SOUS LA SURFACE

Vices cachés, magouilles et politiconneries

SOUS LA SURFACE

Commentaire sur le livre de

MARTIN MICHAUD

*Le nom de l’expéditeur n’était pas affiché et quelques
clics m’ont confirmé qu’il provenait d’un numéro que
je ne connaissais pas. Prenant soin de ne pas être
remarquée, j’ai tapé la première chose qui me passait
par la tête et j’ai appuyé sur la touche d’envoi : QUI
QUE VOUS SOYEZ, VOUS ÊTES MALADE!*
(Extrait : SOUS LA SURFACE, Martin Michaud, les éditions
Coup D’œil, édition de papier, 430 pages)

À proximité des élections primaires américaines, Patrick Adams, le favori dans la course à l’investiture démocrate, et sa femme, Leah Hammett, écrivaine et ancienne top-modèle, arrivent à Lowell, au Massachussets. Alors que son mari se prépare à être propulsé vers le sommet, Leah reçoit un étrange message qui vient perturber leur ascension et la replonge dans un passé douloureux bien enfoui. Remettant alors toutes ses certitudes en question, elle tente d’éclaircir ce pan sombre de sa vie. Mais la tâche se révèle beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît, surtout lorsque l’on s’apprête à devenir la première dame des États-Unis et que tous les projecteurs sont rivés sur soi. S’amorce alors une danse entre dissimulation, révélations, mensonges et vérité. Objectif : plonger sous la surface et affronter ses démons…

VICES CACHÉS, MAGOUILLES
ET POLITICONNERIES
*Au premier étage…ils trouvèrent le corps de Garcia.
Ce dernier gisait dans une mare de sang, la gorge
tranchée. Ramirez n’avait jamais été un as en
mathématiques, mais il n’eut pas besoin de faire
le décompte pour savoir qu’ils n’étaient désormais
plus que deux.*
(Extrait : SOUS LA SURFACE)

C’est la deuxième fois que je lis Martin Michaud. J’avais été emballé par LA CHORALE DU DIABLE. Plusieurs années et plusieurs volumes après, je ne suis toujours pas déçu. Une belle évolution et peut-être un goût de faire différent me font douter qu’avec SOUS LA SURFACE, Martin a voulu sortir un peu des sentiers battus avec un thriller mêlant la corruption, l’amour et la politique. C’est explosif…très explosif. Le meilleur moyen de définir le livre de Michaud est d’emprunter les paroles de la journaliste Mallory Brown, personnage fictif de SOUS LA SURFACE qui résumera durement les évènements extraordinaires qui ont secoué Lowell et toute l’Amérique. Le genre d’évènement qui fait qu’on aimerait tout jeter à terre et reconstruire…l’homme inclus :*Meurtres, morts violentes, parfum de scandale, soif de pouvoir, complots, dissimulation, mensonges, trahison, tractations secrètes et tromperie, le contenu sulfureux de SOUS LA SURFACE plonge le lecteur dans la tourmente* (Extrait) eh oui, SOUS LA SURFACE est aussi le titre d’un livre de l’héroïne qui racontera tous les évènements qui ont déchiré son âme.

SOUS LA SURFACE est le récit de Leah Hammet, 45 ans, anciennement mannequin professionnel, puis écrivaine. Une femme ordinaire à ceci près qu’elle est la conjointe de Patrick Adams, le favori aux présidentielles américaines. Alors qu’elle se prépare au Super Tuesday, elle reçoit un mystérieux texto de son premier amoureux, censé être mort depuis 25 ans. Dès lors, une tempête d’émotions éclate à l’intérieur et Leah jure d’aller au bout de cette histoire et vous pouvez me croire quand je vous dis que le fouet va claquer. Le lecteur pourrait être surpris des qualités et attributs que l’auteur a donné à son principal personnage : *Il y a toujours deux forces en moi. Deux personnalités diamétralement opposées. Leah, la femme douce et effacée, cette façade que je présente en public. Et puis il y a LEE, ce démon qui m’habite et que je m’efforce de contenir, cette femme dure et impitoyable. Cette femme au cœur de glace.* (Extrait)

À travers le drame extrêmement intense que vit Leah Hammet, L’auteur décrit avec une minutie extraordinaire les rouages de la politique américaine, la complexité du système électoral et l’atmosphère étouffante des conventions, réunions, séminaires et les tractations étranges et pas toujours nettes du collège électoral. C’est vrai que j’ai toujours trouvé les manœuvres électorales américaines compliquées, mais Martin Michaud nous les décrit avec une fluidité qui force l’admiration. La plume est concise, efficace, directe, pas de temps morts, la toile est trop complexe. L’auteur l’a compris.

