LA MALÉDICTION DE LA MÉDUSE

INDESCRIPTIBLE BASSESSE

LA MALÉDICTION DE LA MÉDUSE

Commentaire sur le livre d’
Erik Emptaz 

*Je ne supporte plus mon cadre qui suinte
le moisi, toute cette flotte qui nous entoure
depuis trop de jours, tous ces gens qui se
pressent, se bousculent, se guettent,
s’ignorent, s’invectivent et ne pensent,
comme moi et les nombreux rats du bord,
qu’à sauver au plus tôt leur peau de ce
foutu bateau.*
(Extrait : LA MALÉDICTION DE LA MÉDUSE,
roman d’Erik Emtaz, Éditions Grasset et
Fasquelle, 2005, numérique, 205 pages )

Le 2 juillet 1816, à la tête d’une mission chargée de reprendre le Sénégal aux anglais, LA MÉDUSE, une frégate commandée par un vieil officier incompétent et alcoolique, échoue au large de la Mauritanie. Ne pouvant prendre place dans les embarcations du bord, cent cinquante hommes construisent un radeau de fortune et s’y entassent, après avoir été remorqués quelques milles par les chaloupes, ils sont abandonnés en pleine mer. Les naufragés périssent les uns après  les autres. Après quelques semaines, ils ne seront plus que 15. Affaiblis, affamés, plongés dans le désespoir, les malheureux, accrochés à la vie, se décideront à manger un des cadavres. Cette histoire est basée sur une réalité historique qui fût un des plus grands scandales politiques du 19e siècle.

FAIT HISTORIQUE :

La Méduse est une frégate française devenue célèbre par son naufrage survenu le 2 juillet 1816 au large des côtes de la Mauritanie. Ce naufrage, à l’origine de la mort de 160 personnes, dont 147 abandonnées sur un radeau de fortune, est évoqué par le célèbre tableau de Théodore Géricault : LE RADEAU DE LA MÉDUSE. (1819)

(source et image : WIKIPÉDIA)

INDESCRIPTIBLE BASSESSE
*Qu’avons-nous fait d’autre que nous lamenter
sur nous-mêmes, nous menacer, nous voler, nous
battre, nous entretuer et vouloir avant tout sauver
notre peau tout en sachant combien, dans notre
situation, il était vain de le faire? Notre espérance
de vie…est aussi limitée que l’espace exigu dans
lequel nous sommes confinés*
(Extrait : LA MALÉDICTION DE LA MÉDUSE)

 C’est un récit très dur qui raconte une réalité historique dont il n’y a pas de quoi être fier : Le naufrage de la frégate française LA MÉDUSE et l’abandon en mer de près de 150 hommes laissés à eux-mêmes sur un radeau précaire, mal conçu, mal bâti et beaucoup trop petit pour tenir en vie autant de monde.

La plume d’emptaz est puissante, mettant en perspective l’incompétence crasse des politiciens et officiers de marine de l’époque. Même si le livre prend davantage la forme d’un roman d’aventure plutôt qu’un récit historique, l’ouvrage est bien documenté et est basé sur une étude sérieuse du drame cruel qui s’abattu à l’époque sur le fleuron de la marine française et sur le radeau de fortune qui a emporté tant de vies.

Cette étude de la tragédie, l’enquête faite à l’époque assortie de reconstitutions et d’investigations approfondies rendent le récit crédible. Heureusement, l’auteur s’est abstenu des longueurs et des artifices dont on peut s’attendre habituellement dans ce genre de récit. Il lui a tout de même fallu rapporter des faits qui évoquent l’horreur, la cruauté, la violence, allant jusqu’à l’indescriptible bassesse humaine : l’anthropophagie.

