FAIMS

LE COMMENCEMENT DE LA FAIM

FAIMS

Commentaire sur le livre de
PATRICK SÉNÉCAL 

*Vous avez une vie en apparence comblée, vous
êtes l’image de l’homme honorable, mais une
étrange faim s’est installée en vous…elle a même
tendance à demeurer en vous, à vous ronger. À
tel point que parfois, vous êtes littéralement
affamé. Parce que cette faim ne se contente plus
de repas discrets et équilibrés.*
(Extrait : FAIMS, Patrick Sénécal, Éditions Alire, 2015,
édition numérique, 545 pages)

L’histoire se déroule dans une petite ville imaginaire : Kadpidi, tranquille, 20,000 habitants. Alors que, par une journée magnifique, le bal du chien chaud bat son plein au parc Woodyatt, une étrange caravane entre en ville et s’y installe. C’est le cirque ambulant HUMANUS CIRCUS. Alors la bucolique tranquillité de Kadpidi se dégrade rapidement : les attitudes et les comportements changent, des meurtres se succèdent. Plusieurs citoyens habituellement tranquilles se laissent maintenant aller à satisfaire leurs pulsions : une faim ressentie au quotidien mais refoulée avec le temps. Une faim étrange, malsaine. Après le premier spectacle qui est d’une singulière étrangeté, Joël reprend du service dans la brigade criminelle et sera entraîné dans une enquête pour le moins troublante…

LE COMMENCEMENT DE LA FAIM
*-Pis y parait qu’la femme a pas juste pété les
meubles dans toute sa maison, mais aussi
son char! Pis est allée au bureau où a
travaille, pis a tout cassé là aussi! À coup
de masse! Criss de folle, hein?
(Extrait : FAIMS)

Encore du grand Sénécal mais dans un style un peu différent. Il nous sort complètement de l’univers de Malphas qui a un registre très à part dans l’œuvre de Sénécal mais FAIMS diffère aussi de ses autres livres même si en cours de lecture, j’ai fait souvent le rapprochement avec LE VIDE. Finalement, j’ai compris que l’auteur avait à peu près le même modus operandi. Dans FAIMS je n’ai pas vraiment ressenti l’horreur, mais plutôt une pression psychologique très forte qui caractérise beaucoup de thrillers. Ça ne change rien, ce livre m’a secoué. Il m’a accroché dès les premières pages…par curiosité d’abord et puis rapidement, je fus pris d’une *faim* de tout comprendre, de tout savoir.

Imaginez qu’un petit cirque ambulant qui s’installe dans un petit patelin chamboule complètement le quotidien des gens, modifie attitudes et comportements, provoque bagarres et querelles, alimente des idées de haine, de violence, de meurtres. Le ton est donné dès le départ. Le cirque est bizarre, ses membres sont étranges, marginaux. Leur spectacle est pour adulte seulement. Il est d’une singulière intensité, extrêmement violent en plus d’être sexuellement explicite et hautement suggestif pour des esprits qui ont…*faim*.

Alors qu’un premier meurtre suit de près l’arrivée du cirque, le médecin du patelin, Stéphane, dont la faim est appelée à se réveiller y va de sa petite appréciation du spectacle : *C’est innovateur, c’est baveux, ça brasse la cage et ça fait du bien.* (extrait) voilà qui annonce un changement dans l’esprit du médecin qui finira par dire tout haut ce que tout le monde pense sous l’influence du HUMANUS CIRCUS : *Personne va bien! Tout le monde est tanné, tout le monde est déprimé, tout le monde est frustré! Mais moi, je suis juste écœuré de faire semblant, de me mettre un gros sourire dans face pis de faire ah-ah-ah, pis de raconter n’importe quoi. * (Extrait)

Vous avez compris que cette faim n’a rien à voir avec la nourriture mais symbolise plutôt des pulsions latentes de violence et d’agressivité qui caractérisent l’être humain. La façon dont le thème est développé nous amène à voir la Société sous un jour très différent.

