DÉSAXÉ

DÉSAXÉ

Commentaire sur le livre de
Lars Kepler

*Margot observe le carnage pendant un moment,
les traces de violence, le sang provenant du couteau
qui a frappé, le jaillissement du sang artériel sur la
porte lisse d’un meuble de cuisine et le sang répandu
par la lutte de la victime et les mouvements
spasmodiques du corps.*
(Extrait : DÉSAXÉ, Lars Kepler, Albert Bonniers Förlag,
Stockholm, 2014, Pour la traduction française : Actes
Sud, 2016, édition numérique, 1090 pages.)

La police suédoise met tout en œuvre pour traquer un tueur en série, un voyeur meurtrier qui filme et met en ligne sur Internet ses exploits avant de tuer. Devant un esprit aussi tordu, la police est dans l’impasse jusqu’à ce que la police découvre un homme en panique sur les lieux d’un nouveau meurtre. En état de choc, l’homme ne se souvient plus de rien. Pour sonder sa mémoire perdue, la police fait appel au docteur Erik Maria Bark, un hypnotiseur (personnage récurrent dans l’œuvre de  Kepler). Bark fera des découvertes troublantes qui pourraient bien se retourner contre lui-même et devenir fatales. Pourtant le temps presse…les morts s’accumulent…

AVANT-PROPOS :
STALKER, STALKING

Ce sont des termes que l’on entend surtout dans les milieux psychiatriques et policiers. Le stalking est une forme active de harcèlement et de voyeurisme obsessionnel. Celui qui pratique le stalking est un stalker. Le problème avec le stalking est que s’il débute le plus souvent par une tentative amicale, il débouche souvent sur une haine obsessionnelle. Cette pratique devient alors une névrose qui peut pousser au crime…elle part du fait de suivre et espionner des victimes, les intimider, voire les filmer, et peut aller jusqu’au harcèlement et à l’agression.

Traquer sus au stalker
*…elle était là, dans son imperméable jaune,
à regarder sa mère. Le visage d’Anna était
en bouillie, il y avait du sang partout,
jusqu’au…
(Extrait : DÉSAXÉ)

C’est un long roman sans longueur. Paradoxal? Pas du tout! D’entrée de jeu, je dirai que j’ai passé un très bon moment de lecture avec cette brique de Lars Kepler. La trame est intense, mais le fil conducteur est solide : quatre meurtres d’une indescriptible violence qui rappellent un autre meurtre commis neuf ans plutôt et pour lequel un pasteur a été incarcéré. Pour avancer dans l’enquête, la police a besoin de la mémoire de ce pasteur accro à l’héroïne : Rocky Kyrklund. C’est là qu’intervient l’hypnotiseur Erik Maria Bark, personnage récurrent dans l’œuvre des auteurs et c’est là que débute une impitoyable course contre la montre où le chasseur devient le chassé…car on peut dire que la conscience de Bark n’est pas tout à fait nette. La police se rend très vite compte qu’elle a affaire à un stalker, c’est-à-dire un voyeur obsessionnel.

J’ai été très vite captif de ce récit et même que dans le dernier quart, j’ai péché un peu par addiction tellement il était difficile de lever le nez du livre à cause d’un enchaînement rapide de rebondissements, un rythme très rapide et la chaîne d’évènements dramatiques qui nous amène à la découverte de la personne coupable la plus improbable…

Un petit irritant : la policière Margot qui enquête sur cette dangereuse affaire alors qu’elle est au dernier stade de sa grossesse…elle mange tout le temps…le bébé bouge…elle perd ses eaux à un assez mauvais moment…ordinaire, agaçant et sans rapport. Autre petit détail, j’ai trouvé la traduction un peu pénible par moment. Mais c’est quand même surmontable. Je suppose qu’on peut se familiariser au style d’un traducteur comme on le fait pour un auteur.

Il y a surtout beaucoup de forces à souligner : le rythme effréné, l’intensité des personnages, je pense en particulier à Jackie, une pianiste aveugle qui tente d’échapper au monstre dans une maison puante qui tombe en ruine…pas facile pour une aveugle et tout un défi pour les auteurs de faire vivre au lecteur comme si c’était en temps réel, les émotions, les tensions intérieures, la peur voire la morbidité que vit Jackie alors qu’elle tente d’échapper à une mort horrible. Comme lecteur, j’avoue que j’ai souffert pour Jackie tellement les auteurs ont trouvé les mots précis, le ton juste avec cet art de provoquer le frisson. Ça m’a remué…

Ajoutons à cela la qualité de l’intrigue et la recherche qu’elle a nécessitée, l’originalité du sujet si on tient compte de la psychologie des personnages et de l’exploitation d’un thème un peu discret en littérature policière : le stalkin…c’est sans compter la douce toponymie chantante de la Suède, la trame qui nous fait découvrir Stockholm en particulier et la Suède en général, même si elle n’est pas particulièrement flatteuse pour ses services policiers et judiciaires.