J’ai ressenti une forte émotion entre autres parce que le récit évoque le peintre Théodore Géricault qui était un contemporain du narrateur de l’histoire Jean-Baptiste Savigny. Dans sa célèbre toile, Géricault a mis de côté violence, cannibalisme et actes de cruauté pour s’attarder à l’expression de la douleur, la souffrance intérieure, la peur et la privation sans compter la promiscuité. *Il est vrai que la critique officielle a déjà daubé sur l’obscurité de la toile après l’avoir découverte au théâtre Italien. Chacun s’attendait à des scènes de rixe et d’anthropophagie, or tout est dans les yeux des naufragés qui disent ce que nous avons enduré, ce que nous avons fait et notre espoir insensé. Mais pour s’en rendre compte, il faut prendre le temps d’observer. (Extrait : LA MALÉDICTION DE LA MÉDUSE.) C’est presqu’un miracle que cette toile n’ait pas été censurée à l’époque.

Le récit prend rapidement le lecteur dans sa toile car, avec une expression littéraire vigoureuse, il n’est pas sans nous faire réfléchir sur l’instabilité et la fragilité de la nature humaine lorsque celle-ci est confrontée à la terreur et qu’elle est confrontée aux bas-fonds du désespoir. Le récit m’a captivé jusqu’à développer l’impression par moment que j’étais moi-même sur le radeau.

Je vous invite donc à une véritable exploration de l’âme humaine avec LA MALÉDICTION DE LA MÉDUSE, un récit fascinant, celui d’une tragédie issue de la lâcheté et l’incompétence qui livre aux affres du désespoir 147 êtres humains sur le radeau de la honte…

La méduse est un navire militaire français de type frégate construit au début des années 1800. Il a été lancé le premier juillet 1810, s’est échoué et a fait naufrage le 2 juillet 1816. Cette frégate avait 47 mètres de long, 12 mètres de large avec une coque renforcée par des plaques de cuivre. Le navire de 1433 tonneaux était équipé d’une quarantaine de canons. L’orgueil de la marine française…victime de l’incompétence et de la crasse politique et monarchique…

Érik Emptaz est un journaliste français intimement lié au célèbre hebdomadaire satirique français LE CANARD ENCHAÎNÉ, journal d’investigations qui a mis au jour de nombreux scandales et où il est entré en 1978 comme responsable du trimestriel LES DOSSIERS DU CANARD avant de devenir éditorialiste et rédacteur en chef en 1990. Parallèlement, il écrit quelques livres à saveur politique ou dramatique en commençant par LA MALÉDICTION DE LA MÉDUSE en 2005, 1981, roman sur l’arrivée au pouvoir de François Mitterand comme président de la France, publié en 2007 enfin,   LES CORBEAUX D’ALANG.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 26 novembre 2017 

 

 

LE CHEMIN PARCOURU

LE RUDE CHEMINEMENT D'UN ENFANT-SOLDAT

LE CHEMIN PARCOURU

Commentaire sur le livre d’
Ishmael Beah

*Des enfants vagissaient, des hommes poussaient
des cris qui perçaient la forêt et couvraient les
hurlements aigus des femmes. Finalement, les
coups de feu ont cessé et le monde s’est tu,
comme s’il écoutait lui aussi.*
(Extrait : LE CHEMIN PARCOURU, Ishmael Beah, t.f.
Presses de la Cité, 2008, 320 pages.)

Dans ce récit, Ishmael Beah témoigne de sa vie en Sierra Leone et plus particulièrement d’une période  fort pénible. Un jour de 1993, Ishmael s’éloigne de son village avec des amis, il sera capturé par des rebelles et enrôlé de force pour combattre les forces gouvernementales. Drogué, influencé, manipulé, les rebelles vont transformer graduellement Ishmael en machine à tuer, froide et insensible, et ce,  alors qu’il n’avait que 12 ans. Cinq ans plus tard, son destin l’arrache à cet enfer de l’enfant-soldat. Il gagne miraculeusement les États-Unis en 1998 grâce à l’intervention d’une narratrice américaine devenue sa protectrice. Par la suite, un autre défi très dur s’annonce pour Ishmael : se pardonner, se reconstruire… ce témoignage évoque une triste réalité qui entache l’histoire de l’humanité et qui sévit encore à ce jour : LES ENFANTS SOLDATS.

