinématographique en couleur du roman éponyme de Sir Arhur Conan Doyle publié en 1901. Je l’ai préférée à cause de l’atmosphère particulière du film rendue par Fisher et pour l’excellence de deux des meilleurs acteurs de films d’épouvante : Peter Cushing dans le rôle de Sherlock Holmes et Christopher Lee dans le rôle de Sir Henry Baskerville. André Morell incarne le docteur Watson.

Ce film fut l’une des grandes heures de gloire des studios de la Hammer. En haut, Holmes avec son fidèle Watson. En bas, Sir Henry Baskerville et Sherlock Holmes, incarné par deux icônes du cinéma : Peter Cushing et Christopher Lee.

Pour tout savoir sur l’auteur Arthur Conan Doyle,

cliquez ici.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 25 avril 2021

PHOBIE, drame psychologique de SARAH COHEN-SCALI

*La porte du placard. Elle bouge. Tout doucement. Centimètre
par centimètre. Me boucher les oreilles pour ne pas entendre
le crissement des gonds. Ça fait comme un grincement de
dents. Après, il y aura des gloussements, des ricanements,
un cri… J’ai envie de vomir. Ça fait mal.*

(Extrait : PHOBIE, Sarah Cohen-Scali, Gulf stream éditeur,
collection Electrogene, 2017. Papier et numérique, 408 pages,
littérature-jeunesse.)

Une odeur de moisi. Une cave. L’obscurité totale. Et la peur. La peur qui prend aux tripes. Cauchemar… ou réalité ? Anna ouvre les yeux et prend peu à peu conscience qu’elle n’est pas en train de faire le cauchemar récurrent qui la tourmente depuis son enfance, mais qu’elle est bel et bien séquestrée. Qui l’a enlevée ? Le croque-mitaine qui la terrorise depuis qu’elle a cinq ans, ou un homme de chair et d’os ? Chargé d’enquêter sur l’enlèvement de la jeune fille, le commandant Ferreira doit collaborer avec un psychiatre, le docteur Fournier. Son enquête est vite reliée à une autre, celle de la disparition du père d’Anna, onze ans auparavant. Onze années de silence et d’oubli à parcourir. Un voyage à rebours, au cœur d’une mémoire secrète.

L’ombre du croque-mitaine
*D’après le psychiatre qui la suit, Anna fait un cauchemar
récurrent dans lequel le croque-mitaine, qui, pense-t-elle,
a dévoré son père, revient la chercher pour la tuer à son
tour. Elle souffre de cette peur phobique depuis la
disparition de son père. D’où la mise en scène du ravisseur*
(Extrait)

PHOBIE est un drame psychologique puissant et intense. Nous suivons dans cette histoire Anna Lefaure une adolescente qui, même à 16 ans, a encore peur du croque-mitaine, ce personnage maléfique qu’on utilisait jadis pour faire peur aux enfants, croyant les rendre plus sages. Onze ans plus tôt, le père d’Anna disparaissait dans des circonstances non élucidées. Anna a développé la conviction que son père a été dévoré par le croque-mitaine. Un jour, Anna se réveille, séquestrée dans une cave, vêtue d’une robe de soirée. La peur et les questionnements s’entremêlent. Est-ce que ce serait un coup du croque-mitaine? *Le croque-mitaine n’aurait pas eu besoin de me droguer et de me ligoter. Le croque-mitaine m’aurait dévoré sur place.  Je n’ai pas affaire au monstre de mon imaginaire, non… Mais à une autre sorte de monstre. Un psychopathe, un détraqué, un fou. *  (Extrait)

L’enquête sur la disparition d’Anna est confiée au commandant Matteo Ferreira. Ce dernier aura besoin de la collaboration de la mère d’Anna, Audrey, et du psychiatre d’Anna, le docteur Fournier qui, apparemment, utilise une technique très audacieuse pour traiter la jeune fille. Il semble que tout ce beau monde a des choses à cacher. Rien ne sera simple pour l’inspecteur Ferreira qui deviendra lui-même, à son insu, un acteur dans le traitement d’Anna. Il devra comprendre et suivre les méandres d’un esprit torturé et utiliser des méthodes pas très orthodoxes pour trouver des réponses. Par exemple, le père d’Anna, Mathias est-il mort? Officiellement, il n’est que disparu. Pourquoi la mère d’Anna semble si peu inquiète du sort de sa fille enlevée? Et puis face aux talents particuliers du docteur Fournier, comment établir la frontière entre le fantasme et la réalité?

