CONVERSATION AVEC UN ENFANT CURIEUX

Un pan d'enfance

CONVERSATIONS AVEC
UN ENFANT CURIEUX

Commentaire sur le livre de
MICHEL TREMBLAY

-Ma tante Bartine, a’ dit qu’on peut attraper
des maladies avec ces vieux livres là.
A’ veut même pas y toucher. –Ta tante
Bartine, a’l’inventerait n’importe quoi pour
pas lire.

(Extrait : CONVERSATIONS AVEC UN
ENFANT CURIEUX , Leméac/Actes sud
2016, édition de papier, 150 pages)

L’enfance de Michel Tremblay est un coffre aux trésors inépuisables. Après BONBONS ASSORTIS qui nous avait comblé de bonheur avec des récits sur Luis Mariano, le père Noël et les petits Chinois à vendre. Le dramaturge nous offre cette fois un bouquet d’instantanés avec sa mère Nana, son père, son frère, ses tantes, sa grand-maman paternelle… À l’innocence curieuse de jeune garçon se mêle un brin de mauvaise foi quand s’enchaînent les questions cocasses et sans réponse. En découlent de savoureuses conversations au ton résolument drolatique. La prodigalité de Michel Tremblay m’étonnera toujours.

                                                UN PAN D’ENFANCE
*J’T’ai déjà dit de pas jurer! Tu promets, mais tu jures pas.
Jurer, c’est juste pour les choses sérieuses…-Ben, la lecture
c’est sérieux, pis j’te jure que j’la négligerai jamais, même
si on achète une télévision!*
(Extrait : CONVERSATIONS AVEC UN ENFANT CURIEUX)

Âgé maintenant de 76 ans, L’auteur québécois Michel Tremblay nous présente un aspect bien particulier de son enfance à travers une quarantaine de ses plus savoureux dialogues avec des personnes de son environnement social : père, mère, sœur, ami, professeur… Ces dialogues mettent en perspective une particularité de Michel Tremblay qui peut être à la fois une grande qualité et un grand défaut : la curiosité. Ces dialogues m’ont rappelé un peu mes enfants alors qu’ils traversaient la phase du *pourquoi* vers 4 ou 5 ans…des puits sans fond de *pourquoi* et de *comment ça se fait* qui finissaient par *taper sur les nerfs*. Avec le recul du temps, je pense à tout ça et j’en ris. Et c’est exactement ce que Michel Tremblay nous propose : en rire.

Ces dialogues touchent toutes sortes de sujets : la religion, des livres qui ont pas d’images, les tandems du cinéma Laurel et Hardy, Abott et Costello, Jésus, le Saint Esprit et même la mortadelle. Tremblay s’intéressait à tout et plusieurs de ses questions induisaient la notion de justice. *C’est pas juste*…vous vous rappelez ? C’est sain pour les enfants de poser des questions et évidemment d’avoir des réponses mais voilà…une curiosité poussée trop loin a le don d’énerver et à ce titre, les réactions et les réparties sont souvent comiques. Il n’y a pas une page de ce petit livre qui ne m’ait arraché un large sourire ou un éclat de rire. *-Mais pourquoi y faut que les tartes ça soit des surprises pour le temps des fêtes? J’comprends pas… -Une autre affaire que tu comprends pas. Des fois je me demande si j’ai pas mis au monde un nono qui comprend rien. -En tout cas, chus pas assez nono pour pas comprendre que tu réponds pas à ma question. * (Extrait)

Comment satisfaire la curiosité insatiable d’un enfant. La réponse est simple, c’est impossible. Dans une entrevue accordée à Danielle Laurin, collaboratrice au quotidien LE DEVOIR (http://www.ledevoir.com/culture/livres/485027/rencontre-ecrire-pour-s-expliquer-le-monde) Michel Tremblay disait : *Je posais des questions non pas pour être fatigant, mais pour comprendre. J’ai toujours voulu comprendre. L’écriture, pour moi, c’est une lettre sans fin que je m’écris à moi-même pour m’expliquer le monde. * Ce qui pourrait être plus drôle encore, si c’est avéré, c’est que Tremblay mettait une mauvaise foi évidente pour en rajouter et en rajouter encore jusqu’à l’exaspération du *puits de sagesse* auquel il s’adressait.

Serait-ce cette curiosité qui a amené Michel Tremblay à devenir un des écrivains les plus importants de sa génération ? Peut-être. Elle n’a certainement pas nuit en tout cas. Quoiqu’il en soit, j’ai trouvé cette lecture savoureuse du début à la fin.

J’ai lu aussi BONBONS ASSORTIS, un petit délice réunissant des souvenirs d’enfance et des anecdotes de jeunesse de Michel Tremblay. Deux merveilleux et trop brefs moments de lecture.

