LE MYSTÈRE MENGELE

Sur les traces d'un monstre

LE MYSTÈRE MENGELE

Commentaire sur le livre de
JORGE CAMASARA

*Dès son arrivée, Mengele fit preuve d’une grande
activité… Il reçut bientôt le titre de «monstre» et
d’«ange de la mort» chez les prisonniers…ils se
souvenaient de lui à cheval, au milieu des victimes
…toujours une cravache de cuir à la main…*
(Extrait : LE MYSTÈRE MENGELE, Jorge Camarassa,
Robert Laffont, 2008, édition de papier, 179 pages)

Fruit d’une longue et rigoureuse enquête, le livre raconte un obscur épisode de l’exil en Amérique latine de l’un des plus grands criminels de guerre. Jeune savant eugéniste, Josef Mengele fut chargé de faire exploser le taux de naissances aryennes, afin de fournir les futurs soldats du Reich. À Auschwitz, il sélectionnait à l’arrivée des trains des enfants, juifs et tziganes – souvent des jumeaux –, sur lesquels il pratiquait d’effroyables expériences. En 1945, avec la complicité du Vatican, il échappe à la justice des Alliés et parvient à s’enfuir en Amérique latine où il officie comme médecin  alors  dans une ville frontalière du Brésil. Dès lors, les naissances de jumeaux se multiplient…tous blonds aux yeux bleus… les scientifiques n’ont pas d’explications à ce phénomène, mais pour l’historien Jorge Camarasa, on ne peut écarter l’hypothèse troublante : serait-ce là l’oeuvre du docteur Mengele ?

SUR LES TRACES D’UN MONSTRE
*Josef Mengele a passé ses dernières années
au Paraguay, dans cet enchevêtrement de
confusions, de soupçons et de données
improbables sur sa vie ou sa mort.*
(extrait)

C’est un livre qui rassemble des hypothèses sur la vie et la mort de Joseph Mengele, un des plus grands criminels de guerre de l’histoire et probablement le plus insaisissable, après sa fuite d’Auschwitz en 1945. Mengele était obsédé par une mission qui n’était rien d’autre qu’une manifestation eugénique tordue et dépravée : produire des jumeaux 100% Aryens afin de fournir des soldats au Reich. : *Si on peut être sûr de quelque chose avec cet individu insaisissable, c’est que Mengele n’a jamais renoncé dans sa tâche…Son obsession pour les jumeaux le marquera jusqu’à sa mort. *  (extrait)  À Auschwitz, surnommé « l’Ange blond de la mort », il sélectionnait à l’arrivée des trains des enfants juifs et tziganes sur lesquels il pratiquait d’effroyables expériences. En 1945, il échappe à la justice des Alliés et parvient à s’enfuir en Amérique latine. Au début des années 1960, on le retrouve médecin itinérant, féru de gynécologie, à Candido Godoi, une ville frontalière du Brésil dans laquelle vit une communauté allemande. Depuis 1963, plus de cent paires de jumeaux sont nées dans la petite ville de sept mille habitants. Une proportion qui dépasse l’entendement. Pour l’auteur-historien Jorge Camarasa, on ne peut écarter cette question troublante : serait-ce là l’oeuvre du sinistre docteur Mengele ? Ce livre est le fruit d’une enquête sur l’itinéraire de Mengele dans son exil en Amérique latine et tente d’expliquer pourquoi il n’a jamais été arrêté.

On sait que Mengele était un monstre sans conscience et dont les atrocités ont été largement détaillés dans beaucoup de livre et dans la presse. On sait qu’il envoyait des prisonniers à la mort en souriant ou en sifflant une chanson et qu’il se gardait les autres pour ses abominables expériences. Le livre de Camarasa ne s’attarde pas aux bassesses de Mengele mais plutôt à son errance en exil d’une part et son obsession pour la gémellité d’autre part. *…son histoire, sa correspondance, ses antécédents laissaient clairement apparaître son seul leitmotiv dans l’existence : l’expérimentation génétique. * (Extrait) Dans le livre, une phrase en particulier m’a intrigué car elle résume très bien le caractère insaisissable du personnage : *Joseph Mengele a passé ses dernières années au Paraguay dans cet enchevêtrement de confusions, de soupçons et de données improbables sur sa vie et sa mort. * (Extrait)

C’est un livre intéressant qui nous*rappelle de ne pas oublier* ces millions de personnes assassinées pour satisfaire une ambition eugénique et qui nous motive à exercer une tolérance zéro sur ces monstruosités. Toutefois, le quatrième de couverture mentionne que l’enquête de Camarasa est rigoureuse. Elle l’est sûrement. C’est un livre sérieux mais je constate malheureusement que tous les éléments qu’on y retrouve ne font qu’alimenter la légende entourant Joseph Mengele. Il y a beaucoup d’hypothèses, beaucoup de questions, mais peu de réponses.