INTERACTION DE GENRES

J’ai été rapidement accroché par la technique narrative développée dans PHOBIE, attractive, cohérente et convaincante. J’ai été aussi séduit par l’originalité du sujet. En effet, PHOBIE est un mélange de genres qui interagissent : policier, psychologique, science, réalité virtuelle, le tout ponctué de nombreuses références aux contes de fée qu’on nous racontait quand on était petit et qui semble avoir un lien direct avec l’état psychologique d’Anna : *Anna…avait apporté les livres que lui avait offert son père et qu’elle avait l’habitude de lire avec lui. Des contes. Cendrillon, Barbe bleue, la Belle au bois dormant, la Belle et la Bête. C’était eux, les coupables. Leurs pages enfermaient les monstres de ses cauchemars. * (Extrait) Le lecteur découvrira comme moi qu’Anna est beaucoup plus solide qu’il n’y parait. J’ai été agréablement surpris d’une métamorphose à laquelle je ne m’attendais pas du tout.

Dans ce roman bien pensé et travaillé avec une logique qui rend crédible son caractère psycho-scientifique, au fur et à mesure que le sort d’Anna se précise, le caractère psychologique cède le pas à l’intrigue policière qui s’imbrique dans les manipulations du docteur Fournier. C’est dans cette partie qu’on appréciera davantage la qualité des personnages entre autres.

Il faut toutefois faire attention car le thème de la réalité virtuelle est omniprésent dans le récit. Il faut donc faire la part des choses. Il ne sera pas toujours facile de séparer le virtuel de la réalité. C’est une des beautés intrigantes de l’œuvre. L’auteure n’était pas pour laisser le lecteur, la lectrice sans un petit défi à relever.

Rebondissements, personnages forts, en particulier Anna et Ferreira, une technique d’enquête qui ouvre la voie à des possibilités fort intéressantes. PHOBIE est un huis-clos efficace. Une trouvaille.

Sarah Cohen-Scali est née en 1958 et vit à Paris. Elle a suivi des études de lettres, d’art dramatique et de philosophie. De son apprentissage de comédienne, il lui reste un appétit insatiable pour le cinéma, essentiel pour nourrir l’écriture à laquelle elle se consacre à plein temps depuis 1989. Elle a écrit une quarantaine de romans et nouvelles, pour tous les âges, depuis l’album illustré destiné aux tout jeunes lecteurs, jusqu’au roman policier pour adultes. Son dernier roman, Max, publié aux éditions Gallimard, a remporté le prix Sorcières 2013. Quant à PHOBIE, il a décroché le prix du meilleur polar jeunesse, Cognac, 2017.

Bonne lecture
Claude Lambert
Le vendredi 23 avril 2021

300 MINUTES DE DANGER

Commentaire sur le livre de
JACK HEATH

*La peur s’installa en Nassim. -Vous n’êtes pas
ici pour réparer la télévision ? -Tu perds ton
temps. Bientôt, l’agent neurotoxique que tu
viens de boire va bloquer les signaux qui vont
de ton cerveau à tes organes…*
(Extrait : 300 MINUTES DE DANGER, Jack Heath,
Éditions ADA, 2018, édition de papier, 210 pages
extrait de la nouvelle POISON)

Ce livre est un recueil de dix histoires fictives d’enfants braves vivant chacun une situation dangereuse et ayant trente minutes pour s’en échapper. Par exemple, l’histoire de George, coincé dans un avion en chute libre sans moteur et sans pilote. Ou Mila, recouverte de déchets radioactifs et dont la combinaison de sécurité commence à manquer d’oxygène. Chaque histoire nécessite environ trente minutes de lecture. Les titres : L’école de snow, sous-humain, famille nucléaire, coffré, gelées, inferno, le viroumouche, train en cavale, poison et course vers l’espace. Trente minutes, dix histoires, 300 minutes de danger.