Je considère ce récit comme un thriller, extrêmement noir, puissant et dont il se dégage une atmosphère pesante. La violence y est décrite sans retenue et certains passages sont d’une crudité à faire frémir. L’intrigue est très bien ficelée et j’ai trouvé la finale géniale…totalement imprévisible en ce qui me concerne. Je signale au passage que Sénécal a inclus dans sa distribution un de ses personnages fétiches : Michelle Beaulieu (5150 RUE DES ORMES, REINE ROUGE, ALISS). Je vous laisse aussi découvrir quel personnage de FAIMS a été pourvoyeur dans HELL.COM du même auteur…ce sont des petits entrecroisements à la Stephen King qui me plaisent beaucoup.

Les chapitres sont entrecoupés par un profil complet de chacun des personnages du Humanus Circus : Markitos, Laurus, Sarratou, Régina, Wulf et Wefa…les saltimbanques étranges à l’histoire tordue qui m’ont fait passé par une gamme d’émotions plutôt fortes. Au cœur de l’histoire, il y a aussi la famille Leblanc, Joël, policier de la SQ qui mène l’enquête sur les meurtres et qui n’est pas au bout de ses surprises, sa femme Martine, vétérinaire et leurs ados Nicholas et Émilie dont les rôles pourraient vous surprendre.

Encore un Sénécal dont il est très difficile d’interrompre la lecture… Un nouveau voyage dans les recoins les plus obscurs de l’esprit… Écriture fluide, ventilée, un rythme d’enfer….une écriture qui n’a pas peur des mots…

VOIR AUSSI MES COMMENTAIRES SUR LE VIDE ET CONTRE DIEU DU MÊME AUTEUR.

Patrick Sénécal né en 1967, est un écrivain québécois spécialisé dans le roman *noir*. Il est aussi scénariste et réalisateur. Il publie son premier roman en 1994 : 5150 rue des Ormes, adapté au cinéma en 2009. Il est détenteur  de plusieurs prix littéraires importants dont le prix Boréal du meilleur roman en 2001 (Aliss) et le prix Masterton en 2006 en plus des distinctions dans les salons  du livre.  LE VIDE, qu’il a pris trois ans à écrire est son 7e roman, le plus médiatisé de son œuvre.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 29 avril 2018

LE SYNDROME «E»

TRÈS HAUTE TENEUR EN ADRÉNALINE

LE SYNDROME «E»

Commentaire sur le livre de
FRANCK THILLIEZ

*-Je vais te cramer un peu, jouer avec mes couteaux,
puis j’irai te larguer dans le désert, vivant. Les
hyènes et les vautours te boufferont en quelques
heures. On ne retrouvera jamais ton corps. Il
cogna Sharko en pleine face avec le bidon. Un
craquement, une giclée de sang.*
(Extrait : LE SYNDROME [E], Franck Thilliez, Fleuve Noir,
2010, édition numérique, 420 pages)

Deux évènements dramatiques viennent compliquer singulièrement la vie de deux policiers, deux personnages récurrents dans l’œuvre de Franck Thilliez : Lucie Hennebelle et Frank Sharko (3e apparition pour ces deux personnages dans la bibliographie de Thilliez). D’abord, une équipe technique de la voirie découvre par hasard cinq cadavres ensevelis sous deux mètres de terre à Notre-Dame-De-Gravenchon. Fait tout à fait horrible : leur crâne a été scié, ouvert, le cerveau et les yeux prélevés. Parallèlement à cet évènement, un passionné de films anciens, Ludovic Sénéchal devient inexplicablement aveugle après avoir visionné un film qu’il vient d’acquérir…deux affaires bien différentes mais qui sont pourtant étroitement liées. Un nouveau mal fait son apparition : LE SYNDROME [E]. Les policiers se retrouvent devant un mystère extrêmement complexe…

Très haute teneur en adrénaline
*Ces lignes de brancards représentent l’attente pour la salle
des électrochocs. Les patients les subirent trois fois par jour,
durant des programmes de sept à huit semaines. Trois fois par jour,
mademoiselle. Des milliers de volts dans l’organisme. Imaginez-vous
seulement les dégâts que cela pouvait occasionner aux nerfs,
au cœur et au cerveau?*
(Extrait : LE SYNDROME [E])

J’ai beaucoup à dire sur ce livre qui joue dur. Pour ma part, c’est une première incursion dans l’univers de Franck Thilliez et d’entrée de jeu, je peux vous dire que ça m’a ébranlé tellement le récit est noir et teinté d’un implacable réalisme. J’aurais peut-être dû commencer par un des premiers ouvrages de Thilliez comme LA CHAMBRE DES MORTS ou à la rigueur LA FORÊT DES OMBRES, mais quand j’ai découvert le titre SYNDROME E, j’étais trop intrigué pour passer outre.

