AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE

AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE
(tome 1)

Commentaire sur la série initiée par
NUMERIKLIVRES

*J’opte délibérément pour la vie ! déclara Antoine.
Les habitants de Mars, avec lesquels nous espérions
échanger des vérités premières, font partie des plans
qui, vraisemblablement, ne permettent aucune
communication intellectuelle.*
(Extrait du recueil AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE, 1ère
nouvelle : LES NAVIGATEURS DE L’INFINI, J.H. Rosny
aîné, 1925. Numeriklivres, 2012, éd. Numérique)

La collection « Au-delà de l’imaginaire » est une initiative de Numeriklivres consacrée à des classiques de la science-fiction ou du fantastique qui ont sans conteste inspiré les créateurs de séries télé des années 60 telles qu’« Au-delà du réel » ou « La quatrième dimension », devant lesquelles des millions de téléspectateurs ont vécu par procuration des aventures étonnantes chargées d’angoisse et de suspense, le tome 1 propose trois textes de maîtres incontestés du genre.

LES NAVIGATEURS DE L’INFINI de J.H. Rosny Aîné : un voyage d’exploration sur la planète Mars, qui reprend les thèmes chers à cette époque où l’espace intersidéral est plein des promesses de mondes meilleurs, de races supérieures et d’espoirs de migrations futures pour les terriens. Un voyage riche en aventures et en danger.
LE SIGNALEUR de Charles Dickens : le narrateur rencontre un soir un signaleur de chemin de fer qui lui dit recevoir la visite d’un spectre qui le met en garde contre un accident ferroviaire. Dans ce texte se mêlent rationalité et forces occultes, naturel et surnaturel, et les situations ambiguës ne manquent pas.
PETITE DISCUSSION AVEC UNE MOMIE d’Edgar Allan Poe : Les directeurs du City Museum ayant donné leur accord pour l’examen d’une momie égyptienne, l’assemblée des « spécialistes » réunis pour ouvrir le sarcophage a la surprise de découvrir un être on ne peut plus vivant. S’en suit une conversation des plus loufoques, avec le génie de Poe et son humour cynique.

 À gauche: J.H. Rosny ainé (1856-1940), au centre :  Edgar Allan Poe (1809-1849) à droite: Charles Dickens (1812-1870)

Ce n’est pas une défaillance de votre liseuse
*Le mécanicien coupa la vapeur et freina, mais le
train roula encore jusqu’à quelque cent cinquante
mètres d’ici. Je courus derrière et, tout en courant,
j’entendis des cris et des appels terrifiants.
(extrait : LE SIGNALEUR, Charles Dickens)

Une toute nouvelle collection, tout à fait dans mes cordes, une excellente initiative de Numeriklivre. J’attends beaucoup de cette collection car elle pourrait réunir la fine fleur des auteurs et des titres dans l’univers fort bien meublé de la science-fiction et du fantastique et qui faisait mon régal quand j’étais adolescent. Ce sont des livres indémodables et j’en lis encore d’ailleurs, mon appétit pour les classiques ne s’étant jamais tari.

C’est ainsi qu’on pourrait voir réunis dans la même collections les grands maîtres de la littérature de science-fiction et de fantastique tels René Barjavel, H.P. Lovecraft, H,G. Wells, Ray Bradbury, Isaac Asimov, Jules Verne, Bram Stoker, Théophile Gautier, Stephen King, Dean Koontz, Edgar Allan Poe, Robert-Louis Stevenson et j’en passe.

Le tome 1 réunit Rosny Aîné, Dickens et Poe. Au moment d’écrire ces lignes, le tome 2 vient de paraître, on y trouve les trois titres suivants : LA MORT DE LA TERRE de J.H. Rosny Aîné : Dans un très lointain futur, l’espèce humaine survit dans un état désabusé sur une terre devenue désertique et aride. TOC…TOC…TOC… d’ Ivan Sergueïevitch Tourgueniev, Une histoire à l’atmosphère étrange, sublimée par une nuit d’hiver engluée dans un épais brouillard qui fausse jusqu’à la capacité de raisonnement. L’INDICIBLE de Howard Phillips Lovecraft, Une discussion entre un enseignant à l’esprit cartésien et un romancier à l’esprit plus fantasque, une nuit, sur une pierre tombale fissurée, près d’une vieille maison abandonnée qui a, dit la légende, un passé diabolique. Ici, le caractère prometteur de la série ne se dément pas.