L’ABC DE L’ÉVASION
*Le gorille claqua le coffre qui se referma
avec un énorme <fouish>. Kim se trouva
coincé dans la noirceur et la
claustrophobie s’installa. *
(Extrait : 300 MINUTES DE DANGER, COFFRÉ)

Comme on l’a vu plus haut, ce livre regroupe dix nouvelles. Ces récits ont plusieurs points en commun : ils sont limités à trente minutes de lecture chacun. Chaque texte présente un compte à rebours de temps de lecture. Dans chaque histoire, un enfant est confronté à une situation dangereuse. Les parents sont présents dans plusieurs récits, plus ou moins effacés dans d’autres. L’évasion est le thème général par le biais de la débrouillardise et de l’ingéniosité.

Un seul thème est récurrent pour quelques nouvelles : le virumouche, un virus apocalyptique foudroyant et mortel, véhiculé par des mouches et hautement contagieux. Pour chaque histoire, les enfants ont trente minutes pour se sortir d’une situation potentiellement mortelle. *Le virus le tuait. Il ne lui restait pas beaucoup de temps. Il serra sa prise sur la barre de remorquage. Le métal glissait entre ses mains en sueur. S’il relâchait sa prise, il était mort. La route n’était qu’un flou sous les roues de la planche à roulettes. (Extrait)

Le principal point positif de ces histoires est leur intensité dramatique avec suffisamment d’émotion pour capter l’attention du jeune lecteur, de la jeune lectrice. Mon récit préféré s’intitule LE VIRUMOUCHE car il démontre avec une étonnante précision la métamorphose des gens lorsqu’ils sont confrontés à un danger aussi sérieux que l’exposition à un virus mortel : disparition de toute empathie et charité, refus de secours, violence potentielle et même le vol de vaccins pour les revendre à des prix prohibitif, installation graduelle de l’anarchie dans le pire des cas. Une histoire qui n’est pas sans rappeler l’explosion du sida, devenu pandémique à la fin des années 70.

C’est toute une société qui est abaissée par la peur : *Tony, ahuri, se trouvait maintenant seul dans le square déserté. Il ne pouvait croire à quelle rapidité les gens étaient devenus comme des animaux. Comment Shane s’était retourné contre lui sans hésiter un seul moment. * (Extrait)

Malheureusement, il y a des irritants, le principal étant la qualité des finales. Pour chaque texte, la finale est bâclée, expédiée et extrêmement limitée. Tout ça afin de respecter un temps de lecture qui ne dépasse pas trente minutes. C’est très dommage car la plupart des textes sont bien bâtis. Je trouve ça ordinaire et simpliste, sacrifier la qualité du texte au profit du temps de lecture. La présence d’un compte à rebours de lecture à chaque page m’a irrité plus qu’autre chose. Je n’ai jamais compté mon temps de lecture et je ne crois pas que ce soit une bonne chose d’encourager les jeunes lecteurs et lectrices à limiter le leur. Peut-être que l’auteur a voulu faire original, ou son éditeur. En ce qui me concerne, terminer un récit par une queue de poisson pour ne pas dépasser trente minutes n’a rien d’original. Heureusement, tous les textes comportent des éléments grâce auxquels les jeunes pourront se reconnaître, l’héroïsme étant omniprésent dans tous les textes.

L’auteur Jack Heath a dû trouver comme une espèce de filon dans ce type de développement littéraire car il a publier également 400 minutes de danger et 500 minutes de danger et que ces livres sont en général de bons vendeurs. J’admets donc que le style plait jusqu’à un certain point. Le chrono n’est pas une nouveauté en littérature. Je pense à la collection 30 MINUTES POUR SURVIVRE qui va un peu plus loin sans oublier 30 MINUTES CHRONO, une approche soi-disant révolutionnaire pour cuisiner vite et bien. Comme je le dis souvent, la balle est dans le camp des lecteurs. Il y a du bon dans ce livre. Suffisamment pour la note de passage. Alors je vous suggère de suivre votre instinct de lecteur/lectrice. Vous pourriez aimer.