Le rude cheminement d’un enfant-soldat
*J’ai braqué mon arme sur un groupe de rebelles, mais
Alhaji m’a tapé sur l’épaule. Il m’a chuchoté qu’il voulait
pratiquer sa technique à la Rambo avant que nous nous
mettions à tirer…il a commencé à s’étaler de la boue sur
le visage…fixé son fusil sur le dos…il a rampé lentement
sous le soleil de midi baignant de  sa lumière ce village
que nous avions l’intention de plonger très bientôt dans
L’obscurité.*
(Extrait : LE CHEMIN PARCOURU)

LE CHEMIN PARCOURU est un récit autobiographique très intense dans lequel Ishmael Beah fait le bilan de son enfance et de sa préadolescence en Sierra Leone, un pays alors ravagé par la guerre civile et tout ce qui en découle de despotisme, de cruauté, de massacre et de sadisme. Beah développe trois parties distinctes de cette vie infernale : l’époque où il a été recruté comme enfant soldat puis manipulé, drogué et transformé en machine à tuer, l’époque où il a été retiré sans explication de l’armée pour être rééduqué sous le contrôle de l’Unicef et l’épisode où il doit fuir son pays sous peine de redevenir une machine à tuer ou de mourir.

C’est un récit à la fois dur et fascinant qui met en perspective la bêtise humaine découlant d’un goût démesuré pour le contrôle et le pouvoir. Ce livre nous éclaire sur l’une des pires taches dans l’histoire de l’humanité : *dresser* des enfants à tuer, à semer la terreur et à inspirer l’horreur, à vider ces enfants de toute pitié ou compassion.

J’ai bien senti que Beah n’a pas voulu trop en mettre, évitant le sensationnalisme gratuit. Mais il n’a pas eu peur des mots non plus. Bref la plume fait preuve d’un bel équilibre et Beah a fait preuve de beaucoup de courage en racontant son parcours dans une spirale aussi démesurée d’horreur et de destruction. Je craignais de m’enliser dans la lecture d’un récit misérabiliste. Ce ne fût pas le cas.

Toutefois le livre n’a pas répondu à toutes mes attentes. Par exemple, j’aurais aimé comprendre les raisons pour lesquelles Beah a été retiré de l’armée. Pourquoi a-t-il été choisi? Selon quels critères. C’est important parce que cet évènement a changé toute sa vie. J’aurais aussi aimé en savoir davantage sur le voyage introspectif d’Ishmael Beah. Ce que je sais des mécanismes de sa rééducation se résume à peu de choses : une infinie patience de ses rééducateurs (son infirmière en particulier) et la répétition d’expressions du genre *C’EST PAS DE TA FAUTE*. Mais comment a-t-il fait pour se pardonner lui-même?  Et puis le récit se termine un peu abruptement sur sa nuit dans une ambassade. J’aurais aimé connaître au moins ses premiers jours d’homme libre aux États-Unis et sa lente transformation en homme pacifiste.

Malgré tout, ce récit est un témoignage à vif, poignant, riche de symboles et magnifiquement porteur d’espoir. Je ne regrette pas la lecture de ce livre. Il m’a ému et fait réfléchir. Je le recommande à tous…les jeunes en particulier car il nous fait réfléchir sur la véritable valeur de la vie, l’incroyable force de l’âme et l’importance d’envelopper d’amour et de protéger tout ce qu’il y a de plus beau et de plus positif qui couve dans le cœur des enfants…

Ishmael Beah est un pacifiste né en 1980 en Sierra Leone. Après avoir été recruté pratiquement de force par l’armée gouvernementale, à 13 ans, il devient enfant-soldat et le restera dans une incessante chasse aux rebelles pendant 5 ans. En 1998, il rejoint les États-Unis grâce à une famille qui l’adopte. Il entreprend de hautes études, donne des conférences et s’exprime plus d’une fois aux Nations-Unis et devant de nombreuses ONG. Ses plaidoyers souvent vibrants visent à mobiliser l’opinion publique sur le sort des enfants victimes des conflits armés. Son livre, largement publié et même étudié dans des écoles lui permet d’intervenir dans le monde entier à la défense des enfants victimes de la guerre.

