L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU

L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU

Commentaire sur le livre de
H.G. WELLS

*Qui sont ces créatures? M’écriais-je, en les indiquant
du doigt et élevant de plus en plus la voix pour qu’ils
m’entendissent. C’était des hommes – des hommes
comme vous, dont vous avez fait des êtres abjects par
quelque flétrissure bestiale – des hommes dont vous
avez fait vos esclaves, et que vous craignez encore.*
(Extrait : L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, Herbert George Wells,
1896, texte libre de droit édité numériquement en 2005 par
ebooksgratuits, 161 pages)

Survivant d’un naufrage, Edward Prendick est secouru par Montgomery, passager d’un navire faisant route vers une mystérieuse île perdue avec une cargaison d’animaux. Une fois débarqué sur l’île, Prendick fait la connaissance du vieux docteur Moreau et ne tarde pas à découvrir que Moreau et son assistant, Montgomery se livrent à de sordides expériences visant à transformer des animaux, par vivisection, greffes et tentatives chirurgicales en hommes capables de penser et de parler. Puis, Moreau est assassiné par un *homme-bête* suivi de Montgomery, tué à son tour. Un homme-puma rompt l’équilibre de l’île. Prendick se retrouve seul avec les créatures, gagnant leur respect. Il finira bien par s’enfuir de l’île à bord d’un radeau mais il est destiné à être poursuivi pour le reste de sa vie par les images troublantes des monstres créés par le docteur Moreau.

NOTE :
DÉFINITION DE *VIVISECTION* :
Dissection opéré sur un animal vertébré vivant, à titre d’expérience scientifique, en particulier dans le but d’établir ou de démontrer certains faits en physiologie ou en pathologie. D’une manière générale, elle désigne toute opération chirurgicale invasive à titre expérimental. Son utilité scientifique, et sa justifiabilité éthique sont le sujet de controverses. (source : Wikipédia)

LES RÈGLES DE L’ABERRATION
«Ne pas marcher à quatre pattes»
«Ne pas laper pour boire»
«Ne pas manger de chair ni de poisson»
«Ne pas griffer l’écorce des arbres»
«Ne pas chasser les autres hommes»
«Ne sommes-nous pas des Hommes?»

Ceux et celles qui lisent régulièrement mes commentaires savent bien qu’à l’occasion j’aime revenir à la lecture d’un classique. Par définition, les classiques ne se démodent pas. Il y a plusieurs raisons à cela, j’en citerai deux : à cause des thèmes intemporels qui sont développés et qui sont toujours prisés par le lectorat ou à cause du caractère à la fois fantastique et visionnaire des sujets traités. À ce dernier titre, plusieurs auteurs ont attiré et attirent toujours mon attention : George Orwell, Ray Bradbury, René Barjavel, Jules Verne bien sûr, Isaac Asimov, Frank Herbert et plusieurs autres dont celui qui nous intéresse aujourd’hui : Herbert George Wells, connu sous la signature H.G. Wells.

Bien sûr en littérature, le réalisme se mesure avec le temps. Je dirai que le caractère visionnaire de Wells a été extrêmement puissant. Par exemple, dans L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, Wells a très vite compris quelles seraient les conséquences d’une mauvaise prise en charge de la manipulation des corps humains en général et de la manipulation génétique en particulier. Ici, dans L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, la vivisection prend une énorme valeur de symbole de la bêtise humaine, Moreau excluant complètement toutes considérations éthiques et morales : J’étais convaincu, maintenant absolument certain que Moreau était occupé à viviséquer un être humain. Depuis que j’avais, pour la première fois après mon arrivée, entendu son nom, je m’étais sans cesse efforcé…de rapprocher de ses abominations le grotesque animalisme de ses insulaires; et maintenant, je croyais tout deviner…ces victimes que j’avais vues étaient les victimes de ses hideuses expériences. (Extrait)

Le narrateur est donc piégé sur l’île de Moreau, peuplée de créatures effrayantes, artificiellement créées, des animaux humanisés difformes et monstrueux, des aberrations. Connaissant la plume extrêmement descriptive et détaillée de Wells, on a un petit roman d’anticipation qui évoque mort, angoisse, peurs et cauchemars. Je m’attendais à quelque chose de génial qui allait me pousser au questionnement. Je n’ai pas été déçu. Comment se positionne le monde animal dans le monde humain et vice-versa. Quelles sont les limites de la science et de l’expérimentation. A-t-on le droit de faire souffrir au nom de la science? Dans le livre on va jusqu’à la torture et à la limite, peut-on se prendre pour Dieu?