Jack Heath est un écrivain australien né à Sydney en 1986. Il a publié son premier roman lorsqu’il était adolescent. Il est maintenant l’auteur primé de quatorze romans pour jeunes. Marié, un garçon. Habite Canberra en Australie.

Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 17 avril 2021

I.R.L. le livre d’AGNÈS MAROT

I.R.L.

Commentaire sur le livre de
AGNÈS MAROT

*Cette fois, ce n’est pas de la fiction. Personne ne vous
cachera la vérité qui dérange, n’enclenchera une jolie
musique quand vous vous mettrez à pleurer. Aucun
écran ne vous protégera de votre propre histoire.*
(Extrait : I.R.L., Agnès Marot, Gulf stream éditeur,
collection Electrogen3, science-fiction, 2016, édition
numérique, 444 pages)

Je m’appelle Chloé Blanche et j’ai grandi à Life City. Comme tous les habitants, j’ignorais que nous étions filmés en permanence, que nous étions un divertissement pour des milliers  et des milliers de foyers. J’ignorais que nous étions les personnages de PLAY YOUR LIFE, l’émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. J’ignorais surtout à quel point nous étions manipulés. Puis j’ai rencontré Hilmi, le nouveau à la peau caramel…le garçon qui faisait battre mon cœur mais que ceux qui tirent les ficelles ne me destinaient pas. C’est ainsi, que j’ai découvert ce que nous étions, Life City : Les personnages d’un immense jeu vidéo

Et si on était des *SIMS*
*Il a conçu un programme pour empêcher un joueur de se
connecter à son personnage…Il suffit de lui construire un
support dans Life City pour l’attacher aux IA, un bracelet
par exemple ; on ne peut pas le matérialiser nous-mêmes,
toutes les entrées sont surveillées maintenant. Tu le passes
au poignet de ta mère, et personne ne pourra plus rien contre
elle.*

(Extrait:  I.R.L.)

 Non, la liberté, c’est permettre à l’autre de penser, de choisir et
même de se tromper si ça lui chante. Et dans ton monde, personne
n’est libre. Pas plus que dans le mien. »
(Extrait I.R.L.)

Pour bien apprécier voire savourer cette histoire, le lecteur doit d’abord en comprendre les principales définitions. PLAY YOUR LIFE : Un jeu virtuel très futuriste dans lequel les utilisateurs créent des avatars très semblables aux humains et les font évoluer dans un monde virtuel très proche de la réalité appelé LIFE CITY. Ce jeu évoque ce qui pourrait être son ancêtre : LES SIMS poussés à un très haut degré de perfection. Les créateurs et utilisateurs et les téléspectateurs qui bénéficient de cette téléréalité font partie de l’IRL : In real life. *Life city n’est pas la ville que tu penses connaître, commence-t-il. C’est une société qui a été imaginée pour permettre aux gens de la vie réelle comme moi, de se divertir. Vous êtes une sorte de—jeu télévisé à échelle géante. * (Extrait)

Deuxième petit devoir du lecteur, c’est qu’il devra composer avec des réalités qui s’imbriquent, des sauts dans le temps, des narrations différentes parfois dans le même chapitre et elles ne s’annoncent pas. Les lecteurs et lectrices auront plaisir je crois à démêler tout ça et je dois dire qu’ils sont très bien outillés par l’auteure qui fournit une plume d’une extraordinaire efficacité et un fil conducteur qui aident les lecteurs à garder le cap.

