LA DANSE DES ÉVÊQUES

Mythologie assassine

LA DANSE DES ÉVÊQUES

Commentaire sur le livre d’
ANDRÉ K. BABY

*L’un d’entre eux saisit Okeyev par les pieds, les deux autres
par le torse et les trois le lancèrent, gesticulant, tête première
dans l’escalier. Il déboula cul par-dessus tête, atterrissant sur
le coin d’une marche du milieu de l’escalier, et roula jusqu’en
bas dans un fracas d’os brisés.*
(Extrait : LA DANSE DES ÉVÊQUES, tome 1, LE
SANG DE LA CHIMÈRE, André K. BABY,  Collection
Coulée Noire, Marcel Brocquet éditeur, 2010…
édition numérique, 415 pages)

LE SANG DE LA CHIMÈRE TOME 1 : LA DANSE DES ÉVÊQUES. Le petit village de Saas Fee en suisse, où se trouve entre autres une station de ski, voit sa petite tranquillité fortement bousculée alors qu’on vient de découvrir l’archevêque de Lyon, Mgr Antoine Salvador crucifié et ligoté à un câble de l’Alpin Express. Un deuxième meurtre suit de près. Un autre officier de l’Église. Le policiers inspecteur Thierry Dulac d’Interpol France et une mythologue, Karen Dawson s’engageront dans une course contre la montre pour éviter d’autres meurtres car la façon de faire des assassins rappelle les meurtres en série. La mythologue est là pour tenter d’interpréter l’étrange rituel avec lequel ont procédé les assassins. En fait, l’enquête s’annonce extrêmement complexe, les indices amenant les limiers de fausse piste en fausse piste qui les amèneront toutefois à comprendre les véritables enjeux et les raisons de ces actes horribles et incompréhensibles. Les découvertes qu’ils feront auront de quoi surprendre…

MYTHOLOGIE ASSASSINE
*-J’ai reçu les confessions des assassins de Salvador et Conti.
-Mon Dieu!
Legano, le souffle coupé, porta la main à sa bouche  et se
signa. Le Souverain Pontife s’éclaircit la gorge :
-Jamais, au grand jamais je n’aurais pensé porter un tel
fardeau. Vous comprenez que cette conversation ne
peut continuer.
-Je comprends.
-Je vous demanderais de ne pas sauter aux conclusions.
-Puis-je savoir si ces personnes ont reçu l’absolution?
-Non, vous ne le pouvez pas…*

(Extrait : LA DANSE DES ÉVÊQUES, tome 1, LE SANG DE LA CHIMÈRE)

C’est un thriller, je ne dirais pas haletant, mais quand même rythmé et très intéressant en raison des liens qu’on peut faire avec l’actualité car il est évident pour moi que l’auteur s’est inspiré en partie de faits réels. Je pense entre autres au scandale de la banque italienne Ambrosiano qui a fait une des plus spectaculaires faillites de l’histoire. Cette faillite a suscité un énorme scandale impliquant la mafia et la banque du Vatican. Plusieurs pensent que la mort du pape Jean-Paul premier aurait été liée au scandale Ambrosiano, mais ça reste à prouver. Les faits d’actualité ne sont pas développés comme tels dans la danse des évêques, mais le lien est facile à faire.

Ce petit mélange habile de fiction et de réalité m’a beaucoup plus. C’est venu me chercher rapidement d’autant que l’histoire commence de façon abrupte : un évêque est trouvé crucifié et ligoté au câble d’une installation de téléphérique. Un autre assassinat sordide va suivre puis les meurtres de ce genre s’arrêtent là et c’est l’enquête de Thierry Dulac d’Interpol et Karen Dawson une mythologue qui prendront le relais aux yeux du lecteur qui ira de rebondissement en rebondissement. Je vous laisse découvrir ce qu’une mythologue (qui étudie les mythes historiques et sociaux) vient faire dans l’histoire mais je peux vous dire que c’est extrêmement pertinent.

