LE ROUGE IDÉAL

LES FLEURS DU MAL ET LA PHILOSOPHIE DE LA MORT

LE ROUGE IDÉAL

Commentaire sur le livre de
Jacques Côté

*Vendredi, on a trouvé, dans un boisé à l’université
un caniche dépecé et cette main planté sur un
piquet d’une clôture du Collège Jésus-Marie. La veille,
quelqu’un avait tracé sur un mur à l’université, un
message haineux avec du sang : *au bout de ton sang,
femelle*…Méchant malade!…Il y a de a psychose dans
l’air.*
(Extrait : LE ROUGE IDÉAL, roman québécois de Jacques Côté,
Éditions ALIRE, 2002, édition de papier. 440 pages)

Octobre 1979, une chaîne d’évènements sanglants sème la terreur à Québec : une chienne horriblement mutilée, une main plantée sur un piquet de clôture, des messages inquiétants qui annoncent menaces et violence. Pour Daniel Duval, lieutenant à la Sûreté du Québec, son coéquipier Louis Harel, cloué à un fauteuil roulant, et les experts du laboratoire de sciences judiciaires, les pires craintes semblent vouloir se confirmer alors que s’ajoute le meurtre particulièrement sordide d’une jeune femme dans le cimetière de Sillery : un tueur fou est en liberté à Québec et il semble bien qu’il se soit engagé dans une terrible spirale de violence. L’enquête s’annonce complexe et force l’exploration du moindre indice, même le plus insignifiant, ce qui amènera les enquêteurs à faire connaissance avec un aspect particulièrement répugnant de la criminalité : la nécrophilie.

LES FLEURS DU MAL ET LA
PHILOSOPHIE DE LA MORT
*Le portrait qu’il ébaucha en quatre points mettait
en évidence l’intelligence du meurtrier :
-milieu bourgeois, jeune vingtaine, l’esprit cynique.
-Il méprise tout sauf lui-même et quelques idoles.
Tout comme Baudelaire, il déteste probablement
son père.
-Parents divorcés, très près de sa mère. Il ne
déteste pas les femmes à ce point sans être
atteint d’une démence quelconque.
-Beau et charmeur au point de créer un rapport
de confiance avec ses victimes…*
(Extrait : LE ROUGE IDÉAL)

J’avais très envie de lire du québécois cette fois, avec des noms québécois, du langage québécois, même des jurons québécois, avec un environnement dans lequel je me reconnaîtrais. À ce titre, il y a vraiment de belles possibilités qui s’offrent aux bibliophiles québécois. Mon choix s’est arrêté sur LE ROUGE IDÉAL, un excellent polar de Jacques Côté.

Un mystérieux cercle d’étude appelé Thanatos, dirigé par un professeur apparemment émérite et qui cultive la philosophie de la mort est à l’origine de cette intrigue riche et parfaitement maîtrisée. Ce thème n’est pas sans rappeler LA SOCIÉTÉ DES POÈTES DISPARUS, le fameux film de Peter Weir avec le regretté Robin Williams. Ce film raconte l’histoire d’un professeur qui réussit à emballer ses élèves pour la poésie au point que ceux-ci forment un cercle à caractère sectaire et qu’ils deviennent dangereux pour eux-mêmes et pour les autres.

Dans le rouge idéal, les étudiants du Cercle Thanatos veulent maîtriser la réalité de la mort et ce faisant, réveille des pulsions de mort chez un étudiant psychologiquement instable. Les dérives du cercle conduisent à la nécrophilie. Le meurtrier s’inspire de grands auteurs, plus spécialement Beaudelaire, ce personnage troublé en général et mysogine en particulier, et pourtant un incontournable de la littérature. Comme dans les FLEURS DU MAL, l’adorateur de la femme devient son profanateur…vous imaginez qu’il faut s’attendre au pire.

Ce sujet, original, la nécrophilie étant peu courant dans la littérature romanesque, est développé de main de maître par Jacques Côté et sans les artifices superflus souvent attribués à ce genre d’ouvrage.

Avec sa plume d’une remarquable efficacité, Jacques Côté associe la philosophie et les sciences policières dans une enquête complexe qu’il fait progresser avec intelligence, finesse et de bons éléments de surprise. Les personnages sont attachants, en particulier le gros Louis, policier obèse en fauteuil roulant et dont les réparties arrachent obligatoirement des sourires. Je note aussi que les nombreux passages sur l’assistance des médecins légistes donnent à l’ensemble beaucoup de crédibilité comme c’est le cas pour certains auteurs, Kathy Reichs en particulier.