L’originalité, la trouvaille dans cette histoire est qu’un des personnages, l’héroïne Chloé Blanche développe de façon totalement imprévue un impressionnant quotient émotionnel et finit par échapper à tout contrôle et ce n’est pas le seul problème de son créateur, Link Rinku qui devient jaloux d’un personnage qui aurait un petit sentiment pour Chloé : Hilmi. Link en vient à faire des bêtises et ça se complique du fait qu’il est le fils du PDG de PLAY YOUR LIFE, Arn Rinku, une espèce de monstre sans conscience. Link se retrouve entre l’écorce et le bouleau. L’énorme entreprise d’Arn a maintenant un problème majeur : une intelligence artificielle qui évolue. Du jamais vu. Le pourquoi et le comment restent dans le domaine du mystère. Une chose est sûre, Chloé constitue un danger potentiel énorme pour l’IRL. J’ai beaucoup aimé cette histoire. Embarquer dans cette histoire a été un peu long et difficile, mais une fois accroché au fil conducteur, je ne pouvais plus m’arrêter, J’ai senti l’influence de plusieurs des immortels de la littérature dont les célèbres dystopies 1984 de George Orwell et Farenheit 451 de Ray Bradbury.

J’ai surtout senti l’influence d’un chef d’œuvre du cinéma : LE SHOW TRUMAN de Peter Weir sorti en 1998 avec Jim Carrey et Ed Harris. Influence largement admise à l’intérieur même du récit d’Agnès Marot : *Il (Arn) s’est inspiré du concept de « the Truman show», tu sais, ce vieux film où tout le monde regarde la vie d’un homme qui évolue dans une ville remplie d’acteurs ? Avec les nouvelles technologies et le développement des univers virtuels, mon père a compris qu’il pouvait la réaliser pour de vrai et même aller beaucoup plus loin. * (Extrait) Donc on a un univers d’IA autonomes avec une vie propre, dotée d’une intelligence émotionnelle modifiable selon les besoins de la production. Toutefois, un personnage semble vouloir sortir du décor.  L’auteure a réussi à m’imposer son rythme qui est assez rapide avec des intrigues qui diffèrent tout en se complétant. J’ai aimé cette façon de manipuler les technologies, de faire chevaucher la fiction et la réalité, cette façon de garder le lecteur dans le coup. Les personnages ont été travaillés avec beaucoup d’intelligence et de patience.

En terminant, je veux mentionner que ce livre n’est pas sans nous faire réfléchir sur les abus et dérives des Nouvelles technologies et sur la nécessité de les encadrer. Ça me rappelle aussi l’insipidité de la téléréalité et les bizarreries exprimées de son public de voyeurs. Il y a de quoi réfléchir sur la question comme je l’ai fait en lisant LE VIDE de Patrick Sénécal, et ACIDE SULFURIQUE d’Amelie Nothomb. Rien pour embellir la réputation de cette tache qu’on appelle la téléréalité. Des livres porteurs de réflexion. C’est gagnant. Lisez IRL. Je crois que vous ne serez pas déçu.

Sa tasse de thé bien chaude à la main, sa panthère de poche sur les genoux, Agnès Marot écrit des histoires dans lesquelles elle partage ses rêves, ses espoirs. Depuis L’AUTRE CÔTÉ DU MUR jusqu’à I.R.L., son cinquième roman, ses personnages empruntent les mille facettes des émotions et parcourent les sentiers de l’imaginaire pour mieux parler des hommes et du monde. Entre deux mots et trois carrés de chocolat, elles passe de l’autre côté de la barrière pour travailler les romans des autres auteurs en tant qu’éditrice indépendante et tente de dompter sa muse incontrôlable. Elle écrit plus spécifiquement pour les ados et les jeunes adultes. Pour sa pages Facebook, cliquez ici.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 11 avril 2021

JOURNAL D’UN DISPARU

JOURNAL D’UN DISPARU

Commentaire sur le livre de
MAXIME LANDRY

*C’est étrange ce matin, c’est comme si
j’étais encore là. Tout autour de moi est
exactement comme je l’ai laissé. *
(Extrait : JOURNAL D’UN DISPARU, Maxime
Landry, Libre Expression février 2015, 176 p.
Édition sonore : Audible studios, 2017, durée
d’écoute : 3 heures 18, Maxime Landry fait la
narration de son propre livre.)