Avec un étonnant savoir-faire, l’auteur amène tous ses personnages sans exception SOUS LA SURFACE, l’envers du décor pour tenter de balayer toutes les saletés qui s’y trouvent. Beaucoup y laisseront leur âme. Michaud ne néglige rien et ne ménage personne, même pas le lecteur qui ne voit pas venir une finale spectaculaire et tout à fait imprévue. Avant d’entreprendre la lecture je me suis dit : surprend-moi Martin. C’est fait, c’est même au-delà de toutes mes attentes.

J’ai vu beaucoup de choses intéressantes dans ce livre car il est évident que l’auteur s’est documenté. Une plongée dans le cœur du pouvoir de la politique américaine, la course effrénée et dans certains cas désespérée pour le pouvoir, le mal engendré par l’ambition et l’absence de scrupules. Mais tout n’est pas noir car quelque part dans l’œuvre, malgré le caractère soutenu démoniaque de l’intrigue, le lecteur est témoin d’un magnifique, d’un extraordinaire geste d’amour difficilement cadrable dans un univers aussi malsain. Vous voyez, rien ne nous est épargné dans ce thriller haletant y compris une fort mortifiante preuve d’amour.

Avec SOUS LA SURFACE, je suis fier de voir confirmé le nom Du québécois Martin Michaud dans les ligues majeures, comme créateur d’émotions qui n’a rien à envier aux auteurs de thrillers américains.

ici.radio-canada.ca

Né à Québec en 1970, Martin Michaud est un véritable homme-orchestre : avocat, scénariste, écrivain, il est aussi musicien. Sur le plan littéraire, il s’est spécialisé dans le thriller à forte intensité. Ses trois premiers ouvrages (IL NE FAUT PAS PARLER DANS L’ASCENSEUR et LA CHORALE DU DIABLE en 2011, JE ME SOUVIENS en 2012) obtiennent un succès spontané et fulgurant avec la création d’un personnage tourmenté mais d’une impeccable moralité : Victor Lessard. Son œuvre lui vaut de prestigieux prix littéraires.

Pour en savoir davantage sur cet auteur déjà qualifié de maître du thriller québécois, consultez le site internet officiel de Martin Michaud. Cliquez ici.
Pour lire mon commentaire sur LA CHORALE DU DIABLE de Martin Michaud, cliquez ici.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le samedi 7 décembre 2019

 

TAG

Humaine démence

TAG

Commentaire sur le livre de
GHISLAIN TASCHEREAU

*Il vous est garanti que le corps de la cible
disparaîtra et ne sera jamais retrouvé…
puisque je n’ai rien contre le bénévolat,
sachez que… UN DÉFAUT DE PAIEMENT
VOUS SERAIT FATAL.*
(Extrait : TAG, Ghislain Taschereau,  Les Éditions
Goélette, édition de papier, 265 pages)

Quand on est un misanthrope absolu comme Tag, on ne peut être qu’un excellent tueur à gages. Et c’est précisément ce qu’il est. Si par hasard vous tombez sur une de ses cartes professionnelles, vous ne pourrez plus l’oublier. Qui sait si vous ne songerez pas même à faire appel à ses services ?… TAG a deux problèmes principalement : il méprise l’humanité en général et l’être humain en particulier et souffre d’un énorme sentiment de frustration. Le tueur à gages serait-il devenu sensible ? Pas nécessairement. Tag ne sait pas encore si tous les humains méritent la mort ou si on peut en sauver quelques-uns. Il ne va pas tarder à le découvrir grâce à une expérience étonnante qu’il prépare avec un soin méticuleux et exécute avec un exceptionnel souci du détail. Cette expérience en est une de déconditionnement. Tag est-il un fou dangereux ou encore un justicier irréaliste : Les lecteurs et lectrices sont appelés à rendre jugement. Ils verront sans doute très vite que tout n’est pas si simple.