Je ne me lancerai pas ici dans la critique des titres. Des millions de lecteurs ont déjà rendu des verdicts plus que favorables au fil des générations. Je dirai simplement au sujet de la série qu’elle est présentée très simplement, sans artifice. Chaque volume comprendra trois livres, romans ou nouvelles qui s’enchaîneront tout naturellement. Le volume que j’ai lu, c’est-à-dire le tome un était très bien présenté. Les pages sont très bien ventilées. L’ensemble est agréable à lire.

Donc c’est une série qui promet. Il ne manque qu’un petit préambule du genre de celui d’AU-DELÀ-DU RÉEL, une série télé des années 60 dont je me régalais. Son préambule est passé à l’histoire d’ailleurs : *Ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur, n’essayez donc pas de régler l’image. Nous avons le contrôle total de l’émission : contrôle du balayage horizontal, contrôle du balayage vertical. Nous pouvons aussi bien vous donner une image floue qu’une image pure comme le cristal. Pour l’heure qui vient, asseyez-vous tranquillement. Nous contrôlerons tout ce que vous allez voir et entendre. Vous allez participer à une grande aventure et faire l’expérience du mystère avec « Au-delà du réel».*

Voilà ce que j’attends de la collection AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE : participer à une grande aventure et faire l’expérience du mystère. Jusqu’à maintenant, la collection est jeune mais c’est prometteur.

Fondée en 2010 par Jean-François Gayrard, Éditions Numériklivres est une maison d’édition francophone qui publie aussi bien au format numérique qu’au format papier. Son catalogue généraliste se décline en différentes collections dont littérature générale, polar, science-fiction, fantastique, littérature sentimentale, érotique et littérature jeunes adultes. Les titres au format numérique sont diffusés sur l’ensemble des plateformes légales, disponibles également en format papier sur numeriklivre.info ou dans une librairie. À ce jour, la maison a publié à compte d’éditeur des œuvres de fiction inédites de près de 80 auteurs de toute la francophonie.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 1er octobre 2017

LE SACRIFICE DU PAPILLON

LE SACRIFICE DU PAPILLON

Commentaire sur le livre d’
ANDREA H. JAPP

 *Quelqu’un cherchait à la manipuler, à la paniquer
pour la contrôler, la maîtriser. Le souvenir d’une
main brutale qui s’abattait sur sa gorge, la poussait
contre le mur d’une salle de bains, cognait sa tête
jusqu’à ce qu’elle se taise, se couche, écarte les
cuisses, tenta de s’imposer…*
(Extrait : LE SACRIFICE DU PAPILLON, Andrea H. Japp,
Éditions du Masque-Hachette, 1997, num. 367 pages)

Des corps d’adolescents sont découverts complètement carbonisés. Dès lors, les questions se bousculent dans l’esprit des spécialistes. Comme les disparitions n’ont pas été signalées, s’agissait-il de clandestins? Est-ce que ça pourrait être des meurtres rituels? L’œuvre d’un nouveau tueur en série? Pourquoi l’immolation par le feu. Devant la complexité de l’affaire, on fait appel à Gloria Parker-Simmons, une femme glaciale qui vit en solitaire avec sa nièce handicapée mentale. Parker-Simmons est une mathématicienne dont la méthode est basée sur le croisement informatique des probabilités et des variantes. Cette fois, sa science pourrait  bien lui faire dépasser les frontières de l’horreur.

MATHÉMATIQUES ET MORT
*Il se retourna rapidement, pas assez. Deux
mains fraîches et potelées s’abattirent sur
son cou et quelque chose de très doux se
serra autour de sa gorge. Il entendit à
peine une sorte de sanglot avant de
mourir.*
(Extrait : LE SACRIFICE DU PAPILLON)

C’est un récit à l’intrigue éparse, un peu engluée dans des affaire sentimentales inextricables qui elles-mêmes interfèrent avec l’enquête policière. C’est dur à suivre parce que le fil conducteur est instable, ce qui amène le lecteur dans toutes les directions.

