Percy Jackson 3

Le sort du titan

PERCY JACKSON 3
LE SORT DU TITAN

Commentaire sur le livre audio de
Rick Riordan

*L’heure était grave. Nous perdions des pensionnaires.
Or nous avions besoin de tous les nouveaux combattants
que nous pouvions trouver. Le problème c’était que les
demi-dieux ne sont pas si nombreux que ça.*
(Extrait : LE SORT DU TITAN, troisième tome de la série
PERCY JACKSON de Rick Riordan. Publication originale :
2007,  Livre audio : Audiolib éditeur, publié en 2018. Durée
d’écoute : 8 heures 53 minutes. Narrateur : Benjamin Bollen.)

Percy et ses amis Annabeth, Grover et Thalia se retrouvent face à un horrible manticore, Une terrifiante créature légendaire au visage d’homme mais avec un corps de lion et une queue de scorpion. Ils n’ont la vie sauve que grâce à l’intervention de la déesse Artémis et de ses Chasseresses. Mais lorsque Annabeth puis Artémis disparaissent, une nouvelle quête semée d’embûches s’annonce : Percy devra plus que jamais se méfier des manipulations et des pièges de Cronos, le Seigneur des Titans.
Les monstres sont toujours décidés à tuer les demi-dieux : Percy aura besoin de tous ses pouvoirs pour leur échapper.

LA MYTHO AU GOÛT DU JOUR
*«Qu’est-ce qui t’es arrivé? Tu as oublié
toutes ces discussions que nous avons
eues ? Toutes ces fois où nous avons
maudit les Dieux ? Nos Pères n’ont rien
fait pour nous. Ils n’ont aucun droit de
régner sur le monde.»*
(Extrait)
Depuis LE VOLEUR DE FOUDRE, notre héros Percy Jackson a beaucoup mûri.

Dans un article paru en octobre 2015 sur ce site, je présentais Percy Jackson de la façon suivante : …Un héros attachant et sympathique. Percy Jackson est un jeune garçon de 12 ans au départ de la saga. C’est un jeune un peu turbulent, énergique, curieux, imaginatif. Il est de son temps. Un jeune comme tous les jeunes…avec toutefois un gros plus…il est le fils d’un dieu et ça fait de lui un demi-dieu. Trois ans plus tard, revoici Percy Jackson dans le troisième volet d’une pentalogie qui lui est consacrée : LE SORT DU TITAN. (voir LE VOLEUR DE FOUDRE) Dans ce troisième volet, Les monstres sont toujours décidés à tuer les demi-dieux. Artémis part seule de son côté, chasser un des monstres les plus dangereux (qui se révélera être l’Ophiautoros, et qui sera finalement sauvé et protégé par Percy pour des raisons stratégiques d’abord et qui deviendront finalement sentimentales). Chasseresses et demi-dieux vont alors à la Colonie des Sang-Mêlés. Artémis est enlevée à son tour. Une quête unissant demi-dieux et Chasseresses est alors lancée pour retrouver la déesse et sauver Annabeth. Le monde entier en dépend. Il semble que l’Olympe soit menacé.

Percy Jackson a maintenant 14 ans. Il a conservé toutes ses belles qualités auxquelles s’est ajouté un magnifique gain en maturité. Il demeure ombrageux mais il est devenu plus réfléchi, un peu moins spontané et sa fidélité en amitié est inébranlable. L’écriture de Rick Riordan est vraiment très efficace. Il entraîne ici le lecteur au cœur d’un crescendo qui nous rapproche graduellement et implacablement d’une guerre entre les Titans et les Dieux. Je ne vous cache pas que j’ai toujours eu un faible pour la mythologie grecque. Riordan a dépoussiéré cette mythologie, l’a servi à la moderne et y a ajouté un brin d’humour. Ça aurait plu à Homère je crois. Aussi, il ne faut pas s’étonner de voir Dionysos, dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la folie et la démesure, jouer avec son téléphone cellulaire pendant une conférence des Dieux. Je craignais que cet aspect de modernité me déçoive et c’est exactement le contraire qui s’est produit. J’ai été emballé, emporté, accroché.