Donc si une veille littéraire du genre NUIT BLANCHE vous intéresse, lisez DÉSAXÉ. Bien avant le dénouement que j’ai trouvé pour le moins surprenant, vous comprendrez très vite que le livre porte bien son titre.

LARS KEPLER est le pseudonyme d’un couple d’auteurs suédois qui se sont spécialisés dans le roman policier : ALEXANDRA COELHO AHNDORIL née en 1966 à Helsingborg et ALEXANDER AHNDORIL né en 1967 à Stockholm. Chacun a écrit plusieurs romans en solo mais en 2009, ils ont décidé de coécrire leur premier roman : L’HYPNOTISEUR adapté par la suite au cinéma en 2012 par Lasse Hallström.  C’est cet hypnotiseur, Erick Maria Bark qui récidive dans DÉSAXÉ au côté de l’inspecteur Joona Lina.

BONNE LECTURE
JAILU
Le dimanche 29 octobre 2017

CORENTIN ET LE ROYAUME DES OMBRES

CORENTIN ET LE ROYAUME DES OMBRES

Commentaire sur le livre de
SABINE CHANTRAINE CACHART 

*…il emmena le jeune garçon. –Mais où allons-nous?
-Ne crains rien petit, je t’emmène là où il fait encore
jour, où les gens sont encore debout! Dans quel pays
veux-tu aller? –Un pays où il fait jour quand en
France il fait nuit? Euh, je ne sais pas, le Canada par
exemple! –Allons-y! Je t’emmène au Québec. À
Victoriaville, plus précisément.*
(Extrait : Corentin et le Royaume des Ombres, Sabine
Chantraine-Cachart, IS édition, 2013, numérique, 195
pages, littérature jeunesse.)

Voici l’histoire d’un sympathique jeune garçon : Corentin Canivet et de son inséparable amie, Joséphine. Suite à un accident, Corentin plonge dans un coma qui va durer plusieurs mois. À son réveil, il est rétabli à un détail près : il est devenu aveugle. Par la suite, d’étranges phénomènes se produisent. La nuit, Corentin est réveillé par une voix venant d’un univers parallèle appelé ROYAUME DES OMBRES. La voix révèle à Corentin que son village, Méjean est sous le coup d’une malédiction. Les ancêtres de Corentin réunis dans le ROYAUME DES OMBRES confient à notre jeune héros des pouvoirs surnaturels ainsi qu’une importante mission : sauver Méjean.

HÉROS DE L’OMBRE
HÉROS DE LUMIÈRE
*…C’est obscur! Je ne sais pas pourquoi ton
ami et toi, vous y êtes mêlés. Mais prenez
garde! Je vois beaucoup de voyages dans
un lieu que je ne connais pas, un pays avec
des gens étranges, transparents…*
(Extrait : CORENTIN ET LE ROYAUME DES OMBRES)

C’est un livre très intéressant. Il s’agit de littérature-jeunesse mais dans les faits, il est bon pour tous les âges…même que les adultes pourraient y constater les effets non-négligeables du courage, de l’abnégation et du travail d’équipe. J’ai apprécié ce livre. Son titre ne lui rend pas tout à fait justice. Il n’y a pas d’horreur ni de violence. Dans le Royaume des Ombres, il n’y a que des amis. Bien que ce soient des êtres surnaturels, ils ne sont là que pour aider Corentin et Joséphine dans une mission qui leur est confiée et qui consiste à soustraire leur village, Méjean, à une terrible malédiction.

Bien que les univers parallèles soient monnaie courante en littérature, j’ai tout de même trouvé le sujet original à plusieurs égards en particulier parce que dans le monde visible, Corentin est non-voyant et dans le royaume des ombres, il voit. Ensuite, les pouvoirs qui lui sont donnés ne sont que défensifs. Ce sont en fait des outils dont il se sert dans sa quête de la vérité afin que la malchance abandonne définitivement Méjean.

Le volume peut se lire d’une traite. La lecture est facile. L’action est relativement bien soutenue. La plume est fluide et riche en détails. La trame et les personnages me rappellent un peu le Club des cinq, cette série de romans policiers pour jeunes adolescents écrite par Enid Blyton et adaptée deux fois pour la télévision. La connivence entre les jeunes personnages est très forte et aussi très intuitive.

Il y a, dans la composition des personnages une petite faiblesse. Les capacités d’analyse, de déduction et de résolution de problèmes des jeunes sont un peu trop fortes pour être vraies, surtout si je tiens compte du fait que l’aide reçue du Royaume des Ombres est sommes toutes assez minimale. Ce n’est pas un cas isolé. Les personnages un peu surfaits sont courants dans la littérature-jeunesse. Ça m’a toujours un peu agacé.

Ce qui est sûr, c’est que les forces de ce récit font pencher la balance. C’est une belle histoire qui n’est pas sans nous faire réfléchir sur les vertus de la ténacité, du travail d’équipe et sur cette magnifique valeur qu’est l’amitié. Elle nous rappelle aussi les extraordinaires capacités susceptibles d’être développées par les non-voyants. Pas étonnant que ce livre ait été traduit en braille.