Mais commençons par le commencement. LE SYNDROME E est le premier volet d’un dyptique qui décortique le phénomène de la violence. Le récit porte sur deux enquêtes policières séparées au départ, devenant graduellement convergentes pour finalement ne faire qu’une. Au début d’une part, l’ex-ami de l’enquêteuse Lucie Hennebel, un passionné de cinéma et collectionneur de films rares est frappé de cécité après avoir visionné un film rare et non répertorié. Lucie enquête et commence par faire analyser la pellicule. D’autre part, un enquêteur devenu schizophrène suite au décès soudain de sa femme et de sa fille, Franck Sharko enquête sur la découverte de cinq corps atrocement mutilés.

Au fur et à mesure que l’analyse de la pellicule progresse, les deux enquêtes fusionnent. En fait, tout démarre et tourne autour de ce mystérieux film d’un réalisateur non moins mystérieux, Jacques Lacombe : *Mais la question qui la turlupinait le plus était de savoir quel lien invisible il pouvait y avoir entre le film anonyme et les cadavres déterrés en Haute Normandie. Cette bobine maléfique était peut-être l’arbre qui cachait la forêt.*(Extrait)

Je vous ai déjà parlé de l’énorme pouvoir du septième art, c’est-à-dire, de cette capacité qu’a le cinéma de façonner les esprits, de créer des tendances, d’influencer les modes de pensées et d’apprentissages. Imaginez tout ce qu’on peut sortir sur le potentiel cinématographique du cinéma. (Voir mon commentaire sur LA CONSPIRATION DES TÉNÈBRES)

Dans LE SYNDROME E, Thilliez va encore plus loin car par des procédés de surimpression, d’insertions subliminales, de découpages obscurs et autres diableries, la pellicule sert ici à cacher un incroyable secret qui dévoile un potentiel extraordinaire et apparemment exploitable du cerveau humain ainsi qu’un complot imaginé par des esprits tordus, des scientifiques malades, auteurs d’expériences sur des sujets vivants dont plusieurs comptaient parmi les Orphelins de Duplessis : *Ce que Lucie Découvrait dépassait l’entendement. Une aliénation de masse, à grand renfort de bulletins médicaux faussés et d’occultes financements* (Extrait) La dernière citation fait référence au financement par la CIA de certaines expériences sur des cerveaux d’êtres humains vivants. L’enquête amène à l’identification du syndrome E et je vous laisse découvrir par vous-même qu’est-ce que c’est que cette saloperie.

Évidemment, ce roman est une fiction mais quand on y pense, on sait peu de choses sur le cerveau et ça peut laisser un doute dans l’esprit du lecteur. Appelons ça un facteur de stress car l’auteur dévoile les horreurs du film au compte-gouttes et ça n’arrête jamais jusqu’à la dernière page qui là encore dévoile un punch tout à fait imprévisible.

Donc pour résumer, LE SYNDROME E est un thriller d’une fantastique efficacité, fait de corps mutilés, de tortures, de cadavres, de crasse, de fourberie et d’une science qui évoque des bêtes conduites à l’abattoir. C’est un livre audacieux qui m’a sorti des sentiers battus et qui m’a écorché au passage. Rythme rapide malgré certaines longueurs, lecture aisée, fil conducteur solide. Dans l’ensemble, le récit est gore et décapant et il est porteur je crois d’une petite réflexion sur la science et l’éthique car je ne suis pas certain que les savants fous et les scientifiques tarés n’appartiennent qu’à la légende et la littérature.

Si vous avez survécu au SYNDROME E, vous êtes mûrs pour la lecture de GATACA, le deuxième volet du dyptique.

Par définition du dyptique, il faut avoir lu LE SYNDROME E pour comprendre GATACA. Je vous le dis tout de suite, l’un est aussi effrayant que l’autre. Un an après l’identification du syndrome E et l’explosion de la vérité, et toujours en vertu d’une quête de la compréhension globale de la violence, l’auteur Franck Thilliez nous entraîne cette fois dans les arcanes obscurs du génome humain. À nouveaux réunis et prêts à explorer un autre cercle de l’enfer, les policiers Lucie Hennebelle et Franck Sharko remontent cette fois aux origines de la violence, là où le génome humain détermine son avenir : rien de moins que l’extinction. 