Bertrand a une vie tout à fait normale avec sa famille. Homme travaillant et dévoué, il se surmène dans le but d’assurer un avenir de qualité à sa femme et à ses enfants, qu’il n’aura pas le temps de voir devenir adultes. Tous ses efforts le dirigent, malgré lui, bien loin de ses rêves et de ses ambitions. Tranquillement, il sombre dans la noirceur. La nuit la plus longue de toute son existence.

Journal d’un disparu est le journal post mortem tenu par Bertrand durant l’année suivant son départ volontaire.

UN PANÉGYRIQUE DE LA VIE
*On m’a souvent répété…que notre vie nous était
prêtée. Comme un cadeau que l’on devait rendre
après l’avoir déballé. De ne pas trop en abuser au
risque de la perdre un jour. Moi, la mienne, je n’ai
jamais su quoi en faire, alors je l’ai rendue. *
(Extrait)

Plusieurs se rappelleront de Maxime Landry comme étant le grand gagnant de Star Académie en 2009 et qui, moins d’un an plus tard devenait interprète masculin de l’année. Auteur, compositeur et interprète, Maxime Landry, cet homme-orchestre qui semble vouloir rester éternellement jeune, verse maintenant dans la littérature et propose un premier roman qui m’a vraiment secoué pour ne pas dire quil m’a remis à ma place quant à ce que j’attends de la vie, même à la retraite. Voici l’histoire touchante d’un homme, Bertrand, père de quatre enfants, facteur et restaurateur, deux métiers, trente-six misères. Il est dévoué et même altruiste à ses heures, mais il se surmène, néglige sa santé, sa famille, se détache de ses rêves. Un jour, Bertrand décide qu’assez c’est assez.

Pour ce livre, j’ai choisi la version audio, narrée par Maxime Landry lui-même qui m’a fait vibrer avec sa voix d’adolescent chargée d’émotion et de ressenti. Je n’ai pas regretté mon choix même si je n’ai aucun doute qu’un support papier aurait donné des résultats semblables. Peu importe le support, Maxime brasse les émotions et le lecteur se sent forcément emporté. Trop parler de ce livre reviendrait à vendre la mèche. On pourrait le qualifier de confession post-mortem d’une âme obligée à errer pour un temps pour voir comment les vivants se débrouillent avec la suite. Peut-être pourrait-on parler d’une puissante léthargie, une zone grise ou une plongée dans le film de sa vie, une introspection puissante et ébranlante, une zone mystérieuse qui sépare le rêve de la réalité. Le tout est évidemment assorti de profonds questionnements : *Pourquoi faut-il comprendre quand il est trop tard ? * (extrait) C’est vraiment à vous amis lecteurs, amies lectrices de le découvrir et ce sera, je crois une belle expérience.

Comment qualifier ce livre ? Je dirais une belle complainte, une sorte de mea culpa qui devient au fil du récit un puissant plaidoyer contre le suicide : *En un instant, en une fraction de seconde, en un geste, j’ai changé le cours de votre histoire. Je me suis pris pour Dieu, et c’est vous qui en payez la note*. Ce livre de Maxime Landry, qui est parti d’une chanson d’ailleurs a un caractère autobiographique car le père de Maxime s’est suicidé alors que Maxime était adolescent. Malgré cette dure épreuve, Maxime a évité le piège du misérabilisme et fait plutôt ressortir la vie, avec sa belle signature vocale, comme un don spécial dont il faut prendre soin. Il fait même preuve d’un peu d’humour…parfois noir mais qui arrache quand même un sourire. Il met aussi en perspective l’amour dont on est entouré, tous…la famille, les amis, le conjoint, la conjointe, les enfants et tout ce que ça engendre et qu’on appelle les p’tits bonheurs de la vie. Le narrateur est le personnage principal lui-même et ses propos post-mortems sont de nature à faire réfléchir. Imaginez en effet qu’à votre décès, votre conscience, au lieu d’aller vers la lumière décide de rester un peu en *bas*.