Je recommande donc aux jeunes en particulier et à tout le monde en général CORENTIN ET LE ROYAUME DES OMBRES. La fin laisse supposer une suite. Il y en a bien une : CORENTIN ET LE GRIMOIRE DE NATULA.

Sabine Chantraine-Cachart est une auteure française née en 1972. Pendant ses études de Lettres, son goût pour la littérature-jeunesse se précise. Après l’obtention de son diplôme de dessinateur-illustrateur, elle réalise des albums illustrés pour les enfants jusqu’à la publication de son premier roman en 2013 CORENTIN ET LE ROYAUME DES OMBRES. Son deuxième roman était publié l’année suivante : CORENTIN ET LE GRIMOIRE DE NATULA. Il semble bien que Corentin sera un personnage récurrent dans l’œuvre de l’auteure. Pour en savoir plus, consultez son blog :

http://corentinetleroyaumedesombres2.wordpress.com  vous y trouverez toute son actualité.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le dimanche 22 octobre 2017

L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU

L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU

Commentaire sur le livre de
H.G. WELLS

*Qui sont ces créatures? M’écriais-je, en les indiquant
du doigt et élevant de plus en plus la voix pour qu’ils
m’entendissent. C’était des hommes – des hommes
comme vous, dont vous avez fait des êtres abjects par
quelque flétrissure bestiale – des hommes dont vous
avez fait vos esclaves, et que vous craignez encore.*
(Extrait : L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, Herbert George Wells,
1896, texte libre de droit édité numériquement en 2005 par
ebooksgratuits, 161 pages)

Survivant d’un naufrage, Edward Prendick est secouru par Montgomery, passager d’un navire faisant route vers une mystérieuse île perdue avec une cargaison d’animaux. Une fois débarqué sur l’île, Prendick fait la connaissance du vieux docteur Moreau et ne tarde pas à découvrir que Moreau et son assistant, Montgomery se livrent à de sordides expériences visant à transformer des animaux, par vivisection, greffes et tentatives chirurgicales en hommes capables de penser et de parler. Puis, Moreau est assassiné par un *homme-bête* suivi de Montgomery, tué à son tour. Un homme-puma rompt l’équilibre de l’île. Prendick se retrouve seul avec les créatures, gagnant leur respect. Il finira bien par s’enfuir de l’île à bord d’un radeau mais il est destiné à être poursuivi pour le reste de sa vie par les images troublantes des monstres créés par le docteur Moreau.

NOTE :
DÉFINITION DE *VIVISECTION* :
Dissection opéré sur un animal vertébré vivant, à titre d’expérience scientifique, en particulier dans le but d’établir ou de démontrer certains faits en physiologie ou en pathologie. D’une manière générale, elle désigne toute opération chirurgicale invasive à titre expérimental. Son utilité scientifique, et sa justifiabilité éthique sont le sujet de controverses. (source : Wikipédia)

LES RÈGLES DE L’ABERRATION
«Ne pas marcher à quatre pattes»
«Ne pas laper pour boire»
«Ne pas manger de chair ni de poisson»
«Ne pas griffer l’écorce des arbres»
«Ne pas chasser les autres hommes»
«Ne sommes-nous pas des Hommes?»

Ceux et celles qui lisent régulièrement mes commentaires savent bien qu’à l’occasion j’aime revenir à la lecture d’un classique. Par définition, les classiques ne se démodent pas. Il y a plusieurs raisons à cela, j’en citerai deux : à cause des thèmes intemporels qui sont développés et qui sont toujours prisés par le lectorat ou à cause du caractère à la fois fantastique et visionnaire des sujets traités. À ce dernier titre, plusieurs auteurs ont attiré et attirent toujours mon attention : George Orwell, Ray Bradbury, René Barjavel, Jules Verne bien sûr, Isaac Asimov, Frank Herbert et plusieurs autres dont celui qui nous intéresse aujourd’hui : Herbert George Wells, connu sous la signature H.G. Wells.

Bien sûr en littérature, le réalisme se mesure avec le temps. Je dirai que le caractère visionnaire de Wells a été extrêmement puissant. Par exemple, dans L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, Wells a très vite compris quelles seraient les conséquences d’une mauvaise prise en charge de la manipulation des corps humains en général et de la manipulation génétique en particulier. Ici, dans L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, la vivisection prend une énorme valeur de symbole de la bêtise humaine, Moreau excluant complètement toutes considérations éthiques et morales : J’étais convaincu, maintenant absolument certain que Moreau était occupé à viviséquer un être humain. Depuis que j’avais, pour la première fois après mon arrivée, entendu son nom, je m’étais sans cesse efforcé…de rapprocher de ses abominations le grotesque animalisme de ses insulaires; et maintenant, je croyais tout deviner…ces victimes que j’avais vues étaient les victimes de ses hideuses expériences. (Extrait)

Le narrateur est donc piégé sur l’île de Moreau, peuplée de créatures effrayantes, artificiellement créées, des animaux humanisés difformes et monstrueux, des aberrations. Connaissant la plume extrêmement descriptive et détaillée de Wells, on a un petit roman d’anticipation qui évoque mort, angoisse, peurs et cauchemars. Je m’attendais à quelque chose de génial qui allait me pousser au questionnement. Je n’ai pas été déçu. Comment se positionne le monde animal dans le monde humain et vice-versa. Quelles sont les limites de la science et de l’expérimentation. A-t-on le droit de faire souffrir au nom de la science? Dans le livre on va jusqu’à la torture et à la limite, peut-on se prendre pour Dieu?

