MOTS D’EXCUSE, livre de PATRICE ROMAIN

*Des mots méprisants ou condescendants (un peu), des mots d’excuse ou de justification (beaucoup), des mots qui photographient le milieu familial (passionnément), des mots qui racontent, ou plutôt résument l’amour des
parents pour leur enfant et leur angoisse face au risque d’échec scolaire (à la folie), des mots insignifiants (pas du tout)*
(Extrait de l’avant-propos de MOTS D’EXCUSE de Patrice Romain, 2011, François Bourin éditeur, num. 55 pages)

Retards, absences, difficultés scolaires, contestations de notes… autant d’occasions pour les parents d’écrire au maître de leurs petites progénitures. Patrice Romain qui a été professeur, principal et directeur d’école pendant plus de 20 ans a recueilli, au fil des ans,  ces perles drôles ou émouvantes. Au-delà du sourire, ces billets sont également le reflet d’une société. Bien sûr, ces *mots* viennent de France mais vous allez voir qu’ils ont un évident caractère universel, de sorte que tous les parents du monde pourraient bien se reconnaître, et probablement en rigoler….des fautes d’orthographe entre autres.

ESSAYEZ DONC DE CHANGER LES PARENTS!
*Monsieur
excuser moi pour se Matin.
Car le petit frère à Sassia à
été Malade toute la nuit et
il a chié partou.
Merci d’avance.*
(Extrait : MOTS D’EXCUSE,
transcription intégrale)

L’EXCUSE EST HUMAINE…
MOTS D’EXCUSE est un opuscule de Patrice Romain qui a constitué comme un intermède dans mes lectures. C’est court, c’est drôle et ça porte un peu à réfléchir.

On ne peut pas vraiment critiquer MOTS D’EXCUSE. L’auteur a simplement réuni des mots de parents pour excuser leurs rejetons d’un retard à l’école par exemple, d’un devoir pas fait ou pour se plaindre d’une injustice dont ils pourraient être victimes. On dirait que les raisons pour écrire un mot au prof sont aussi nombreuses qu’il y a d’élèves dans le monde. Romain a précédé son petit recueil d’un avant-propos dans lequel il explique qu’il en a vu de toutes les couleurs, laissant à penser que les parents comprennent peu le petit côté *missionnaire* du métier d’enseignant.

Je précise ici que Patrice Romain a publié intégralement les messages des parents. Pas de censure, pas de correction d’orthographe, pas de ponctuation. C’est du *mot pour mot*. Le résultat : c’est bourré de fautes. Mais il faut aller au-delà de l’orthographe et se rappeler que les parents qui ont écrit ces messages sont issus du siècle dernier et ont connu une enfance encadrée par un contexte culturel et économique très différent. Et puis on peut aussi se poser cette question : est-ce que les ados d’aujourd’hui font mieux?

Je recommande aux parents de lire ce petit ouvrage pour rigoler bien sûr, mais aussi pour faire un petit exercice auquel je me suis moi-même livré : tenter de se reconnaître. Les mots sont tellement variés et touchent tellement de possibilités que par moment, le livre avait sur moi l’effet d’un miroir. Il faut se rappeler que le ridicule ne tue pas.

Un bref mais agréable moment de lecture. Je vous laisse sur cette perle :

*Madame, puisque vous voulez un mot d’excuse pour le retard de ma fille, Le voilà. Au revoir.*

Inspiré par sa longue carrière dans le monde de l’enseignement, Patrice Romain a publié plusieurs livres sur les évènements et les situations qui l’ont marqué. L’aventure a commencé en 1993 avec la publication de MON ÉCOLE, SES MAÎTRESSES, SES MAÎTRES : livre dans lequel il dresse un portrait de ses collègues enseignants du primaire vus par un élève. Bien sûr, MOTS D’EXCUSE a suivi avec près de 100 000 exemplaires vendus. Patrice Romain est même allé jusqu’à exposer son expérience de sapeur-pompier volontaire dans son livre CHRONIQUES D’UN POMPIER VOLONTAIRE, paru en 2012 chez François Bourin. Je vous invite à consulter les notes biographiques et la bibliographie ici.

