IMPACT

Pas de terre sans lune

IMPACT

Commentaire sur le livre de
DOUGLAS PRESTON

*J’ai en ma possession un disque dur classé secret…
contenant toutes les photos de mars en haute
définition. Freeman me l’a envoyer avant de se
faire tuer. Sur ce disque se trouve l’image d’une
machine extra-terrestre… Aucune chance que vous
la trouviez par vous-même. Moi je sais où elle se
trouve.
*
(Extrait : IMPACT, Douglas Preston, Éditions L’Archipel,
t.f. : 2011, édition numérique, 430 pages.)

Un météore s’abat au large des côtes du Maine… Parmi les rares témoins, Abbey, une jeune astronome amateur. Peu après, un enquêteur doit faire la lumière sur l’apparition subite, au Cambodge, de pierres précieuses radioactives d’origine inconnue, qui excitent les convoitises. Bientôt, deux scientifiques ayant fait le lien entre les deux événements sont assassinés. Quand l’enquêteur finit par prendre connaissance d’images satellites de la Nasa, il commence à comprendre… Ce n’est pas un météore qui s’est abattu, mais un puissant rayon gamma, tiré depuis Mars, qui a transpercé la Terre de part en part. Intuition confirmée quand un second rayon, plus puissant encore que le premier, atteint la Lune. Une course contre la montre s’engage pour Abbey et l’enquêteur Ford : il leur faut envoyer un message de paix à une mystérieuse entité extraterrestre, tout en évitant le tueur lancé à leur trousse par un islamiste bien décidé à profiter de cette menace pour faire régner la terreur…

PAS DE TERRE SANS LUNE
*On y voit un objet à la surface de Mars.
J’ai l’intime conviction que cet objet a
tiré sur la terre au mois d’avril et sur la
lune ce soir.*
(Extrait : IMPACT)

 Même si je n’ai pas été emballé par ce livre, il comporte suffisamment d’éléments originaux pour lui attribuer un peu plus que la note de passage. Ce n’est pas le livre auquel je m’attendais en se fiant au synopsis et à l’image de la page couverture. IMPACT verse plus dans le thriller d’espionnage que dans le drame de science-fiction et oui, vous vous en doutez, la terre est menacée de destruction, deux personnages marginaux : un ex-agent de la CIA et une jeune universitaire qui s’est fait viré entreprennent une course contre la montre pour sauver l’humanité. Eux même sont poursuivis par un tueur… etc etc… c’est un thème surexploité. Il y a d’autres irritants j’y reviendrai plus loin. Mais j’ai quand même appris un fait nouveau dont on parle rarement dans la littérature de science-fiction. Il est question ici de matière étrange.

La matière étrange, aussi appelée strangelet est un état spécifique de la matière nucléaire exotique d’une extrême densité. Plusieurs pensent que le strangelet serait lié à une éventuelle fin du monde. Pour l’instant c’est très hypothétique mais Preston reprend cette théorie à son profit et ajoute à une trame usée quelque chose de neuf. Il faut aussi savoir qu’est-ce que c’est que ces astéroïdes qui ont frappé la terre, et frapper est-il le mot juste? Et si ces chutes de météorites constituaient une attaque? Il y a donc dans le récit des éléments suffisamment intéressants pour attiser la curiosité et pousser le lecteur à aller toujours plus loin.

Même si l’écriture est fluide, la première partie du récit traîne en longueur. Les personnages, un peu stéréotypés mettent du temps à se mettre en place. On dirait que l’auteur a voulu imposer un mystère qui n’aura finalement pas grand-chose de mystérieux. Je dirais plutôt intriguant. Le fil conducteur peine à être stable parce que l’histoire est développée sur plusieurs fronts mais, ces histoires convergent. Tout devient plus évident dans la deuxième partie du volume. L’ensemble devient beaucoup plus solide, le récit haletant.

Trahison et complot sont au programme ainsi que la possibilité d’une invasion extra-terrestre mais celle-ci n’est évoquée que très tard dans le récit et quand elle se précise, le reste de l’histoire devient un peu prévisible. Il y a quand même des qualités. Comme je le mentionne plus haut l’écriture est fluide. Ceux qui connaissent le style d’écriture de Douglas Preston savent qu’il est très accessible et qu’il sait maintenir un rythme rapide, le tout assorti d’une traduction française satisfaisante.