Il y a des choses dans ce livre qui sont carrément impossibles. Par exemple, on sait qu’il est impossible d’humaniser un animal mais on sait aussi qu’à partir de la manipulation génétique, on peut créer ce qu’il était convenu d’appeler autrefois des chimères.

Ce livre n’est pas très long mais il comporte les petits côtés agaçants habituels propres à Wells. Les descriptions sont parfois lourdes et les explications scientifiques longues et complexes et puis la traduction laisse vraiment à désirer. Mais je crois qu’il vaut la peine d’être lu et qu’il ne vous laissera pas indifférent, spécialement le chapitre où le docteur Moreau justifie ses travaux à Edward Prendick, le narrateur prisonnier de l’île. Aucun scrupule, aucun sens de l’éthique. Le cher docteur ne s’encombre ni d’empathie ni de morale.

120 ans après sa publication, L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU de H.G. Wells demeure d’une troublante actualité.

Herbert George Wells (1866-1946) est un écrivain britannique, considéré comme le père de la Science-Fiction. Plusieurs  de ses romans ont marqué la littérature à partir de son tout premier publié en 1895 : LA MACHINE À REMONTER LE TEMPS. Journaliste, professeur et libre-penseur, Wells a été le premier auteur a donné un caractère éthique à la littérature de science-fiction en dénonçant les abus d’une technologie omniprésente et d’une course effrénée vers le progrès. Il aura été une inspiration pour plusieurs auteurs de renom qui ont suivi dont Isaac Asimov, Orson Welles, René Barjavel et plusieurs autres. Il a écrit plus de 80 romans.

VOIR AUSSI MON COMMENTAIRE SUR LA GUERRE DES MONDES DU MÊME AUTEUR

 L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU AU CINÉMA

Il y a eu principalement trois adaptations cinématographiques du classique de Wells.


                 1                                            2                                          3

1)    L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, adapté au cinéma en 1933 par Earl C. Kenton avec Charles Laughton dans le rôle du Docteur Moreau.

2)    L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, adapté au cinéma en 1977 par Don Taylor avec Burt Lancaster dans le rôle du Docteur Moreau.

3)    L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, adapté au cinéma en 1996 par John Frankenheimer avec Marlon Brando dans le rôle du Docteur Moreau.

BONNE LECTURE
JAILU
Le dimanche 15 octobre 2017

 

L’ÎLE AU TRÉSOR

L’ÎLE AU TRÉSOR

Commentaire sur le livre de
ROBERT LOUIS STEVENSON

 *Le bruit d’une détonation retentit soudain.
Où passa le boulet? Aucun de nous ne le sut
exactement, mais j’imagine que ce fut au-
dessus de nos têtes et que le courant d’air
produit par son passage contribua à notre
désastre.*
(Extrait : L’ÎLE AU TRÉSOR, Robert Louis
Stevenson, Éditions Lito, 1883, édition de
papier, libre de droit, 125 pages)

L’ÎLE AU TRÉSOR est l’histoire de Jim Hawkins, fils d’un aubergiste ayant pignon sur rue dans un port anglais de l’Angleterre du XVIIIe siècle. Le principal client de l’établissement est Billy Bones, un vieux marin sur lequel pèse une obscure menace. Le danger qui pèse sur Bones se précise quand un mystérieux aveugle lui remet la *tache noire* qui annonce la mort dans le monde des pirates. Le même jour, Bones trouve la mort. Hawkins ouvre la malle de Bones et découvre une carte qui indique l’emplacement d’un fabuleux trésor enfoui par le redoutable capitaine Flint sur une île déserte. L’Hispanolia atteint l’île et y débarque les hommes pas tous bien disposés à partager…il semble qu’une lutte impitoyable s’annonce pour retrouver le fameux trésor…

Le classique du réel et
du fantastique
*C’est que nous ne sommes pas les seuls à connaître
l’existence de cette carte. Les bandits qui ont attaqué
l’auberge ce soir sont certainement bien décidés à
s’emparer de ce trésor coûte que coûte. Nous devons
donc être très prudents, et chacun de nous doit
s’engager à garder le silence sur le but de notre
voyage.*
(Extrait : L’ÎLE AU TRÉSOR)

C’est avec grand plaisir que je propose aux jeunes lecteurs, et aussi aux plus vieux à qui, pour certains ça rappellera de beaux souvenirs, une belle diversion dans leurs lectures, avec un des classiques les plus réédités dans l’histoire de la littérature, sans compter le nombre d’adaptations (j’y reviendrai dans la partie cinéma) : L’ÎLE AU TRÉSOR de Robert Louis Stevenson.

