L’HISTOIRE DU QUÉBEC en 30 secondes

Je me souviens

L’HISTOIRE DU QUÉBEC
en 30 secondes

Les évènements les plus marquants
expliqués en moins d’une minute

Commentaire sur le livre de
SABRINA MOISAN
et
JEAN-PIERRE CHARLAND

*Il n’existe pas de rétroviseur qui permette de
voir le passé. La pluralité des récits suscite
maints débats qui dépassent les cadres de la
discipline pour envahir l’espace public. 
L’histoire d’une société nourrit la mémoire
collective, soulève les passions et  contribue
à la constitution d’identités fortes. L’histoire
devient ainsi une source de conflit…*
(Extrait : introduction à L’HISTOIRE DU QUÉBEC
EN 30 SECONDES, Sabrina Moisan, Jean-Pierre
Charland, Hurtubise 2014, éditions numérique et
de  papier, 160 pages)

Illustrations et maquette : Nathalie Duperré

L’HISTOIRE DU QUÉBEC EN 30 SECONDES est une synthèse du Québec à travers 55 événements importants de son histoire, depuis les premiers occupants avant même l’implantation de la colonie jusqu’aux accommodements raisonnables, en passant par la Nouvelle-France, les Patriotes, l’Expo 67, la Loi 101 et les référendums. L’ouvrage nous livre également le portrait de 8 personnalités importantes, plus ou moins connues, qui ont marqué l’histoire du pays. Le tout est illustré avec une iconographie vintage c’est-à-dire rafraîchie, réactualisée, remise au goût du jour. Un survol de 400 ans d’histoire et de faits marquants.

JE ME SOUVIENS
*Le roi de France veut faire de bons
français avec les «sauvages». Pour
cela, ces derniers doivent reconnaître
son autorité et devenir catholiques.*
(Extrait du chapitre consacré à
l’évangélisation)

Ce n’est pas un manuel d’histoire à proprement parler. Je le vois plutôt comme un recueil de capsules exposant, en surface, les grands thèmes de l’histoire du Québec avec des sous-thèmes, des photos et illustrations et quelques annotations biographiques. Les thèmes sont génériques et ne sont donc développés que dans leurs grandes lignes. Les thèmes sont choisis en fonction de leur importance et de leur caractère marquant ou valeur structurante. La mention *30 secondes* est un peu exagérée. Chaque capsule prend autour de deux minutes à lire et se divise de la façon suivante : Pour l’évènementiel :
1) Le thème principal (environ 1 minute 15)
2) Le condensé (3 ou 4 lignes) environ 10 secondes
3) Une petite réflexion (plus ou moins une minutes)
4) photo et suggestion biographique

Le volume propose aussi le portrait de huit personnes qui ont contribué à faire progresser le Québec comme par exemple Marie-Anne Barbel, pionnière du rôle des femmes dans la classe commerçante en Nouvelle-France. Chaque portrait se divise comme suit :
1) Présentation du personnage (environ 2 minutes)
2) Chronologie de la naissance au décès
3) Photo

Donc en lisant ce volume, on s’engage dans un survol des moments cruciaux de l’histoire. Il faut prendre le livre pour ce qu’il est : un recueil de thèmes expliquant l’essentiel seulement. Il faut se rappeler aussi que l’histoire du Québec fait l’objet d’une exégèse qui est loin de mettre tout le monde d’accord. Aussi, le petit volume nous donne des pistes d’interprétation et nous outille pour pousser plus loin la recherche sur un ou plusieurs sujets qui pourraient vous intéresser. C’est la principale force de ce livre et le principe est le même pour l’ensemble de la collection. (voir la liste) en tout temps, le lecteur et la lectrice conservent leur libre arbitre. Cette collection convient à tous et en particulier à la jeunesse. Beaucoup ne sont pas prêts à lire des briques sur des thèmes précis. Cette collection livre l’essentiel, le plus important. Elle surprend par sa concision tout en permettant au lecteur d’augmenter fortement ses connaissances et encore, de façon très agréable.

J’ai parcouru rapidement la collection. Je me suis attardé  sur quelques  titres .  Je me suis finalement arrêté à l’histoire du Québec. Moi, j’aime le concept. Il est bref c’est vrai, mais il est conçu pour ça. Si je veux pousser plus loin, et je l’ai déjà fait, j’utilise les annotations biographiques et je fonce. Tout en me limitant aux *30 secondes*, j’ai appris beaucoup de choses et sur certaines d’entre elles, j’ai pu préciser ma pensée. J’ai particulièrement apprécié le portrait des personnalités. Par exemple, Marie-Anne Barbel, citée plus haut. Sa connaissance des affaires et du commerce a inspiré les femmes de la Nouvelle France qui ont toujours eu à se battre contre un système machiste. J’en ai appris un peu plus aussi sur le roi du nord par exemple, le bon vieux Curé Labelle, qui a présidé à la colonisation des Laurentides.