Franck Thilliez est un écrivain et ingénieur français né en 1973. En plus d’avoir développé un goût irrésistible pour la lecture, plus particulièrement pour les thrillers, Thilliez a une passion pour le cinéma et pour les Nouvelles technologies. C’est d’ailleurs dans ce dernier domaine qu’il exerce l’ingénierie. Sa carrière d’écrivain a été lancée en pompe dès 2003 avec TRAIN D’ENFER POUR ANGE ROUGE en 2003, nnominé au prix SNCF du polar français. Le succès des livres suivants lui a permis d’abandonner son travail d’informaticien et de s’adonner à l’écriture à temps plein. Ses passions se reflètent dans son écriture. Il aime enduire ses récits d’une atmosphère glauque et comme son imagination est débordante, qualité reconnue rapidement par ses pairs, sa plume produit des romans qui retiennent les lecteurs dans un filet qui évoque la toile d’araignée. Plusieurs de ses livres ont été adaptés ou sont en attente d’être adaptés à l’écran dont LE SYNDROME [E]. Thilliez a également les scénarios de deux téléfilms à son actif.

Bonne lecture
Jailu
Le dimanche 25 février 2018

 

LES MURAILLES DE FEU

UNE DÉFAITE SALVATRICE

LES MURAILLES DE FEU

Commentaire sur le livre de
Steven Pressfield 

*…-Puis vint la convocation des Trois cents pour
les Thermopyles et j’éprouvai là enfin la
véritable perversité des desseins divins.*
(Extrait : LES MURAILLES DE FEU, Steven Pressfield,
traduit de l’américain par Gérald Messadié, éd.
Doubleday 1998, Archipoche, num. 350 pages)

Nous sommes en 480 avant J.C. Sparte est fébrile car l’ennemi héréditaire des grecs, le roi Xerxès marche vers Athènes, à la tête de 200,000 perses, écrasant tout sur son passage. Le roi de Sparte, Léonidas rassemble ses hoplites, soit quelques centaines de soldats d’infanterie pesamment armés, pour aller au-devant de l’ennemi. Une bataille extrêmement inégale s’annonce. En effet, comment 300 hommes, fussent-ils braves et aguerris peuvent-ils stopper une armée de centaines de milliers de soldats?  L’affrontement aura lieu dans le défilé des Thermopyles, un étroit passage rocailleux. La bataille, horriblement sanglante, durera 6 jours et sera racontée ensuite par un des rares survivants grecs. Le but de Leonidas : donner une chance à la Grèce de s’organiser, mais le temps presse… 

AVANT-PROPOS :

LA BATAILLE DES THERMOPYLES

La bataille des Thermopyles est une réalité historique. Elle a opposé en août 480 av. J.C. l’empire Perse à l’alliance des Cités grecques. L’armée grecque, comptant environ 7000 fantassins, tenta de retenir la grande armée de Xerxès 1er (qui comptait d’après certaines estimations entre 100,000 et 250,000 guerriers)  à l’entrée du défilé des Thermopyles qui donne accès à la Grèce Centrale le long de la mer Égée.

À la suite d’une désastreuse manœuvre, la plupart des grecs abandonnèrent la bataille, et seul le contingent spartiate commandé par le roi Léonidas 1er décida de combattre jusqu’au sacrifice ultime, inévitable vue leur forte infériorité numérique. Ce geste altruiste devait laisser aux grecs le temps d’organiser leur défense. Le courage et le sacrifice des spartiates sont devenus légendaires. C’est l’un des plus célèbres faits d’armes de l’histoire antique.

Affiche du film LA BATAILLE DES THERMOPYLES réalisé en 1962 par Rudolph Maté et produit par la Twentieth Century-Fox. Très réaliste sur le plan géographique et militaire.