Je crois que c’est un livre que vous allez apprécier. Il est porteur entre autres, d’une très intéressante réflexion sur la forte influence que peuvent avoir les enseignants sur les jeunes esprits. D’ailleurs, je ne suis pas surpris que ce livre figure dans les liste des sujets imposés au collégial car les sujets développés concernent de près les jeunes en fin d’adolescence et les jeunes adultes qui peuvent aisément s’identifier au personnage principal en particulier : le lieutenant Duval.

LE ROUGE IDÉAL est une œuvre littéraire de qualité que je vous recommande…un excellent polar.

Jacques Coté est un écrivain québécois né en 1961. Il enseigne la littérature au Cégep de Sainte-Foy. Déjà, dans la jeune vingtaine, il écrit son premier roman alors qu’il séjournait à Londres : LES MONTAGNES RUSSES, adapté au petit écran et réédité en 1999. Suivront : NÉBULOSITÉ CROISSANTE EN FIN DE JOURNÉE, le tout premier roman policier de Jacques Côté, publié en 2000, sa suite logique : LE ROUGE IDÉAL, publié en 2002 et récipiendaire l’année suivante du prix ARTHUR ELLIS. Je cite aussi WILFRID DEROME, EXPERT EN HOMICIDES, publié en 2003, grand prix LA PRESSE DE LA BIOGRAPHIE qui nous fait connaître le pionnier des sciences judiciaires et de la médecine légale en Amérique. Côté a aussi écrit LA RIVE NOIRE EN 2005, prix Saint-Pacôme et débute LES CAHIERS NOIRS DE L’ALIÉNISTE en 2011 avec LE QUARTIER DES AGITÉS.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 3 décembre 2017

LE TUEUR DU DIMANCHE

DES DIMANCHES MORTELS

LE TUEUR DU DIMANCHE

Commentaire sur le livre de
JOSÉ GIOVANNI

*Une seule question : pourquoi est-ce que vous
descendez une femme par dimanche? Merde,
qu’est-ce qu’on lui racontait là? À cette seconde,
il sentit le canon d’une arme qui lui entrait dans
la bouche jusqu’au gosier en lui donnant envie
de vomir.*
(Extrait : LE TUEUR DU DIMANCHE, José Giovanni,
Éditions Gallimard, 1985, numérique, 126 pages.)

À Genève, un tueur en série assassine des femmes à coups de couteau à raison d’une par dimanche matin. Un point en commun chez les victimes : elles sont riches. L’enquête a été confiée au commissaire Kramer mais le policier éprouve beaucoup de difficulté à établir un profil précis du tueur qui n’a apparemment pas de mobile. Pourquoi seulement des femmes, et pourquoi seulement le dimanche? Alors que l’enquête piétine et traîne en longueur et qu’un vent de panique gagne la ville de Genève, le commissaire Kramer va recevoir l’aide inattendue de Rufus, un ouvrier de fonderie qui se trouverait mêlé tout à fait par hasard à ces crimes. 

Des dimanches mortels
*Des petits chocs heurtèrent la poitrine de
léopold. Ça ne faisait pas mal. Comme si
on l’avait touché du doigt. Mais il étouffa,
ouvrit sa bouche, très grande, sentit la
rambarde contre son dos et ne vit même
pas que la neige rougissait.*
(Extrait : LE TUEUR DU DIMANCHE)

LE TUEUR DU DIMANCHE est un roman policier tout à fait typique de la SÉRIE NOIRE de Gallimard qui propose une forme particulière de littérature policière évoquant le côté obscur de la Société. C’est une de mes rares incursions dans la SÉRIE NOIRE et je dois dire que le TUEUR DU DIMANCHE m’a gardé en haleine du début à la fin.

D’abord, c’est un roman assez bref, 125 pages. Pas de longueurs, pas d’errance. Giovanni ne tourne pas autour du pot et plonge dans le vif du sujet dès le départ : un meurtre à la page 1. Puis tout s’enchaîne rapidement. Le policier Kramer et ses acolytes, d’abord tournés en bourriques vont d’indices en indices puis tout finit par se préciser. Et pour ajouter à la tension du lecteur, tout porte à croire qu’on a coincé puis abattu le meurtrier…surprise imprévisible pour le lecteur coincé lui aussi dans une intrigue puissamment ficelée, ce n’était pas le bon…

C’est un roman très violent dans lequel les meurtres s’accumulent. Mais ce qui m’a surtout sauté aux yeux, c’est la violence du langage et ça va bien au-delà du langage populaire. L’écriture est très argotique, glauque, froide, directe et d’une crudité pour le moins implacable : *On t’aura, espèce de fumier!…on te plombera!…cent kilos de plomb dans tes tripes de pourceau! (Extrait)  Le traducteur s’est donné libre cours comme on voit. *Le sang noyait les cartilages brisés et le truand vomissait déjà le reste de ses dents. Sur le trottoir noyé de bave on ne le voyait pas. Mais dans la bouche de leur propriétaire, ça faisait un sacré vide. (Extrait) Il serait intéressant de voir ce que ça donnerait en jargon québécois. Quoiqu’il en soit, prendre autant de liberté dans une traduction peut-être parfois agaçant.

