HISTOIRES À GRANDIR DEBOUT

Dormir ou grandir ?

HISTOIRES À GRANDIR DEBOUT

Commentaire sur le livre de
SYLVIE PTITSA

*Le puits existe : c’est la porte de ton imagination, toujours accessible dans ton cœur ! –Tu veux dire que, par ma pensée, je peux continuer à faire exister tout ce que j’ai vécu cette nuit ? Replonger dans le puits, retraverser tous ces pays aux noms bizarres ?… -bien sûr ! C’est ton monde intérieur. Tu peux t’y promener non seulement en rêve, mais aussi consciemment, grâce au pouvoir de ta pensée ! *(Extrait : HISTOIRES À GRANDIR DEBOUT, Sylvie Ptitsa, éditeur : Books on demand GmbH, 2013, édition numérique.)

DORMIR OU GRANDIR ?
Elle n’était ni zouffée, ni prisognoufée,
ni triple pignoufée, ni pataopoufée
sur la moindre parcelle de son corps
ni de son esprit.
(Extrait : HISTOIRES À DORMIR DEBOUT)

HISTOIRES À GRANDIR DEBOUT est un recueil de cinq contes. La lecture de ce petit livre m’a rendu léger. Le livre vient me confirmer que les contes ne sont pas seulement pour les enfants. Outre la naïveté qui caractérise les contes, chaque récit représente un choix de vie. Comme dans tous les contes, on trouve une petite morale, un questionnement, un petit quelque chose qui nous ressemble et qui nous enveloppe. Ça peut paraître étrange, mais je me suis reconnu dans ces contes. Ce qui s’en dégage surtout c’est que chaque héros préfère tracer son propre destin plutôt que d’en être l’instrument. Oui, c’est profond, mais ce n’est pas si compliqué.

Mon récit préféré dans ce recueil est ALIS AU PAYS DES MERVEILLES. Alis est une petite fille intelligente qui déborde d’énergie. Un jour de pluie, tournant en rond, Alis décide de partir à la recherche de la maison du soleil. Elle le veut tellement qu’elle est aspirée dans le puits de son jardin, pénétrant ainsi dans des mondes de merveilles. Pour atteindre son objectif elle devra traverser plusieurs mondes avec, comme prix à payer, la perte d’un sens à chaque monde, en commençant par la vue. Avec une remarquable ténacité, Alis franchit les mondes avec l’aide de complices étranges, porteurs d’un secret qu’Alis doit découvrir par elle-même. La plume de l’auteure m’a envouté. Le monde des rêves rejoint celui de la découverte de soi de ses capacités.

On est bien loin du style de Lewis Carol qui a écrit LES AVENTURES D’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES. Il y a un petit point en commun : Alice de Carol et Alis de Ptitsa tombent toutes les deux dans un pays de merveille. Ce sont les mondes qui diffèrent. Alice rencontre des personnages plutôt retors. Le monde de Carol a quelque chose de parodique, tandis que le monde, les mondes devrais-je dire, de Ptisa ont quelque chose de positif et de constructif. C’est une boucle de sentiers parsemés de frontières qui coûtent chacune un sens à sacrifier d’une part mais qui élève Alis vers l’affirmation et l’estime de soi. Alis récupérera-t-elle ses sens? Trouvera-t-elle la maison du soleil? Ce conte est écrit avec une remarquable imagination. L’éditeur place l’identité comme sous-thème de ce conte, moi je privilégie plutôt l’affirmation de soi et la ténacité.

J’ai aussi beaucoup apprécié le conte ANAM CARA qui, avec un petit relent poétique et un bel humour définit l’amitié comme une des plus belles valeurs humaines : *En ce temps épatant, exubérant, élastico-époustouflant, en ce temps d’avant le temps qu’était le temps d’avant…vivaient, côte-à-côte, une petite fille, Cara et son vieux voisin, Anam.* (Extrait) Dans ce conte, et je dirais dans tous les contes du recueil, le dénouement est surprenant…agréablement surprenant et dans l’ensemble, c’est plus formateur que moralisateur. Il y a des passages cocasses, d’autres dramatiques. La notion de conte part parfois à la dérive mais pour moi c’est pour le mieux. Ça ne fait que rafraîchir un genre  qu’on a un peu tendance à mettre de côté.