Une chose est sûre, c’est que certains régimes politiques latins ont protégé Mengele et agissaient comme des sympathisants à la cause Nazie même si la défaite a dissout le régime. Le livre met en perspective des collaborations, des complicités, des associations douteuses, de la protection. Il semble que même pendant son exil, Mengele inspirait la crainte. Je suis donc resté un peu sur ma faim. Bien sûr, je peux poursuivre mes recherches avec des livres plus récents, mieux documentés. Pour ce qui est de LE MYSTÈRE MENGELE, la zone grise de la vie de Mengele demeure encore beaucoup trop vaste.

Jorge Camasara (1953-2015) était un écrivain et journaliste argentin diplômé en sciences de l’information par l’Université nationale de La Plata et qui a vécu à Córdoba. Il a travaillé dans plusieurs journaux et a servi en tant que conseiller du Centre Simon Wiesenthal.
Il a aussi participé à des colloques, et donné des conférences dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe. Sa bibliographie comprend près d’une quinzaine de livres dont quelques-uns sont devenus référentiels.

Bonne lecture
Claude Lambert
Vendredi 27 novembre 2020

AFFAIRES ÉTRANGES

De l'anormal au paranormal

AFFAIRES ÉTRANGES

Commentaire sur le recueil de
JOSLAN F. KELLER

*Depuis longtemps j’ai fait mienne cette citation
de Baudelaire dans LE SPLEEN DE PARIS : <J’aime
passionnément le mystère, parce que j’ai toujours
l’espoir de le débrouiller. >*
(Extrait de l’introduction AFFAIRES ÉTRANGES, recueil
d’histoires. Joslan F. Keller, Scrinéo éditions, 2018.
édition numérique, 210 pages, catégorie Essai)

16 histoires saisissantes, à peine croyables… et pourtant authentiques. Par Joslan F. Keller, historien de l’étrange et spécialiste du paranormal. Des ingénieurs brésiliens retrouvés morts sur une colline avec des masques de plomb sur le visage… Un esprit frappeur qui ne se trompe jamais… Un sous-marin qui se volatilise avec son équipage… Un agriculteur qui se trouve nez-à-nez avec des créatures inconnues dans un champ…Deux femmes qui disent avoir entendu les sons fantômes d’une bataille vieille de dix ans… Parmi ces “Affaires étranges”, certaines ont une explication, d’autres pas, mais toutes questionnent notre rapport au monde et à l’inconnu.

DE L’ANORMAL AU PARANORMAL
*…car il ne faut pas se mentir, ce n’est pas la vérité qui va
émerger de ces cloaques virtuels, mais bien un
abêtissement généralisé, ce que j’appelle le triomphe
de l’imbécillité. Il n’y a aucun progrès, ni découverte à
attendre de ces contenus, juste le sentiment chimérique
et dévastateur de maîtriser l’immaîtrisable. *
(Extrait faisant référence aux fausses informations sur les
réseaux sociaux et sur l’obscurantisme)


Toutes les affaires rapportées dans ce recueil évoquent des évènements qui ont beaucoup de points en commun : Ils se sont déroulés dans des endroits isolés, il y a peu ou pas de témoins. Dans presque tous les cas, il y a distorsion du temps et de l’espace. Les gens qui ont vécu ces étranges évènements ont une crédibilité qui va de très bonne à excellente. Autre point en commun rencontrés très souvent dans ce type de littérature est le déni officiel qui passe par de vagues explications, souvent absurdes ou qui ne s’appliquent tout simplement pas : le canular, l’hallucination collective, la blague, la prise de substances. L’explication la plus courante et la plus souvent évoquée est la manipulation parce qu’elle implique des expériences secrètes de manipulation psychologique menées par l’armée et comme ce que fait l’armée dans ses recherches est ultra-méga-super-top secret, ça nous amène à de longs et complexes épisodes de désinformation, un phénomène dans lequel les agences de renseignements et les gouvernements sont passés maîtres.