(Huffington post quebec)

L’œuvre de Michel Tremblay est colossale. Plusieurs de ses pièces ont été acclamées à l’étranger et presque toutes ont été publiées en anglais. Six fois boursier du Conseil des Arts du Canada, Michel Tremblay a reçu une vingtaine de prix et de distinctions dont l’Ordre des arts et des lettres de France, le prix du Québec (Athanase-David), le grand prix littéraire du Salon du livre de Montréal pour Le premier quartier de la lune en 1990 et le prix Victor-Morin de la Société Saint-Jean-Baptiste. Dans la littérature québécoise, son œuvre se caractérise par son originalité et son audace. Premier auteur à utiliser le « joual » dans ses écrits, Michel Tremblay a choqué l’establishment de l’époque. Il traite surtout des difficultés des milieux populaires francophones de Montréal depuis 1940, et ce, avec tendresse et humour. (source : edimage.ca)

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le samedi 7 septembre 2019

PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES

De mauvais coup en nouvelle

PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES

Commentaire sur le livre d’un collectif
de l’Association des Écrivains Québécois
pour la Jeunesse

*Ils les découvrirent à l’étage dans la salle de bain :
Sophie, assise sur un banc, un drap sur les épaules
et de la mousse à barbe plein la tête; Étienne, le
rasoir de son père à la main, tout occupé à faire
disparaître les cheveux de sa sœur.*
(Extrait de la nouvelle de Hélène Grégoire, C’EST LA FAUTE
AU PETIT, du recueil PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES,
Éditions Pierre Tisseyre, 2001, édition de papier, 160 pages.
Littérature jeunesse québécoise)

PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES est un recueil de nouvelles écrites et publiées bénévolement par des membres de l’Association des Écrivains Québécois pour la Jeunesse, les droits d’auteur servant à financer le PRIX CÉCILE GAGNON. Dans ce recueil qui est le cinquième de la série, vous pourrez faire la connaissance de personnages drôles et sympathiques. Vous pourriez être surpris par les fanfaronnades scolaires de ces petits tannants dont les frasques ont pris avec le temps, valeur de légende. Vous l’avez compris, le recueil est développé sous le thème des mauvais coups et à ce sujet nos auteurs ne manquent pas d’imagination. Voyez, au bas de cet article, la liste des auteurs et les titres publiés. Entre temps, encouragez la relève québécoise des jeunes écrivains en vous procurant un des recueils de l’A.E.Q.J.

DE MAUVAIS COUP EN NOUVELLE !
*Dans quelques années, je serais riche, me disais-je
innocemment. J’allais pouvoir acheter tous les
magasins de jouets et de bonbons de la planète.
Après quelques deux ans passés à économiser,
j’avais déjà amassé deux dollars et quarante-
cinq sous. Mon projet allait donc bon train.
(Extrait : ENTRE LA MÉMOIRE ET L’IMAGINAIRE de
Sophie-Luce Morin, du recueil PETITES MALICES ET
GROSSES BÊTISES.)

Ça fait plusieurs fois que j’entends parler de l’Association des Écrivains Québécois pour la Jeunesse et de son initiative pour encourager et motiver la jeune relève de la littérature québécoise. J’ai donc décidé de faire une petite recherche là-dessus car tout ce qui peut stimuler la plume québécoise m’intéresse.

C’est ainsi que chaque année, plusieurs auteurs de l’Association des Écrivains Québécois pour la Jeunesse (AEQJ) collaborent gracieusement à l’écriture d’un recueil collectif de nouvelles à l’intention des jeunes. Les droits perçus par la vente de ces ouvrages financent le PRIX CÉCILE GAGNON attribué par l’Association à un auteur ou une auteure de la relève.

J’ai donc lu cette semaine un de ces recueils et exploré la Collection Conquêtes de l’éditeur Pierre Tissseyre dans laquelle ils sont insérés. Plus précisément, j’ai lu PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES, un recueil de 11 nouvelles sous le thème des mauvais coups. Un collectif très sympa qui va plaire j’en suis sûr aux jeunes lecteurs de 12 à 14 ans et je peux dire aussi que le adultes ne seront pas indifférents à ces nouvelles étant donné le thème développé : LES MAUVAIS COUPS. Moi en tout cas, ça m’a rappelé un bout d’enfance.

J’ai trouvé dans ces petits textes du vécu, de la fraîcheur, de la candeur et beaucoup d’humour : *Audrey Tanguay! Elle me fait les yeux doux depuis la troisième année. Ah! Qu’elle m’énerve! Elle me regarde toujours avec ce petit sourire insignifiant, comme si elle n’était pas intelligente, alors que je sais très bien que c’est une des filles les plus brillantes de la classe. Pourquoi y a-t-il tant de filles qui pensent que les garçons aiment les cruches?* (Extrait de la nouvelle de Yanik Comeau POUR L’AMOUR DE VIRGINIE, du recueil de l’AEQJ PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES). Ça vous donne je pense, un bon aperçu de l’atmosphère du recueil.