Il faut faire attention, si vous vous attendez à un scénario-catastrophe, vous pourriez être déçu. À ce titre la représentation de l’éditeur est un peu faussée. Le livre se concentre beaucoup plus sur l’enquête menée par l’ex-agent de la CIA et l’astronome amateur que sur l’aspect science-fiction même s’il y a de nombreux passages scientifiques pas toujours faciles à comprendre. Certains de ces passages m’ont fait frémir, celui par exemple qui explique que si la Matière étrange se déversait sur la terre, celle-ci diminuerait sa taille pour atteindre celle d’une orange. Moyen régime et je ne parle pas de la densité de cette orange.

Donc, IMPACT est un ouvrage qui m’a fait découvrir des choses et m’a poussé à la recherche, en particulier sur la matière étrange, sujet peu développé en matière de littérature. Rythme élevé, spécialement dans la deuxième partie. J’ai trouvé la finale étrange et un peu bâclée. Malgré tout ça, j’ai trouvé au livre un petit cachet original qui m’a incité à vous le suggérer : IMPACT de Douglas Preston.

Douglas PRESTON est un auteur américain né en 1956 à Cambridge dans le Massachusetts, diplômé de littérature anglaise. Il a démarré sa carrière en tant qu’auteur et éditeur pour le Muséum d’histoire naturelle de New York. Il a aussi enseigné à l’université de Princeton. Durant ses huit ans passés au Muséum, il a écrit son premier livre de non-fiction. À la même époque, il fait la connaissance de Lincoln Child, rencontre qui a été déterminante pour sa future carrière d’écrivain. Depuis, il a publié plusieurs autres romans du même genre avant de coécrire des livres à suspense avec Child. Leurs fans décrivent leur œuvre comme une ingénieuse combinaison alliant investigations scientifiques et intrigue captivante. Aujourd’hui, Preston continue à écrire pour différents magazines. Il est aussi coproducteur d’une série de la chaîne américaine ABC. (Sources : L’Archipel, J’ai Lu)

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 10 mars 2019

L’EMPIRE DU SCORPION

introduction à la politique-fiction

L’EMPIRE DU SCORPION

Commentaire sur le livre de
SYLVAIN MEUNIER

*Une fois qu’elles furent bien installées, Dorothy lui
demanda d’être assez aimable de la laisser parler
sans l’interrompre et de ne pas lui poser de questions.
Le récit qu’elle s’apprêtait à faire était en elle depuis
longtemps. <Je suis consciente que la chose sera
impossible, Emma, mais l’idéal serait que vous oubliiez
ce que je m’apprête à vous raconter.>*
(Extrait : L’EMPIRE DU SCORPION, Sylvain Meunier, Guy
Saint-Jean Éditeur, 2014, édition de papier, 485 pages)

Percival Imbert accompagne sa femme au Centre commercial de son quartier. Sur place il la laisse aller et s’installe sur un banc. Après un certain temps il commence à s’inquiéter. Qu’est-ce qu’elle fait? Paniqué, il se rend au bureau d’information pour lancer un appel. Pas de réponse. Marie Doucet a disparu. Enlèvement? Meurtre? Aucune possibilité n’est écartée, y compris la participation d’un être obscur, régnant dans les hautes sphères de la politique canadienne, un être ignoble, à l’abri de sa fortune colossale qui magouille à satiété, fait chanter en toute impunité et signe des crimes sordides. L’enquête  amènera l’inspectrice Jacinthe Lemay  plus loin qu’elle pensait.

INTRODUCTION À LA POLITIQUE-FICTION
*«Pauvre vieille ordure…Si puissant, si brillant et
tellement aveugle…Vous n’avez rien compris,
Père, rien vu. J’aurais pu passer outre l’horreur
du viol. C’était la première fois que vous vous
intéressiez à moi, après tout…ce qui a rendu
toute forme de pardon impossible, c’est qu’après,
je n’ai pas pu vous garder pour moi, pour moi
toute seule.
(Extrait : L’EMPIRE DU SCORPION)

On aurait pu intituler ce livre LA MYSTÉRIEUSE FEMME DU MYSTÉRIEUX PERCIVAL IMBERT. Je m’explique. Lors d’un magasinage de Noël dans un centre commercial, Percival Imbert perd de vue sa femme Marie Doucet. Il ne la reverra plus. L’enquête est confiée à Jacinthe Lemay qui se lancera dans une investigation extrêmement complexe. Jacinthe apprendra beaucoup de choses très troublantes.