Morale de l’histoire, aucune de ces histoires qui sont certifiées vécues je le rappelle, ne connaîtra de conclusion définitive, d’explications satisfaisantes et finales. On ne peut même pas conclure à l’authenticité des faits et ce malgré l’intervention de hautes autorités dans ce type d’enquête comme les ufologues par exemple, le plus célèbre étant sûrement Gérard Deforge qui s’est penché entre autres sur l’un des dossiers les plus spectaculaires de l’ufologie française : l’hallucinante affaire d’Haravilliers. Donc pour chaque histoire, le livre rapporte le déroulement, fait état des efforts pour expliquer les phénomènes et propose des hypothèses qui ont toutes leurs petites faiblesses. Dans plusieurs cas, on se rapproche toutefois des explications plausibles. Le livre rapporte beaucoup d’histoires sur des ovnis, il y en a aussi sur les esprits frappeurs, des crimes inexplicables. Il y a même une recherche sur la relique des reliques : L’Arche d’Alliance. Tous ces sujets qui échappent à notre compréhension sont réunis dans un terme générique reconnu : Le paranormal.

Ce n’est pas le premier recueil publié sur des affaires possiblement paranormales, ce ne sera pas le dernier non plus. Ce sont des sujets qui pullulent en littérature. Au final, les histoires se ressemblent. Reste à savoir si on doit y croire. À ce propos, je ne peux que citer la réponse d’une question à laquelle l’auteur Joslan F. Keller répond très souvent : *L’important n’est pas de croire mais de chercher.* (extrait) Personnellement, j’aime à me replonger dans ce genre d’histoires qui me confortent à l’idée que nous ne sommes pas seuls, qu’il y a des mondes parallèles, des univers, des êtres dont les lois nous échappent.

Je suis intimement convaincu que nous sommes visités, que les autorités le savent et qu’elles gardent le secret sous peine de mort, de menaces et de harcèlement. On craint que la planète ne soit pas prête à connaître ce dont tout le monde se doute déjà et sombre dans la panique, ce qui est pour moi, le comble de l’absurdité. Nous ne sommes plus à l’époque d’Orson Wells qui a adapté LA GUERRE DES MONDES de H.G. Wells pour le réseau CBS, créant un vent de panique à travers les États-Unis.

Évidemment, c’est une question de convictions personnelles. Bien que les livres répertoriant des phénomènes et des affaires étranges se ressemblent, j’ai beaucoup apprécié l’approche de Keller dans son livre. Sa démarche d’historien de l’étrange reste humble et sa démarche d’une approche raisonnée et objective me semble très crédible. J’aime aussi sa façon de dénoncer la désinformation. Cette approche particulière donne à son livre un cachet original. L’auteur nous invite à rester humbles face à ce qui nous dépasse. Aussi, évite-t-il soigneusement de verser dans le spectaculaire et de garder une démarche pragmatique, ne perdant pas de vue la recherche de la vérité.

C’était un très bon moment de lecture.

Joslan F. Keller est né aux deux tiers du siècle dernier. On sait très peu de choses sur lui, hormis qu’il a d’abord cherché sa voie dans le journalisme et la production de films. Aujourd’hui, il baigne dans le milieu des nouvelles technologies, travaillant le jour, écrivant la nuit.
Grand amateur de musique rock et de mystères irrésolus, Joslan F. Keller mène des enquêtes virtuelles sur le Net. Grand voyageur dans l’âme, il entreprend souvent des expéditions sur des sites historiques bien réels. En plus d’AFFAIRES ÉTRANGES, il est l’auteur de deux romans de la série jeunesse “Via Temporis” (éditions Scrinéo) ainsi que d’un ouvrage adultes “Les Dossiers Inexpliqués”, toujours chez Scrinéo.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le samedi 21 novembre 2020

GRAVÉ SUR CHROME

VERTIGE HYPERTECHNOLOGIQUE

GRAVÉ SUR CHROME

Commentaire sur le recueil de
WILLIAM GIBSON

*Le Drome puait le trafic : arrière-goût métallique
de tension nerveuse. Des malabars éparpillés
dans la foule jouaient des biceps en échangeant
de minces sourires glacés et certains étaient
noyés sous de telles masses de muscles greffés,
qu’ils n’avaient presque plus figure humaine.*
(Extrait : GRAVÉ SUR CHROME, recueil de nouvelles
de William Gibson, T.F. : Éditions La Découverte, 1987.
Édition numérique, 190 pages)