Malgré quelques passages tirés par les cheveux, je considère que Rick Riordan a exploité avec intelligence l’héroïsme juvénile. Il a beaucoup travaillé sur l’équilibre, la constance. Si on ajoute à cela les nombreux rebondissements, un rythme rapide et un fil conducteur solide, ce livre pour la jeunesse a sûrement gagné un élargissement d’audience. J’ai beaucoup aimé aussi la façon dont Riordan a exploité le panthéon de l’Olympe et les personnages de la mythologie. L’auteur a réactualisé plusieurs Dieux et personnages sur lesquels je savais peu de choses comme par exemple, le Titan Atlas, ennemi de Zeus, condamné à porter la sphère céleste sur ses épaules, Héphaïstos, le dieu de la forge, le sanglier d’érymanthe, une bête énorme, féroce et meurtrière.

Le capturer fut l’un des douze travaux d’Hercule. J’en passe bien sûr mais ça m’a fait dévorer le livre.

J’ai trouvé particulièrement brillant le conseil des dieux à la fin du volume. L’auteur semble vouloir personnaliser les dieux et ne se gêne pas pour leur donner un petit côté caricatural, définit Percy Jackson comme potentiellement dangereux pour l’Olympe et prépare le terrain pour le quatrième volet. J’ai trouvé les dialogues du conseil des dieux particulièrement savoureux avec une belle pointe d’humour. Ce troisième volet est un succès et la plume de l’auteur est plus qu’attractive.

J’ai utilisé la version audio du livre et j’ai pu profiter de la narration dynamique et entraînante de Benjamin Bollen qui a su adapter un registre vocal pour chaque personnage important. Le satyre Grover est particulièrement réussi ainsi que la chasseresse Zoé. La voix d’adolescent de Bollen a une signature qui favorise l’attention. Bref, peu importe la plateforme, je crois que vous apprécierez ce troisième opus. Vivement la suite…

Richard Russel Rick Riordan Jr est un auteur américain né en 1964 au Texas. Dès le début de sa carrière, il connaît une réussite fulgurante avec la TRES NAVARRE une série mystère pour adultes (7 volumes publiés de 1997 à 2007) qui a remporté plusieurs prix prestigieux, dont, le prix Edgar Allan Po. Dès 2005,  il entreprend la série PERCY JACKSON, 5 volumes, et par la suite, LES HÉROS DE L’OLYMPE (la suite de la saga PERCY JACKSON), 5 volumes de 2011 à 2015. Riordan a aussi publié plusieurs romans, recueils, essais et séries dont LES CHRONIQUES DE KANE et la fameuse SÉRIE LES 39 CLÉS, début de publication : 2011

Le narrateur, Jeremy Bollen a une feuille de route très impressionnante. Il a fait ses débuts au théâtre dans Roméo et Juliette. Très actif dans le domaine du doublage de films et de dessins animés (Les mystérieuses Cités d’or, Sabrina, Les Nouvelles Aventures de Peter Pan…), il est notamment la voix française de Tintin dans le film de Steven Spielberg. Bollen a étudié pendant 8 ans au Conservatoire de musique de danse et d’art dramatique. Avec sa voix d’adolescent et son registre vocal extrêmement polyvalent, il performe avec succès. On ne pouvait trouver mieux pour rendre l’esprit du texte de Rick Riordan dans la série Percy Jackson..

À LIRE AUSSI
BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 11 août 2019

BORGIA

Un pouvoir sulfureux

BORGIA

Commentaire sur le livre de
MICHEL ZÉVACO

*-Assassinée !… Empoisonnée !… En est-ce assez ?
Seigneurs dépouillés, princes, barons et comtes
dépossédés, faut-il encore de nouveaux crimes? …
Et c’est toujours la même main qui frappe,
infatigable, jamais rassasiée de meurtres… c’est
toujours le même homme… le même tyran qui
conçoit l’assassinat : le pape !… Et c’est toujours
le même homme… le même tigre qui se rue sur la
victime désignée à ses coups… son fils… César
Borgia !…

À partir de personnages et de faits réels, l’auteur a imaginé une formidable épopée : celle d’un chevalier français, pauvre mais plein d’audace, le jeune Ragastens qui, après s’être mis au service de César Borgia, deviendra son rival et son ennemi le plus acharné. Pour la belle Béatrix, surnommée Primevère, qui hait ouvertement le tout-puissant seigneur romain mais adore en secret le vaillant petit français dont rêve aussi Lucrèce Borgia, l’Italie sera mise à feu et à sang. Le courage et l’astuce de Ragastens provoqueront le dépit et la chute des Borgia. La justice, le droit et la légitimité triompheront. Ainsi que l’amour de Béatrix et Ragastens, sous le regard complice d’un peintre qui se fera un prénom, Raphaël, et d’un écrivain que le pouvoir inspire, Machiavel…