Quant à prétendre que les contes sont pour les enfants, j’aurais plutôt tendance à m’exprimer comme l’éditeur de Tintin, Casterman : ils sont pour les 7 à 77 ans. Les enfants y font de belles découvertes et les adultes y trouveront de la matière à réflexion dans le sens positif du terme, des choses qui leur ressemblent qui évoquent leurs goûts, leurs rêves, leurs aspirations.

HISTOIRES À GRANDIR DEBOUT se prêterait aussi à un atelier de lecture animée à la garderie, à l’école, à la bibliothèque, et spécialement dans l’intimité d’une famille. Prenez donc un peu de temps pour une lecture différente : HISTOIRES À GRANDIR DEBOUT de Sylvie Ptitsa.

    

Sylvie Ptitsa est une écrivaine Luxembourgeoise. Sous le nom de plume de Sylvie Ptitsa, l’auteure écrit des contes et poèmes pour enfants et jeunes adolescents, mais également pour adultes. A partir de 2010, elle publie en outre des volumes en auto-édition. En outre, l’auteure a publié plusieurs contes philosophiques pour adolescents et adultes. D’est en ouest est un conte en prose et en poésie qui raconte l’histoire d’une artiste céramiste asiatique dont la demeure est détruite dans un incendie et qui se met à la recherche de son identité. L’histoire a été inspirée par un fait réel détaillé à la fin du livre. La Belle entente et Par la fenêtre sont deux nouvelles qui thématisent la mort.

En 2006, Sylvie Ptitsa obtient au concours “Faites des livres” organisé par le CNDP le prix coup de coeur pour son livre 38 mains, 126 pattes, ouvrage non publié à ce jour. Et bien sûr, on lui doit HISTOIRES À DORMIR DEBOUT qui vient rafraîchir et réactualiser une tendance littéraire un peu délaissée : le conte. Malheureusement, Sylvie Ptitsa a fermé son blog GRAINE D’ESPÉRANCE mais on peut la suivre sur sa pages Facebook LA LUTINIÈRE.

BONNE LECTURE
Jailu/Claude Lambert
Le dimanche 3 mars 2019

 

HISTOIRE D’UNE MOUETTE ET DU CHAT QUI LUI APPRIT À VOLER

UNE MAGNIFIQUE LEÇON DE TOLÉRANCE

HISTOIRE D’UNE MOUETTE ET DU
CHAT QUI LUI APPRIT À VOLER

Commentaire sur le livre de
LUIS SEPULVEDA

*Simplement il suivait rigoureusement le code
d’honneur des chats du port. Il avait promis à
la mouette agonisante qu’il apprendrait à
voler au poussin, et il le ferait. Il ne savait pas
comment, mais il le ferait.*
(Extrait : HISTOIRE D’UNE MOUETTE ET DU CHAT
QUI LUI APPRIT À VOLER, Luis Sepulveda, Éditions
SUITES Métaillé/Seuil, 2004, numérique, 125 pages)

HISTOIRE D’UNE MOUETTE ET DU CHAT QUI LUI APPRIT À VOLER est un petit roman qui raconte l’histoire de Zorbas , un gros et grand chat noir qui a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier œuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l’aider à tenir ces promesses insolites. À travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie. Ce petit roman aux allures de conte et dans lequel les animaux sont doués de parole et d’empathie a remporté le PRIX SORCIÈRES 1997 de l’Association des Libraires spécialisés jeunesse.

UNE MAGNIFIQUE LEÇON DE TOLÉRANCE
*Les humains sont hélas imprévisibles!
Souvent, avec les meilleures intentions
du monde, ils causent les pires malheurs…
…Sans parler du mal qu’ils font
intentionnellement.*
(Extrait : HISTOIRE D’UNE MOUETTE ET DU
CHAT QUI LUI APPRIT À VOLER)

 C’est la belle histoire de Zorba, un chat de port gros et noir, libre, indépendant, ombrageux et courageux et d’une mouette dont la mère est morte après avoir été piégée dans une nappe de pétrole. Avant de mourir, elle a trouvé Zorba qui voulait l’aider. Elle avait eu le temps de pondre son œuf et a fait promettre au chat de protéger son petit et de l’aider pour apprendre à voler. Malgré les sarcasmes et les moqueries des chats du port, Zorba est allé chercher l’aide de ses vrais amis pour remplir cette délicate mission. Ils sont même allés jusqu’à négocier une trêve avec les rats pour qu’il laisse Afortunada la petite mouette tranquille.