Ce petit roman, divertissant et dépaysant, c’est le moins que je puisse dire, est le récit d’un jeune ado : Jim Kawkins, le narrateur qui est relayé quelques fois, pour les besoins de l’histoire par le docteur Livesey. On retrouve aussi dans l’histoire un des personnages légendaires de la piraterie : Long John Silver. Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai lu ce petit bijou pendant mon adolescence. Je l’ai relu pour vous en parler aujourd’hui. J’ai redécouvert un livre qui n’a pas vieilli, pas une seule ride. La magie est restée intacte. L’ÎLE AU TRÉSOR demeure un des plus beaux classiques de la littérature jeunesse.

D’abord, tous les éléments sont réunis pour une recette gagnante : un jeune et brillant héros, un trésor caché, des pirates prêts à tout pour s’en emparer, une carte qui localise le trésor, une île mystérieuse, un navire, une mutinerie…mais pour réussir une recette, les ingrédients ne suffisent pas. C’est le savoir-faire avec tout ce qu’il implique qui assure la touche finale.

Avec sa plume d’une grande force et d’une magnifique simplicité, Stevenson a misé surtout sur le caractère charismatique du jeune Hawkins à qui il a prêté de belles qualités de bravoure, d’astuce et d’ingéniosité. Malheureusement, l’auteur n’a pas cru bon de nous donner son âge. Je me rappelle que ça m’avait frustré quand j’étais ado. Aujourd’hui, je n’y accorde aucune importance. Les jeunes lecteurs d’aujourd’hui n’auront aucun mal à s’identifier à ce jeune homme attachant.

Dans ce roman, il y a un peu de violence bien sûr. On ne peut pas imaginer une histoire de pirate sans quelques morts évidemment. Mais dans L’ÎLE AU TRÉSOR, il n’y a rien de gratuit. Pas de massacre ni de mares de sang. C’est autre chose qui nous tient captif : le non-dit, l’atmosphère inquiétante de l’île, l’omniprésence du complot, l’impressionnant charisme de John Silver, l’énergie et l’imagination de Jim.

Les jeunes lecteurs trouveront donc dans l’ÎLE AU TRÉSOR de quoi les garder captif : un jeune héros dont on aimerait bien être l’ami, l’atmosphère étouffante d’une île maudite hantée par un autre pirate notoire, le redoutable Capitaine Flint, de l’action, des batailles…le tout développé dans des chapitres courts…pas de longueurs. Le roman est court mais il n’y a pas de temps morts et la plupart des éditions sont agrémentées d’illustrations comme celles de Solvej Crevelier pour l’édition que j’ai en main. l’ÎLE AU TRÉSOR, c’est plus qu’une simple histoire de pirates. C’est la plume de Stevenson qui explique pourquoi ce récit est devenu un best-seller de la littérature mondiale.

J’invite chaleureusement les jeunes à lire cet excellent ouvrage. Jamais roman d’aventure n’aura été écrit avec autant d’intelligence et d’habileté. Un superbe divertissement.

Robert Louis Stevenson (1850-1894) est un écrivain et globetrotter écossais réputé pour trois de ses écrits en particulier : VOYAGE AVEC UN ÂNE DANS LES CÉVENNES (1879), L’ÎLE AU TRÉSOR (1883) et peut-être le plus célèbre : L’ÉTRANGE CAS DU DOCTEUR JEKYLL ET DE M. HYDE (1886). Ses romans ont été adulés par les plus grands auteurs de son époque et sont encore lus abondamment de nos jours en particulier à cause de sa capacité à amalgamer la fiction et la réalité. Les jeunes de toutes les époques ont apprécié Stevenson, moi compris (L’ÎLE AU TRÉSOR était une lecture imposée dans beaucoup d’écoles) entre autres à cause de son écriture simple et surtout extrêmement visuelle, de quoi stimuler l’imagination de ceux et celles qui apprécient les lectures *vivantes*.

L’ÎLE AU TRÉSOR ET LE SEPTIÈME ART 


 

Sans doute une des plus célèbres adaptations de L’ÎLE AU TRÉSOR au cinéma fut celle réalisée par le réalisateur Fraser Clark Heston : un film qu’il a lui-même scénarisé à partir du texte intégral de Robert-Louis Stevenson. Cette production anglo-américaine sortie en 1990 au Québec réunissait à l’écran des acteurs prestigieux : Charlton Heston, Christian Bale, Oliver Reed, Christopher Lee, Richard Johnson et Julian Glover. Cet homme-orchestre qu’est Fraser Clarke Heston a aussi agi en tant que producteur. Cette production a connu un succès plutôt flatteur. Il s’agissait de la 7e adaptation de l’ÎLE AU TRÉSOR seulement pour le cinéma. 