L’auteur est plus nuancé quand il décrit la mort des victimes du TUEUR DU DIMANCHE, de quoi entretenir les émotions déjà fortes du lecteur : *Mme Risler se sentit touchée à la poitrine…elle heurta la terre battue…le regard gris-bleu qui avait chauffé les tempes de plus d’un homme se révulsa. Sa vie n’était plus qu’un énorme tampon d’ouate qui l’étouffait et, elle eût, pour finir, la sensation qu’on lui maintenait la tête dans une piscine remplie de lait. Et ce fut tout.*(extrait)

Quand on lit ce genre de polar noir pour la première fois, ça donne un coup, tellement l’écriture est descriptive, et la trame violente. Même si l’écriture est teintée d’argots, je la trouve supérieure à beaucoup de polars que j’ai lus dcomme la série San Antonio dont j’ai déjà parlé sur ce site.

Bref, ce livre m’a remué. Il est assez court. Il se lit vite et bien. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants mais l’auteur a fait preuve de beaucoup d’imagination et en ce qui me concerne en tout cas, il a su m’agripper dès le départ. Rythme rapide et sans retenue caractérisent ce polar très noir.

C’est cette lecture qui m’avait donné l’idée d’en savoir plus sur la SÉRIE NOIRE de GALLIMARD. Cette impressionnante collection fait l’objet d’un commentaire sur ce site. Cliquez ici .

José Giovanni est un auteur, réalisateur et scénariste français né à Paris  en 1923. Condamné à mort en 1948 pour complicité dans une affaire de meurtre, Joseph Giovanni échappera finalement de peu à la guillotine, sa peine étant commuée par l’état en 20 ans de travaux forcés. Il est libéré en 1956. Mais c’est dans le Couloir de la Mort qu’il s’oriente vers l’écriture. Son premier récit relatant sa tentative d’évasion de la prison de la santé, LE TROU est publié chez Gallimard en 1957. Une vingtaine de romans suivront dont plusieurs chefs d’œuvres du roman noir, une quinzaine de scénarios et 20 films dont LE CLAN DES SICILIENS.  En fait, c’est l’écriture qui a rescapé José Giovanni. Il a œuvré avec passion jusqu’à sa mort en 2004.

 

LE TUEUR DU DIMANCHE a été adapté pour la télévision, réalisé par l’auteur lui-même, José Giovanni en 1985. On retrouve dans la distribution George Wod dans le rôle du commissaire Kramer et Rufus (photo) dans le rôle de Léopold.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 13 août 2017

LA SANCTION

BEAUCOUP DE MORTS EN CHEMIN

LA SANCTION

Commentaire sur le livre de
Roger Delisle

*-Qu’avez-vous donc en tête?» Roby se tourna vers le
policier, un sourire énigmatique aux lèvres. «Le faire
chier dans son froc. Nous appellerons ça l’opération
peur bleue. N’est-ce pas exotique? Comme chez les
agents secrets. –Barnak!» L’indien riait maintenant
de plus belle en tapotant amicalement l’épaule de
Bouchard.*
(Extrait : LA SANCTION, Roger Delisle, version papier, Éditions
Thélès , 2008, et pour la version numérique : Les Éditions L@
Liseuse, 2015. 265 pages)

 Deux amis, Roby et Chung passent quelques jours en Floride en compagnie d’un troisième camarade : Jos Pierre. Après une soirée bien arrosée, les trois amis vont se coucher. Roby O’Sawin, un amérindien et Jos Pierre, un informaticien canadien d’origine haïtienne partagent  la même chambre. À son réveil, Roby constate avec horreur que son ami est mort poignardé. L’enquête sur cette mort mystérieuse a été confiée à un policier à la retraite, Paul Bouchard pour qui commence une chasse intensive. Il semble que le temps presse car d’autres meurtres incompréhensibles sont commis pendant l’enquête du policier. Bouchard découvre entre autres que Chung était  beaucoup plus qu’un informaticien. Il avait un talent particulier…qui lui a coûté la vie…

Beaucoup de morts en chemin
*«Le temps est venu, Peau Rouge de retrouver ton grand
Manitou!» Marmonna-t-il tout en esquissant un petit
sourire. Il mit deux secondes à cadrer la nuque de
l’indien, à calmer le souffle de sa respiration et, au
moment où Ray franchissait les limites de la réserve, il
pressa la détente. Puis, il abaissa son arme, examina
le travail et satisfait susurra : «Kiss you Good bye Redskin»*
(Extrait : LA SANCTION)