La petite excursion des policiers de fausse piste en fausse piste les amène de plus en plus haut dans les coulisses du pouvoir non seulement au gouvernement français, mais aussi dans celles du Vatican et même dans les coulisses de la mafia russe et d’une mystérieuse organisation terroriste internationale dans laquelle des gouvernements adhèrent. L’écriture nerveuse d’André K Baby entraîne le lecteur dans les coins obscurs du pouvoir. Et il sait de quoi il parle car il est avocat de formation, il a été procureur de la couronne et directeur juridique d’une multinationale suisse.

Vers la fin de la première moitié, le thriller tourne à la politique-fiction. À partir de ce moment où la fiction chevauche la réalité, on ne décroche plus. La lecture devient addictive et nous entraîne dans les domaines financiers, les sectes, le blanchiment d’argent, le terrorisme, la finance internationale et bien sûr le Vatican. En ce qui concerne l’image du Vatican, l’auteur ne fait pas dans la dentelle. Beaucoup de choses qui semblent incroyables et qui sont à faire peur sont inspirées de faits réels.

En plus d’être très satisfaisant sur le plan du rythme, de la fébrilité de l’écriture, du fil conducteur et du caractère puissant de l’intrigue, les différents éléments s’imbriquant dans le récit, qu’ils relèvent de la fiction ou de la réalité, pousse le lecteur et la lectrice au questionnement, et c’est loin d’être simple : *jusqu’où peut-on aller dans nos agissements au nom de la raison d’état ? Est-ce qu’on peut justifier des meurtres, des                détournements, du terrorisme et j’en passe, au nom de la raison d’État ? Et quelle serait la frontière entre cette justification et la moralité ? Est-ce que la logique de la raison d’état peut nous placer au-dessus des lois ? L’histoire regorge de meurtres, de disparitions et même de massacres au nom de la soi-disant raison d’état. En ce sens, LA DANSE DES ÉVÊQUES vient brasser nos émotions sur la justice, le principe le plus malmené dans le monde.

J’ai aimé ce livre. Il m’a procuré d’intenses moments de lecture. Le sujet est original et l’intrigue est bien ficelée. Le tout est bien équilibré. Ce livre appelle une suite : UN PAPE JUIF. J’ai hâte de voir. Entre temps, on peut en savoir plus sur l’auteur en visitant son site officiel : www.andrekbaby.com

André K. Baby est un auteur canadien né à Montréal le 7 octobre 1941. Après des études en dents de scie au collège Stanislas de Loyola, suivi d’une incursion dans le domaine de l’assurance-vie, il entreprend avec ardeur une carrière juridique. Il gravit rapidement les échelons. D’ailleurs, ses expériences dans le monde parfois intriguant du droit juridique international servent de toile de fond dans son tout premier roman : LA DANSE DES ÉVÊQUES, tome 1, LE SANG DE LA CHIMÈRE. Actuellement, au moment d’écrire ces lignes, l’auteur travaille sur la suite, le tome 2 : UN PAPE JUIF. Vous pouvez visiter son site internet au www.andrekbaby.com Vous pourrez y lire entre une entrevue pas mal intéressante.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 24 mars 2019

INDÉSIRABLES

Manipulation meurtrière

INDÉSIRABLES

Commentaire sur le livre de
CHRYSTINE BROUILLET

*Benoît avait levé sa main droite dans les airs,
Joss et Mathieu fondaient sur Pascal et son
cousin, leur arrachaient leurs masques en
poussant des cris de joie féroces. Maxime vit
la terreur déformer le visage de Pascal juste
avant que Mathieu lui enfonce une cagoule
noire sur la tête et la serre à sa gorge.
*
(Extrait : INDÉSIRABLES, Chrystine Brouillet, Les
Éditions de la Courte Échelle, 2003, num. 315pages)

Un homme sans scrupule tente de convaincre une jeune fille de tuer sa femme à sa place. Il avait souvent repensé au tueur qu’il avait engagé pour violer et assassiner Hélène, mais il ne se décidait pas à employer la même méthode pour être libéré de sa femme. Et il ne pourrait peut-être pas engager un tueur professionnel aussi aisément que la première fois et l’abattre après qu’il eut accompli son contrat sans être inquiété. C’était tenter le diable. L’adolescente accepte le contrat mais tente à son tour de manipuler un enfant pour qu’il accepte de commettre le meurtre. Une histoire troublante qui mettra  une fois à l’épreuve la détective Maud Graham, personnage récurent dans l’œuvre de Chrystine Brouillet

MANIPULATION MEURTRIÈRE
*Est-ce que tu pourrais nous préparer un
philtre royal? On le boirait ensemble…
Oublie ça. Reprit Betty. On n’en pas
besoin. Tu es le king et je suis ta queen.
On va se venger de tout le monde.