Il y a des choses dans ce livre qui sont carrément impossibles. Par exemple, on sait qu’il est impossible d’humaniser un animal mais on sait aussi qu’à partir de la manipulation génétique, on peut créer ce qu’il était convenu d’appeler autrefois des chimères.

Ce livre n’est pas très long mais il comporte les petits côtés agaçants habituels propres à Wells. Les descriptions sont parfois lourdes et les explications scientifiques longues et complexes et puis la traduction laisse vraiment à désirer. Mais je crois qu’il vaut la peine d’être lu et qu’il ne vous laissera pas indifférent, spécialement le chapitre où le docteur Moreau justifie ses travaux à Edward Prendick, le narrateur prisonnier de l’île. Aucun scrupule, aucun sens de l’éthique. Le cher docteur ne s’encombre ni d’empathie ni de morale.

120 ans après sa publication, L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU de H.G. Wells demeure d’une troublante actualité.

Herbert George Wells (1866-1946) est un écrivain britannique, considéré comme le père de la Science-Fiction. Plusieurs  de ses romans ont marqué la littérature à partir de son tout premier publié en 1895 : LA MACHINE À REMONTER LE TEMPS. Journaliste, professeur et libre-penseur, Wells a été le premier auteur a donné un caractère éthique à la littérature de science-fiction en dénonçant les abus d’une technologie omniprésente et d’une course effrénée vers le progrès. Il aura été une inspiration pour plusieurs auteurs de renom qui ont suivi dont Isaac Asimov, Orson Welles, René Barjavel et plusieurs autres. Il a écrit plus de 80 romans.

VOIR AUSSI MON COMMENTAIRE SUR LA GUERRE DES MONDES DU MÊME AUTEUR

 L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU AU CINÉMA

Il y a eu principalement trois adaptations cinématographiques du classique de Wells.


                 1                                            2                                          3

1)    L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, adapté au cinéma en 1933 par Earl C. Kenton avec Charles Laughton dans le rôle du Docteur Moreau.

2)    L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, adapté au cinéma en 1977 par Don Taylor avec Burt Lancaster dans le rôle du Docteur Moreau.

3)    L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU, adapté au cinéma en 1996 par John Frankenheimer avec Marlon Brando dans le rôle du Docteur Moreau.

BONNE LECTURE
JAILU
Le dimanche 15 octobre 2017

 

AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE

AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE
(tome 1)

Commentaire sur la série initiée par
NUMERIKLIVRES

*J’opte délibérément pour la vie ! déclara Antoine.
Les habitants de Mars, avec lesquels nous espérions
échanger des vérités premières, font partie des plans
qui, vraisemblablement, ne permettent aucune
communication intellectuelle.*
(Extrait du recueil AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE, 1ère
nouvelle : LES NAVIGATEURS DE L’INFINI, J.H. Rosny
aîné, 1925. Numeriklivres, 2012, éd. Numérique)

La collection « Au-delà de l’imaginaire » est une initiative de Numeriklivres consacrée à des classiques de la science-fiction ou du fantastique qui ont sans conteste inspiré les créateurs de séries télé des années 60 telles qu’« Au-delà du réel » ou « La quatrième dimension », devant lesquelles des millions de téléspectateurs ont vécu par procuration des aventures étonnantes chargées d’angoisse et de suspense, le tome 1 propose trois textes de maîtres incontestés du genre.

LES NAVIGATEURS DE L’INFINI de J.H. Rosny Aîné : un voyage d’exploration sur la planète Mars, qui reprend les thèmes chers à cette époque où l’espace intersidéral est plein des promesses de mondes meilleurs, de races supérieures et d’espoirs de migrations futures pour les terriens. Un voyage riche en aventures et en danger.
LE SIGNALEUR de Charles Dickens : le narrateur rencontre un soir un signaleur de chemin de fer qui lui dit recevoir la visite d’un spectre qui le met en garde contre un accident ferroviaire. Dans ce texte se mêlent rationalité et forces occultes, naturel et surnaturel, et les situations ambiguës ne manquent pas.
PETITE DISCUSSION AVEC UNE MOMIE d’Edgar Allan Poe : Les directeurs du City Museum ayant donné leur accord pour l’examen d’une momie égyptienne, l’assemblée des « spécialistes » réunis pour ouvrir le sarcophage a la surprise de découvrir un être on ne peut plus vivant. S’en suit une conversation des plus loufoques, avec le génie de Poe et son humour cynique.