Les petits livres sont bien vulgarisés, ils sont ventilés et clairs. Ils s’adressent à tous les âges et constituent pour les jeunes en particulier un excellent outil d’introduction pour les sujets qui les passionnent. La collection EN 30 SECONDES est un bon outil d’acquisition de connaissances. Excellent pour tous, parfaite pour les jeunes lecteurs et lectrices.

Écrivain et historien québécois né en 1954, Jean-Pierre Charland a publié plusieurs romans, dont L’Été de 1939, avant l’orage (2006) et La Rose et l’Irlande (2007), salués par la critique et appréciés du public. Sa saga LES PORTES DE QUÉBEC a connu un succès remarquable avec plus de 80 000 lecteurs.
Passionné d’Histoire et conteur hors pair, il offre aux lecteurs des récits à la fois authentiques et originaux. (Pause lecture)

 

Sabrina Moisan est professeure à l’Université de Sherbrooke. Elle s’intéresse à l’enseignement de l’histoire, à l’éducation, à la mémoire collective et à l’histoire du Québec.

 

 

 

D’AUTRES LIVRES DE LA COLLECTION

         

         

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 22 novembre 2020

UNE COLONNE DE FEU partie 2

Les ravages du fanatisme

UNE COLONNE DE FEU

Commentaire sur le livre de
KEN FOLLET (partie 2)

LES RAVAGES DU FANATISME
*Paré disait que si l’écharde n’avait pénétré que dans l’œil
du roi, il aurait pu survivre…Malheureusement, la pointe
s’était enfoncée jusqu’au cerveau. Paré mena des
expériences sur quatre criminels condamnés à mort,
leur plantant des éclats de bois dans les yeux pour
reproduire la blessure. Les quatre moururent. Il n’y
avait aucun espoir de sauver le roi.*

Pour compléter mon commentaire sur UNE COLONNE DE FEU, je dirai qu’il est difficile pour moi de dissocier la perception que j’ai du récit de mes convictions. L’auteur précise que le protestantisme était aussi loin d’être vertueux. Raison pour laquelle je pense que la neutralité de l’auteur est raisonnable.

Pour le reste c’est du grand Follet : insertion efficace de personnages fictifs dans des réalités historiques de premier plan, beaucoup de rebondissements, de l’émotion, et l’histoire est toujours d’actualité sauf qu’aujourd’hui, c’est l’Islam qui est pointé du doigt. Donc, quant à la tolérance, on ne peut pas dire que c’est une vertu dans notre société actuelle. Dans les petits moins, attention, il y a beaucoup de personnages. Ça devient mêlant. Mais les principaux acteurs étant bien mis en évidence, c’est tolérable. Quant au titre, je n’ai pas vraiment compris ce choix.

Enfin, je ne parlerai pas de fil conducteur, mais plutôt de personnage conducteur…de personnage-phare. Dans COLONE DE FEU, vous suivrez, tout au long du récit, l’évolution de Ned Willard qui est devenu espion au service de la reine Élizabeth 1ère, puis du roi Jacques. C’est un aspect extrêmement original que Follet a développé dans son récit : la nécessité et la création d’un cercle d’espions qui a été dans l’histoire, d’une redoutable efficacité. Naissance des services secrets…

Je sais que j’ai été long mais j’aimerais terminer en vous disant que si j’ai trouvé ce livre passionnant, il m’a ébranlé, à cause du caractère parfois brusque de la plume, mais surtout à cause des réalités historiques développées par Follet et dominées par la méchanceté, la cruauté et évidemment l’intolérance qui a tant fragilisé l’Europe au cours de l’histoire. Je vous recommande donc UNE COLONE DE FEU… du grand Follet.

Pour en savoir plus sur le protestantisme, cliquez ici.
Pour en savoir plus sur le massacre de la Saint-Barthélemy, cliquez ici.
Pour lire mon commentaire sur CODE ZÉRO de Ken Follet, cliquez ici.