L’ÎLE AU TRÉSOR fut l’un des plus grands succès littéraires de tous les temps. Il a été adapté 12 fois au cinéma, 7 fois à la télévision, 18 fois en bande dessinée et a inspiré la création de deux jeux vidéo. Pour le grand écran, les meilleures adaptations sont celles de Byron Haskin et Victor Flemming, toutes deux sorties en DVD le 9 mai 2007, je cite également la version réalisée par Steve Barron en 2012. Il y a bien sûr l’adaptation de Fraser Clarke Heston. Dans les films d’animation, une des meilleures adaptations est celle David Cherkasskiy réalisée en 1988.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le samedi 14 octobre 2017

LA COMPAGNIE

LA COMPAGNIE

Commentaire sur le livre de
ROBERT LITTELL

*Avec un sourire amer, le sorcier releva
le chien et colla l’extrémité du canon
sur le ventre du russe. «On dirait que
les dindes qui vous protègent se sont
endormies.» Puis il tira.*
(Extrait : LA COMPAGNIE, Robert Littell,
Peter Mayer 2002, t.f. : Buchet/Chastel
2003, édition numérique, 1075 pages)

En 1950 à Berlin, Harvey Torriti, dit «le sorcier», et sa nouvelle recrue, Jack McAuliffe, préparent le départ du transfuge russe Vichnievski Pour les États-Unis. Mais à la *Compagnie*, -mieux connue sous le nom de CIA-, ses supérieurs semblent mettre en doute les capacités de leur agent, plus porté sur le whisky que sur l’étude des relations géopolitiques…Entre agents doubles et traîtres déclarés, personnages de fiction et personnages réels (Kennedy, Castro, Eltsine, mais aussi Ben Laden), Robert Littel dévoile, à travers ce thriller politique un demi-siècle de notre histoire. Il nous entraîne sur les traces de ses héros, en plein cœur de la guerre froide, des chars soviétiques de Budapest à la Baie des Cochons, de l’assassinat supposé du pape Jean-Paul premier au complot contre Gorbatchev. Une grande saga.

Après l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, le président américain Harry Truman constatant avec regret que l’OSS, les services secrets américains ont été incapables de prévoir l’offensive Japonaise, décide de changer la donne : Dorénavant, le FBI et J.Edgar Hoover opéreront seulement sur le territoire américain et l’espionnage à l’étranger sera confié à une nouvelle agence qui sera placée directement sous l’autorité du président des États-Unis. C’est la naissance de la CENTRAL INTELLIGENCE AGENCY, la CIA, principal élément de la politique de l’endiguement du communisme édictée par Harry Truman agissant au-delà du rideau de fer.

Les coulisses historiques
De la CIA

*Gorbatchev secouait la tête d’un côté, puis
de l’autre en signe de dégoût. «Croyez-vous
vraiment que les gens soient tellement las
qu’ils seraient prêts à suivre n’importe
quel dictateur? »
(Extrait : LA COMPAGNIE)

 Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’actualité mondiale, Nikita khrouchtchev était premier secrétaire de l’Union Soviétique et Dwight Eisenhower était président des États-Unis et il s’apprêtait à laisser sa place à John F Kennedy. Comme les deux plus grandes puissances du monde se détestaient singulièrement, il y avait dans l’air un relent de catastrophe, de fin du monde. C’est à peu près à cette époque qu’Eisenhower a créé la Compagnie, qui deviendra la CIA. Alors que cette agence de renseignements et d’espionnage en était à son recrutement de *James Bond* et à ses premiers balbutiements, elle s’entourait déjà d’une aura pompeuse : *En entrant dans cette pièce, vous êtes entrés dans ce que les sociologues appellent une culture fermée* (Extrait) On libérait aussi de tous doutes les nouvelles recrues avec des formules plutôt directes et pas très recherchées… *La seule règle, c’est qu’il n’y a pas de règles* (Extrait)

 LE ROMAN DE LA COMPAGNIE commence là et cette histoire s’étend sur quarante ans et sur plus de onze cents pages. Les principaux thèmes de ces quarante ans sont développés avec un remarquable respect de la dimension historique des évènements. Le récit commence par une imposante opération d’exfiltration qui s’est soldée par un échec, puis le complot contre Castro, l’affaire des missiles, la Baie des Cochons, La CIA aurait souhaité que les États-Unis combattent le communisme en territoire cubain, mais l’administration Kennedy, plutôt timorée a préféré se rabattre sur le Vietnam, puis l’afghanistan : échec sur échecs. Puis est arrivé Mikhaïl Gorbatchev qui menaçait dangereusement la ligue du vieux poêle soviétique avec sa perestroïka. La CIA a quand même contribué à dénoncer et combattre le complot contre Gorbatchev en faisant pression sur Boris Eltsine qui présidera finalement au démantèlement de l’Union Soviétique et à la mise au rancart du KGB. L’auteur explique aussi plus brièvement l’arrivée de personnages qui s’inscriront dans l’histoire comme Ben Laden, Sadam Hussein et bien sûr Vladimir Poutine. Avec la fin de la guerre froide, la CIA n’allait pas chômer pour autant avec la montée de l’extrémisme islamiste.