BONNE LECTURE
JAILU
AVRIL 2016

 


UN LONG JUSTIFICATIF

MATRICULE 728 servir et se faire salir mon histoire

MATRICULE 728
servir et se faire salir
mon histoire

Commentaire sur le livre de
BERNARD TÉTRAULT
et STÉFANIE TRUDEAU

*Tout a changé le soir du 20 mai 2012 quand, intervenant
dans une des émeutes de la grève étudiante, je me suis
retrouvée à la une de tous les journaux, à la radio, à la
télévision et sur les réseaux sociaux, décriée comme «une
folle qui a pété sa coche»…*
(Extrait : MATRICULE 728, servir et se faire salir, Bernard
Tétrault et Stéphanie Trudeau, Éditions Ada, 2015, 304 pages)

Lors des manifestations étudiantes du printemps 2012, à Montréal,  Stéfanie Trudeau, connue comme matricule 728 du SPVM, est filmée aspergeant de gaz poivre des manifestants. Le 2 octobre 2012, elle tente d’arrêter un homme qui buvait une bière sur la voie publique près d’une résidence d’artistes. L’évènement est filmé par une passante avec son téléphone portable. Trudeau  applique une prise d’étouffement sur l’homme qu’elle voulait arrêter ; quand finalement elle lâche prise, elle fait un rapport verbal de l’incident, rapport enregistré sur un téléphone portable saisi et dont la fonction enregistrement avait été accidentellement déclenchée ; son langage est parsemé de jurons et d’insultes à l’endroit des occupants de la résidence. Avec Internet, les vidéos font le tour du monde.

Suite à ces évènements et à certains antécédents relatifs aux agissements de Stéfanie Trudeau, personne ne prendra sa défense, ni les autorités policières du SPVM, encore moins la presse. En 2015, donc trois ans plus tard, bien que la poussière ne soit pas encore retombée sur ces évènements sur les plans judiciaires et médiatiques, Stéfanie Trudeau, vivant l’ensemble de cette situation comme une descente aux enfers, décide de publier un livre pour s’expliquer en entraînant le lecteur sur le terrain des évènements.

Photo d’une manifestation étudiante captée à Montréal lors du *printemps érable*, la grève étudiante la plus longue et la plus imposante de l’histoire du Canada, déclenchée en réponse à l’augmentation projetée des droits de scolarité universitaire dans le budget du Québec 2012-2013 du gouvernement libéral de Jean Charest.

Un long justificatif
*J’avais agi, dans l’imaginaire des gens, sous le
coup de la frustration, de la colère et de
l’impatience, alors que j’avais fait exactement
ce qu’on attendait de moi et ce pourquoi
j’étais payée.*
(Extrait : MATRICULE 728)

Voici un livre qui tente de s’ajuster à une actualité brûlante. En effet, au moment d’écrire mon commentaire sur le livre, Stéfanie Trudeau est devant la justice dans cette affaire qui traîne en longueur. Il est très difficile d’écrire un commentaire sur ce livre sans l’imprégner d’une pensée éditoriale. J’essaie de me limiter au commentaire sur le livre, mais je ne peux éviter de parler du volume sans parler de la personne car le livre, Matricule 728, Stéfanie Trudeau et les évènements pour lesquels elle a été sévèrement blâmée sont intimement liés.