BONNE LECTURE
JAILU
28 AOÛT 2016

MONSIEUR PAPA, le livre de PATRICK CAUVIN

*Je suis sûr que j’ai l’air dur. Ce que
je voudrais, c’est un imperméable,
avec une ceinture et le col qui se
relève. Ça, j’aimerais mais ça se fait
pas pour les 10 ans. Encore un truc
con.*
(Extrait : MONSIEUR PAPA de Patrick
Cauvin, Éditions Jean-Claude Lattès,
1976, numérique, 150 pages.)

Frank Lanier est un papa qui est très proche de son petit garçon, Laurent qui a 10 ans. Un jour, le père Frank, comme il se fait appeler par son fils, s’organise des vacances à Bangkok où il pourra prendre du bon temps, mais sans Laurent. Évidemment, ce dernier n’est pas d’accord. Il imagine un moyen à la fois drôle et désespéré, en tout cas pas banal du tout pour trouver l’argent qui lui permettrait de se payer un billet d’avion afin de rejoindre son père. Même s’il aura besoin d’un petit coup de pouce, son plan lui paraît simple quoi qu’audacieux : organiser un hold-up dans un bureau de tabac, s’emparer de la recette, acheter son billet d’avion et filer à Bangkok. 

UN P’TIT MALIN SYMPATHIQUE
*Vraiment rien à ajouter lorsqu’on entend des
choses pareilles. Je n’ai plus qu’à lire le journal,
et personnellement, je déteste LE MONDE. Jamais
une image, rien pour les enfants, et ça parle du
produit national brut et je ne sais pas ce que c’est.
Une fois pour voir j’ai essayé de lire un article sur le
produit national brut, j’ai failli devenir aveugle!*

 Avec MONSIEUR PAPA, j’ai passé un très bon moment de lecture. C’est une histoire sympathique mais surtout drôle. Je n’avais jamais lu Cauvin et j’ai remarqué très vite dans la lecture de son livre de la spontanéité et même de la verdeur. L’écriture est simple, fluide et directe. En fait l’auteur prête sa plume au jeune Laurent Lanier, 10 ans, le héros de l’histoire qui se raconte, dans un langage tout à fait rafraîchissant.

En réalité, Laurent nous explique tout ce que sa débordante imagination lui dicte de faire pour accompagner son père à Bangkok pour les vacances. Je veux juste signaler ici que Laurent vit avec son père qui est séparé et que sa mère ne veut rien savoir de cette escapade. Jusqu’où Laurent est capable d’aller? Plus loin qu’on pense….

J’ai beaucoup aimé ce petit livre. Laurent est très attachant et dans la poursuite de son objectif, il accumule les bêtises qu’on finit d’ailleurs par lui pardonner. L’histoire n’est pas sans nous rappeler ce que nous les adultes étions prêts à faire quand on voulait vraiment avoir quelque faveur étant enfants.

Ce qui m’a un peu agacé tient dans le personnage de Laurent. Je l’ai trouvé un peu surréaliste, et ça vaut aussi pour sa relation avec son père. Il n’a que 10 ans…son principal objectif dans la vie est devenir gangster, il joue au poker avec son père qu’il appelle par son prénom : Frank ou le père Frank. Le mot *papa* n’est présent nulle part dans l’histoire.

Il a une façon particulière de décrire les femmes en parlant de leur air *sexuel*. Avec son père, il mange assis par terre. Un jeune garçon précoce c’est très possible mais malgré tout, sa répartie m’a semblé trop brillante ou si vous voulez trop expérimentée pour son âge. Heureusement, l’auteur lui a ménagé suffisamment de naïveté pour tendre vers l’équilibre.

Mais cette petite faiblesse ne m’a pas empêcher de rire et de savourer ma lecture d’autant qu’entre les lignes, Laurent nous livre son opinion sur la vie, les adultes et même sur les femmes. Ça fait toujours réfléchir un peu sur notre propre positionnement face à la vie quand on avait cet âge. Est-ce qu’on faisait autant de bêtises? C’est à chacun de voir.

Bref, c’est une belle histoire très sympathique, celle d’un jeune garçon qui croit sincèrement ce qu’il faut pour aller au bout de son rêve. J’ai beaucoup apprécié.