HUMAINE DÉMENCE
*Il fit vite coulisser la portière de la fourgonnette
et prit la tête du juge dans un étau. Dizcoti glapit
tandis que TAG le halait à l’intérieur du véhicule.
Sa mauvaise forme physique fit en sorte qu’il
s’éteignit facilement et rapidement…*

(Extrait : TAG)

 Après plus d’une douzaine d’années d’absence, Ghislain Taschereau nous revient avec l’histoire de Loïc L’Heureux appelé TAG, un tueur à gage misanthrope et froid qui n’a qu’un rêve, et il s’en fait même un objectif : détruire l’humanité : *Il faut que je parvienne à la grande extinction. Je ne veux plus avoir mal à mon espèce. * (extrait)

D’ailleurs Tag ne tue pas. Il *éteint*. Dans sa mentalité, ce n’est pas du tout la même chose. Vous aurez compris que TAG voue une haine profonde pour l’humanité : *Je hais les humains. Ces ordures me font regretter de faire partie de leur sale race. Je les hais tous profondément et avec attention. * (Extrait) Dans l’évolution du récit, TAG consacre son temps principalement à trois activités : remplir des contrats *d’extinction*, déconditionner des humains, c’est-à-dire les remettre sur la bonne voie selon les critères de TAG et enfin, travailler à son grand projet d’extinction de l’humanité.

Première chose importante : Taschereau a vraiment bien travaillé son personnage. Malgré toute la haine qu’il peut cracher, la psychologie du personnage ne m’a pas repoussé. Je veux en dévoiler le moins possible parce que lire TAG, c’est aller de découverte en découverte. Devant l’impossibilité de réaliser son rêve, TAG devient un expérimentateur. Sa haine est manifeste mais sa recherche du bon m’a semblé évidente. En fait Taschereau nous décrit un esprit à la dérive un peu comme s’il prenait un pot à la santé de la connerie humaine. TAG est un personnage recherché et profond. Sa psychologie est complexe mais ses motivations sont limpides.

Dans une entrevue accordée au Journal de Montréal en 2014, Ghislain Taschereau expliquait à la journaliste Marie-France Bornais qu’en créant TAG, personnage habité par la haine et la violence, il voulait provoquer une prise de conscience de la bêtise humaine. Il a donc donné à son personnage les moyens, la rigueur et la froideur pour y parvenir. Autre force majeure du livre, son auteur a su entretenir l’intrigue jusqu’à la finale probablement parce que le personnage lui-même EST une intrigue. Malgré tout, l’auteur l’a mis en position d’être compris à certains égards par le lectorat. En effet, qui n’a pas rêvé tôt ou tard de débarrasser l’humanité de sa mauvaise graine : meurtriers, violeurs, pédophiles, dictateurs sanguinaires et autres… loin de moi l’idée d’excuser le personnage mais je suis sûr que les lecteurs et lectrices vont trouver dans le récit un petit quelque chose qui va venir s’ajuster à leur philosophie sociétale.

Enfin un dernier point à signaler : l’auteur fait preuve d’un certain humour dans son livre et je ne me limite pas au fait que c’est toute la société qui est tournée en dérision mais sa façon de s’exprimer, surtout dans ses comparatifs m’a arraché quelques sourires : *Quand TAG s’enquit de l’endroit où se trouvaient les *internets* rapides, une vieille serveuse, maquillée comme un clown qui se serait voulu sexy lui désigna trois petites portes…* (Extrait) J’ai toujours aimé cette façon de mettre de l’humour dans un texte, aussi dramatique puisse-t-il être. Quant à la finale, je dirai que dans le dernier quart, le récit prend toutes sortes de directions et perd de sa spontanéité. Le personnage principal se cherche, allant d’idée en idée. Toutefois, Les trouvailles qu’on y fait, issues d’un esprit qui dérape complètement garde le lecteur dans le coup jusqu’au puissant et dramatique point final.