J’aurais peut-être dû lire tout le cycle Gloria pour comprendre un peu mieux la nature complexe de la mathématicienne. En effet, Gloria Parker-Simmons fait équipe avec James Cagney dans trois autres volumes d’Andrea H. Japp. J’espère que leurs relations sont moins tendues parce que je dois dire que dans LE SACRIFICE DU PAPILLON, elles sont passablement conflictuelles, faites de sentiments non-partagés. C’est lassant et ça dilue l’intrigue.

Au départ, c’était prometteur. Tout était en place pour une intrigue solide : des meurtres particulièrement sordides, puis le meurtre d’un policier, un tueur en série, puis Gloria fait son apparition, elle-même se met en danger et reçoit de mystérieux fax avec l’illustration d’un énigmatique papillon et…graduellement…rien ne va plus. Comme lecteur, j’ai pris le champ tout simplement.

Toutefois, je n’ai pas regretté ma persévérance à terminer le livre car j’ai réussi à me sentir captivé par sa finale qui en dit long sur le côté obscur de la nature humaine. Mais entre l’introduction et la finale, il y a beaucoup de longueurs à subir et des éclaircissements peu satisfaisants pour le lecteur…des choses pas claires comme par exemple le véritable rôle de la mathématicienne dans l’enquête…ça ne m’a pas semblé évident et le fameux papillon qui n’accuse sa présence qu’à quelques reprises…j’ai fini par comprendre qu’on voulait du mal à Gloria en visant Clare, sa fille handicapée mentale. C’est loin d’être évident.

Malgré un style linéaire et une écriture sans tonus, j’ai trouvé la finale assez solide. Si vous-même êtes assez persévérant pour vous y rendre, vous pourriez être poussé, comme moi à une intéressante réflexion sur l’exploitation des enfants dans certains pays, des enfants clandestins surtout, c’est-à-dire des immigrants illégaux dont certaines personnes se soucient peu de la vie. Il s’agit malheureusement d’une réalité. Dans le livre de Japp, ce sont des enfants qui meurent et d’une horrible façon encore et il faut voir comment et surtout pourquoi.

Donc ami lecteur, amie lectrice, la balle est dans votre camp comme on dit. Moi j’ai lu le livre en entier mais j’ai eu beaucoup de difficulté à y adhérer.

Andrea H. Japp, de son vrai nom Lionelle-Nugon-Baudon est une biochimiste, toxicologue, chercheuse et auteure française née à Paris en 1957. Véritable femme orchestre, elle s’est lancée dans l’écriture de romans policiers en 1990. Elle publia alors LA BOSTONIENNE. Le succès fut immédiat. L’année suivante, l’auteure remportait le prix du Festival de Cognac. En 2004, sous le pseudonyme d’Hélène Narbonne, Andrea H. Japp, en plus de toutes ses activités, s’est lancée dans la traduction de certains des romans de Patricia Cornwell ayant pour héroïne Kay Scarpetta. 2006 confirme pour l’auteure une tendance vers le roman policier historique.

BONNE LECTURE

JAILU/Claude Lambert
Le dimanche 18 juin 2017

L’ÉPREUVE, tome 1, LE LABYRINTHE

L’ÉPREUVE
Tome 1

LE LABYRINTHE
Commentaire sur le livre de
JAMES DASHNER 

*Les griffeurs ont un sale effet sur leurs victimes,
un truc très douloureux qui les secouent de la tête
aux pieds. Ceux qui sont passés par là ne sont
plus jamais les mêmes.*
(Extrait : L’ÉPREUVE tome 1, éditions Pocket jeunesse
Univers poche, 2013, numérique, 680 pages)

Sans savoir pourquoi, ni comment, Thomas, un ado de 16 ans reprend graduellement conscience. Il ne se rappelle de rien sauf de son nom. Il est dans un ascenseur qui le conduit dans un endroit étrange, un labyrinthe aux murs infranchissables où vivent déjà une quarantaine d’ados. La vie y semble bien organisée. Des vivres apparaissent chaque jour.  Des *coureurs* sont désignés pour trouver une sortie mais les plans du labyrinthe changent chaque jour. Des monstres d’acier longent le labyrinthe chaque nuit et empêchent toute activité. Un jour, une jeune fille fait son entrée dans le labyrinthe par l’ascenseur. Elle a un message : *C’EST LA DERNIÈRE*. L’approvisionnement cesse. Une épreuve impitoyable commence. Thomas se retrouve avec la nécessité impérieuse de réveiller sa mémoire, car en elle pourrait bien se trouver le moyen de sortir.