UN POUVOIR SULFUREUX
«Pas un mot ! dit le vieillard d’une voix si changée
que Ragastens la reconnut à peine. J’ai tout vu,
j’ai tout entendu. Bénissez le ciel que je conserve
mon sang-froid et que, pour éviter un scandale,
une tache à mon nom, je ne vous tue pas ici
comme un chien ! Demain…chez moi…je vous
attends…*
(Extrait : BORGIA)

BORGIA est un récit historique qui amalgame la fiction et la réalité. C’est l’histoire de Ragastens, un chevalier français sans le sou mais d’une trempe exceptionnelle, brave, audacieux et même téméraire. Pour vivre, Ragastens se fait enrôler comme Chevalier par nul autre que le fils du Pape : César Borgia en personne. Pour faire court, Ragastens tombe en amour avec la belle Primevère, de son vrai nom Béatrix. Un jour, Béatrix accepte de servir de modèle au peintre Raphaël. En prenant connaissance du tableau ainsi produit, Le pape Alexandre VI, Rodrigue Borgia exige de rencontrer le modèle peint si magnifiquement par Raphaël. De son côté, César Borgia aperçoit Béatrix et la veut lui aussi. La sœur de César et fille du pape, Lucrèce Borgia voit tout ça d’un mauvais œil. Une chaîne d’évènements amène Ragastens à devenir l’ennemi juré des Borgia. Il développe l’obsession de sauver Primevère des griffes des Borgia. Aidé au départ par ses amis Machiavel et Raphaël, Ragastens établira de nombreuses et précieuses alliances pour mener à bien son plan.

J’ai dévoré ce long pavé de 1000 pages. Beaucoup de choses sont en accord avec l’histoire. Rodrigue Borgia est présenté dans ce livre comme un meurtrier fourbe, hypocrite et ambitieux. L’histoire reconnait en effet la vie dissolue d’Alexandre VI et la toute-puissance de la famille Borgia pour le malheur de toute l’Italie. J’ai particulièrement apprécié l’insertion dans l’aventure de deux personnages historiques fort attachants à leur façon : Le peintre Raphaël Sanzio et le théoricien Niccolo Machiavelli. Leur présence est relativement discrète, mais elle compte beaucoup et a attisé mon intérêt pour le récit, Raphaël et Machiavel étant des amis du Chevalier Ragastens et par la force des choses, des complices.

Deux personnages importants dans le récit

À gauche, Raphaël Sanzio (1483-1520) appelé aussi Raphaël Santi est un peintre et architecte célèbre de la renaissance. Au Vatican, Raphaël, contemporain de Michel-Ange était chargé de la décoration des salles du palais du pape Jules II, dites chambres de Raphaël que Jules projetait d’habiter pour ne pas subir la néfaste influence de la puissante famille Borgia. Nicolas Machiavel (1469-1527) (francisation du nom italien Niccolo di Bernardo Dei Machiavelli) est un penseur humaniste de la renaissance, théoricien versé en politique et en histoire. Il a donné naissance à plusieurs termes en français dont le plus célèbre : *machiavélisme* issu d’une interprétation soit déformée soit surfaite de son œuvre. Dans le récit BORGIA de Michel Zévaco, Raphaël et Machiavel sont deux amis et complices du héros de l’histoire, le chevalier Ragastens.

BORGIA est le récit d’une guerre. Un conflit cruel et sanglant entre les Borgia et les Alma, isolés à Monteforte, le dernier rempart qui s’oppose aux Borgia. C’est une guerre d’ambitions et de pouvoir et que souhaitent ceux qui ont le pouvoir sinon plus de pouvoir. Ce qui m’a le plus frappé dans l’œuvre de Zévaco est sa structure.  Sa plume intense a rendu d’une clarté limpide une puissante chaîne d’évènements et de personnages, ce qui rend la lecture fluide avec un fil conducteur auquel le lecteur s’accroche facilement et dès le départ encore. Inspiré d’une époque où la chrétienté était carrément décadente, l’auteur a su insérer dans cette réalité un Chevalier fictif avant tout humain avec ses forces et ses faiblesses mais d’une grande adresse et d’une incroyable audace. Évidemment, Zévaco prend des libertés avec la vérité historique. Il a introduit par exemple LA MAGA, une sorcière qui aurait été amante du pape et mère de deux monstres : Lucrèce et César. Et puis, il y a la mort du pape Alexandre VI. Dans le récit de Zévaco, il est mort empoisonné. Dans la réalité ce n’est pas certain mais ça reste une hypothèse. On n’est pas sûr des circonstances exactes de sa mort.