Patrick Cauvin (1932-2010), de son vrai nom Claude Klotz est un écrivain et scénariste français originaire de Marseille. Installé à Paris en 1938, il développe un goût prononcé pour la philosophie et décroche une licence à la Sorbone. Il devient enseignant et commence à écrire des romans noirs sous son vrai nom. Il se laisse convaincre par l’éditeur Jean-Claude Lattès de changer de nom pour mieux vendre L’AMOUR AVEUGLE. C’est un succès et plusieurs autres suivront dont bien sûr MONSIEUR PAPA adapté au cinéma par Philippe Monnier en 1977. Son œuvre comprend plus d’une soixantaine de titres.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
21 AOÛT 2016

LOUIS DE FUNÈS, récit biographique de BRIGITTE KERNEL

*Ses mimiques sont mots et phrases.
Ses tics, qualificatifs et silences.
Ses énervements, onomatopées et
digressions.
Quel créateur!*
(Extrait de la préface de LOUIS DE FUNÈS
par Brigitte Kernel, Éditions du Rocher,
rééd. 2004, édition de papier. 220 pages)

Dans ce récit biographique, Brigitte Kernel passe en revue les grands moments de la vie personnelle et professionnelle, intimement liées, d’un des acteurs les plus prolifiques de l’Europe : Louis De Funès. L’ouvrage comprend de nombreux témoignages d’acteurs qui ont côtoyé De Funès tels Jean-Claude Brialy, Michel Galabru, Jean Lefèbvre, Darry Cowl, Des photos, une filmographie forte de 128 titres, une vidéographie et de nombreuses anecdotes. Brigitte Kernel nous invite à faire connaissance ou renouer avec un personnage aussi énergique qu’extraverti et rendu célèbre par ses tics et ses mimiques souvent spectaculaires devenus la signature d’un acteur phénoménal

Un comique fait de contradictions
C’est ainsi que Jean-Claude Brialy parle de
Louis de Funès. *On peut penser qu’à
l’écran, Louis de Funès se servait de l’ensemble
de ses qualités et de ses défauts. C’est de
cette manière qu’il était le même Louis De Funès
dans ses différents films, mais que, véritablement,
il n’était jamais le même…*
(Extrait : Louis De Funès)

Récemment de passage chez un ami qui est aussi un lecteur passionné, je disais à ce dernier que ces temps-ci, j’avais le goût de m’offrir une bonne biographie. Il m’offrit gracieusement de m’en choisir une dans sa bibliothèque qui, soit dit en passant est fort bien garnie. Je regarde donc dans sa section biographie où sont réunis des politiciens, scientifiques, libres penseurs…je regarde…je fouille…je sors quelques livres, je les replace et subitement, mon regard est attiré par un nom, inscrit en gros caractère et en trois couleurs, et une photo…la promesse d’un bon moment passé avec le *magicien du rire* qui a marqué mon adolescence en matière de cinéma : LOUIS DE FUNÈS.

J’ai été fasciné par ce récit biographique rigoureux et bien documenté et je dois dire qu’il m’a remis les pendules à l’heure. N’ayant pas connu personnellement De Funès, j’ai fait comme la plupart des cinéphiles…je l’ai idéalisé. Mais en fait, De Funès, que l’actrice Alice Sapritch qualifiait de *génie de l’improvisation relâchée maîtrisée* n’avait pas de seconde nature.

Que ce soit devant la caméra, dans son salon ou à l’épicerie, Louis de Funès était toujours le même : un homme qui avait des doutes, mû par une incroyable volonté de toujours mieux faire, ce qui le rendait très exigent. Il était agité, intense, homme-orchestre toujours à imaginer un rythme qui lui donnerait l’air d’aller. C’était un travailleur infatigable, perfectionniste souvent à l’excès. L’acteur protégeait aussi farouchement sa vie privée…

Je doute fort que j’aurais apprécié vivre dans l’entourage d’un tel personnage. Mais ces révélations ne m’ont jamais empêché d’aimer l’acteur car il était plus qu’un simple comique. Il était, selon Kernel, l’auteur de ses personnages, un maître du burlesque, une bête de cinéma, moins soucieux de sa propre image que de faire rire et de créer de l’effet.

