LES PETITES CULOTTES, livre de GÉRALDINE COLLET

*Il y a très peu de temps, j’ai découvert qu’il existait des culottes mécaniques. Je nomme cela ainsi car aussi intrigantes soient-elles, il semblerait qu’à l’intérieur, une étrange machinerie remplisse des fonctions bien particulières. Si j’en saisis parfaitement l’intérêt érotique, je ne peux m’empêcher d’en détourner quelque peu l’utilisation* (Extrait : LES PETITES CULOTTES, une nouvelle de Géraldine
Collet, 2013, Neobook Édition, numérique, 142 pages)

LES PETITES CULOTTES est un récit cocasse dans lequel l’écriture rencontre l’intimité des petites culottes. Un étant aussi impudique que l’autre, autant parcourir les situations cocasses dans lesquelles les dames se reconnaîtront forcément. Après tout, il n’est pas toujours évident de se retrouver dans tous ces termes savants et il est facile de se perdre dans toute cette lingerie. C’est le moment idéal pour les garçons de prendre des notes…culottes d’écolière, de rechange, pour la piscine, cataloguées, culottes de la première fois, la première culotte noire, la culotte pressée, les slips, tout y est pour une exploration en *profondeur*…

UN RECUEIL DE CULOTTES CULOTTÉ
*Quelle est la différence entre une fille et un garçon?…
Je me suis faite à l’idée que les filles avaient des
culottes avec des princesses et les garçons des slips avec
des super héros. Pourtant, je vous assure qu’une culotte
avec Goldorak et ses fulguro-poings auraient fait mon
bonheur et que je n’avais rien d’un rien d’un petit gars!
(Extrait : LES PETITES CULOTTES)

Ce n’est pas un livre qui va révolutionner la littérature. Il faut le prendre pour ce qu’il est d’après ce que l’on est : un divertissement, une digression, une diversion dans vos lectures plus sérieuses. Ne vous attendez à rien de grivois. Tout au plus certains passages sont coquins. Géraldine Collet développe un sujet qui a toujours hanté l’imagination de monsieur et madame tout le monde : LES PETITES CULOTTES. L’auteur décrit une variété de culottes dans une série de courts textes sans liens.

On dirait la vie, le quotidien, l’ordinaire, les réussites et les échecs du point de vue de la petite culotte. Elles y passent toutes : les culottes d’hiver, les culottes de la femme enceinte, la culotte de cheval, la culotte échancrée en lycra, la célèbre culotte noire, et même la culotte en PVC sans compter l’invention du siècle en matière de culottes : le string.

Il y a dans ce petit livre autant d’éléments pour satisfaire la curiosité que pour l’alimenter et bien sûr, l’ensemble est teinté d’humour : *Tanga, shorty, boxer, string : que de mots exotiques pour désigner aujourd’hui une culotte! Il ne faudrait tout de même pas oublier que l’essentiel est de pouvoir y glisser la première syllabe*.  (Extrait)  De l’humour sous formes d’affirmations, de dictons, de proverbes…*Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il n’a pas de culotte pour passer l’hiver ? (Extrait)  Partons du principe que les culottes touchent tout le monde de près, l’auteure devait être certaine de toucher tout le monde.

En ce qui me concerne, quand j’ai vu le titre au hasard d’un bouquinage numérique, la curiosité m’a poussé et je l’ai finalement lu. C’est un livre intéressant mais pas emballant. Il donne l’impression que l’auteure s’est motivée pour vider le sujet. Alors, il fallait varier au maximum les sortes de culottes : formes, style, couleur, grandeur. Le résultat est que beaucoup de textes se ressemblent. Il y a un peu de redite, de redondance. Quand j’ai vu le pedigree de cinq ou six culottes, j’avais l’impression d’avoir tout vu.

L’ouvrage est aussi ponctué de petits jeux, quizz, devinettes, il y a même un mot caché. Ce genre de diversion n’apporte absolument rien au texte, l’ensemble étant déjà très ventilé et facile à lire. Je ne peux pas dire que je suis déçu, après tout ce livre m’a fait sourire ce qui est une victoire sur moi.

Aussi il faut dire que ce livre ne parle que des petites culottes pour femmes. C’est un peu dommage, avouez qu’il y aurait eu des liens intéressants à faire. Enfin je ne suis pas voyeur, mais j’aurais préféré des textes avec un peu plus de substance, plus coquins un peu et plus sensuels cela dit sans vulgarité. Sur ce plan, le petit livre est quand même très honnête.