Enfin, avec BORGIA de Michel Zévaco, vous êtes certain d’avoir entre les mains un excellent divertissement, une lecture prenante et pleine d’émotions et surtout de rebondissements. Vous vous attacherez je crois au jeune Ragastens et devrais-je le dire? Pourquoi pas puisque ça m’est arrivé…vous vous plairez sans doute à détester les Borgia car un fait est avéré :
La famille Borgia pâtit d’une sinistre réputation en partie forgée par ses ennemis politiques qui les accusent pêle-mêle d’empoisonnement, de fratricides, d’incestes…cette légende contribue à faire des Borgia le symbole de la décadence de l’Église à la fin du moyen âge. (Wikipédia)

Je recommande donc Borgia de Michel Zevaco. Je crois que vous ne vous ennuierez pas…bien au contraire.

Michel Zévaco (1860-1918) est avant tout un auteur de romans populaires, dont le plus connu reste la série de cape et d’épée Les Pardaillan. Dès son arrivée à Paris en 1888, Zévaco tente sans succès de s’engager en politique. Journaliste d’obédience anarchiste, il se fait régulièrement emprisonner à la prison Sainte-Pélagie pour ses articles libertaires. En 1900, après avoir tenté de soutenir Dreyfus, il quitte le journalisme politique et retourne au roman-feuilleton. La série Borgia, publié dans le Journal La Petite République de Jean Jaurès, connaît un véritable succès. Zévaco écrit de nombreux autres feuilletons pour ce même journal, avant de passer au Matin. Plus de dix volumes des aventures de Pardaillan Père et Fils ont été publiés, de son vivant et après sa mort, en avril 1918 à Eaubonne.

Borgia au cinéma

Les Borgia ont largement inspiré le septième art avec une quantité impressionnante de films et de téléséries. Il serait trop long de tout énumérer ici. Je vous suggère de visiter le site cinetraffic.fr pour en savoir plus.

Voici à mon avis, l’affiche la plus représentative du mythe Borgia, celle de la série crée par Canal + en coproduction, réalisée par Tom Fontana en 2011.

 Bonne lecture
jailu/Claude Lambert
Le samedi 10 août 2019

 

L’EMPIRE DU SCORPION

introduction à la politique-fiction

L’EMPIRE DU SCORPION

Commentaire sur le livre de
SYLVAIN MEUNIER

*Une fois qu’elles furent bien installées, Dorothy lui
demanda d’être assez aimable de la laisser parler
sans l’interrompre et de ne pas lui poser de questions.
Le récit qu’elle s’apprêtait à faire était en elle depuis
longtemps. <Je suis consciente que la chose sera
impossible, Emma, mais l’idéal serait que vous oubliiez
ce que je m’apprête à vous raconter.>*
(Extrait : L’EMPIRE DU SCORPION, Sylvain Meunier, Guy
Saint-Jean Éditeur, 2014, édition de papier, 485 pages)

Percival Imbert accompagne sa femme au Centre commercial de son quartier. Sur place il la laisse aller et s’installe sur un banc. Après un certain temps il commence à s’inquiéter. Qu’est-ce qu’elle fait? Paniqué, il se rend au bureau d’information pour lancer un appel. Pas de réponse. Marie Doucet a disparu. Enlèvement? Meurtre? Aucune possibilité n’est écartée, y compris la participation d’un être obscur, régnant dans les hautes sphères de la politique canadienne, un être ignoble, à l’abri de sa fortune colossale qui magouille à satiété, fait chanter en toute impunité et signe des crimes sordides. L’enquête  amènera l’inspectrice Jacinthe Lemay  plus loin qu’elle pensait.

INTRODUCTION À LA POLITIQUE-FICTION
*«Pauvre vieille ordure…Si puissant, si brillant et
tellement aveugle…Vous n’avez rien compris,
Père, rien vu. J’aurais pu passer outre l’horreur
du viol. C’était la première fois que vous vous
intéressiez à moi, après tout…ce qui a rendu
toute forme de pardon impossible, c’est qu’après,
je n’ai pas pu vous garder pour moi, pour moi
toute seule.
(Extrait : L’EMPIRE DU SCORPION)

On aurait pu intituler ce livre LA MYSTÉRIEUSE FEMME DU MYSTÉRIEUX PERCIVAL IMBERT. Je m’explique. Lors d’un magasinage de Noël dans un centre commercial, Percival Imbert perd de vue sa femme Marie Doucet. Il ne la reverra plus. L’enquête est confiée à Jacinthe Lemay qui se lancera dans une investigation extrêmement complexe. Jacinthe apprendra beaucoup de choses très troublantes.