C’est un roman fascinant qui m’a entraîné dans le temps et dans l’histoire jusqu’au début de la guerre froide alors que la Russie se remettait à peine des horreurs de Staline, cet esprit tordu. Ça n’allait pas s’arrêter là : le communisme allait faire l’objet d’une chasse aux sorcières avec, au cœur de la tourmente les services de renseignements : le KGB contre la CIA. L’auteur de la COMPAGNIE tend à démontrer si on lit un peu entre les lignes que le communisme était une idée intéressante, déformée à la base par des chefs erratiques, incohérents et violents…Lénine, Staline et autres génies du genre : *L’URSS n’était pas un pays dit Jack. C’était la métaphore d’une idée qui pouvait paraître bonne sur le papier, mais qui, dans la pratique, s’est révélée terriblement défectueuse. Et les métaphores défectueuses sont plus difficiles à abattre que les pays défectueux*. (Extrait)

 

The Company a été adapté à la télévision par Mikael Salomon en 2007. Donc c’est une série américaine en trois épisodes avec Chris O’Donnel, Alfred Molina et Michael Keaton, entre autres.

Parce qu’on ne m’a pas démontré le contraire, j’ai toujours été d’avis que la CIA a accumulé les fiascos. L’auteur n’a pu éviter cet aspect de la CIA mais sur les côtés sombres de l’agence, Littel est plutôt timide. C’est une faiblesse que j’attribue à ce roman. Il faut aussi faire attention car ce récit met en perspective les dualités du monde de l’espionnage : infiltration / exfiltration, espionnage / contre-espionnage, agent / agent double / agent triple / taupe, conflit / détente. C’est plus ou moins bien expliqué. Il s’agit d’être attentif. Pour moi, LA COMPAGNIE est un excellent roman historique et même quelque uns de ses personnages sont particulièrement attachants. Je pense en particulier au seul espion qui apparait tout au long du récit : Harvey Torriti, dit le sorcier, un gros bonhomme obèse, balourd, traînard et alcoolique mais doté d’une intuition extraordinaire et qui imprègne toute l’histoire.

C’est un livre évidemment très long et pourtant, je n’ai pas trouvé le temps long. Il se lit très bien. Je pense que l’auteur, Robert Littel, a couvert 40 ans d’histoire avec brio. J’ai apprécié aussi la présence d’une taupe tout au long du récit et qui n’a été identifiée qu’à la fin…ça donne une touche de mystification et ça renforce l’intrigue. Bref c’est un roman tranchant, un peu acide par moment. La plume est quand même fluide et nous fait oublier un peu la piètre ventilation du roman. Ce thriller politique aussi appelé avec raison roman d’espionnage est une réussite. Je le recommande.

Robert Littell est un auteur et journaliste américain né en 1935 à New York. Il a commencé dans le journalisme au Newsweek en 1964 et s’est spécialisé dans les questions sur le Moyen et le Proche Orient. Son expérience de reporter lui a donné le goût du voyage et plusieurs lieux qu’il visite serviront de cadre à quelques-uns de ses grands romans. Son premier roman, Robert Littell l’a écrit en 1973 sous forme de feuilleton. Les grands romans d’espionnage vont suivre dont LA COMPAGNIE en 2003, LÉGENDES en 2005, LE FIL ROUGE en 2007 et L’HIRONDELLE AVANT L’ORAGE en 2009 pour ne nommer que ceux-là… En tout douze romans.  Observateur minutieux de l’univers géopolitique, Robert Littel partage aujourd’hui son temps entre la France, Le Maroc, l’Espagne, l’Italie et dans une moindre mesure, les États-Unis. (Source : overblog.com )

 BONNE LECTURE

JAILU/Claude Lambert

Le dimanche 8 octobre 2017

 

AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE

AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE
(tome 1)

Commentaire sur la série initiée par
NUMERIKLIVRES

*J’opte délibérément pour la vie ! déclara Antoine.
Les habitants de Mars, avec lesquels nous espérions
échanger des vérités premières, font partie des plans
qui, vraisemblablement, ne permettent aucune
communication intellectuelle.*
(Extrait du recueil AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE, 1ère
nouvelle : LES NAVIGATEURS DE L’INFINI, J.H. Rosny
aîné, 1925. Numeriklivres, 2012, éd. Numérique)

La collection « Au-delà de l’imaginaire » est une initiative de Numeriklivres consacrée à des classiques de la science-fiction ou du fantastique qui ont sans conteste inspiré les créateurs de séries télé des années 60 telles qu’« Au-delà du réel » ou « La quatrième dimension », devant lesquelles des millions de téléspectateurs ont vécu par procuration des aventures étonnantes chargées d’angoisse et de suspense, le tome 1 propose trois textes de maîtres incontestés du genre.