 À gauche: J.H. Rosny ainé (1856-1940), au centre :  Edgar Allan Poe (1809-1849) à droite: Charles Dickens (1812-1870)

Ce n’est pas une défaillance de votre liseuse
*Le mécanicien coupa la vapeur et freina, mais le
train roula encore jusqu’à quelque cent cinquante
mètres d’ici. Je courus derrière et, tout en courant,
j’entendis des cris et des appels terrifiants.
(extrait : LE SIGNALEUR, Charles Dickens)

Une toute nouvelle collection, tout à fait dans mes cordes, une excellente initiative de Numeriklivre. J’attends beaucoup de cette collection car elle pourrait réunir la fine fleur des auteurs et des titres dans l’univers fort bien meublé de la science-fiction et du fantastique et qui faisait mon régal quand j’étais adolescent. Ce sont des livres indémodables et j’en lis encore d’ailleurs, mon appétit pour les classiques ne s’étant jamais tari.

C’est ainsi qu’on pourrait voir réunis dans la même collections les grands maîtres de la littérature de science-fiction et de fantastique tels René Barjavel, H.P. Lovecraft, H,G. Wells, Ray Bradbury, Isaac Asimov, Jules Verne, Bram Stoker, Théophile Gautier, Stephen King, Dean Koontz, Edgar Allan Poe, Robert-Louis Stevenson et j’en passe.

Le tome 1 réunit Rosny Aîné, Dickens et Poe. Au moment d’écrire ces lignes, le tome 2 vient de paraître, on y trouve les trois titres suivants : LA MORT DE LA TERRE de J.H. Rosny Aîné : Dans un très lointain futur, l’espèce humaine survit dans un état désabusé sur une terre devenue désertique et aride. TOC…TOC…TOC… d’ Ivan Sergueïevitch Tourgueniev, Une histoire à l’atmosphère étrange, sublimée par une nuit d’hiver engluée dans un épais brouillard qui fausse jusqu’à la capacité de raisonnement. L’INDICIBLE de Howard Phillips Lovecraft, Une discussion entre un enseignant à l’esprit cartésien et un romancier à l’esprit plus fantasque, une nuit, sur une pierre tombale fissurée, près d’une vieille maison abandonnée qui a, dit la légende, un passé diabolique. Ici, le caractère prometteur de la série ne se dément pas.

Je ne me lancerai pas ici dans la critique des titres. Des millions de lecteurs ont déjà rendu des verdicts plus que favorables au fil des générations. Je dirai simplement au sujet de la série qu’elle est présentée très simplement, sans artifice. Chaque volume comprendra trois livres, romans ou nouvelles qui s’enchaîneront tout naturellement. Le volume que j’ai lu, c’est-à-dire le tome un était très bien présenté. Les pages sont très bien ventilées. L’ensemble est agréable à lire.

Donc c’est une série qui promet. Il ne manque qu’un petit préambule du genre de celui d’AU-DELÀ-DU RÉEL, une série télé des années 60 dont je me régalais. Son préambule est passé à l’histoire d’ailleurs : *Ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur, n’essayez donc pas de régler l’image. Nous avons le contrôle total de l’émission : contrôle du balayage horizontal, contrôle du balayage vertical. Nous pouvons aussi bien vous donner une image floue qu’une image pure comme le cristal. Pour l’heure qui vient, asseyez-vous tranquillement. Nous contrôlerons tout ce que vous allez voir et entendre. Vous allez participer à une grande aventure et faire l’expérience du mystère avec « Au-delà du réel».*

Voilà ce que j’attends de la collection AU-DELÀ DE L’IMAGINAIRE : participer à une grande aventure et faire l’expérience du mystère. Jusqu’à maintenant, la collection est jeune mais c’est prometteur.

Fondée en 2010 par Jean-François Gayrard, Éditions Numériklivres est une maison d’édition francophone qui publie aussi bien au format numérique qu’au format papier. Son catalogue généraliste se décline en différentes collections dont littérature générale, polar, science-fiction, fantastique, littérature sentimentale, érotique et littérature jeunes adultes. Les titres au format numérique sont diffusés sur l’ensemble des plateformes légales, disponibles également en format papier sur numeriklivre.info ou dans une librairie. À ce jour, la maison a publié à compte d’éditeur des œuvres de fiction inédites de près de 80 auteurs de toute la francophonie.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 1er octobre 2017

LIVRE DE SANG

L I V R E  DE  S A N G

Commentaire sur le livre de
CLIVE BARKER

*Pour quelle raison les puissances des ténèbres
(qu’elles tiennent une cour éternelle! Qu’elles
chient éternellement leur lumière sur la tête
des damnés!) L’avaient dépêché de l’enfer pour
tourmenter Jack Polo, voilà ce que le cacophone
ne parvenait pas à découvrir.*
(Extrait : LIVRE DE SANG, titre original : BOOK OF BLOOD
volume 1, Clive Barker, t.f. Alabin Michel, 1987. Édition
numérique 185 pages)