VASE CLOS
*Comment peut-on bouger une masse pareille? Ces
murailles sont gigantesques, on dirait qu’elles sont
là depuis mille ans. L’idée de voir ces murs se
refermer et le piéger dans cet endroit qu’on appelait
le BLOC lui glaçait le sang.
(Extrait : L’ÉPREUVE, livre 1, LE LABYRINTHE)

Voici un excellent livre qui vous assurera un extraordinaire moment de lecture. Je viens d’ailleurs de le placer dans le TOP 50 de mes meilleures lectures à vie. LE LABYRINTHE est une dystopie, premier tome d’une trilogie intitulée L’ÉPREUVE, adaptée au cinéma. Idéalement, pour lire ce livre, il faut du temps parce qu’il est frustrant d’en interrompre la lecture.

Mon attention a été retenue dès le départ, saisi et intrigué que j’étais par l’étrange environnement dans lequel le personnage principal, Thomas a été catapulté, ne se rappelant que de son prénom, amené par une **boîte-ascenseur** venant d’on ne sait où. Thomas venait ainsi rejoindre une communauté de jeunes garçons ados vivant depuis plus de deux ans, approvisionnés à chaque semaine, dans un vase clos comprenant ce que l’auteur appelle un bloc et tout autour, un immense labyrinthe dont les murs se déplacent et se ferment chaque soir. Après deux ans, aucun coureur n’a jamais trouvé de sortie et plusieurs ont subi la transformation suite aux piqures de cruelles bestioles qui rôdent dans le labyrinthe.

Quand j’ai plus de cinq questionnements sérieux dès les premières pages d’un livre, j’en deviens prisonnier, c’est inévitable. C’’est quoi cette «boîte ascenseur» et d’où elle vient? Qui sont ces jeunes et pourquoi ont-ils perdu la mémoire? Pourquoi sont-ils enclavés devant le labyrinthe? Pourquoi la dernière personne arrivée au bloc est une fille et que veut dire le message qu’elle tient à la main : «c’est la dernière, il n’y en aura pas d’autres». C’est quoi ce labyrinthe et ces créatures meurtrières… j’arrête ici…disons que la liste est très longue.

Bref, ma curiosité a été constamment stimulée. J’ai eu les réponses à mes questions, mais à la petite cuillère seulement. Comment lever le nez d’un livre quand on va de surprises en surprises et de rebondissements en rebondissements.

Je ne peux pas tout dévoiler, mais imaginez un monde désespéré, en perdition, atteint par une maladie provoquant des souffrances qui mènent à la folie, ajoutez-y des scientifiques tarés, des jeunes qui ont un point en commun : une intelligence supérieure et un endroit étrange pour les parquer, vous obtenez LE LABYRINTHE, premier volet d’une expérience tordue qui fera mal…très mal. Vous trouvez que j’en ai beaucoup dévoilé? Vous n’avez rien vu.

En plus d’une intrigue solide qui s’intensifie au fil des pages, le livre a tout pour plaire aux jeunes comme aux moins jeunes : des chapitres courts, des phrases courtes, une plume habile d’une remarquable fluidité, une trame captivante qui enveloppe le lecteur, intensité dramatique en crescendo. Le sujet est original et la finale donne l’EAU À LA BOUCHE.

Aussi, je n’ai pas le choix, je compte entreprendre la lecture des tomes 2 et 3 ainsi que le livre de Dashner qui raconte l’histoire qui précède LE LABYRINTHE. Je crois que ça promet et j’ai hâte de vous en reparler…bientôt sur ce site.

James Dashner est un auteur américain né en 1972. Après avoir écrit des histoires inspirées du SEIGNEUR DES ANNEAUX, il a suivi des études de finances, mais très vite, il est revenu à sa passion de l’écriture. Aujourd’hui, il continue d’inventer des histoires inspirées de ses livres et films préférés. Sa dernière trilogie L’ÉPREUVE connait un immense succès aux États-Unis …tellement qu’après la trilogie, Dashner a écrit un nouveau tome pour éclaircir les derniers mystères du labyrinthe.

LA TRILOGIE ET LE PRÉQUEL

 LE LABYRINTHE AU CINÉMA

                  

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 4 mars 2017