LES NAVIGATEURS DE L’INFINI de J.H. Rosny Aîné : un voyage d’exploration sur la planète Mars, qui reprend les thèmes chers à cette époque où l’espace intersidéral est plein des promesses de mondes meilleurs, de races supérieures et d’espoirs de migrations futures pour les terriens. Un voyage riche en aventures et en danger.
LE SIGNALEUR de Charles Dickens : le narrateur rencontre un soir un signaleur de chemin de fer qui lui dit recevoir la visite d’un spectre qui le met en garde contre un accident ferroviaire. Dans ce texte se mêlent rationalité et forces occultes, naturel et surnaturel, et les situations ambiguës ne manquent pas.
PETITE DISCUSSION AVEC UNE MOMIE d’Edgar Allan Poe : Les directeurs du City Museum ayant donné leur accord pour l’examen d’une momie égyptienne, l’assemblée des « spécialistes » réunis pour ouvrir le sarcophage a la surprise de découvrir un être on ne peut plus vivant. S’en suit une conversation des plus loufoques, avec le génie de Poe et son humour cynique.

 À gauche: J.H. Rosny ainé (1856-1940), au centre :  Edgar Allan Poe (1809-1849) à droite: Charles Dickens (1812-1870)

Ce n’est pas une défaillance de votre liseuse
*Le mécanicien coupa la vapeur et freina, mais le
train roula encore jusqu’à quelque cent cinquante
mètres d’ici. Je courus derrière et, tout en courant,
j’entendis des cris et des appels terrifiants.
(extrait : LE SIGNALEUR, Charles Dickens)

Une toute nouvelle collection, tout à fait dans mes cordes, une excellente initiative de Numeriklivre. J’attends beaucoup de cette collection car elle pourrait réunir la fine fleur des auteurs et des titres dans l’univers fort bien meublé de la science-fiction et du fantastique et qui faisait mon régal quand j’étais adolescent. Ce sont des livres indémodables et j’en lis encore d’ailleurs, mon appétit pour les classiques ne s’étant jamais tari.

C’est ainsi qu’on pourrait voir réunis dans la même collections les grands maîtres de la littérature de science-fiction et de fantastique tels René Barjavel, H.P. Lovecraft, H,G. Wells, Ray Bradbury, Isaac Asimov, Jules Verne, Bram Stoker, Théophile Gautier, Stephen King, Dean Koontz, Edgar Allan Poe, Robert-Louis Stevenson et j’en passe.

Le tome 1 réunit Rosny Aîné, Dickens et Poe. Au moment d’écrire ces lignes, le tome 2 vient de paraître, on y trouve les trois titres suivants : LA MORT DE LA TERRE de J.H. Rosny Aîné : Dans un très lointain futur, l’espèce humaine survit dans un état désabusé sur une terre devenue désertique et aride. TOC…TOC…TOC… d’ Ivan Sergueïevitch Tourgueniev, Une histoire à l’atmosphère étrange, sublimée par une nuit d’hiver engluée dans un épais brouillard qui fausse jusqu’à la capacité de raisonnement. L’INDICIBLE de Howard Phillips Lovecraft, Une discussion entre un enseignant à l’esprit cartésien et un romancier à l’esprit plus fantasque, une nuit, sur une pierre tombale fissurée, près d’une vieille maison abandonnée qui a, dit la légende, un passé diabolique. Ici, le caractère prometteur de la série ne se dément pas.

Je ne me lancerai pas ici dans la critique des titres. Des millions de lecteurs ont déjà rendu des verdicts plus que favorables au fil des générations. Je dirai simplement au sujet de la série qu’elle est présentée très simplement, sans artifice. Chaque volume comprendra trois livres, romans ou nouvelles qui s’enchaîneront tout naturellement. Le volume que j’ai lu, c’est-à-dire le tome un était très bien présenté. Les pages sont très bien ventilées. L’ensemble est agréable à lire.

Donc c’est une série qui promet. Il ne manque qu’un petit préambule du genre de celui d’AU-DELÀ-DU RÉEL, une série télé des années 60 dont je me régalais. Son préambule est passé à l’histoire d’ailleurs : *Ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur, n’essayez donc pas de régler l’image. Nous avons le contrôle total de l’émission : contrôle du balayage horizontal, contrôle du balayage vertical. Nous pouvons aussi bien vous donner une image floue qu’une image pure comme le cristal. Pour l’heure qui vient, asseyez-vous tranquillement. Nous contrôlerons tout ce que vous allez voir et entendre. Vous allez participer à une grande aventure et faire l’expérience du mystère avec « Au-delà du réel».*

Voilà ce que j’attends de la collection AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE : participer à une grande aventure et faire l’expérience du mystère. Jusqu’à maintenant, la collection est jeune mais c’est prometteur.

Fondée en 2010 par Jean-François Gayrard, Éditions Numériklivres est une maison d’édition francophone qui publie aussi bien au format numérique qu’au format papier. Son catalogue généraliste se décline en différentes collections dont littérature générale, polar, science-fiction, fantastique, littérature sentimentale, érotique et littérature jeunes adultes. Les titres au format numérique sont diffusés sur l’ensemble des plateformes légales, disponibles également en format papier sur numeriklivre.info ou dans une librairie. À ce jour, la maison a publié à compte d’éditeur des œuvres de fiction inédites de près de 80 auteurs de toute la francophonie.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 1er octobre 2017