(Extrait : INDÉSIRABLES)

 Je n’ai jamais été déçu par Chrystine Brouillet, y compris du temps où elle écrivait pour la jeunesse. Encore une fois, cette québécoise nous livre ce que j’appelle un roman *tricoté serré* : INDÉSIRABLES développe en convergence deux éléments : Une enquête minutieuse sur la mort de Mario Breton qui coïncide avec des agissements bizarres du policier Armand Marsolais d’une part et d’autre part, l’histoire raconte le drame de Pascal, 12 ans, nouveau dans sa classe, petit, un peu chétif, très timide, introverti. Il devient vite la tête de turc de sa classe : intimidé, agressé, insulté, rejeté.

Maintenant, si je mets les deux éléments en convergences, ça nous donne le but de l’histoire que je résume rapidement ici. Marsolais, homme fourbe et sans scrupules veut profiter seul de l’énorme fortune de sa femme et décide de s’en débarrasser mais pas lui-même. Il tente de convaincre Betty, une ado livrée à elle-même, égocentrique, violente et manipulatrice, de tuer sa femme à sa place. Betty qui veut se venger du petit ami qui l’a laissé tomber manipule à son tour le pauvre Pascal dont l’estime de soi est au plus bas, pour qu’il passe à l’acte et prenne à lui seul la culpabilité du crime.

J’ai été comme rivé à ce roman, inquiet pour Pascal, soucieux de savoir s’il va se sortir d’un fossé aussi profond sans accessoire. On appelle ça *entrer dans un livre*, plonger dans le récit et devenir prisonnier de sa trame. Comme j’ai pu l’observer dans LE COLLECTIONNEUR, le roman INDÉSIRABLES est d’une extrême minutie, l’intrigue est extrêmement bien ficelée. J’ai bien aimé ma lecture même si l’édition électronique que j’ai utilisée était très mal ventilée. Les chapitres étant déjà assez longs, c’était un peu pénible, mais vue l’addiction développée pour cette histoire, je trouvais ça pardonnable.

Et puis j’ai retrouvé avec plaisir deux personnages sympathiques et attachants qui deviennent récurrents dans l’œuvre de Chrysthine Brouillet : Maxime (SOINS INTENSIFS) qui vit maintenant avec Maud pendant la semaine et Grégoire (LE COLLECTIONNEUR) qui est devenu aide-cuisinier dans un prestigieux restaurant. En passant, Maud se fait toujours appeler BISCUIT. Les deux garçons apportent à l’histoire une belle fraîcheur en plus d’être très utiles, à leur façon. Surtout que c’est Grégoire qui va enclencher sans le savoir le processus de conclusion de l’histoire.

En plus d’être d’une grande densité sur le plan littéraire, INDÉSIRABLES nous parle, nous aborde directement. Il y a un brassage d’émotions parce que le sort de Pascal a occupé mon esprit pendant toute ma lecture. Je me suis senti interpelé sur des problèmes rencontrés partout dans le monde et qui sont difficiles à résoudre parce qu’ils sont occultés, passés sous silence jusqu’à l’éclatement du drame, je parle de l’intimidation, du harcèlement, du taxage, de la violence verbale, psychologique et physique dans les écoles et de la manipulation. Tout ce qu’a vécu Pascal finalement, sans que personne n’intervienne. Pascal s’est isolé dans sa souffrance et sa solitude jusqu’à l’éclatement final car Betty est vraiment allée au bout de sa méchanceté.