L’humour aussi lui donne une certaine valeur :*Avec l’engouement des foules pour l’écologie, la culotte écologique vient d’être inventée. Fabriquées pour certaines à partir de pulpes de pins recyclées, elles seraient thermo régulatrices, anti-odeur, absorbante, lavable en machine à 30 degrés et…biodégradables! Nous voilà enfin débarrassées de la culpabilité d’oublier nos culottes n’importe où !* (Extrait) Avouez que ça se glisse assez bien dans une conversation : Vous savez j’ai beaucoup lu sur les culottes thermorégulatrices…

Évidemment, en ce qui me concerne du moins, ce n’est pas un livre qui va passer à l’histoire mais c’est léger, rafraîchissant, le sujet est traité avec beaucoup de douceur. Les textes sont très courts, le sujet est original, l’ouvrage est très ventilé donc facile et agréable à lire. Enfin, je ne savais pas qu’il y a une culotte pour chaque occasion.

Ça se laisse lire…

Née à Paris en 1975, Géraldine Collet étudie l’histoire contemporaine et devient professeure. Elle enseigne durant quatorze ans puis elle se consacre aujourd’hui pleinement à l’écriture. Principalement auteure jeunesse, elle est également scénariste de bandes dessinées et continue d’explorer d’autres formes littéraires.

Avec la complicité d’Arnaud Boutin au dessin, elle a signé La Boulette, Le Petit Vent et Le Petit Marcel. Elle signe également la série Jacotte avec l’illustratrice Estelle Billon-Spagnol. Plusieurs de ces livres ont été traduits en Corée, en Espagne, en Chine et bientôt aux États-Unis… Elle a un blog qu’on peut visiter au http://geraldinecollet.unblog.fr/

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le dimanche 25 juin 2017

LE SACRIFICE DU PAPILLON, d’ANDREA H. JAPP

*Quelqu’un cherchait à la manipuler, à la paniquer
pour la contrôler, la maîtriser. Le souvenir d’une
main brutale qui s’abattait sur sa gorge, la poussait
contre le mur d’une salle de bains, cognait sa tête
jusqu’à ce qu’elle se taise, se couche, écarte les
cuisses, tenta de s’imposer…*
(Extrait : LE SACRIFICE DU PAPILLON, Andrea H. Japp,
Éditions du Masque-Hachette, 1997, num. 367 pages)

Des corps d’adolescents sont découverts complètement carbonisés. Dès lors, les questions se bousculent dans l’esprit des spécialistes. Comme les disparitions n’ont pas été signalées, s’agissait-il de clandestins? Est-ce que ça pourrait être des meurtres rituels? L’œuvre d’un nouveau tueur en série? Pourquoi l’immolation par le feu. Devant la complexité de l’affaire, on fait appel à Gloria Parker-Simmons, une femme glaciale qui vit en solitaire avec sa nièce handicapée mentale. Parker-Simmons est une mathématicienne dont la méthode est basée sur le croisement informatique des probabilités et des variantes. Cette fois, sa science pourrait  bien lui faire dépasser les frontières de l’horreur.

MATHÉMATIQUES ET MORT
*Il se retourna rapidement, pas assez. Deux
mains fraîches et potelées s’abattirent sur
son cou et quelque chose de très doux se
serra autour de sa gorge. Il entendit à
peine une sorte de sanglot avant de
mourir.*
(Extrait : LE SACRIFICE DU PAPILLON)

C’est un récit à l’intrigue éparse, un peu engluée dans des affaire sentimentales inextricables qui elles-mêmes interfèrent avec l’enquête policière. C’est dur à suivre parce que le fil conducteur est instable, ce qui amène le lecteur dans toutes les directions.

J’aurais peut-être dû lire tout le cycle Gloria pour comprendre un peu mieux la nature complexe de la mathématicienne. En effet, Gloria Parker-Simmons fait équipe avec James Cagney dans trois autres volumes d’Andrea H. Japp. J’espère que leurs relations sont moins tendues parce que je dois dire que dans LE SACRIFICE DU PAPILLON, elles sont passablement conflictuelles, faites de sentiments non-partagés. C’est lassant et ça dilue l’intrigue.