Plus le film était profond et recherché, plus j’aimais. C’est ainsi que je ne compte plus le nombre de fois où j’ai savouré le visionnement de LA GRANDE VADROUILLE,  LES AVENTURES DE RABBI JACOB, L’AILE OU LA CUISSE et j’en passe.

C’est un livre sensible, crédible et juste qui m’a surpris et même émerveillé parfois, de par son caractère anecdotique. Il couvre donc la vie d’un des acteurs qui a le plus tourné dans le cinéma français d’après-guerre de 1945 jusqu’à ce qu’il nous quitte, le cœur usé par autant de travail acharné et d’extraversion, en 1983. Je crois qu’avec ce récit, tout a été dit sur la légende : FUFU comme l’appelait affectueusement le public français.

Brigitte Kernel est une écrivaine et journaliste française née en 1959 à Rambervillers. Elle a produit et animé plusieurs émissions sur France-Inter. Pendant 10 ans, elle a écrit les feuilletons radiophoniques hebdomadaires CADAVRE-EXQUIS . Elle a écrit plusieurs livres incluant des biographies : Louis Chedid, Michel Jonasz, Véronique Sanson et bien sûr Louis De Funès. Au momet d’écrire ces lignes, son plus récent roman est ANDY, paru en janvier 2013. Dans la présentation qu’elle fait d’elle-même sur son site Internet, Brigitte Kernel déclare avoir deux pays de cœur : La Mongolie et le Québec, ayant un faible entre autres pour les grands espaces et les voyages par moins 20 degrés.

En complément, Louis de FUNÈS a joué dans près de 135 films dont plusieurs sont devenus de grands classiques… d’abord, L’AILE OU LA CUISSE réalisé en 1976 par Claude Zidi avec De Funès bien sûr, Coluche et Julien Guiomar.

Ensuite, LA GRANDE VADROUILLE réalisé en 1966 par Gérard Oury avec De Funès et Bourvil.

Puis, LES AVENTURES DE RABBI JACOB réalisé en 1973 par Gérard Oury avec Louis De Funès et Henri Guybet.

…Et bien sûr, l’hexalogie LE GENDARME,  réalisée par Jean Giraud sur une période de 18 ans à partir de 1964 avec LE GENDARME DE SAINT-TROPEZ. Louis de Funès joue le rôle de Ludovic Cruchot et évolue aux côtés de Michel Galabru :  l’adjudant  Gerber.

Pour consultation : la filmographie complète de Louis de Funès

BONNE LECTURE
JAILUClaude Lambert
14 AOÛT 2016

L’HOMME QUI AIMAIT LES TUEURS

Commentaire sur le livre de
Bernard Boudeau

*Il chercha dans le modeste appartement un objet
qui puisse convenir. Une bouteille? Non! Son choix
se porta sur une bombe de laque. Plus appropriée.
Il se pencha sur Jane Waltam, l’allongea. Il souleva
la jupe, fit glisser la culotte. Il lui écarta les jambes
franchement…*
(Extrait : L’HOMME QUI AIMAIT LES TUEURS, Bernard
Boudeau, In Octavo Éditions, 2010, num. 390 pages)

Un tueur très habile sévit sans préméditation. Seul le hasard détermine qui sera sa victime, mais dans ce cas, l’instrument du hasard, ce sont des dés et plus précisément des dés de *donjon et dragon*. De plus, pour commettre ses meurtres, le tueur prend comme modèle les plus célèbres criminels américains. Ce sont les seules pistes sérieuses que possède au départ le jeune commissaire Sylvain Macarie pour traquer le tueur. Macarie, toujours ébranlé par un sérieux traumatisme lors de sa première enquête, délaissé de tous, ne sachant toujours pas où il en est, n’a pas le choix de faire aboutir cette enquête pour retrouver son équilibre. Ce qui pourrait l’aider est l’intervention d’un spécialiste du profilage, celui qui a enseigné à Macarie le profil des grands criminels américains. C’est ainsi que Sheldon fera équipe d’une certaine façon avec l’instable commissaire en utilisant sa connaissance de la psychologie des criminels.