Mais il n’y a rien de moralisateur ou d’accusateur entre les lignes d’INDÉSIRABLES bien au contraire. J’ai admiré le doigté et la sensibilité de l’auteure quant à la façon d’aborder ces problèmes sociaux criants. Je vous recommande donc INDÉSIRABLE et je dirai en terminant que le livre a une belle valeur pédagogique. On devrait en suggérer ou en imposer la lecture à l’école dès le premier secondaire. Une profonde compréhension du texte serait bénéfique à tout le monde.

Chrystine Brouillet est une auteure et chroniqueuse québécoise née le 15 février 1958 à Loretteville. Elle décroche le prix Robert Cliche dès le tout début de sa carrière avec CHÈRE VOISINE publié en 1982. De 1992 à 2002, elle publie près d’une douzaine de romans pour la jeunesse, surtout à la Courte Échelle. Cette période de sa carrière a été marquée par de nombreux prix prestigieux. Mais ce qui fait que Chrystine Brouillet est passée au rang des auteurs les plus lus au Québec, tient d’un personnage qu’elle a créé, une femme inspecteur de police, héroïne d’une série policière de 1987 à 2013 : MAUD GRAHAM. La carrière de Chrystine Brouillet est gratifiée d’une prestigieuse reconnaissance littéraire dont l’Ordre de la Pléiade et en 1995, le grand prix littéraire Archambault.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le vendredi 15 mars 2019

 

CHRONIQUE D’UN MEURTRE ANNONCÉ

Les règles de l'impunité

CHRONIQUE D’UN  MEURTRE ANNONCÉ

Commentaire sur le livre de
DAVID GRANN

*Un complot, a écrit Don DeLillo, est tout ce que la vie
quotidienne n’est pas. C’est un jeu pour initiés auquel
on joue froidement…Nous sommes des innocents, à
l’intelligence défectueuse qui nous efforçons de trouver
un sens approximatif au chaos quotidien.*
(Extrait : CHRONIQUE D’UN MEURTRE ANNONCÉ, David Grann,
t.f. Éditions Allia, Paris, 2013, édition numérique.)

Lorsqu’en 2008, le juge Castresansa s’empare de l’affaire du meurtre de Rodrigo Rosenberg, avocat guatémaltèque estimé, il ne sait pas qu’il va ouvrir une boîte de Pandore. Dans un pays où le complot est de règle et la corruption une éthique, la suspicion règne. Car cette enquête retrace aussi l’histoire d’un pays. Par une minutieuse reconstitution des faits, Grann montre que le crime s’accommode autant de vrais mensonges que de fausses vérités. Le moteur du récit : de multiples retournements de situation. D’autant que David Grann parle par la voix de la victime. Voix d’autant plus gênante que l’homme est mort. La vidéo devient alors l’outil de la confession, en l’occurrence publique puisqu’elle est diffusée sur YouTube et fera évidemment le tour du monde. Ce livre est aussi la chronique d’une véritable crise politique.

LES RÈGLES DE L’IMPUNITÉ
*Le gang s’était forgé son propre langage codé :
les «verts» désignaient l’argent, «soulever
quelqu’un», c’était le kidnapper; et «canarder
une voiture» voulait dire assassiner quelqu’un.
Plus elle écoutait, plus l’agente comprenait que
«faire tomber un gros morceau», c’était tuer
quelqu’un de haut placé.*
(Extrait : chronique d’un meurtre annoncé)

J’ai été attiré par le titre, je n’ai pas été déçu par le livre même si j’ai trouvé l’édition numérique moins qu’ordinaire : pas de ventilation, pas de paragraphe, un texte en paquet de la page 1 à la page 100. L’éditeur aurait pu rendre le texte beaucoup plus présentable car le livre en vaut la peine. Sa trame est complexe toutefois car l’auteur évoque l’affaire Rosenberg de 2009 qui avait secoué les milieux politiques guatémaltèques et par ricochet l’ensemble de la Société du Guatemala, un des pays les plus corrompus au monde. Rodrigo Rosenberg, avocat célèbre enquêtait sur la mort violente de Khalil Musa, ami et homme d’affaire connu et de Marjorie, sa fille qu’il fréquentait secrètement. Un mois plus tard, le 10 mai 2009, Rosenberg est assassiné près de son domicile.