UNE DÉFAITE SALVATRICE
*…le mur des cadavres de Mèdes bouchait le
défilé comme un éboulis. Les spartiates
se battaient devant ce mur de cadavres
comme si c’était un rempart de pierres.
L’ennemi déferlait par-dessus…*
(Extrait : LES MURAILLES DE FEU)

Peut-être avez-vous vu le film *300* réalisé en 2006 par Zack Snyder. Ce fim m’avait impressionné par sa mise en scène, sa photographie très glauque issue d’une technique d’incrustation qui visait à restituer le mieux possible l’imagerie de la bande dessinée de Frank Miller et surtout par son contexte historique. Voulant en savoir plus sur la guerre des Thermopyles et n’ayant pu mettre la main sur le roman graphique de Miller et Varley, j’ai porté mon choix de lecture sur LES MURAILLES DE FEU, roman historique de Steven Pressfield.

LES MURAILLES DE FEU est un roman épique. C’est le récit de Xéon, un soldat allié des spartiates retrouvé par hasard, gravement blessé parmi les cadavres, suite à la bataille des Thermopyles. Il a été recueilli et soigné par les officiers de Xerxès afin qu’il livre à sa Majesté le récit complet de son périple.  En fait, intrigué par la force colossale déployée par les 300 aux portes de feu, Xerxès voulait tout savoir des spartiates : leur stratégie militaire et la nature de leur entraînement bien sûr, mais aussi sur leur organisation politique, sociale et familiale, leurs amours, leurs espoirs et j’en passe.

C’est un roman très fort et d’une très grande richesse descriptive. C’est aussi très dur et très violent. Dans de nombreux passages consacrés à la vie sociale et culturelle des spartiates, Xéon décrit une société militariste intransigeante, rompue à une discipline cruelle qui ne tolère aucun manquement…une société où les petits garçons sont introduits à l’art de la guerre, souvent au prix de leur vie ou de leur intégrité physique. *Le fouet à Sparte fait partie de l’entrainement des garçons, non parce qu’ils auraient volé de la nourriture, exploit auquel on les encourageait pour développer leur débrouillardise dans la guerre, mais parce qu’ils y avaient été surpris.* (Extrait : LES MURAILLES DE FEU)

Ce livre m’a surpris au-delà de mes espérances. Malgré son style très direct et l’implacable potentiel descriptif de la plume de Pressfield, il se dégage de ce récit une remarquable finesse. Ça peut paraître paradoxal, mais dans la lecture du récit de Xéon, J’ai ressenti beaucoup d’émotions, parfois contradictoires, mais généralement positives. C’est tout le récit qui m’a absorbé. Aussi, j’ai fait quelques recherches qui ont conforté l’idée que je me suis faite de la crédibilité du livre de Pressfield. Là encore, c’est positif. L’ensemble est bien documenté et à cela s’ajoute un évident souci du détail. La description de Léonidas, roi des spartiates est particulièrement intéressante.

LES MURAILLES DE FEU est un roman très fort qui met en perspective la valeur de la vie. Il est développé avec intelligence et sensibilité. Il est difficile d’en interrompre la lecture. Je vous le recommande sans hésiter.

Steven Pressfield est un écrivain et scénariste américain né en 1943. Il obtient son diplôme universitaire, sert dans les Marines, et après des débuts difficiles, la publication de son roman LA LÉGENDE DE BAGGER VANCE marque le début de sa carrière d’auteur à plein temps. À ce jour, il a écrit une dizaine de livres et a scénarisé trois films. Le film LA LÉGENDE DE BAGGER VANCE a été porté à l’écran en 2000 par Robert Redford. Je signale aussi FREEJACK et NICO. Au moment d’écrire ces lignes, Pressfield vit à Los-Angeles. Il est toujours resté très proche de la culture grecque. Il est d’ailleurs citoyen d’honneur de la ville de Sparte.

LES 300

L’adaptation cinématographique la plus récente de la guerre des Thermopyles est *300*, une production américano-britannique coécrite et réalisée en 2006 par Zack Snyder d’après le roman graphique *300* de Frank Miller et Lynn Varley. Plusieurs se rappelleront qu’à proximité de sa sortie, le film avait soulevé une controverse sur l’image qu’il projetait des Perses dans le contexte international des tensions entre les États-Unis et l’Iran (anciennement la Perse). Malgré tout, le film a connu un succès impressionnant.

*300* a connu une suite : 300 : LA NAISSANCE D’UN EMPIRE réalisé en 2014 par Noam Murro.

BONNE LECTURE
JAILU
Le dimanche 21 janvier 2018