C’est un magnifique petit récit qui m’a ému. L’histoire est brève, mais elle est extrêmement riche de leçons et d’expériences. Les jeunes lecteurs et lectrices y découvriront l’apprentissage de la vie, la tolérance, la découverte et l’estime de soi, l’importance de prendre sa place dans la société. En parlant de tolérance, l’acceptation des différences est plus souvent qu’autrement un problème d’adultes, ce qui me laisse supposer que cette petite histoire pourrait aisément convenir à tous les âges. Zorba, qui n’hésitait pas à recourir à la violence, va découvrir la tendresse, l’empathie, l’amour.

Ce qui est beau aussi dans ce conte, c’est que Sepulveda prête la parole à des animaux qui expriment sans animosité (et sans jeu de mot) leur vision des humains. C’est aussi un regard sur l’homme, ce pollueur invétéré. Le fait que la mère d’Afortunada soit morte asphyxiée par le pétrole en dit long sur le regard que l’homme pose sur la nature. Heureusement la finale est positive. L’auteur veut nous faire comprendre qu’il y a de l’espoir.

Donc, HISTOIRE DE LA MOUETTE ET DU CHAT QUI LUI A APPRIT À VOLER est un conte qui, sans être moralisateur à outrance, transmet de très belles valeurs. À celles que j’ai déjà mentionnées, j’ajoute la solidarité : *Une promesse sur l’honneur faite par un chat du port engage tous les chats du port* (Extrait) le travail d’équipe, la ténacité et davantage. Ça fait beaucoup de choses. Ça peut paraître compliqué, mais la plume de Sepulvada, qui a dédicacé ce conte à ses propres enfants, fait passer le message tout en douceur et pourtant de façon très claire. L’ensemble est donc très accessible.

Enfin, nous avons ici un petit livre bref. L’histoire s’applique à toute les générations, tous les âges, est intemporelle. Elle sera toujours à mon avis, indémodable, l’auteur exprimant son idée de façon allégorique comme l’a fait bien avant lui Charles Perrault, les frères GRIMM, la Comtesse de Ségur et j’en passe…le texte est vivant, l’humour y a sa place et la conclusion est superbe. On devrait rendre cette lecture obligatoire dans les classes du primaire. Ça serait loin d’être une corvée et les jeunes apprendraient beaucoup de choses. Je vous recommande sans hésiter HISTOIRE DE LA MOUETTE ET DU CHAT QUI LUI APPRIT À VOLER.

Luis Sepúlveda est né le 4 octobre 1949 à Ovalle, dans le nord du Chili. Étudiant, il est emprisonné sous le régime de Pinochet pendant deux ans et demi. Libéré puis exilé, il voyage à travers l’Amérique latine et fonde des groupes théâtraux en Équateur, au Pérou et en Colombie. En 1982 il s’installe en Allemagne jusqu’en 1996. Depuis 1996 il vit dans le nord de l’Espagne à Gijón (Asturies). Il a reçu le prix de poésie Gabriela Mistral en 1976, le prix Casa de las Americas en 1979, le prix international de Radio-théâtre de la Radio espagnole en 1990, le prix du court-métrage de télévision de TV Espagne en 1991. Ses œuvres sont aujourd’hui des best-sellers mondiaux. Le Vieux qui lisait des romans d’amour, son premier roman traduit en français, a reçu le Prix France Culture du roman étranger en 1992 ainsi que le Prix Relais H du roman d’évasion et connaît un très grand succès dans le monde entier, il est traduit en 35 langues. Luis Sepúlveda est le fondateur du Salon du Livre ibéro-américain de Gijón (Espagne) destiné à promouvoir la rencontre entre les auteurs, les éditeurs et les libraires latino-américains et leurs homologues européens.