Il faut être très attentif à ce récit car il y a deux questions que le lecteur devra se poser jusqu’à la fin : À qui profite le crime ? Et quelles étaient les motivations profondes de Rosenberg. La réponse à cette deuxième question m’a donné une véritable gifle. Je ne peux rien dévoiler, mais le raisonnement fataliste de Rosenberg a de quoi surprendre. Peu importe la façon dont Rosenberg est mort, on peut supposer qu’il en savait trop. Pour enquêter sur ce crime à saveur très politique, il fallait un incorruptible, denrée très rare au Guatemala. C’est un espagnol qui est désigné : Castresana, personnage froid, tranchant et agressif.

Castrasena ira au fond des choses et finira par comprendre comment est mort Rosenberg. Mais qu’est-ce que ça donnera dans un pays dont la corruption est devenue d’une navrante banalité ? : *Les contrefaçons de la réalité les plus efficaces sont celles qui représentent ce que seuls les comploteurs semblent capables de créer : une trame parfaitement cohérente. * (Extrait) La trame qui met en évidence l’arrière-boutique de la politique, est très complexe. L’auteur évoque même dans son récit la possibilité d’un complot à l’intérieur du complot.

Ce n’est pas simple mais l’auteur David Grann qui est journaliste apporte un magnifique éclairage sur les intrigues complexes des coulisses du pouvoir et des arrière-cours de la politique où se précise et s’entretient tout le drame du peuple guatémaltèque. Avec sa plume froide et directe et en un peu plus d’une centaine de pages, en résumant l’affaire Rosenberg, Grann plante tout le décor d’une politique tentaculaire et corrompue.

Ce petit livre est plus que le résultat d’une enquête. En effet, en résumant l’affaire Rosemberg, David Grann a créé un véritable suspense qui place le lecteur dans l’attente de ce qui va se passer créant ainsi une certaine addiction. Je ne sais pas si c’était dans ses intentions mais c’est raconté avec intelligence et fougue et ça met en perspective les cadres d’une cruelle réalité : *Le gouvernement guatémaltèque aurait dissimulé sa propre corruption. La prolifération des fausses réalités a souligné combien il était difficile de s’assurer de la vérité dans un pays où cette dernière a si peu d’arbitre* (Extrait) Cet extrait n’est pas sans me rappeler le film *Z* coécrit et réalisé par Costa Gavras en 1969 et qui raconte que dans un pays du bassin méditerranéen, un député progressiste fut assassiné. Pendant son enquête, le juge d’instruction met en évidence le rôle du gouvernement, de l’armée et de la police dans cet assassinat. Voyez le film si vous le pouvez, le petit juge sort énormément de saletés.

C’est un récit un peu trop bref à mon goût, mais je dois l’admettre, il est très bien construit et donne à penser que les historiques petites coutumes douteuses des coulisses politiques guatémaltèques mettent dans l’ombre les résultats de l’enquête. C’est un grand défi de résumer en si peu de pages une enquête aussi complexe que celle sur l’affaire Rosenberg. Grann a brillamment réussi. Retenez donc bien ce titre qui colle avec la réalité du récit et c’est en lisant que vous allez comprendre : CHRONIQUE D’UN MEURTRE ANNONCÉ, un pas intéressant dans la lutte contre l’impunité.

Note : ce récit de David Grann est issu d’un article publié dans le New-Yorker du 4 avril 2011. Il a été publié en français dans le magazine Feuilleton de janvier 2012. Enfin le journaliste a accepté l’offre des Éditions Allia de l’éditer en février 2013 dans un format à mi-chemin entre le documentaire et le polar.

David Grann est un écrivain et journaliste américain né à New-York en 1967. Ancien rédacteur en chef pour les journaux The New republic et The Hill, il a collaboré avec plusieurs prestigieux journaux dont le Washington post, le Wall street journal, le Times de New-York et le Boston Globe. Grann a aussi écrit LA CITÉ PERDUE DE Z et deux courts polars LE CAMÉLÉON et LE CRIME PARFAIT.

 Bonne lecture
Jailu/Claude Lambert
le dimanche 3 février 2019