Au départ, c’était prometteur. Tout était en place pour une intrigue solide : des meurtres particulièrement sordides, puis le meurtre d’un policier, un tueur en série, puis Gloria fait son apparition, elle-même se met en danger et reçoit de mystérieux fax avec l’illustration d’un énigmatique papillon et…graduellement…rien ne va plus. Comme lecteur, j’ai pris le champ tout simplement.

Toutefois, je n’ai pas regretté ma persévérance à terminer le livre car j’ai réussi à me sentir captivé par sa finale qui en dit long sur le côté obscur de la nature humaine. Mais entre l’introduction et la finale, il y a beaucoup de longueurs à subir et des éclaircissements peu satisfaisants pour le lecteur…des choses pas claires comme par exemple le véritable rôle de la mathématicienne dans l’enquête…ça ne m’a pas semblé évident et le fameux papillon qui n’accuse sa présence qu’à quelques reprises…j’ai fini par comprendre qu’on voulait du mal à Gloria en visant Clare, sa fille handicapée mentale. C’est loin d’être évident.

Malgré un style linéaire et une écriture sans tonus, j’ai trouvé la finale assez solide. Si vous-même êtes assez persévérant pour vous y rendre, vous pourriez être poussé, comme moi à une intéressante réflexion sur l’exploitation des enfants dans certains pays, des enfants clandestins surtout, c’est-à-dire des immigrants illégaux dont certaines personnes se soucient peu de la vie. Il s’agit malheureusement d’une réalité. Dans le livre de Japp, ce sont des enfants qui meurent et d’une horrible façon encore et il faut voir comment et surtout pourquoi.

Donc ami lecteur, amie lectrice, la balle est dans votre camp comme on dit. Moi j’ai lu le livre en entier mais j’ai eu beaucoup de difficulté à y adhérer.

Andrea H. Japp, de son vrai nom Lionelle-Nugon-Baudon est une biochimiste, toxicologue, chercheuse et auteure française née à Paris en 1957. Véritable femme orchestre, elle s’est lancée dans l’écriture de romans policiers en 1990. Elle publia alors LA BOSTONIENNE. Le succès fut immédiat. L’année suivante, l’auteure remportait le prix du Festival de Cognac. En 2004, sous le pseudonyme d’Hélène Narbonne, Andrea H. Japp, en plus de toutes ses activités, s’est lancée dans la traduction de certains des romans de Patricia Cornwell ayant pour héroïne Kay Scarpetta. 2006 confirme pour l’auteure une tendance vers le roman policier historique.

BONNE LECTURE

JAILU/Claude Lambert
Le dimanche 18 juin 2017

WARDAY, de W. STRIEBER et J. KUNETKA

*La maladie causée par les radiations se développa
en moi jusqu’à devenir une horreur invincible, un
mal affreux et destructeur qui me secouait de
convulsions et me laissait si faible que je ne pouvais
même pas bouger les mains, encore moins parler…
Avec ma femme et mon fils à mon chevet, j’attendis
la mort.*
(Extrait : WAR DAY, Whitley Strieber et James W. Kunetka,
Éditions Stock, 1984, édition de papier, 385 pages)

28 octobre 1988, 16h, New-York, les premières bombes soviétiques viennent de tomber sur le sol américain. Quelques minutes plus tard survient la riposte américaine et la Russie à son tour reçoit quelques bombes thermonucléaires. Trente-six minutes après son déclenchement, la première guerre nucléaire de l’Histoire est terminée. 15 millions de morts et autant de mourants. Cinq ans après ce qu’il est convenu d’appeler le *WARDAY*, deux survivants décident de voir ce qu’il est advenu du territoire américain. Ce qu’ils vont découvrir est pour le moins extraordinaire, voire effrayant. Sols vitrifiés, camps de transit, les lierres qui grimpent à l’assaut des gratte-ciel, des meutes de chiens affamés. Tout ce qui était électronique est détruit. Nos explorateurs traversent le chaos…

Un cauchemar encore plausible
*Depuis le warday, le nombre des gens en thérapie
a baissé de plus de moitié. Je crois que la plupart
d’entre nous travaillent si dur, que nous n’avons
pas le temps d’être zinzins. Et personne dans ce
groupe n’est vraiment fou, pas au sens classique.
(Extrait : WARDAY)

C’est un livre intéressant qui se présente sous la forme d’un reportage romancé comprenant des descriptions détaillées, des entrevues, des documents. Je sais qu’il est très difficile d’éviter un certain caractère spectaculaire dans ce genre de récit et d’être original, le drame post apocalyptique étant abondamment développé en littérature. Je ne peux pas dire que c’est un livre original mais les auteurs ont fait un effort pour se modérer dans les artifices pour réaliser cette fiction.

