MONSIEUR PAPA, le livre de PATRICK CAUVIN

UN P'TIT MALIN SYMPATHIQUE

*Je suis sûr que j’ai l’air dur. Ce que
je voudrais, c’est un imperméable,
avec une ceinture et le col qui se
relève. Ça, j’aimerais mais ça se fait
pas pour les 10 ans. Encore un truc
con.*
(Extrait : MONSIEUR PAPA de Patrick
Cauvin, Éditions Jean-Claude Lattès,
1976, numérique, 150 pages.)

Frank Lanier est un papa qui est très proche de son petit garçon, Laurent qui a 10 ans. Un jour, le père Frank, comme il se fait appeler par son fils, s’organise des vacances à Bangkok où il pourra prendre du bon temps, mais sans Laurent. Évidemment, ce dernier n’est pas d’accord. Il imagine un moyen à la fois drôle et désespéré, en tout cas pas banal du tout pour trouver l’argent qui lui permettrait de se payer un billet d’avion afin de rejoindre son père. Même s’il aura besoin d’un petit coup de pouce, son plan lui paraît simple quoi qu’audacieux : organiser un hold-up dans un bureau de tabac, s’emparer de la recette, acheter son billet d’avion et filer à Bangkok. 

UN P’TIT MALIN SYMPATHIQUE
*Vraiment rien à ajouter lorsqu’on entend des
choses pareilles. Je n’ai plus qu’à lire le journal,
et personnellement, je déteste LE MONDE. Jamais
une image, rien pour les enfants, et ça parle du
produit national brut et je ne sais pas ce que c’est.
Une fois pour voir j’ai essayé de lire un article sur le
produit national brut, j’ai failli devenir aveugle!*

 Avec MONSIEUR PAPA, j’ai passé un très bon moment de lecture. C’est une histoire sympathique mais surtout drôle. Je n’avais jamais lu Cauvin et j’ai remarqué très vite dans la lecture de son livre de la spontanéité et même de la verdeur. L’écriture est simple, fluide et directe. En fait l’auteur prête sa plume au jeune Laurent Lanier, 10 ans, le héros de l’histoire qui se raconte, dans un langage tout à fait rafraîchissant.

En réalité, Laurent nous explique tout ce que sa débordante imagination lui dicte de faire pour accompagner son père à Bangkok pour les vacances. Je veux juste signaler ici que Laurent vit avec son père qui est séparé et que sa mère ne veut rien savoir de cette escapade. Jusqu’où Laurent est capable d’aller? Plus loin qu’on pense….

J’ai beaucoup aimé ce petit livre. Laurent est très attachant et dans la poursuite de son objectif, il accumule les bêtises qu’on finit d’ailleurs par lui pardonner. L’histoire n’est pas sans nous rappeler ce que nous les adultes étions prêts à faire quand on voulait vraiment avoir quelque faveur étant enfants.

Ce qui m’a un peu agacé tient dans le personnage de Laurent. Je l’ai trouvé un peu surréaliste, et ça vaut aussi pour sa relation avec son père. Il n’a que 10 ans…son principal objectif dans la vie est devenir gangster, il joue au poker avec son père qu’il appelle par son prénom : Frank ou le père Frank. Le mot *papa* n’est présent nulle part dans l’histoire.

Il a une façon particulière de décrire les femmes en parlant de leur air *sexuel*. Avec son père, il mange assis par terre. Un jeune garçon précoce c’est très possible mais malgré tout, sa répartie m’a semblé trop brillante ou si vous voulez trop expérimentée pour son âge. Heureusement, l’auteur lui a ménagé suffisamment de naïveté pour tendre vers l’équilibre.

Mais cette petite faiblesse ne m’a pas empêcher de rire et de savourer ma lecture d’autant qu’entre les lignes, Laurent nous livre son opinion sur la vie, les adultes et même sur les femmes. Ça fait toujours réfléchir un peu sur notre propre positionnement face à la vie quand on avait cet âge. Est-ce qu’on faisait autant de bêtises? C’est à chacun de voir.

Bref, c’est une belle histoire très sympathique, celle d’un jeune garçon qui croit sincèrement ce qu’il faut pour aller au bout de son rêve. J’ai beaucoup apprécié.

Patrick Cauvin (1932-2010), de son vrai nom Claude Klotz est un écrivain et scénariste français originaire de Marseille. Installé à Paris en 1938, il développe un goût prononcé pour la philosophie et décroche une licence à la Sorbone. Il devient enseignant et commence à écrire des romans noirs sous son vrai nom. Il se laisse convaincre par l’éditeur Jean-Claude Lattès de changer de nom pour mieux vendre L’AMOUR AVEUGLE. C’est un succès et plusieurs autres suivront dont bien sûr MONSIEUR PAPA adapté au cinéma par Philippe Monnier en 1977. Son œuvre comprend plus d’une soixantaine de titres.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
21 AOÛT 2016

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