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BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le samedi 2 mars 2019

LES FLEURS DU MAL

UN FLEURON DE LA LITTÉRATURE

LES FLEURS DU MAL

Commentaire sur le
recueil de poèmes de
CHARLES BAUDELAIRE

*L’horrible soif qui me déchire
Aurait besoin pour s’assouvir
D’autant de vin qu’on peut tenir
Son tombeau; -ce n’est pas peu dire*
(Troisième strophe du poème LE VIN DE
L’ASSASSIN, extrait de LE VIN, troisième
partie du recueil LES FLEURS DU MAL,
Charles Baudelaire, 1861, Bibebook,
édition numérique libre de droits)

LES FLEURS DU MAL constituent l’œuvre majeure de Baudelaire et une des plus importantes de la poésie moderne, à cause de son esthétisme novateur, publiée le 25 juin 1857 puis visée par une accusation d’outrage à la morale publique et à la morale religieuse. L’œuvre aurait pu être acceptable vue la nature un peu libertine des mœurs parisiennes de l’époque, mais les poèmes visés frisaient la pornographie. Baudelaire et ses éditeurs sont  condamnés à une amende pour délit d’outrage à la morale publique,  et à la suppression de 6 pièces de l’œuvre qui a exercé une influence certaine sur de grands poètes comme Arthur Rimbaud, Paul Verlaine.

UN FLEURON DE LA LITTÉRATURE
*La nuit voluptueuse monte,
Apaisant tout, même la faim,
Effaçant tout, même la honte,
le poète se dit : «Enfin !
(Extrait du poème LA FIN DE LA JOURNÉE,
Sixième partie de LES FLEURS DU MAL,
LA MORT…Charles Baudelaire)

Eh oui! Le goût du classique me revient régulièrement. Cette fois-ci, j’ai choisi un livre très très spécial. Je ne suis pas un grand amateur de poésie. C’est la notoriété de Baudelaire qui m’a attiré surtout, son prestige et aussi l’admiration et l’attachement qu’il éprouvait pour Edgar Alan Poe (1809-1849) un écrivain américain que moi-même j’aime beaucoup et dont j’ai déjà parlé sur ce site. Baudelaire est même devenu le traducteur officiel de Poe et il en éprouvait une grande fierté. On ne peut pas vraiment critiquer Baudelaire. Mon avis est qu’il était simplement génial. Je peux vous dire aujourd’hui ce que je ressens après la lecture du chef d’œuvre qui réunit l’essentiel de la poésie de Charles Baudelaire : LES FLEURS DU MAL.

LES FLEURS DU MAL est un  recueil en six parties :
1) SPLEEN ET IDÉAL
2) TABLEAUX PARISIENS
3) LE VIN
4) FLEURS DU MAL
5) RÉVOLTE
6) LA MORT

Cet ouvrage m’a fasciné. Peut-être à cause de son côté sombre. On y voit le mal sous différents aspects : la souffrance, vue comme une nécessité d’expiation du mal, Une idée bien précise voire un goût du mal, goût qu’il partage avec Edgar Alan Poe qu’il admirait tellement qu’il a entrepris de le faire connaître aux français en traduisant ses œuvres. Aussi, partout dans LES FLEURS DU MAL, j’ai vu, j’ai senti une profonde obsession de la mort de la part de l’auteur :

            Ô vers! Noirs compagnons sans oreille et sans yeux
Voyez venir à vous un mort libre et joyeux;
Philosophes viveurs, fils de la pourriture,
À travers ma ruine allez donc sans remord,
Et dites-moi s’il est encor quelque torture
Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !
            (Extrait : LE MORT JOYEUX)

Faut-il s’en surprendre ? Baudelaire était un poète écorché, une âme torturée qui allait complètement à contre-courant de la morale de son époque.

Outre les thèmes récurrents du recueil : la mort, la souffrance, le néant, outre le fait que par son œuvre, Baudelaire fait un constat navrant de la réalité de son monde, de son époque, moi j’ai vu aussi de la beauté dans LES FLEURS DU MAL, de l’espoir, des poèmes sur la pureté, la musique, les chats, les saisons et son hymne à la beauté est un texte, sans jeu de mot, de toute beauté :
            Tu contiens dans ton œil le couchant et l’aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
qui font le héros lâche et l’enfant courageux.
             (Extrait : HYMNE À LA BEAUTÉ)

La crudité de la réalité s’oppose à la beauté, mais dans plusieurs poèmes, j’ai l’impression que les deux s’amalgamaient. Plusieurs poèmes sont très directs. On voit que Baudelaire n’avait peur ni de la critique ni de la vindicte :
            Puissé-je user du glaive et périr par le glaive!
            Saint Pierre a renié Jésus…il a bien fait!
            (Extrait : LE RENIEMENT DE SAINT PIERRE)
            Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs
Du ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs
De l’Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence !
            (Extrait : PRIÈRE)

Qu’à cela ne tienne, il a dû faire face à la censure. Il n’aura rien gagné de son vivant. Aujourd’hui, il est considéré comme un génie. Pour moi, il n’y a pas de doute, son œuvre est géniale aujourd’hui, et elle l’était à son époque, peut-être trop pour être comprise, trop audacieuse pour être acceptée intégralement sur le plan de la religion, de la morale, de l’éthique et même de la bonne Société qui pourtant, ne se gênait pas au XIXe siècle pour se laisser aller au libertinage.