Il y aurait sûrement des observations intéressantes à faire et pas toujours gaies car vous êtes à la fois témoin de la peine engendrée par votre départ, mais aussi de l’hypocrisie et même parfois de l’indifférence. Peut-être décideriez-vous d’essayer d’influencer positivement la vie des êtres chers laissés derrière. À ce titre, le plus beau passage du récit est sans doute le moment ou Bertrand découvre que son fils François a un dangereux vague à l’âme. La détresse de son âme est perçue par Bertrand comme une prière. Le texte est de toute beauté. J’ai savouré et dévoré ce petit livre de 175 pages, environ trois heures d’écoute en une soirée. Je pense que pour une première expérience en littérature, Maxime Landry a frappé fort. Ça vous fait aimer la vie…rien de moins.

Connu surtout pour son succès musical, Maxime Landry est un homme aux 1001 talents. Depuis 2015, il nous le démontre avec brio à la barre de l’animation à Rouge FM (107.5 FM), tous les jours en semaine de 18 h à 20 h sur l’ensemble du réseau. Auteur de plusieurs chansons, Maxime est également écrivain. Il témoigne de sa belle plume dans deux livres : Journal d’un disparu et Tout mon temps pour toi, parus en février 2015 et avril 2016. Tous deux ont été encensés Best-Seller. Maxime est également impliqué dans plusieurs causes et fondations, dont Opération Enfants-Soleil, pour laquelle il co-anime le Téléthon.
(Extrait de la biographie de Maxime Landry publiée sur son site officiel)
Cliquez ici.

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi  avril 2021

L’ALCHIMISTE

L’ALCHIMISTE

Commentaire sur le livre de
PAULO COELHO

* J’ai appris que le monde possède une Âme, et
celui qui pourra comprendre cette âme comprendra
le langage des choses. J’ai appris que de nombreux
alchimistes ont vécu leur Légende Personnelle et
qu’ils ont fini par découvrir l’Âme du monde, la
Pierre Philosophale, l’Élixir de Longue vie.*
(Extrait : L’ALCHIMISTE, Paulo Coelho, T.F. : Éditions
Anne Carrière, 1994, édition de papier, 200 pages)

L’ALCHIMISTE est un conte philosophique qui suit le cheminement personnel d’un jeune berger espagnol : Santiago. Le jeune homme a fait ses études au séminaire mais il a renoncé à être prêtre, préférant être plus proche de l’environnement, de la nature. Santiago entend parler d’un trésor enfoui au pied des pyramides. Il part à sa recherche et c’est pendant cette quête que Santiago fera sa rencontre avec l’ALCHIMISTE, un grand sage qui apprendra au jeune homme à lire les signes du destin et par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. C’est l’ALCHIMISTE qui a fait connaître Paulo Coelho au monde entier.

AU BOUT DU RÊVE
*Une quête commence toujours par
la Chance du débutant. Et
s’achève toujours par
L’épreuve du Conquérant.*
(Extrait : L’ALCHIMISTE)

Voici l’histoire de Santiago, un jeune berger andalou qui, à la suite d’un rêve, décide d’entreprendre un long voyage ayant comme objectif final les pyramides d’Égypte, ce qui implique entre autres la traversée du désert du Sahara. D’après le rêve de Santiago, un magnifique trésor est enfoui au pied d’une de ces pyramides. C’est dans le désert que Santiago fera sa rencontre avec l’alchimiste qui lui expliquera que ce rêve représente sa légende personnelle. Santiago recevra une leçon de vie qui lui enseignera la nécessité d’aller au bout de ses rêves, ce qui lui fait un peu peur : *…Aucun cœur n’a jamais souffert alors qu’il était à la poursuite de ses rêves, parce que chaque instant de quête est un instant de rencontre avec Dieu et avec l’Éternité.* (extrait)