JE NE SERAI PAS UN CRIMINEL,
JE LES SERAI TOUS
*…j’ai essayé d’être lui, celui que je traque,
de le comprendre de l’intérieur. Je, je
m’y détruis, j’y découvre du plaisir à
torturer, humilier. C’est horrible. C’est
plus que ça, je ne sais pas si je vais en
sortir.*
(Extrait : L’HOMME QUI AIMAIT LES TUEURS)

 Je n’étais pas certain de mon intérêt pour ce livre avant de l’aborder. J’avais l’impression de me lancer dans une lecture abritant un thème usé à la corde, celui des tueurs en série. Je me suis alors fié au titre : L’HOMME QUI AIMAIT LES TUEURS en supposant qu’il cachait une certaine originalité : un homme qui aime les tueurs, spécialement les plus célèbres, au point d’imiter leur façon de penser…et de tuer…je n’ai pas été déçu. C’est effectivement un récit original, un polar qui oscille entre le thriller policier et le drame psychologique.

Donc nous avons un tueur démoniaque qui choisit ses victimes selon un système de hasard élaboré et les exécute à la façon des grands criminels de l’histoire. Ce tueur est traqué par un policier psychologiquement instable, Sylvain Macarie, jadis détruit par une enquête non résolue sur le meurtre d’une petite fille et dont il se sent toujours profondément responsable.

Dans cette histoire, Macarie consacre son temps à deux activités : rencontrer souvent et régulièrement son psy et fouiller inlassablement les archives afin de trouver un fil conducteur dans l’enquête sur les meurtres en série. Tous les collègues de Macarie le croient fou et fini et certains, comme le policier Nerac, croient même qu’il fait un excellent suspect dans cette affaire.

Donc d’une part nous avons ici un très bon thriller, haletant, avec un suspense bien ficelé qui évolue en crescendo, un fil conducteur solide et crédible. Et d’autre part, nous avons un drame psychologique qui nous fait plonger dans l’introspection du héros de l’histoire car il m’est apparu évident que Macarie se lançait dans une quête difficile : combattre et vaincre ces démons. C’est un aspect de l’histoire qui m’a beaucoup plu.

L’intrigue est bien menée. Il m’a été impossible de découvrir qui était le tueur. J’ai eu beaucoup de soupçons, mais avec une grande maîtrise narrative et un style spontané, l’auteur me les a fait rejetés un après l’autre.

Principale force du livre : la psychologie des personnages en particulier Sylvain Macarie dans sa recherche constante afin de se pardonner lui-même et évidemment, le tueur en série dont l’esprit est aussi détraqué que génial. Principale faiblesse du livre : une finale un peu bâclée, expédiée je dirais et certaines longueurs dans le développement. Je précise que la plume demeure fluide mais les passages de Macarie chez son psy accusent une certaine lourdeur. Cette faiblesse est très insuffisante pour empêcher le lecteur d’apprécier le talent de l’auteur.

Je n’irais pas jusqu’à dire que ce livre est le chef d’œuvre d’un auteur passé maître dans le polar noir comme le laisse supposer le quatrième de couverture, mais j’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre.

Bernard Boudeau est parti du thème complètement éculé du meurtrier en série pour pondre une histoire originale avec tout ce qui est nécessaire pour garder le lecteur captif. Un excellent moment de lecture.

Bernard Boudeau est un écrivain né à Tunis en 1949. Il aime écrire. Sa plume est multidisciplinaire : polars, études, essais, ouvrages pédagogiques, contes. Travaille actuellement sur NATION, une série de 9 polars dont l’histoire se déroule en France et dans une des neuf nations nord-américaine dont LE MARIONETTISTE où l’histoire se déroule au Québec. Plusieurs de ses livres ont été sélectionnés pour des prix prestigieux dont L’HOMME QUI AIMAIT LES TUEURS (sélection officielle au prix Polar à Cognac et à Reims en 2011 entre autres.) Il a obtenu le prix du roman policier en 2013 avec LES MÂCHOIRES DU PASSÉ.  Boudeau est aussi passionné de musique et de photo et l’ensemble de son œuvre laisse supposer qu’il adore l’Amérique, mettant en relief les différences culturelles entre les nations.

À visiter : http://www.romanpolicier.net/ 

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
7 AOÛT 2016