Leur but n’était pas de décrire la guerre comme telle. Celle-ci dure à peine trente minutes et détruit la moitié du monde. Le but était surtout de décrire les effets de la guerre nucléaire et de la contamination radioactive sur la santé, l’environnement et particulièrement sur la société qui cherche désespérément à survivre et à se rebâtir.

Cinq ans après la catastrophe, les auteurs décident de se documenter sur les effets du WARDAY en entreprenant un voyage dans cette Amérique dévastée afin de constater où en sont les choses et de réunir chronologiquement tous les éléments dans un carnet de voyage qui prend l’allure d’un reportage.

C’est parfois lourd, très technique, un brin philosophique et j’avais une impression de déjà vu en lisant ce livre qui est loin d’inventer la roue. Toutefois, je ne regrette pas de l’avoir lu pour deux raisons : premièrement à cause du caractère exhaustif de la liste des effets du WARDAY. Tout y passe et je crois avoir appris des choses intéressantes en particulier sur l’argent et l’économie (car n’oublions pas que l’impulsion électromagnétique a détruit tous les comptes bancaires, ordinateurs, voitures…tout ce qui est électronique), la culture, les églises se réunissent pour accepter et sanctionner le suicide assisté…la liste des conséquences est très longue et il s’y trouve beaucoup d’éléments auxquels je n’avais pas pensé.

Deuxièmement j’ai trouvé un thème extrêmement intéressant qui est omniprésent dans le récit, il s’agit de l’émergence du déstructuralisme, une tendance sociale qui cherche à démanteler toute autorité civique ou gouvernementale ainsi qu’à condamner tout recours à la technologie, n’admettant qu’une seule forme de gouvernement, la plus basique qui soit : la famille.

Enfin, ce n’est pas nouveau me direz-vous, mais tout le livre évoque un vaste avertissement comme en fait foi cette citation extraite de la postface : *la seule existence d’armes nucléaires était le symptôme le plus révélateur de ce qu’il y avait de déséquilibré dans notre passé.* (extrait)

J’ai trouvé L’ensemble assez instructif. Peut-être que tout le monde devrait le lire y compris et surtout les grands pontes des gouvernements et leurs pendants militaires…

Louis Whitley Strieber est un auteur américain né le 13 juin 1945 au Texas. Il s’est spécialisé dans les romans d’horreur et de science-fiction. Il s’est fait connaître en particulier avec COMMUNION : un récit dans lequel il raconte son terrifiant contact avec les extraterrestres, un peu comme l’a fait Georges Adamski mais en plus dramatique. Son livre WOLFEN qui oppose la nature et la civilisation a été adapté au cinéma en 1981 par Michael Wadleigh sur la musique de James Horner avec, en tête de distribution Albert Finney. Son livre LES PRÉDATEURS a aussi été adapté au cinéma en 1983 par Tony Scott…

James William Kunetka est un auteur américain né à Bexar, Texas en 1944, auteur de 3 romans de science-fiction. Il en a co-écrit deux avec Whitley Strieber : JOUR DE GUERRE : ET LA POURSUITE DU VOYAGE en 1984 et FIN DE LA NATURE en 1986.  Il a écrit SHADOW MAN en solo en 1988.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le dimanche 11 juin 2017

LIVRE DE SANG, de CLIVE BARKER

*Pour quelle raison les puissances des ténèbres (qu’elles tiennent une cour éternelle! Qu’elles chient éternellement leur lumière sur la tête des damnés!) L’avaient dépêché de l’enfer pour tourmenter Jack Polo, voilà ce que le cacophone ne parvenait pas à découvrir.* (Extrait : LIVRE DE SANG, titre original : BOOK OF BLOOD volume 1, Clive Barker, t.f. Alabin Michel, 1987. Édition numérique 185 pages)