Dès le début de l’histoire, l’auteur donne le ton, démarre sur un rythme fort qui malheureusement, connaîtra des ratées dans le premier tiers du livre avant de remonter dans un crescendo plus constant. Au lendemain d’une substantielle beuverie, Roby O’Sawin trouve son copain Jos mort, poignardé en plein cœur avec un couteau indien. Étrange si on tient compte du fait que Roby et Jo partageait la même chambre. Dans ce cinquième roman de Roger Delisle, tout laisse supposer au départ qu’il s’agit d’un simple meurtre. Pour tout le monde, la culpabilité de Roby est évidente sauf pour Paul Bouchard, un policier québécois à la retraite qui enquête sur le meurtre…une enquête non officielle, mais qui va le mener très loin.

Lorsqu’il apprendra que Jo était beaucoup plus qu’un simple informaticien mais un hacker de génie et c’est ce génie qui lui a coûté la vie, l’enquête de Bouchard prendra des dimensions internationales tout à fait imprévues et pour le moins surprenantes.

Si je vous disais que Jos travaillait avec Roby pour une multinationale extrêmement puissante sous contrat avec l’armée américaine. Dans un tel contexte, il y a des choses très alléchantes pour un hacker. Bouchard doit enquêter au Québec, dans des réserves indiennes comme Odanak et aux États-Unis et fera vibrer des cordes extrêmement sensibles comme les petits trafics illégaux dans les réserves indiennes et davantage s’il doit réveiller ce dragon qu’est l’armée américaine.

Quand j’ai entrepris la lecture du livre, j’étais un peu méfiant car il m’avait semblé avoir vu cet environnement dans d’autres romans et effectivement LA SANCTION est une variation d’un thème connu et un peu élimé. Ça rend la trame en partie prévisible. Je dis bien en partie car des surprises attendent le lecteur. Mais justement, comme lecteur, j’ai dû composer avec quelques irritants : d’abord comme je l’ai mentionné au début, l’histoire commence par un meurtre puis le rythme tombe complètement. Autrement dit, l’histoire prend du temps à décoller et sur le plan descriptif, il y a aussi beaucoup de longueurs. Certains passages m’ont aussi semblé surréalistes. L’ensemble souffre de séquences décousues qui nuisent au rythme.

Le livre a cependant des forces intéressantes. Je pense que le côté attachant de certains personnages contribuent à garder le lecteur dans le coup. Paul Bouchard, le policier donne l’impression du bon père de famille, patient sympathique mais aussi fonceur et acharné. Et Roby O’Sawin, aussi costaud que sensible m’a plu dès le départ. Aussi, l’auteur développe avec une belle habileté la situation dans les réserves indiennes et la tension qui y règne spécialement quand des blancs curieux s’y pointent. C’est pire quand il s’agit de policiers. Les relations interculturelles sont évoquées avec recherche, sensibilité et justesse. Mais le personnage qui nous rend le plus captif est Paul Bouchard, un homme attachant et authentique qui fera tout pour faire éclater une vérité à laquelle personne ne s’attend. Cet aspect du livre est tellement fort qu’on a envie d’être à ses côtés pour le soutenir l’encourager et l’aider.

En fin de compte LA SANCTION est un bon polar avec beaucoup de rebondissements malgré quelques longueurs, un côté surréaliste et un magnifique *happy ending* …suffisamment palpitant pour accrocher un passionné de littérature québécoise en particulier et en général, le lectorat qui a un faible pour les suspenses.

Roger Delisle est un écrivain québécois né le 18 octobre 1942 à St-Joseph-de-Sorel. Depuis sa plus tendre enfance, il a toujours aimé lire. Le goût de la lecture l’a vite conduit à vouloir écrire ses propres récits. Comme tout le monde, il a griffonné des poèmes, puis des nouvelles. L’écriture est vite devenue une passion qu’il a voulu convertir en profession. Même pendant ses études et sa carrière d’administrateur, il n’a jamais remisé ses objectifs et ses passions littéraires. Réalisant que la littérature québécoise ne nourrit pas son auteur, Roger Delisle n’avait pas le choix de rester au travail. En 1994, après une carrière fructueuse et souvent essoufflante dans le monde des affaires, il a décidé de ralentir ses activités professionnelles et de consacrer plus de temps à la littérature. Il poursuit son rêve de faire connaître et apprécier, au niveau international, ses romans: LE MERCENAIRE DE LG2 (Leméac 1987),  JAKE, L’ENVOL DU ROBOT (VLB éditeur 1992), LE DERNIER MANDAT (JCL 1998), LE PDG (2000, JCL), LA SAGA OUBLIÉE (Thélès, 2009) CONTRECOUPS (Éditions Assyelle 2014, La Liseuse 2015 num.) et bien sûr, LA SANCTION.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
25  février 2017