J’ai aimé ce livre et je le recommande. Je n’ai pas vu le temps passer. Il se lit très vite. Il est accrochant, à la rigueur troublant. L’histoire est assortie, peut-être même enrichie d’une vision ironique, voir acide que l’auteur se fait de la Société. J’ai trouvé l’ensemble originale…à lire.

Ghislain Taschereau est un comédien, humoriste, réalisateur et auteur québécois né en 1962. Sa carrière d’humoriste est extrêmement substantielle. Elle a commencé en 1989 comme scripteur à l’émission 100 LIMITES, un bulletin de nouvelles plutôt mordant qui était diffusé à TQS. Fort de cette première aventure, Taschereau a enchaîné avec Bob Binette, les Bleus poudre et j’en passe. Sur le plan littéraire Ghislain Taschereau a connu un succès flatteur avec un personnage qu’il a créé, L’INSPECTEUR SECTEUR qui a ceci de particulier, que pour être le meilleur inspecteur de police de la planète pendant toute sa vie il a invoqué Satan involontairement et lui a vendu son âme sans à peine s’en apercevoir. Cette création a valu quatre best-sellers à Taschereau. Puis après treize ans d’absence, il publie TAG en septembre 2014 et ÉTOILES TOMBANTES en octobre 2015.

BONNE LECTURE
Claude Lambert

Le dimanche premier décembre 2019

DANS L’OMBRE DE CLARISSE

Le crépuscule des aurores

DANS L’OMBRE DE CLARISSE

Commentaire sur le livre de
MADELEINE ROBITAILLE

<Au moment où Luce mettait les pieds sur la galerie,
la tête pleine de supputations, un long hurlement
lui fit dresser les cheveux sur la tête. Les plaintes
derrière la porte de la salle de bain continuaient,
plus sourdes. Charlotte ne se plaignait jamais pour
rien.>
(Extrait : DANS L’OMBRE DE CLARISSE, Madeleine
Robitaille, Éditions de Mortagne, 2009, édition
numérique, 200 pages, papier : 380 pages)

Une grand-mère, dans l’imagerie populaire, c’est une petite femme toute ronde, au visage doux et souriant, qui nous nous aime sans condition. Eh bien ! pour Charlotte et ses sœurs, une grand-mère, c’est Clarisse : mâchoire inférieure avancée, nez plat, front large, des mains comme des battoirs, un corps massif et imposant, et une voix qui s’apparente à un grognement. D’où le surnom dont l’ont affublée ses petites-filles : la Bouledogue. Le jour où Clarisse doit venir s’installer chez elles, à la suite d’un drame qui laisse leurs parents incapables de s’occuper d’elles, l’existence des quatre sœurs prend la tournure d’un cauchemar. Pour en arriver à ce que son code de bonne conduite soit respecté à la lettre, elle ne lésine pas sur les méthodes les plus cruelles. Charlotte, la rebelle, regrettera amèrement de ne pas avoir plié l’échine devant cette nouvelle autorité. Sa résistance la conduira tout droit à l’horreur, à l’inimaginable.

 

LE CRÉPUSCULE DES AURORES
*Cette souffrance qui transperçait chacune
de ses cellules, qui précipitait son souffle…
elle serrait les mâchoires, griffait son
matelas. La limite de l’insupportable
approchait…*
Extrait

 Ce livre est un cauchemar qui se prête bien au cliché comptant parmi les plus répandus : ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR. Dans cette histoire le fil conducteur s’installe rapidement et est relativement simple : Un père de famille, Daniel a un accident et se retrouve dans un coma irréversible. Rachel, la mère, essaie de gérer le mieux possible avec ses quatre enfants : Les jumelles Janet et Coralie appelée affectueusement les sauterelles, Luce et la plus vieille, Charlotte, 17 ans que le lecteur suit plus particulièrement.

Pour aider Rachel dans sa tâche, Clarisse la mère de Daniel, une femme dans le milieu de la soixantaine, baraquée et à la mentalité d’un autre âge s’installe comme si de rien n’était et impose sa présence dès le départ. La présence de cette femme devient un cauchemar pour la famille : *Maman, c’est une vieille chnoque! Elle veut tout contrôler! Imagine-toi qu’elle m’a même fait épousseter les prises du téléphone, en plus, écoute bien celle-là, j’ai nettoyé les robinets de la salle de bain avec des cotons-tiges.* (Extrait) Disons que c’était mal barré et effectivement c’est allé très loin.