LIVRE DE SANG est le premier d’une série de 6 recueils de nouvelles publiés en 1984 et 1985 et traduits chez Albin Michel entre 1987 et 1992. Ce premier tome porte le titre de la série. Les récits plongent le lecteur dans un univers gore où se côtoient le normal et le paranormal. Dans la première nouvelle qui est l’entrée en matière de la série, on suit l’expérience de Simon McNeal, un escroc de petite envergure qui se fait passer pour un médium. Mais son escroquerie se retourne contre lui et McNeal devient victime de toute cette horde de morts qu’il a invoqués. C’est ainsi que des livres de sang vont s’imprimer sur sa chair. Les nouvelles sont sans liens entre elles mais elles ont toutes un point en commun : des scènes et des situations d’une horreur sans nom : géants sanguinaires, corps convulsés…un regard sur les ténèbres de l’âme…

Gore…riens de moins
*Il connaissait les victimes et il connaissait
les garçons. Il ne s’agissait pas de débiles
incompris mais de créatures aussi vives,
féroces et amorales que les lames de
rasoir dissimulées sous leurs langues. Ils
n’en avaient rien à faire des sentiments,
ils voulaient juste sortir…
(Extrait : LIVRE DE SANG)

LIVRE DE SANG est une trouvaille au sujet original. Pour bien saisir l’originalité de l’ensemble, il faut d’abord se concentrer sur la première nouvelle qui porte le titre de la série. C’est l’entrée en matière qui m’a plongé dans des mondes glauques et gores. Cette première nouvelle suit l’expérience de Simon McNeal qui se dit médium mais qui n’est rien d’autre qu’un petit escroc. Les fantômes invoqués jugent que l’escroquerie de McNeal est punissable et décide d’imprimer leur histoire dans sa chair. C’est ainsi que McNeal devient LIVRE DE SANG.

Je ne peux pas détailler vraiment les nouvelles sans nuire à l’effet de surprise. Je peux dire toutefois que j’ai été happé par chaque nouvelle, heureuse victime d’une écriture puissante, bénéficiant en plus d’une excellente traduction. J’avais entendu parler de Clive Barker. Pour ce que j’en savais, je le comparais un peu à Stephen King, Edgar Allan Poe ou Doug Bradley. Pendant la lecture, c’est avec bonheur que j’ai constaté que le style se rapprochait plus d’un géant que j’adore : H.P. LOVECRAFT (1890-1937) dont le livre LES MONTAGNES HALLUCINÉES m’avait fortement impressionné.

Chaque nouvelle est empreinte d’opacité et d’horreur, mais une horreur dosée et manipulée de façon à garder le lecteur dans le coup, lui retirant l’envie de fermer le livre. Il y a même une place pour l’humour. Il y a aussi des passages où le lecteur pourrait ressentir du dégoût. L’épouvante est présente partout, mais c’est bien écrit et surtout très bien dosé. Comme vous voyez, il y en a un peu pour tous les goûts.

Il y a pour chaque nouvelle un fil conducteur qui est aussi le reflet de l’ensemble de la saga et ce fil n’est pas sans ébranler ou tout au moins porter à la réflexion ceux et celles qui croient aux sciences paranormales, à savoir que les morts regrettent d’être morts et reviendraient volontiers dans une enveloppe de chair, pour repartir à zéro peut-être, éviter les erreurs déjà commises ou finir une mission…allez savoir.

Je recommande ce livre, spécialement aux consommateurs de littérature de l’imaginaire. La plume de Barker est superbe. Ça ne vous laissera pas indifférent. La série porte extrêmement bien son titre. Vous verrez très vite pourquoi…

 LA SÉRIE *LIVRE DE SANG*

C L I V E   B A R K E R

Clive Barker est un romancier anglais né à Liverpool en 1952. Il est aussi dramaturge, scénariste de bandes dessinées, peintre et cinéaste. À ce dernier titre, il a réalisé et scénarisé en 1988, le film HELLRAISER LE PACTE, un film d’épouvante inspiré d’une de ses nouvelles. Suite à ses études en littérature anglaise et en philosophie, Barker écrit d’abord des pièces de théâtre, puis sort son premier roman LE JEU DE LA DAMNATION en 1985.

Plus de 25 livres suivront, sans compter les films réalisés ou scénarisés. Son parcours comprend quelques chefs-d’œuvre dont IMAJICA publié en 1991. Au moment d’écrire ces lignes, Clive Barker, qui ne cache pas son homosexualité, vit à Los-Angeles avec David E. Armstrong.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 4 juin 2017