GRAVÉ SUR CHROME est un recueil de nouvelles au style cyberpunk évoquant un monde surencadré par l’hyper technologie, en particulier les technologies de l’information dans un monde trépidant. Le recueil comprend 9 nouvelles dont JOHNNY MNEMONIC (adapté au cinéma),  LE GENRE INTÉGRÉ,  coécrit avec John Shirley,  ÉTOILE ROUGE BLANCHE ORBITE, HOTEL NEW ROSE (adapté au cinéma), LE MARCHÉ D’HIVER, DUEL AÉRIEN. Coécrit avec Michael Swanwick. En tout, neuf nouvelles plongent le lecteur dans l’hyper-technologie, un monde qui peut sembler surréaliste mais qui dépeint une société qui évolue rapidement en développant différents thèmes sociologiques.

Les nouvelles :

1)    Johnny Mnemonic, William Gibson
2)    Fragments de rose en hologramme, William Gibson
3)    Le genre intégré, William Gibson et John Shirley
4)    Hinterlands, William Gibson
5)    Étoile rouge, blanche orbite, William Gibson et Bruce Sterling
6)    Hôtel New Rose, William Gibson
7)    Le marché d’hiver, William Gibson
8)    Duel aérien, William Gibson et Michael Swanwick
9)    Gravé sur chrome, William Gibson

Traduction : Jean Bonnefoy

VERTIGE HYPERTECHNOLOGIQUE
*Chrome : son joli visage enfantin aussi lisse que
l’acier, avec des yeux qui auraient été à leur place
au plus profond de quelque fosse abyssale dans
l’Atlantique, des yeux gris et froids qui vivaient
sous une terrible pression. On disait qu’elle
mitonnait ses cancers maison pour les gens qui
la croisaient, variation rococo sur mesure qui
prenaient des années à vous tuer.
(Extrait : GRAVÉ SUR CHROME du recueil GRAVÉ SUR CHROME)

En lisant ce recueil de nouvelles vous pénétrez au cœur d’un style littéraire un peu dégingandé pour mon goût quoique très visionnaire, sombre, bariolé, saturé de synthétique, de rebuts et de gadgets ultra-technologiques. Ce style crépitant fut ourdi par Gibson lui-même avec la publication de son livre NEUROMANCIEN en 1984 qu’on trouve maintenant dans toutes les bibliothèques de SF et dans le top 20 à vie des meilleurs livres de science-fiction.

La plus connue de ces nouvelles est sans doute JOHNNY MNEMONIC adaptée au cinéma et incarné par Keanu Reeves qui transporte dans son cerveau des informations auxquelles il n’a même pas accès lui-même…un disque dur vivant qu’on cherche à éliminer et ce ne sera pas simple…l’archétype du genre : très punk, très cyber, froid.

J’ai eu de la difficulté à lire ce livre au complet. La plume de William Gibson est confuse. Ses nouvelles n’ont à peu près pas de fils conducteurs et prennent toutes sortes de directions. Il m’a fallu souvent revenir en arrière pour comprendre certains développements, certains passages. Aussi, contrairement à la science-fiction classique, Gibson accorde une importance à mon avis démesurée à la psychologie de ses personnages. Ça crée des longueurs et des temps morts dans un environnement qui explore dans la plupart des nouvelles un monde spasmodique noyé dans une ultra-technologie froide et sans âme.

Après JOHNNY MNEMONIC, je suis tombé sur FRAGMENTS DE ROSE EN HOLOGRAMME, une histoire banale, linéaire. Imaginez un homme qui ne peut pas accepter de vivre sans son ex…qui tente de revivre un passé révolu. Je me disais au départ que j’aurais quelque chose d’un peu moins techno et plus humain. Très humain en effet mais triste et déprimant à mourir. C’est un récit lent, dépourvu d’action et étouffant par son absence d’espoir.

Il y a quand même une nouvelle qui s’est démarquée des autres et qui est venue me chercher, pas toujours facile à suivre mais offrant au moins une matière accrochante. Comme ça se produit souvent dans les recueils, Gibson a gardé le meilleur pour la fin. Il s’agit de la nouvelle en titre : GRAVÉ SUR CHROME. Notez que, comme c’est le cas de quelques autres nouvelles, GRAVÉ SUR CHROME va et vient dans le temps et raconte l’histoire de deux hackers très doués qui décident de s’attaquer à la forteresse de Chrome, la barrière informatique hyper sophistiquée d’une entreprise qui gère des milliards dans le cyberespace. Pour parvenir à briser Chrome, nos magouilleurs récupèrent un programme destructeur russe extrêmement virulent qu’ils utiliseront au péril de leur vie, pour détourner à leur profit, le gigantesque flux financier qui transite au-delà de Chrome. Donc, une seule condition pour réussir : GRAVER SUR CHROME.