En ce qui me concerne, ce recueil, LES FLEURS DU MAL m’a beaucoup plus. Bien au-delà de la *beauté extraite du mal* selon les dires même de Charles Baudelaire, j’ai vu la beauté des mots, de l’expression, la richesse des vers, rythmées selon certaines règles qui sont propres à Baudelaire. Ces vers m’ont entraîné dans le raisonnement de l’écrivain, une tempête d’émotions. J’ai développé l’impression que LES FLEURS DU MAL sont devenues une valeur intrinsèque de la littérature du monde, elles sont partout, elles constituent un phare. Les Fleurs du mal sont fiel et miel, le mal, le désespoir puis la souffrance rédemptrice et enfin la reconstruction du monde idéal.

Je pense qu’il faut lire les FLEURS DU MAL au moins une fois. J’en senti et apprécié l’audace de Baudelaire, son sens de la provocation, la variété dans le style, son mépris pour le jugement de ses contemporains dont plusieurs n’allaient pas hésiter à crier à l’immoralité du recueil, le caractère du titre allant à contre-courant de l’éthique et qui pourrait supposer que le les fleurs naissent du mal ou le contraire mais qui nous rappelle aussi que les FLEURS DU MAL auront autant d’interprétations que de lecteurs, la substance des mots.

Baudelaire m’a surpris, mais à la lumière de nombreux livres et articles publiés à son sujet, je dirais qu’il a surpris tout le monde, qu’il surprend encore aujourd’hui et que son œuvre est devenu un phare de la poésie moderne.Je vous recommande cette lecture à la fois douce et amère. Si comme moi, vous n’êtes pas amateur de poésie, abordez LES FLEURS DU MAL comme une expérience nouvelle, originale, singulière…sortie des sentiers battus.

Charles Baudelaire (1821-1867) est un des grands poètes du XIXe siècle. Après une enfance et une adolescence agitées qui seront finalement à l’image de sa vie d’adulte, Baudelaire fera ses débuts littéraires dans la traduction. En effet, en 1847, il découvrira l’œuvre de l’écrivain américain Edgar Alan Poe avec qui il se découvre des affinités comme une certaine opinion sur le goût du mal. Ainsi, Baudelaire entreprend la traduction de nombreuses œuvres de Poe afin de le faire connaître aux français. Toujours en 1847, Baudelaire tombera sous le charme de Marie Daubrun qui lui inspirera plusieurs poèmes.

Auteur bohème à l’esprit torturé, Charles Baudelaire ne publiera qu’une seule œuvre de son vivant, son œuvre majeure : LES FLEURS DU MAL, un recueil de poèmes fait de paradoxes : le bien et le mal, la beauté et la laideur, le ciel et l’enfer…le recueil a été condamné et censuré dès sa sortie parce que trop choquant pour la morale bourgeoise. Notez que ça ne l’a pas empêché de passer à la postérité. Une deuxième édition est produite en 1861 après la suppression de six poèmes. L’œuvre ne sera réhabilitée qu’en 1949.

En 1864, croulant sous les dettes, Charles Baudelaire part pour la Belgique comme conférencier. Mais il sera déçu par cette expérience. Sa santé se dégrade rapidement. Il retourne à Paris en 1866 et y meurt un an plus tard après un long combat contre la syphilis, sans compter ses abus de drogues et d’alcool. Un an après, LE SPLEEN DE PARIS et LES CURIOSITÉS ESTHÉTIQUES sont publiés à titre posthume. Baudelaire, qui a mené une vie en total désaccord avec la morale de son époque, n’a jamais été reconnu de son vivant et il en a toujours été attristé. Il peut toutefois reposer en paix car son œuvre introduira graduellement la poésie moderne.

Bonne lecture
Jailu
Le dimanche 7 octobre 2018