BOUILLON DE POULET POUR L’ÂME DES QUÉBÉCOIS

BOUILLON DE POULET
pour l’âme des Québécois

Commentaire sur le livre de
Jack Canfield, Mark Victor Hansen et Sylvain Dion

*J’entends une voix calme et douce qui me chante à l’oreille :
«Bonjour Lise, tu dois bien savoir pourquoi je t’appelle
aujourd’hui?» Et il ajoute cette phrase tant attendue : «LISE,

ON A UN DONNEUR POUR TOI.»*
(Extrait : BOUILLON DE POULET POUR L’ÂME DES QUÉBÉCOIS,
Jack Canfield, Mark V. Hansen, Sylvain Dion, Béliveau Éditeur, 2014,
édition de papier, 430 pages)

BOUILLON DE POULET POUR L’ÂME DES QUÉBÉCOIS est un recueil de 106 courts témoignages et histoires vraies réunis par Jack Canfield et Mark Victor Hansen qui ont créé la série BOUILLON DE POULET POUR L’ÂME, ainsi que Sylvain Dion. Ces textes atteignent un objectif de développement personnel en plus de présenter une vaste mosaïque de la vie des québécois et québécoise. Ces histoires sont vraies, inspirées du quotidien, tantôt heureuses, tantôt dramatiques, tantôt comiques mais toujours touchantes et inspirantes. Elles ont toutes été écrites par des québécois. Sylvain Dion réalise ainsi son rêve de publier le premier livre de la série BOUILLON DE POULET dans une langue originale autre que l’anglais, donc un livre qui n’est pas une traduction et qui réunit des histoires qui ont comme thème commun l’impact de nos relations avec les autres.

Un bouillon d’émotions
*Parfois, il nous arrive des évènements
qui nous semblent insurmontables mais
Qui, selon moi, nous arrivent pour nous
permettre d’ajuster notre vie de façon
plus positive.*
(Extrait : MA PETITE HISTOIRE de Maurice
Robitaille, du recueil BOUILLON DE POULET
POUR L’ÂME DES QUÉBÉCOIS.)

POUR L’ÂME… 

Quand j’étais petit, nos grand-mères considéraient le bouillon de poulet comme une panacée à un tas de bobos : grippe, rhume, nervosité, anxiété, tension musculaire, indigestion, migraines, convalescence et j’en passe. Le bouillon de poulet réchauffait les frileux, apaisait les tensions, réconfortait l’âme et l’esprit. D’une façon plus scientifique, on disait que le bouillon de poulet était bénéfique pour les problèmes articulaires et osseux, pour la peau, les problèmes intestinaux passagers. La plupart des vertus thérapeutiques du bouillon de poulet ont été confirmées avec le temps. Le bouillon de poulet est donc devenu avec le temps un symbole de réconfort tant sur le plan physique que sur le plan psychologique.

Se basant sur cette réalité et sur la formule BOUILLON DE POULET POUR L’ÂME de Canfield et Hansen, Sylvain Dion a eu l’idée de réunir des petits textes touchant l’âme et réchauffant le cœur. Des expériences de vies, des textes québécois pure laine.

DES QUÉBÉCOIS 

Les petits textes réunis dans ce livre viennent de toutes les régions du Québec. Elles ont plusieurs points en commun : elles sont vraies, elles sont résolument positives, elles sont inspirantes, réchauffent l’âme et c’est sans doute vrai pour tout le monde, mais en ce qui me concerne, ces témoignages brassent les émotions. L’ensemble des textes reflète la vie au Québec et tout ce que l’être humain est capable d’offrir en matière d’empathie, d’altruisme et de partage. Plusieurs de ces histoires peuvent amener les lecteurs à penser différemment sur la valeur de la vie et sur la façon de surmonter les obstacles.

Il est difficile de critiquer un tel livre. Cent six histoires courtes écrites par autant de personnes. C’est un recueil de témoignages, des faits authentiques qui se sont déroulés au quatre coins du Québec…un partage d’expériences, de souvenirs. Des thèmes universels comme l’amour, la famille, le courage et la réalisation de ses rêves nous amène à nous questionner et à réfléchir sur ce qui compte vraiment dans la vie : *Je sais aujourd’hui qu’il est important de suivre son instinct et de ne pas avoir peur du changement. La vie nous amène toujours vers quelque chose de plus grand…il faut faire confiance au lieu de résister au changement. Si un échec survient, c’est pour nous amener à prendre conscience de ce qui nous entoure, afin de mieux nous épanouir par la suite.* (Extrait, BOUILLON DE POULET POUR L’ÂME DES QUÉBÉCOIS, texte : MA PETITE HISTOIRE, par Maurice Robitaille)

Voilà. Ce que je peux dire, c’est que c’est un livre positif *mur à mur*. Beaucoup d’éléments amènent au développement personnel et ça vient nous rappeler que tout n’est pas noir dans la vie, qu’il y a du bon en nous, autour de nous et chez les autres. Il faut prendre ce livre pour ce qu’il est vraiment un recueil de témoignages qui nous outille pour mieux faire face à la vie et à notre propre développement.