Ce livre est présenté comme un conte philosophique mais il m’est apparu essentiellement comme un roman initiatique…eh oui…un autre. Je ne me fais pas d’illusion, L’ALCHIMISTE est un best-seller international traduit dans de multiples langues. C’est donc qu’il a atteint beaucoup de monde. J’ai lu beaucoup sur le sujet, entre autres LA PROPHÉTIE DES ANDES de James Redfield et LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT d’Eckhart Tolle. Tous ces livres ont été écrits dans une optique d’enrichissement de la personnalité et de l’esprit, ils ont un caractère qui pousse à l’introspection, à la spiritualité, au bien-être, à la philanthropie. Aucun de ces livres n’est mauvais, bien au contraire. J’ai savouré les livres de Redfield. Toutefois, avec L’ALCHIMISTE, j’ai appris peu de choses nouvelles. Le sujet, encore omniprésent en littérature, est échaudé. Sur le plan initiatique, L’ALCHIMISTE n’a rien de vraiment original et manque de profondeur. Très personnellement, je crois que Paulo Coelho n’est pas allé assez loin avec la quête de Santiago. L’ensemble, un peu ampoulé, comporte beaucoup de clichés et de phrase toutes faites du genre *Certaines fois, il est impossible de contenir le fleuve de la vie*. (extrait)

Sur le plan romanesque, c’est un peu différent. L’histoire, quoique trop brève est bien construite et la deuxième partie en particulier a un petit quelque chose de très intriguant et voilà le coup de génie de Coelho : la nature du trésor que découvre Santiago m’a surpris et ébloui du fait de son contenu, des conséquences de sa découverte et surtout de l’endroit où il a été découvert. Cet endroit est à mille lieux de ce que je croyais, un endroit impossible et pourtant… L’écriture de Coelho est forte mais avec un fil conducteur qui fait en sorte que rien ne nous échappe dans l’aventure de Santiago qui évolue en crescendo et qui laisse à penser qu’on peut passer de son propre rêve pour s’accaparer du rêve qu’un autre a abandonné. Ça rappelle un peu la chance propre à une loterie mais ça met parfaitement en perspective le message que livre le récit de Paulo Coelho à savoir qu’il faut aller au bout de ses rêves. *Si je le pouvais, j’écrirais une énorme encyclopédie sur les mots «chance» et «coïncidence». C’est avec ces mots-là que s’écrit le langage universel. * (Extrait)

Donc pour les lecteurs et lectrices avides de ressourcement, d’enrichissement spirituel et de leçons de vie, il y a de fortes chances que ce petit volume atteigne l’enfant qui sommeille en vous. En ce qui me concerne, le sujet développé est un peu mièvre et reste à la surface des choses. Je n’ai pas regretté ma lecture cependant, car à partir du milieu du récit ou à peu près, je me suis surpris à me demander si Santiago allait trouver le trésor et comment ? Il se bâtit une intrigue qui est entretenue par la suite et qui tient en haleine malgré les propos parfois moralisateurs de l’Alchimiste. Vous vous posez aussi sûrement la question : Peut-il transformer le métal en or ? À vous de le découvrir. Vous pourrez alors, comme moi, savourer un dénouement brillant et surprenant : *Les Pyramides lui sourirent et il leur sourit en retour, le cœur empli d’allégresse. * (extrait) Je sais, ça peut dire beaucoup de choses mais ça en révèle peu.

Comme beaucoup de lecteurs et lectrices, j’ai apprécié ce livre, mais pas nécessairement pour les mêmes raisons.

Paulo Coelho est l’un des auteurs vivants les plus lus au monde. Son œuvre, traduite dans 80 langues et récompensée par de nombreux prix internationaux, a déjà dépassé les 165 millions d’exemplaires vendus dans plus de 170 pays. Natif de Rio de Janeiro, Paulo Coelho siège à l’académie brésilienne de littérature depuis 2002. L’écrivain s’est mis au service des plus pauvres dans la société brésilienne par le biais de l’Institut Paulo Coelho qu’il a fondé avec son épouse Christina Oiticica. Conseiller spécial pour le dialogue interculturel et les convergences spirituelles auprès de l’UNESCO, il défend les valeurs attachées au multiculturalisme. Il a été nommé messager de la paix pour les Nations Unies en septembre 2007.

BONNE LECTURE
Claude Lambert

le vendredi 2 avril 2021