Les quatre sœurs appelaient Clarisse *la bouledogue*. Mais dans les faits, c’était pire que ça. En peu de temps, tout a dégénéré dans cette famille. Selon Clarisse, l’éducation c’était se soumettre ou souffrir. Elle a pris les affaires en main et a mis Rachel au repos en la gavant de somnifères. Autrement dit, Clarisse a mis Rachel hors d’état de nuire pour mettre les enfants au pas, en particulier Charlotte qui subira une torture particulièrement destructrice pour son âge : *L’indisciplinée a fini de se rebeller. On lui a tout coupé! On lui a tout enlevé! La méchante fille a été redressée. Sa grand-mère l’a excisée. Si le fil lâche, elle va te recoudre. Te recoudre. Te recoudre.* (Extrait)

Je vous fais grâce des sévices, punitions et tortures inventés par un esprit malade. En effet, Clarisse est une maritorne costaude, acariâtre. Elle est aussi schizophrène, elle entend la voix de sa défunte mère qui lui dicte ses vieux principes de la discipline de fer, elle est colérique et mentalement instable. Sa cruauté ne connaît pas de limites. Vous vous demandez peut-être s’il y aura des morts ? Oui il y en aura. Est-ce que justice sera faite ? Ça, c’est à vous de le découvrir.

Ce qui soulève davantage le cœur c’est qu’on suppose que ce genre de drame s’est déjà produit dans notre société ou qu’il pourrait se produire. Cette histoire me rappelle un peu le livre d’André Mathieu : LA PETITE AURORE L’ENFANT MARTYRE ce livre, adapté à l’écran raconte une histoire vraie. Aurore Gagnon est une petite fille que sa mère a abruti et torturé jusqu’à sa mort à l’âge de 10 ans. DANS L’OMBRE DE CLARISSE est un thriller difficile à soutenir parce qu’il implique des enfants, que l’auteure a rendu attachants d’ailleurs, y compris Charlotte la rebelle qu’on aurait envie de soigner et d’apaiser.

L’histoire comme telle est bien construite mais elle est cruelle, dure et soulève parfois le cœur. La plume de Madeleine Robitaille est ouverte, directe, abrupte et verse dans l’horreur sans même qu’on s’en aperçoive. Elle ne fait pas dans la dentelle et son style d’écriture brasse des émotions qui amènent le lecteur et la lectrice à admettre que Clarisse est folle, à la haïr généreusement et à avoir mal pour les pauvres enfants. L’histoire soulève aussi des questions comme par exemple comment reconnaître les premiers signes de la maladie mentale. Mais même si les enfants avaient pu reconnaître ces signes, croyez-moi quand je vous dit que l’auteure a tout prévu. Elle a vraiment été très habile.

Donc l’histoire est bien montée, le rythme relativement élevé, il n’y a pas de longueur. Le livre est recommandable mais pas pour tout le monde, les âmes sensibles en particulier. Mais si vous avez envie de flirter avec l’insoutenable et l’inimaginable et la matière à nausée, essayez d’entrer DANS L’OMBRE DE CLARISSE. De deux choses l’une : ou vous allez essayer d’oublier ça rapidement ou vous l’aurez dans la mémoire longtemps… Moi, je verse dans la première option.

Madeleine Robitaille est née à Mont-Laurier dans les années 60. C’est dans la magnifique municipalité de Kiamika en haute Laurentides qu’elle trouve un chez-soi.Le goût de l’écriture a toujours été présent mais ce n’est qu’à l’âge adulte qu’elle se lance dans la rédaction d’un premier roman. Madeleine est très inspirée par les sursauts de la température : la chaleur, le froid, la pluie, la neige. ces caprices de la nature sont prétextes à une histoire et adore explorer la psychologie  de ses personnages. Pour elle,  ses romans sont essentiellement des thrillers psychologiques.

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 15 novembre 2019