Pour terminer, je vous ferais part d’un avis très personnel. Pour moi BOUILLON DE POULET POUR L’ÂME ne devrait pas être lu d’un seul coup. C’est un livre étourdissant qui réunit plus d’une centaine de témoignages arrivant à peu près aux mêmes conclusions, mais de différentes façons. J’ai eu une petite impression de redondance, et je dois gérer une tempête d’émotions. Moi je suggère évidemment de lire le livre au complet car il est évident que chaque texte est une expérience et mérite d’être lu. Mais il faut le lire à petite dose, par épisode. Il pourrait faire une petite diversion dans vos lectures.

Imaginez qu’on vous sert un bouillon de poulet brûlant. Vous le humez, soufflez un peu dessus, le gouttez du bout de la langue, soufflez à nouveau, le posez sur une table et vous y revenez par la suite. Vous buvez lentement et vous savourez. Je pense que c’est de la même façon que vous devez lire BOUILLON DE POULET POUR L’ÂME DES QUÉBÉCOIS afin d’en tirer un maximum de satisfaction.


        Jack Canfield             Mark Victor Hansen             Sylvain Dion

QUELQUES AUTRES BOUILLONS

BONNE LECTURE
JAILU
6 novembre 2016

LA CAGOULE

La cagoule

Commentaire sur le livre de
François Gravel

*Les gardiens ont sans doute l’air de
bandits, mais les psys ont vraiment
l’air de psys. Sont-ils dangereux eux
aussi? À qui puis-je me fier?*
(Extrait : LA CAGOULE, François Gravel,
Québec Amérique jeunesse, 2009, papier,
240 pages)

LA CAGOULE raconte l’histoire de Maxime, un adolescent de 16 ans qui vient de terminer un séjour en centre d’accueil après avoir été reconnu coupable de trafic de drogue. Juste avant sa libération, la juge offre un choix à Maxime : Retourner chez sa mère, ce que Maxime veut éviter à tout prix, ou participer à un programme expérimental de réhabilitation. Pour Maxime, le choix est clair, n’importe quoi pourvu qu’il ne retourne pas chez sa mère. Son choix l’amène dans un centre mystérieux, perdu au fond des bois. Il s’apercevra bien vite que ce centre use de méthodes étranges et peu rassurantes. Caché sous une cagoule, et perturbé par le message de sa psy qui lui recommande d’aller  au bout de sa violence, Maxime sera confronté à un nouveau choix : s’extirper de la délinquance ou y plonger encore davantage. Qu’est-ce qui se cache vraiment dans ce camp?

Le cercle vicieux de la délinquance

*Dix mille questions se bousculent dans ma
tête, mais il y en a une qui revient sans
cesse et qui finit par éclipser toutes les
autres : Qu’est-ce que je fais ici? J’ai
l’impression d’être manipulé depuis le
début, mais je ne sais pas par qui, ni
pourquoi.*
(Extrait : LA CAGOULE)

C’est un livre intéressant qui donne la parole à Maxime, un adolescent de 16 ans qui raconte un épisode plutôt éprouvant de sa vie dans un mystérieux centre de réadaptation perdu dans les bois à quelques minutes de la frontière américaine. Tout y est étrange. Les jeunes ont tous reçu une consigne stricte de silence et se voient imposer des activités qui ne riment à rien comme par exemple, transporter des sacs à dos fermés hermétiquement sur de longs parcours… très bizarre. Pire, on leur offre quotidiennement de la marijuana à fumer tranquillement autour du feu de camp.

Maxime, qui ne consomme pas malgré le fait qu’il avait été condamné pour trafic de drogue est poussé par un mystérieux personnage appelé le Mohawk à faire comme les autres et de laisser aller les choses. Alors, portant sa cagoule qui n’est rien d’autre qu’un manteau surmonté d’un capuchon, il observe, de plus en plus intrigué et irrité par une impression très forte d’être manipulé.

C’est une histoire touchante mettant en scène des personnages attachants. Elle a comme thème la délinquance juvénile et la drogue mais elle explore aussi des thèmes plus profonds comme l’estime de soi, la volonté et la fragilité de l’adolescence face à une société manipulatrice. On trouve tout ce que les jeunes apprécient dans un livre : du suspense, de l’intrigue, du mystère, de l’imagination, une finale spectaculaire et j’ajoute que l’auteur a développé son histoire de façon à ce qu’elle ne soit pas moralisatrice même s’il est difficile d’éviter les allusions sur les grands dangers de déviation que présente le monde de la drogue. Mais l’histoire est davantage un message d’espoir qu’un jugement sur la jeunesse.