Au moins dans cette nouvelle, j’ai senti un but, un objectif, un peu d’action et des indices qui permettent aux lecteurs de sous-peser les chances de Bobby et Automatic Jack, les deux hackers, de réussir ou de se planter. Là aussi, il y a des digressions, des longueurs, de longs passages sur les états d’âme des principaux acteurs mais au moins j’ai pu m’accrocher à une intrigue, bénéficier d’une plume plus structurée, plus disciplinée et même un peu plus chaude. J’ai beaucoup apprécié la finale. Dans l’ensemble, GRAVÉ SUR CHROME est un beau texte.

Voilà, tout est une question de goût finalement, je vous ai donné quand même une bonne idée du monde dans lequel nous fait plonger Gibson : un monde glacial, échevelé, étouffé par une puissante circulation de l’information, un monde saturé de drogues synthétiques qui flirt dangereusement avec la criminalité. C’est ce qu’on appelle le CYBERPUNK. En faire l’essai pourrait en convaincre plusieurs que, finalement, rien ne pourra jamais occulter la science-fiction classique.

Personne ne pourra mettre dans l’ombre George Orwell qui nous a donné 1984, Frank Herbert, le créateur du cycle de DUNE, Isaac Asimov, à qui on doit le cycle de FONDATION, Ray Bradbury avec les chroniques martiennes, Dan Simmons avec son cycle d’Hypérion, René Barjavel qui nous a donné LA NUIT DES TEMPS et j’en passe vous vous en doutez bien. Toutefois, je me permets d’ajouter à cette liste un ouvrage dont le style pourrait se rapprocher sensiblement de celui de William Gibson : LE GUIDE DE VOYAGEUR GALACTIQUE, la saga H2G2 de Douglas Adams publiée en 1979. Vous savez…la fameuse trilogie publiée en cinq volumes. J’ai déjà commenté sur ce site le 2e opus :  LE DERNIER RESTAURANT AVANT LA FIN DU MONDE.

Voilà amis lecteurs, amies lectrices, vous voici aux portes de deux mondes : la science-fiction classique qui recèle d’extraordinaires trésors et une science-fiction émergente appelée CYBER-PUNK qui n’est pas encore tout à fait ce qu’on pourrait appeler une vague. Si comme moi, vous aimez essayer des nouvelles tendances sans garantie d’aimer, alors je vous invite à lire GRAVÉ SUR CHROME.

William Gibson est un écrivain américain né en 1948 en Caroline du Sud. Il est devenu orphelin à 18 ans, il quitte l’école et survit grâce aux brocantes. En 1968, pour éviter d’être envoyé au Vietnam, il fuie vers le Canada, s’y installe, s’y marie et reprend ses études. Vers la fin des années 70, Gibson commence à écrire des nouvelles à saveur de science-fiction. Il développe des sujets d’anticipation sur la réalité virtuelle alors émergente, la cybernétique et sur un portrait de la race humaine dans un futur pas si lointain. Gibson se spécialise donc en science-fiction mais dans un style plutôt gothique qui adopte la tendance punk également émergente à l’époque. Le CYBERPUNK est né officiellement en 1984 avec NEUROMANCIEN, détenteur de plusieurs prix. Deux de ses nouvelles seront portées à l’écran (voir plus bas). Enfin, Gibson collaborera avec Tom Maddox à l’écriture de deux épisodes de la célèbre série X-FILES. Gibson a écrit une douzaine de livres en plus de son unique recueil de nouvelles : GRAVÉ SUR CHROME.

 

 

 

 

 

Même titre pour le film et la nouvelle : JOHNNY MNEMONIC, scénarisé par l’auteur de la nouvelle : William Gibson. Production Canado-américaine réalisé en 1995 par Robert Longo avec Keannu Reeves, Dolph Lundgren et Dina Meyer.

   

 

 

Là aussi, même titre pour le film et la nouvelle : HOTEL NEW ROSE FILM AMÉRICAIN SCÉNARISÉ PAR William Gibson et réalisé par Abel Ferrara en 1998 avec Asia Argento, Christopher Walken et Willem Dafoe.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 25 mars 2018