Même si j’ai aimé toutes les nouvelles, j’ai quand même ma préférée : LE GANG DES FOULARDS BLEUS de Michel Lavoie. À l’école qu’elle fréquente, Élise est fascinée par LA GANG DES FOULARDS BLEUS, une espèce de petite société secrète dont elle ne sait rien bien sûr mais à laquelle elle tente d’être initiée. Les adultes se rappelleront sans doute leur adolescence à l’école alors qu’ils faisaient partie, ou tentaient de faire partie d’un groupe secret ou un petit club fermé…pour les jeunes lecteurs, ce sera une découverte. En tout cas, dans la nouvelle de Michel Lavoie, tout le monde pourra vérifier la portée du proverbe TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE.

Je vous invite donc à découvrir ce bon petit recueil. En achetant les recueils de l’AEQJ, vous parrainez une très bonne cause. Vous encouragez les jeunes écrivains de la relève québécoise et croyez-moi, il y a du talent là-dedans et plein de promesses pour la pérennité de la littérature québécoise. En même temps, pourquoi ne pas parcourir la très belle collection CONQUÊTE des Éditions Pierre Tisseyre qui réunit une brochette d’auteurs qui ont enchanté et enchantent toujours la jeunesse francophone tels Robert Soulière, Denis Côté, Cécile Gagnon, Yves Beauchesne et David Schinkel, Louis Émond et plusieurs autres.

La littérature québécoise n’a pas fini de me surprendre…

         
1                                          2                                            3

       
4                                             5                                           6

          
7                                           8                                             9

10

1)      Francine Allard…MOLIÈRE ET LES ÉPINGLES À LINGE
2)     
Jean Béland…MOI, JE SUIVAIS…
3)     
Yanik Comeau…POUR L’AMOUR DE VIRGINIE
4)     
Cécile Gagnon…CINQ POULES AU DORTOIR
5)     
Diane Groulx…LE VAMPIRE
6)     
Michel Lavoie…LE GANG DES FOULARDS BLEUS
7)     
Sophie-Luce Morin…ENTRE LA MÉMOIRE ET L’IMAGINAIRE
8)     
Josée Ouimet…LES MÉMOIRES D’UN «GADOUSIER»
9)     
Stéphanie Paquin…1914
10) 
Louise-Michèle Sauriol…LES «FOUFOUNES» BLANCHES
N’apparaît pas sur les photos : Hélène Grégoire…C’EST LA FAUTE AU PETIT

BONNE LECTURE
JAILU
Le samedi 12 JANVIER 2019


LA DISPARITION DE MICHEL O’TOOLE

L'ÉNIGMATIQUE 389

LA DISPARITION DE MICHEL O’TOOLE
recueil de nouvelles

Commentaire sur le collectif québécois
réalisé sous
la direction littéraire de
TRISTAN MALAVOY-RACINE

*Puis un deuxième regard, juste à côté.
Et un troisième, non loin derrière. Un
nouveau tour sur moi-même achève de
me terrifier : on m’encercle.*
(Extrait : LE NORD MAGNÉTIQUE, Tristan
Malavoy, COLLECTIF «LA DISPARITION DE
MICHEL O’TOOLE» Les Éditions XYZ, 2015,
numérique, 278 pages)

LA DISPARITION DE MICHEL O’TOOLE est un collectif québécois de nouvelles traitant d’une seule et même histoire fictive. D’après une idée originale et sous la direction littéraire de Tristan Malavoy-Racine qui fait partie du collectif, huit auteurs québécois ont relevé le défi d’expliquer, chacun à sa façon,  la disparition de Michel O’Toole à partir du postulat suivant :
Un journaliste québécois originaire d’Irlande du Nord et installé au Québec depuis 2002, Michel O’Toole disparaît sans laisser de traces en mai, alors qu’il roulait à moto sur la route 389 reliant Fermont à Baie-Comeau. L’enquête policière n’a rien donné. «Comment peut-on ainsi s’évanouir dans la nature sans laisser la moindre trace?» Huit auteurs, huit points de vue, huit argumentaires différents. Une fascinante expérience littéraire.