Jacinthe en viendra à se demander si Marie Doucet existe réellement. En fait, elle ne trouve aucune trace de son existence. Elle doit fouiller encore plus loin, cette fois au risque de sa vie car elle commence à en savoir un peu trop, entre autres que le nom de Marie Doucet est associé à d’obscures manœuvres politiques à l’époque où le Parti québécois annonce la tenue d’un référendum. Il semble que Marie Doucet travaille pour un obscur organisme gouvernemental qui ne reconnait pas son existence. Jacinthe apprendra aussi que les principaux personnages dont elle-même auraient d’étranges liens de parenté. Il semble aussi que Percival Imbert doit combattre un monstre qui est en lui.

Les questions vont se bousculer dans l’esprit du lecteur : qui est Percival Imbert, ce personnage introverti qui parle toujours de lui à la troisième personne du singulier ? Le monstre qui l’habite serait-il en fait le syndrome de la double personnalité?  A-t-il inventé Marie Doucet? (Même dans sa propre maison, tout ce qui aurait un rapport avec Marie Doucet a été complètement occulté) Sinon que lui est-il arrivé? Meurtre, enlèvement ? Je ne veux pas aller trop loin, mais je peux vous dire que Jacinthe Lemay fera des découvertes pour le moins surprenantes. Ce qui était au départ une simple disparition devient une saga d’espionnage, une obscure et surprenante histoire de famille, une guerre de pouvoir, le tout dans un contexte politique explosif, celui du Québec des années 80.

J’ai beaucoup aimé ce livre, en particulier à cause de cette capacité de l’auteur de maintenir une aura de mystère autour des trois principaux personnages et ce jusqu’à la fin de l’histoire. De pages en pages, le lecteur se questionne, s’interroge, s’accroche. Ce que j’ai trouvé banal au départ est devenu captivant puis addictif.

C’est un récit très spécial par la qualité de son développement, le magnétisme de ses personnages et la plume de Sylvain Meunier que j’ai trouvé très forte en intrigue, en précision et en subtilité. Je mentionne aussi que le récit est très fluide et sa finale est surprenante. Et l’ensemble n’est pas dénué d’humour : *« … à l’impossible, nul n’est tenu, et au possible non plus, si le nul en question travaille au gouvernement ! »*
(Extrait)

Si je peux me permettre de rapporter une petite faiblesse, dans le récit, il n’y a pas vraiment de temps morts, mais il y a beaucoup de personnages secondaires dont plusieurs font des apparitions plutôt aléatoires. Ça devient mêlant un peu, j’ai dû revenir en arrière dans ma lecture pour replacer certains personnages dans leur contexte. Mais ça n’a rien de rebutant. Il suffit de se concentrer, dans un endroit calme et de se fier au fil conducteur de l’histoire qui ne souffre d’aucune déviation.

Un bon livre…d’autant que ça se passe au Québec et que je me suis reconnu dans son environnement géographique et politique. En terminant, je vous laisse sur un autre petit mystère : Le titre. Pourquoi L’EMPIRE DU SCORPION comme titre : le mot empire pourrait évoquer le pouvoir, le mot scorpion pourrait évoquer le venin. Venin et pouvoir vont bien ensemble je pense. C’est à vous cher ami lecteur de résoudre le mystère. Un petit indice peut-être ? Le mot scorpion est intimement lié au mystérieux Percival Imbert.

On ne s’en sort pas…il faut se rendre au bout…et c’est un plaisir.

Sylvain Meunier est né en 1949, à Lachine (Québec). Il obtient un baccalauréat en Études françaises avec une spécialité en éducation à l’Université de Montréal. Retraité de l’enseignement depuis 2006, il a été professeur dans plusieurs écoles de Montréal, en français et en anglais, puis en adaptation scolaire. Il a surtout écrit pour les jeunes, à LA COURTE ÉCHELLE des contes pour les tout-petits, la série GERMAIN pour les  jeunes lecteurs. En 2001, Sylvain  Meunier publie pour les adolescents L’ARCHE DU MILLÉNAIRE. Il récidivera en 2007 avec PIERCINGS SANGLANTS. Trois fois finaliste au Prix du Gouverneur Général du Canada, Sylvain Meunier remportera le prix Création en littérature du premier Gala de la Culture de la ville de Longueuil pour la série RAMICOT BOURCICO.