L’écriture est soignée, sensible et équilibré. L’histoire est développée avec intelligence et amène le jeune lecteur tout doucement à une réflexion sur sa qualité de vie actuelle et future. C’est un beau défi que François Gravel a relevé je crois.

Les épisodes d’introspection de Maxime constituent selon moi les plus beaux passages de l’histoire et donnent à l’ensemble une évidente touche de réalisme. En effet Maxime sera confronté à un choix qui décidera finalement de sa vie future et le récit met en perspective cette capacité qu’ont les jeunes, règle générale, à raisonner, analyser, distinguer le bien du mal et le choix auxquels ils sont souvent confrontés : écouter le cœur ou la raison…

Un récit bien construit aux rebondissements surprenants…parfait pour les 12 ans et plus.

François Gravel est un écrivain québécois né en 1951. Il écrit d’abord pour les adultes à partir de 1985. Un jour, son jeune fils lui demande pourquoi son père n’écrit rien pour les enfants. Depuis, François Gravel écrit pour les petits et les grands. Son œuvre littéraire est gratifiée par de nombreuses récompenses dont le prix TD de littérature canadienne pour l’enfance et la jeunesse en 2006. Ses romans décrivent avec justesse la réalité sociale de la jeunesse en particulier avec bien sûr une touche de fiction, de rêve et d’humour. Il a créé entre autres pour les jeunes la série KLONK et la série DAVID, toutes deux rehaussées des magnifiques illustrations de Pierre Pratt. L’œuvre de François Gravel compte, au moment d’écrire ces lignes, près de 60 volumes.

BONNE LECTURE
JAILU
MARS 2016

 

Un projet altruiste

…Tandis qu’il descend les marches, le garçon
Ne peut retenir un sourire gamin :
Mentir n’a jamais été aussi excitant…
(extrait de LES BRAVOURES DE THOMAS HARDY
1. LE BAL DES ANCIENS de Philippe Alexandre)

Commentaire sur le livre
LES BRAVOURES DE THOMAS HARDY
Du Québécois Philippe Alexandre

Pour bien marquer son entrée au secondaire et devenir très populaire, Thomas Hardy décide de se démarquer en établissant un record du monde qui serait immortalisé dans le livre des records Guinness. Au cours de ses préparatifs, une chaîne d’évènements fait réaliser à Thomas qu’établir un record ne lui apporterait finalement pas grand-chose. Alors… pourquoi pas un projet qui sèmerait de la joie de vivre et du soleil autour de lui en particulier pour sa grand-mère chez qui le médecin vient de diagnostiquer la maladie d’Alzeimer. La première chose à faire pour Thomas : prendre son courage à deux mains…

 

Quand je lis un livre pour pré-ado, je dois d’abord relever le défi de retrouver l’esprit qui m’animait quand j’avais 11-12-13 ans. La nature fait le reste…car après tout, les jeunes d’aujourd’hui ne diffèrent pas tellement de ceux de l’époque des baby-boomers. Les jeunes de tous temps sont caractérisés par la curiosité, la soif de connaissance, le goût de l’indépendance, la nécessité de se démarquer et le besoin d’être aimés. Ainsi retombé en enfance, le temps d’une lecture, je peux décider si, d’après mes critères, les jeunes lecteurs et jeunes lectrices ont été bien servis par le livre. Je crois que c’est le cas ici. J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre Thomas dans son aventure.

Je note d’abord que Philippe Alexandre a donné à son héros principal une personnalité attachante et une belle force de caractère avec juste ce qu’il faut de sensibilité. Donc, Thomas rayonne et a cette capacité de transmettre au jeune lecteur et à la jeune lectrice de l’énergie et le goût d’en savoir plus, ne serait-ce que de s’assurer que le jeune héros est allé au bout de ses rêves.

Les thèmes développés dans ce livre sont aussi très intéressants et sont de nature à influencer positivement les jeunes : la valeur de l’amitié, les relations intergénérationnelles et interethniques, les relations garçons-filles et la naissance de sentiments. Bien sûr on y retrouve des thèmes à caractère un peu plus romanesques mais qui attirent souvent les jeunes comme un aimant : par exemple, le courage, la générosité et un brin de témérité.

C’est un livre fluide et rafraîchissant qui devrait plaire aux jeunes et leur donner le goût de lire davantage…qui sait?

BONNE LECTURE

JAILU
JUIN 2013

(En Complément…)