LIVRE DE SANG est le premier d’une série de 6 recueils de nouvelles publiés en 1984 et 1985 et traduits chez Albin Michel entre 1987 et 1992. Ce premier tome porte le titre de la série. Les récits plongent le lecteur dans un univers gore où se côtoient le normal et le paranormal. Dans la première nouvelle qui est l’entrée en matière de la série, on suit l’expérience de Simon McNeal, un escroc de petite envergure qui se fait passer pour un médium. Mais son escroquerie se retourne contre lui et McNeal devient victime de toute cette horde de morts qu’il a invoqués. C’est ainsi que des livres de sang vont s’imprimer sur sa chair. Les nouvelles sont sans liens entre elles mais elles ont toutes un point en commun : des scènes et des situations d’une horreur sans nom : géants sanguinaires, corps convulsés…un regard sur les ténèbres de l’âme…

Gore…riens de moins
*Il connaissait les victimes et il connaissait
les garçons. Il ne s’agissait pas de débiles
incompris mais de créatures aussi vives,
féroces et amorales que les lames de
rasoir dissimulées sous leurs langues. Ils
n’en avaient rien à faire des sentiments,
ils voulaient juste sortir…
(Extrait : LIVRE DE SANG)

LIVRE DE SANG est une trouvaille au sujet original. Pour bien saisir l’originalité de l’ensemble, il faut d’abord se concentrer sur la première nouvelle qui porte le titre de la série. C’est l’entrée en matière qui m’a plongé dans des mondes glauques et gores. Cette première nouvelle suit l’expérience de Simon McNeal qui se dit médium mais qui n’est rien d’autre qu’un petit escroc. Les fantômes invoqués jugent que l’escroquerie de McNeal est punissable et décide d’imprimer leur histoire dans sa chair. C’est ainsi que McNeal devient LIVRE DE SANG.

Je ne peux pas détailler vraiment les nouvelles sans nuire à l’effet de surprise. Je peux dire toutefois que j’ai été happé par chaque nouvelle, heureuse victime d’une écriture puissante, bénéficiant en plus d’une excellente traduction. J’avais entendu parler de Clive Barker. Pour ce que j’en savais, je le comparais un peu à Stephen King, Edgar Allan Poe ou Doug Bradley. Pendant la lecture, c’est avec bonheur que j’ai constaté que le style se rapprochait plus d’un géant que j’adore : H.P. LOVECRAFT (1890-1937) dont le livre LES MONTAGNES HALLUCINÉES m’avait fortement impressionné.

Chaque nouvelle est empreinte d’opacité et d’horreur, mais une horreur dosée et manipulée de façon à garder le lecteur dans le coup, lui retirant l’envie de fermer le livre. Il y a même une place pour l’humour. Il y a aussi des passages où le lecteur pourrait ressentir du dégoût. L’épouvante est présente partout, mais c’est bien écrit et surtout très bien dosé. Comme vous voyez, il y en a un peu pour tous les goûts.

Il y a pour chaque nouvelle un fil conducteur qui est aussi le reflet de l’ensemble de la saga et ce fil n’est pas sans ébranler ou tout au moins porter à la réflexion ceux et celles qui croient aux sciences paranormales, à savoir que les morts regrettent d’être morts et reviendraient volontiers dans une enveloppe de chair, pour repartir à zéro peut-être, éviter les erreurs déjà commises ou finir une mission…allez savoir.

Je recommande ce livre, spécialement aux consommateurs de littérature de l’imaginaire. La plume de Barker est superbe. Ça ne vous laissera pas indifférent. La série porte extrêmement bien son titre. Vous verrez très vite pourquoi…

 LA SÉRIE *LIVRE DE SANG*

C L I V E   B A R K E R

Clive Barker est un romancier anglais né à Liverpool en 1952. Il est aussi dramaturge, scénariste de bandes dessinées, peintre et cinéaste. À ce dernier titre, il a réalisé et scénarisé en 1988, le film HELLRAISER LE PACTE, un film d’épouvante inspiré d’une de ses nouvelles. Suite à ses études en littérature anglaise et en philosophie, Barker écrit d’abord des pièces de théâtre, puis sort son premier roman LE JEU DE LA DAMNATION en 1985. Plus de 25 livres suivront, sans compter les films réalisés ou scénarisés. Son parcours comprend quelques chefs-d’œuvre dont IMAJICA publié en 1991. Au moment d’écrire ces lignes, Clive Barker, qui ne cache pas son homosexualité, vit à Los-Angeles avec David E. Armstrong.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 4 juin 2017