BONNE LECTURE
JAILU
Le dimanche 20 janvier 2019

LA COMPAGNIE

LES COULISSES HISTORIQUES DE LA CIA

LA COMPAGNIE

Commentaire sur le livre de
ROBERT LITTELL

*Avec un sourire amer, le sorcier releva
le chien et colla l’extrémité du canon
sur le ventre du russe. «On dirait que
les dindes qui vous protègent se sont
endormies.» Puis il tira.*
(Extrait : LA COMPAGNIE, Robert Littell,
Peter Mayer 2002, t.f. : Buchet/Chastel
2003, édition numérique, 1075 pages)

En 1950 à Berlin, Harvey Torriti, dit «le sorcier», et sa nouvelle recrue, Jack McAuliffe, préparent le départ du transfuge russe Vichnievski Pour les États-Unis. Mais à la *Compagnie*, -mieux connue sous le nom de CIA-, ses supérieurs semblent mettre en doute les capacités de leur agent, plus porté sur le whisky que sur l’étude des relations géopolitiques…Entre agents doubles et traîtres déclarés, personnages de fiction et personnages réels (Kennedy, Castro, Eltsine, mais aussi Ben Laden), Robert Littel dévoile, à travers ce thriller politique un demi-siècle de notre histoire. Il nous entraîne sur les traces de ses héros, en plein cœur de la guerre froide, des chars soviétiques de Budapest à la Baie des Cochons, de l’assassinat supposé du pape Jean-Paul premier au complot contre Gorbatchev. Une grande saga.

Après l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, le président américain Harry Truman constatant avec regret que l’OSS, les services secrets américains ont été incapables de prévoir l’offensive Japonaise, décide de changer la donne : Dorénavant, le FBI et J.Edgar Hoover opéreront seulement sur le territoire américain et l’espionnage à l’étranger sera confié à une nouvelle agence qui sera placée directement sous l’autorité du président des États-Unis. C’est la naissance de la CENTRAL INTELLIGENCE AGENCY, la CIA, principal élément de la politique de l’endiguement du communisme édictée par Harry Truman agissant au-delà du rideau de fer.

Les coulisses historiques
De la CIA

*Gorbatchev secouait la tête d’un côté, puis
de l’autre en signe de dégoût. «Croyez-vous
vraiment que les gens soient tellement las
qu’ils seraient prêts à suivre n’importe
quel dictateur? »
(Extrait : LA COMPAGNIE)

 Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’actualité mondiale, Nikita khrouchtchev était premier secrétaire de l’Union Soviétique et Dwight Eisenhower était président des États-Unis et il s’apprêtait à laisser sa place à John F Kennedy. Comme les deux plus grandes puissances du monde se détestaient singulièrement, il y avait dans l’air un relent de catastrophe, de fin du monde. C’est à peu près à cette époque qu’Eisenhower a créé la Compagnie, qui deviendra la CIA. Alors que cette agence de renseignements et d’espionnage en était à son recrutement de *James Bond* et à ses premiers balbutiements, elle s’entourait déjà d’une aura pompeuse : *En entrant dans cette pièce, vous êtes entrés dans ce que les sociologues appellent une culture fermée* (Extrait) On libérait aussi de tous doutes les nouvelles recrues avec des formules plutôt directes et pas très recherchées… *La seule règle, c’est qu’il n’y a pas de règles* (Extrait)

 LE ROMAN DE LA COMPAGNIE commence là et cette histoire s’étend sur quarante ans et sur plus de onze cents pages. Les principaux thèmes de ces quarante ans sont développés avec un remarquable respect de la dimension historique des évènements. Le récit commence par une imposante opération d’exfiltration qui s’est soldée par un échec, puis le complot contre Castro, l’affaire des missiles, la Baie des Cochons, La CIA aurait souhaité que les États-Unis combattent le communisme en territoire cubain, mais l’administration Kennedy, plutôt timorée a préféré se rabattre sur le Vietnam, puis l’afghanistan : échec sur échecs. Puis est arrivé Mikhaïl Gorbatchev qui menaçait dangereusement la ligue du vieux poêle soviétique avec sa perestroïka. La CIA a quand même contribué à dénoncer et combattre le complot contre Gorbatchev en faisant pression sur Boris Eltsine qui présidera finalement au démantèlement de l’Union Soviétique et à la mise au rancart du KGB. L’auteur explique aussi plus brièvement l’arrivée de personnages qui s’inscriront dans l’histoire comme Ben Laden, Sadam Hussein et bien sûr Vladimir Poutine. Avec la fin de la guerre froide, la CIA n’allait pas chômer pour autant avec la montée de l’extrémisme islamiste.