Un élément de la conclusion du livre de Ken Follet, élément que j’ai trouvé extrêmement intéressant m’a amené à faire une recherche sur le MAYFLOWER, un navire marchand qui deviendra célèbre après avoir transporté dans le nouveau monde, en 1620, des passagers dissidents religieux. Plusieurs de ces passagers, pèlerins et autres sont considérés par beaucoup d’historiens comme faisant partie des premiers colons de ce qui deviendra les futurs États-Unis. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 20 novembre 2020

UNE COLONE DE FEU partie 1

Deux siècles après

UNE COLONNE DE FEU

Commentaire sur le livre de
KEN FOLLET (partie 1)

*Certains étaient suffisamment exaspérés par la
corruption de l’Église pour prendre le risque
d’assister à des cultes protestants clandestins,
même si c’était un crime. Pierre fit mine d’être
scandalisé. «Ces gens devraient être mis à mort.»*
(Extrait : UNE COLONNE DE FEU, Ken Follet, Éditions
Robert Laffont, 2017, édition de papier, 925 pages)

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu’il connaissait va changer à tout jamais… La ville est déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu’il voulait épouser, Margery Fitzgerald. L’accession d’Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l’Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France ou la séduisante Marie Stuart – considérée comme l’héritière légitime du royaume anglais– attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l’un des espions de la reine. Dans ce demi-siècle agité par le fanatisme qui répand la violence depuis Séville jusqu’à Genève, les pires ennemis ne sont cependant pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n’importe quel prix.

Deux siècles après
UN MONDE SANS FIN
*Ils se rendront de nuit au château de ma sœur,
l’actuelle comtesse de Shiring. Elle organise des
offices religieux catholiques en secret depuis des
années et dispose déjà de tout un réseau de
prêtres clandestins. De là, ils se disperseront
dans toute l’Angleterre*
(Extrait : UNE COLONNE DE FEU)

L’histoire d’une Europe instable et agitée. Elle est agitée et meurtrie par une guerre sans merci que se livrent les ultra-catholiques et les protestants qui, sous l’impulsion de Jean Calvin ont décidé de faire sécession d’une église contrôlante, austère, orthodoxe dirigée par des papes incompétents assis sur l’argent, le pouvoir et l’ambition. Pour comprendre l’histoire, il faut saisir toute l’ampleur de l’intolérance catholique, le contexte politique, spécialement en Angleterre, le durcissement du protestantisme qui deviendra aussi intolérant. Le résultat est une bombe meurtrière au nom d’une étiquette empoisonnée : la religion de l’église.

Ken Follet livre un récit historique avéré dans lequel il a inséré des personnages fictifs avec des intrigues. C’est sa grande force. Il passe en revue les grands moments de la crise de religion à partir de 1558 où Élizabeth 1ère accède au trône d’Angleterre, établit l’autorité de l’Église protestante anglaise dont elle deviendra la gouverneure suprême, elle créera les tout premiers services secrets anglais. Par la suite, le pape aura l’idée brillante d’excommunier Élizabeth, répudier sa religion et inciter les anglais à la désobéissance. Dans un crescendo dramatique, Follet passe en revue l’exécution de Marie Stuart, la tentative de l’Espagne d’envahir l’Angleterre et d’y faire agir l’inquisition. Follet met tous les éléments en place qui conduiront inexorablement au massacre de la Saint-Barthélemy : chaque protestant de la noblesse était désigné pour être assassiné par un ultra-catholique …des milliers de morts ensanglantés ont jonché les rues de Paris et d’une vingtaine d’autre villes pendant des semaines. Suite à cet indescriptible carnage, le Pape aurait envoyé une lettre de félicitations au roi de France. N’est-ce pas édifiant ? Pour un saint homme ?

C’est une parenthèse très personnelle, mais on dirait qu’il y a beaucoup de gens, dont des rois et des saints pères qui ont oublié le message pourtant très simple qu’un jeune homme adulé a livré un jour sur une montagne : AIMEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES et non *tuez-vous les uns les autres* et pour des chicanes de doctrines encore. J’ai trouvé le livre dur, très direct. Il y a quelque chose de dérangeant dans la justesse du propos. Au moins, à plusieurs reprises dans le récit, j’ai senti l’appel à la tolérance, c’est-à-dire cette capacité d’admettre que mon voisin, ami ou cousin peu importe ait une manière différente de la mienne de vivre et de penser. Il ressort de l’ensemble de l’œuvre une mise en valeur, sinon une glorification de la tolérance. Et les exemples sont nombreux…

*Margery était consternée. Les catholiques allaient massacrer les protestants, et inversement. Mais un disciple du Christ n’était pas censé manier l’épée ni tirer le canon, pas plus que tuer ou estropier. (Extrait) 

*Nous ne voulions qu’une chose, un pays où chacun pourrait faire la paix avec Dieu comme il l’entend* (Extrait) 

*La simple idée que des êtres humains puissent être autorisés à pratiquer la religion de leur choix provoqua plus de souffrances que les dix plaies d’Égypte*. (Extrait)

Le prochain article sera consacré à la suite et la fin de mon commentaire sur UNE COLONNE DE FEU

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 15 novembre 2020