PAS DE QUARTIERS

CHIMÈRE
Commentaire sur le livre de
Tess Gerritsen

*…Elle regardait l’abdomen de Kenichi,
dont la peau semblait se plisser et se
rider comme en proie à une ébulition
intérieure.
-Il y a quelque chose qui bouge…sous
sa peau…
(extrait de CHIMÈRE de Tess Gerritsen, t.f.
Presses de la Cité, 2000, éd. Num. 436 pages)

Emma Watson,  est désignée pour une mission : étudier des organismes vivants dans l’espace,  observer en apesanteur l’évolution d’archéobactéries rapportées des profondeurs marines et dont la nature mortelle n’a jamais été révélée à la NASA. Dès son arrivée à bord de la station spatiale internationale, tout tourne mal. Sous l’effet de la microgravité, les cellules contaminent chaque membre de l’équipage qui agonise dans d’horribles souffrances. S’engage alors une angoissante course contre la montre pour stopper la fureur de la Chimère et empêcher sa prolifération…compte à rebours médical d’une tension poussée à l’extrême d’autant que ces cellules peuvent absorber  l’ADN de leurs victimes…

Pas de quartiers…
*Nathan Helsinger avait enfin cessé de bouger.
Ce qui restait de sa tête gisait dans un lac de sang.
Il y en avait une telle quantité que, pendant un
moment, Roman ne vit rien d’autre. Puis, il
réussit à poser son regard sur le visage du mort.
Sur la masse bleu-vert frémissante qui adhérait
à son front. Des kystes. La Chimère.
(extrait de LA CHIMÈRE)

Je dois dire d’entrée de jeu qu’il est très difficile d’abandonner ce livre une fois qu’on en a entrepris la lecture. À partir du moment où la toxine est libérée dans la station spatiale internationale, le récit devient une suite pratiquement ininterrompue de catastrophes, de conséquences dramatiques…un implacable effet domino…une course haletante contre la montre. LA CHIMÈRE est un thriller médical puissant, dans la lignée de Robin Cook et qui n’est pas sans nous faire réfléchir sur l’incroyable pouvoir de l’infiniment petit…les micro-organismes.

Ce que j’appelle le fil conducteur de l’histoire est simple, facile à suivre. L’histoire commence au fond de l’océan où des chercheurs découvrent des archéobactéries qu’ils remontent en surface et soumettent par la suite à des expériences en microgravité dans l’espace à bord de la station spatiale internationale. Ces micro-organismes, au départ inoffensifs pour l’être humain, et passant d’une condition extrême à l’autre, vont devenir un effroyable cauchemar et le lecteur est captif de ce cauchemar car dans le récit,  tout dégénère rapidement. Ça va vite…ça va très vite.

On dirait qu’à travers toute cette escalade, l’auteure s’est arrangée, par la force de son imagination et de sa plume, pour pousser le lecteur à s’interroger : Comment les choses font-elles pour en arriver là? Vont-ils s’en sortir? Y a-t-il de l’espoir? Est-ce vrai que la vie trouve toujours son chemin? Gerritsen le précise bien dans son récit : *depuis le commencement des temps, les plus redoutables ennemis de l’humanité ont toujours été les plus petites formes de vie*. Le lecteur est pris et bien pris dans une infernale chaîne d’évènements jusqu’à la toute fin du récit…car la Chimère n’est rien d’autre qu’une branche à part de la vie…une abomination.

CHIMÈRE est un thriller haletant, percutant, extrêmement efficace, pas forcément original mais très habile et plongeant le lecteur dans des moments de forte tension. Une petite amourette allège à peine le tout et c’est tant mieux.

L’idée développée par Gerritsen dans son roman est loin d’être nouvelle, mais la logique qu’elle y déploie est tellement implacable qu’elle a réussi à me *figer*. En fait, je place CHIMÈRE dans une courte liste de livres qui m’ont fait passer par toute une gamme de fortes émotions et qui m’ont arracher des frissons (phénomène assez rares en ce qui me concerne).

Tess Gerritsen est une écrivaine américaine née en 1953. Elle décroche son diplôme de médecine à l’Université de Californie à San Francisco. Puis elle exerce la médecine à Hawaii. Parallèlement, elle s’adonne à l’écriture. Un jour elle envoie une nouvelle à un concours littéraire mis sur pied par le Honolulu magazine. Elle gagne le premier prix. Emballée par cette reconnaissance, elle quitte la médecine et se met à l’écriture à plein temps, des suspenses romantiques d’abord, mais c’est son premier thriller médical, DONNEUR SAIN qui lui apportera succès et notoriété. Entre autres distinctions, Tess Gerritsen a reçu le Nero Ward du meilleur roman policier en 2006 avec AU BOUT DE LA NUIT.

BONNE LECTURE
JAILU
AVRIL 2015

 

MALADE

CUREFATALE1Bonjour à tous et à toutes. Je veux attirer votre attention cette fois sur un livre qui m’a tenu en haleine de la première à la toute dernière page : CURE FATALE de Robin Cook.

On dit que le système de santé est malade, mais imaginez un peu un système où on décide, sans appel, d’éliminer des malades qui coûtent trop cher, ou des malades qui monopolisent les services hospitaliers ou qui sont incurables.

Dans CURE FATALE, deux jeunes médecins récemment recrutés dans un hôpital du Vermont seront témoins d’évènements forts troublants qui les pousseront à faire une enquête. Ils seront ainsi entraînés dans une horrible machination qu’on imaginait plus possible : éliminer des malades parce qu’ils coûtent trop cher.

En maintenant un niveau de tension élevé et constant dans un récit bien ficelé, Robin Cook réussit à nous faire oublier que son histoire n’est rien d’autre qu’une variation sur un thème bien connu. En effet, il est question ici d’une forme d’eugénisme, cette aberration qui a fait son bonhomme de chemin dans l’histoire des peuples, spécialement chez les cinglés soi-disant bien-pensants.

Dans son roman, Cook ne nous laisse aucun répit et nous pousse inévitablement à nous poser l’éternelle question : **comment les choses peuvent en arriver là???**

COOK1

Robin Cook

J’ai dévoré ce roman et je crois que vous ne serez pas déçu car l’œuvre est issu d’un auteur qui en connait long sur les questions médicales, étant lui-même chirurgien en ophtalmologie, une plus-value pour quelqu’un qui est devenu spécialiste des thrillers médicaux. À ce titre, j’aimerais vous proposer quelques titres fort intéressants :

Mutation(1989) - Risque mortel (1996)
Vector(2001) - Virus (1988)

JAILU
Novembre 2012

 

(En complément…)