C’est un roman fascinant qui m’a entraîné dans le temps et dans l’histoire jusqu’au début de la guerre froide alors que la Russie se remettait à peine des horreurs de Staline, cet esprit tordu. Ça n’allait pas s’arrêter là : le communisme allait faire l’objet d’une chasse aux sorcières avec, au cœur de la tourmente les services de renseignements : le KGB contre la CIA. L’auteur de la COMPAGNIE tend à démontrer si on lit un peu entre les lignes que le communisme était une idée intéressante, déformée à la base par des chefs erratiques, incohérents et violents…Lénine, Staline et autres génies du genre : *L’URSS n’était pas un pays dit Jack. C’était la métaphore d’une idée qui pouvait paraître bonne sur le papier, mais qui, dans la pratique, s’est révélée terriblement défectueuse. Et les métaphores défectueuses sont plus difficiles à abattre que les pays défectueux*. (Extrait)

 

The Company a été adapté à la télévision par Mikael Salomon en 2007. Donc c’est une série américaine en trois épisodes avec Chris O’Donnel, Alfred Molina et Michael Keaton, entre autres.

Parce qu’on ne m’a pas démontré le contraire, j’ai toujours été d’avis que la CIA a accumulé les fiascos. L’auteur n’a pu éviter cet aspect de la CIA mais sur les côtés sombres de l’agence, Littel est plutôt timide. C’est une faiblesse que j’attribue à ce roman. Il faut aussi faire attention car ce récit met en perspective les dualités du monde de l’espionnage : infiltration / exfiltration, espionnage / contre-espionnage, agent / agent double / agent triple / taupe, conflit / détente. C’est plus ou moins bien expliqué. Il s’agit d’être attentif. Pour moi, LA COMPAGNIE est un excellent roman historique et même quelque uns de ses personnages sont particulièrement attachants. Je pense en particulier au seul espion qui apparait tout au long du récit : Harvey Torriti, dit le sorcier, un gros bonhomme obèse, balourd, traînard et alcoolique mais doté d’une intuition extraordinaire et qui imprègne toute l’histoire.

C’est un livre évidemment très long et pourtant, je n’ai pas trouvé le temps long. Il se lit très bien. Je pense que l’auteur, Robert Littel, a couvert 40 ans d’histoire avec brio. J’ai apprécié aussi la présence d’une taupe tout au long du récit et qui n’a été identifiée qu’à la fin…ça donne une touche de mystification et ça renforce l’intrigue. Bref c’est un roman tranchant, un peu acide par moment. La plume est quand même fluide et nous fait oublier un peu la piètre ventilation du roman. Ce thriller politique aussi appelé avec raison roman d’espionnage est une réussite. Je le recommande.

Robert Littell est un auteur et journaliste américain né en 1935 à New York. Il a commencé dans le journalisme au Newsweek en 1964 et s’est spécialisé dans les questions sur le Moyen et le Proche Orient. Son expérience de reporter lui a donné le goût du voyage et plusieurs lieux qu’il visite serviront de cadre à quelques-uns de ses grands romans. Son premier roman, Robert Littell l’a écrit en 1973 sous forme de feuilleton. Les grands romans d’espionnage vont suivre dont LA COMPAGNIE en 2003, LÉGENDES en 2005, LE FIL ROUGE en 2007 et L’HIRONDELLE AVANT L’ORAGE en 2009 pour ne nommer que ceux-là… En tout douze romans.  Observateur minutieux de l’univers géopolitique, Robert Littel partage aujourd’hui son temps entre la France, Le Maroc, l’Espagne, l’Italie et dans une moindre mesure, les États-Unis. (Source : overblog.com )

 BONNE LECTURE

JAILU/Claude Lambert

Le dimanche 8 octobre 2017