Jacinthe en viendra à se demander si Marie Doucet existe réellement. En fait, elle ne trouve aucune trace de son existence. Elle doit fouiller encore plus loin, cette fois au risque de sa vie car elle commence à en savoir un peu trop, entre autres que le nom de Marie Doucet est associé à d’obscures manœuvres politiques à l’époque où le Parti québécois annonce la tenue d’un référendum. Il semble que Marie Doucet travaille pour un obscur organisme gouvernemental qui ne reconnait pas son existence. Jacinthe apprendra aussi que les principaux personnages dont elle-même auraient d’étranges liens de parenté. Il semble aussi que Percival Imbert doit combattre un monstre qui est en lui.

Les questions vont se bousculer dans l’esprit du lecteur : qui est Percival Imbert, ce personnage introverti qui parle toujours de lui à la troisième personne du singulier ? Le monstre qui l’habite serait-il en fait le syndrome de la double personnalité?  A-t-il inventé Marie Doucet? (Même dans sa propre maison, tout ce qui aurait un rapport avec Marie Doucet a été complètement occulté) Sinon que lui est-il arrivé? Meurtre, enlèvement ? Je ne veux pas aller trop loin, mais je peux vous dire que Jacinthe Lemay fera des découvertes pour le moins surprenantes. Ce qui était au départ une simple disparition devient une saga d’espionnage, une obscure et surprenante histoire de famille, une guerre de pouvoir, le tout dans un contexte politique explosif, celui du Québec des années 80.

J’ai beaucoup aimé ce livre, en particulier à cause de cette capacité de l’auteur de maintenir une aura de mystère autour des trois principaux personnages et ce jusqu’à la fin de l’histoire. De pages en pages, le lecteur se questionne, s’interroge, s’accroche. Ce que j’ai trouvé banal au départ est devenu captivant puis addictif.

C’est un récit très spécial par la qualité de son développement, le magnétisme de ses personnages et la plume de Sylvain Meunier que j’ai trouvé très forte en intrigue, en précision et en subtilité. Je mentionne aussi que le récit est très fluide et sa finale est surprenante. Et l’ensemble n’est pas dénué d’humour : *« … à l’impossible, nul n’est tenu, et au possible non plus, si le nul en question travaille au gouvernement ! »*
(Extrait)

Si je peux me permettre de rapporter une petite faiblesse, dans le récit, il n’y a pas vraiment de temps morts, mais il y a beaucoup de personnages secondaires dont plusieurs font des apparitions plutôt aléatoires. Ça devient mêlant un peu, j’ai dû revenir en arrière dans ma lecture pour replacer certains personnages dans leur contexte. Mais ça n’a rien de rebutant. Il suffit de se concentrer, dans un endroit calme et de se fier au fil conducteur de l’histoire qui ne souffre d’aucune déviation.

Un bon livre…d’autant que ça se passe au Québec et que je me suis reconnu dans son environnement géographique et politique. En terminant, je vous laisse sur un autre petit mystère : Le titre. Pourquoi L’EMPIRE DU SCORPION comme titre : le mot empire pourrait évoquer le pouvoir, le mot scorpion pourrait évoquer le venin. Venin et pouvoir vont bien ensemble je pense. C’est à vous cher ami lecteur de résoudre le mystère. Un petit indice peut-être ? Le mot scorpion est intimement lié au mystérieux Percival Imbert.

On ne s’en sort pas…il faut se rendre au bout…et c’est un plaisir.

Sylvain Meunier est né en 1949, à Lachine (Québec). Il obtient un baccalauréat en Études françaises avec une spécialité en éducation à l’Université de Montréal. Retraité de l’enseignement depuis 2006, il a été professeur dans plusieurs écoles de Montréal, en français et en anglais, puis en adaptation scolaire. Il a surtout écrit pour les jeunes, à LA COURTE ÉCHELLE des contes pour les tout-petits, la série GERMAIN pour les  jeunes lecteurs. En 2001, Sylvain  Meunier publie pour les adolescents L’ARCHE DU MILLÉNAIRE. Il récidivera en 2007 avec PIERCINGS SANGLANTS. Trois fois finaliste au Prix du Gouverneur Général du Canada, Sylvain Meunier remportera le prix Création en littérature du premier Gala de la Culture de la ville de Longueuil pour la série RAMICOT BOURCICO.

BONNE LECTURE
JAILU
Le dimanche 20 janvier 2019