Le livre comporte une petite partie biographique au début. Le reste est une longue justification des attitudes et comportements de Stéfanie Trudeau pendant la crise basée sur une discrimination relative à des aspects bien précis de sa personnalité : *Comme mon image était déjà perçue comme très négative à cause de mon allure, mon caractère, ma stature, mon orientation sexuelle, mes sentiments exprimés sous le coup de l’émotion, ma masculinité et mon look androgyne, ils n’avaient pas eu beaucoup de difficulté à me faire un procès d’intention et à fausser la perception de la population à mon endroit en refusant systématiquement de rectifier les faits en laissant croire que j’étais fautive durant cette intervention.* (Extrait)

C’est là toute la faiblesse du livre : Stéfanie Trudeau n’admet à peu près aucun tort. C’est la faute à tout le monde mais pas la sienne. Le récit prend même, par moment, l’allure d’un réquisitoire contre les autorités policières, les politiciens, la Presse et les réseaux sociaux. Elle n’a pas tout faux. Comme elle le dit elle-même, tous les services de police et tous les systèmes politiques ont leurs côtés occultes et ça j’y crois. Mais malheureusement, j’ai vu moi aussi les vidéos et nonobstant le contexte et l’urgence du moment, je n’ai pas aimé ce que j’ai vu. Je pense qu’il faut être naïf pour croire que la Presse et les réseaux sociaux n’utiliseront pas ces images pour les monter en épingle.

Je crois qu’ici les torts devraient se partager. Les propos publiés par Stéfanie Trudeau dans son livre m’amènent à la certitude que la Presse et les médias sociaux s’attardent rarement à un travail bien fait de part et d’autre. Y a-t-il eu bavure policière? Est-ce que, par des écarts de gestes et de propos, Stéfanie Trudeau a simplement été victime de sa trempe et de son caractère?  À vous de juger. Moi je crois que de part et d’autre le travail a été bâclé.

Quant au livre comme tel, je ne sais pas si c’est parce que Stéfanie Trudeau se disculpe avec l’énergie du désespoir et qu’elle semble fortement miser sur les sentiments du lecteur en parlant par exemple de sa famille, mais je l’ai trouvé ennuyeux avec ses nombreuses répétitions et son  caractère à sens unique. Je l’ai lu plus par curiosité que par la conviction que j’allais tomber sur un chef d’œuvre de haute qualité littéraire. Ne développant qu’un seul côté de la médaille, la crédibilité qu’on peut accorder à un tel volume est finalement une question de foi.

Je ne crois pas que ce livre passera à l’histoire.

Stéfanie Trudeau est née à Brossard en 1972. Cadette de la famille Trudeau, son père était policier. Dans sa biographie, elle avoue avoir connu une jeunesse difficile parce qu’elle était différente des filles de son âge se disant entre autres plutôt masculine. Après son passage à l’école secondaire, elle fait ses études collégiales au Cégep Maisonneuve, puis entre à l’école nationale de police du Québec à Nicolet. Elle est assermentée comme policière à l’été 1994 et accepte une fonction au poste 33 du SPVM. Au printemps 2012, la crise étudiante baptisée PRINTEMPS ÉRABLE bat son plein. Pendant une émeute, elle pose des gestes considérés par ses pairs, les autorités, la presse et le public comme une bavure policière. Avec des images et des propos peu flatteurs qui font le *cybertour* du monde, La vie de Stéfanie Trudeau bascule et elle décide de s’expliquer en publiant en 2015 MATRICULE 728 SERVIR ET SE FAIRE SALIR MON HISTOIRE.

 

Bernard Tétrault est un journaliste spécialisé dans les affaires criminelles et judiciaires depuis 1964. Il a été le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Allô Police. Il est aussi le coauteur de Claude Poirier – 10-4, de Claude Poirier – Sur la corde raide et a signé, avec Michael Lechasseur, Confidences d’un agent double – En mission à 14 ans.

 

 

BONNE LECTURE
JAILU
DÉCEMBRE 2015