LES NOUVELLES :

INTERMÈDE de Deni Béchard
AMIS D’ENFANCE de Chrysrine Brouillet
À HAUTEUR DES YEUX de Stéphanie Pelletier
LE NORD MAGNÉTIQUE de Tristan Malavoy
MICHEL O’TOOLE N’EXISTE PAS de Perrine Leblanc
ENTRE CIEL ET CRATÈRE de Mathieu Laliberté
À LA DOUCE MÉMOIRE DE MICHEL O’TOOLE de Daniel Bélanger
TERRITOIRES de Patrick Sénécal

L’ÉNIGMATIQUE 389
*2 juin, route 389, kilomètre 323
Je suis sur la route du retour. Le corps de Michel
se trouve derrière moi, dans le camion
réfrigéré de la SQ. Je présume qu’il est mort
d’une simple crise cardiaque et qu’un corbeau
ou un renard roux a grugé son cadavre et puis
c’est tout.*
(Extrait : ENTRE CIEL ET CRATÈRE, Mathieu Laliberté,
du collectif LA DISPARITION DE MICHEL O’TOOLE)

Dans ce livre donc, vous l’avez compris, huit auteurs planchent sur LA DISPARITION DE MICHEL O’TOOLE…huit auteurs sur le même thème, la même fiction…le même principe que celui appliqué au projet littéraire de Richard Migneault CRIME À LA LIBRAIRIE dont j’ai déjà parlé sur ce site.

J’ai trouvé le recueil intéressant quoique je me balance un peu dans une espèce d’ambivalence, comme si je m’attendais un peu à autre chose. En fait, dans ce collectif, le mystère plane beaucoup plus sur la VIE de Michel O’Toole que sur sa DISPARITION. Ça donne à l’ensemble un petit caractère mystique parfois agaçant. Bien sûr, on peut bien aligner 20 lecteurs et avoir 20 interprétations différentes. Moi, ça ne m’a pas impressionné.

Toutefois, plusieurs éléments m’ont plus. Par exemple j’étais heureux de renouer avec Maud Graham, la célèbre enquêtrice québécoise créée par Chrystine Brouillet et dont j’ai fait la connaissance dans LE COLLECTIONNEUR. J’ai trouvé la nouvelle de Patrick Sénécal particulièrement intéressante car il fait évoluer Michel O’Toole dans une espèce d’univers parallèle où il doit faire un choix parmi huit chemins à emprunter, chaque chemin portant le prénom d’un auteur du Collectif. Cette nouvelle étant la dernière du livre, ça évoque bien sûr une rétrospective de l’ensemble. Je souligne en passant qu’ayant vécu moi-même plus de 30 ans sur la Côte-Nord, j’estime que tous les auteurs ont magnifiquement dépeint l’aura qui entoure la périlleuse route 389.

Mon coup de cœur va au texte de Tristan Malavoy avec un fil conducteur clair, sans faille. Tout le développement aboutit sur un choix à faire. La finale est imprévisible. Deux petites déceptions en particulier : le texte de Mathieu Laliberté qui souffre d’un peu d’errance avec des extra-terrestres et du mysticisme. Denis Béchard lui a choisi de morceler son texte en <intermèdes> séparant ainsi chaque récit. L’idée est originale sauf que Béchard fait parler l’esprit d’O’Toole dans ce que j’appellerais un petit voyage introspectif. La plume est plus complexe et le fait de disséminer le texte un peu partout dilue sa compréhension et amène une certaine perte d’intérêt.

L’idée de base étant de permettre à des auteurs de rivaliser d’imagination dans le développement d’un seul et même thème est intéressante et sûrement stimulante pour eux. Je vois ici deux types de lecteur : celui qui est emballé par l’exploration de différentes visions d’un même postulat et celui lassé par le caractère répétitif de l’ensemble et qui a l’impression de passer de Michel O’Toole à Michel O’Toole. Ça ne vous avancera peut-être pas beaucoup mais je suis entre les deux.

Je recommande ce livre parce que le talent des auteurs fait pencher la balance du bon côté.

Natif de Sherbrooke, Tristan Malavoy est un véritable homme-orchestre. Il a publié des poèmes, des nouvelles, a fait paraître deux disques. Il a aussi connu et mis en scène des spectacles où la littérature côtoie la musique. Comme parolier, il a collaboré avec plusieurs artistes dont Ariane Moffat, Catherine Durand et Gilles Bélanger. Pendant une dizaine d’années, Tristan Malavoy a dirigé les pages littéraires de l’hebdomadaire VOIR, a signé une chronique littéraire de 2009 à 2014 à Télé-Québec. Au moment d’écrire ces lignes, il signe la chronique ARTS ET CULTURE du magazine L’ACTUALITÉ et dirige la collection QUAI NO 5 aux éditions XYZ. Il a publié chez Boréal un premier roman : LE NID DE PIERRE. Enfin, il a dirigé le projet littéraire LA DISPARITION DE MICHEL O’TOOLE.

BONNE LECTURE
JAILU
Le dimanche 19 août 2018