Le Seigneur des Anneaux

Un pour tous et tous contre l'Anneau

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX

Commentaire sur le l’œuvre de
JOHN RONALD REUEL TOLKIEN

*Boromir se tut, et ses yeux se fermèrent avec
lassitude. Au bout d’un moment, il parla de
nouveau : -Adien Aragorn ! Va à Minas Tirith
et sauve mon peuple ! J’ai échoué.
-Non ! dit Aragorn, lui prenant la main et lui
baisant le front. Tu as vaincu. Peu d’hommes
ont remporté une pareille victoire. Sois en paix !
Mina Tirith ne tombera pas.*
(Extrait : LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, J.R.R. Tolkien,
publication originale, 1954, éditions Allen & Unwin, pour en
savoir plus sur les différentes éditions et traductions. Cliquez
ici ).

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX est une gigantesque fresque littéraire dans laquelle on trouve tout un monde, entièrement conçu par Tolkien…un monde avec sa complexité, sa logique, aux fins de l’histoire c’est surtout une logique de guerre, et ses habitants : des hobbits, des nains, des elfes, des hommes. Au départ composé de six livres, l’œuvre a été rééditée en 1954 en trois volumes totalisant près de 1350 pages :

Tome 1 : LA COMMUNAUTÉ DE L’ANNEAU raconte les évènements qui conduiront à la formation de la communauté de l’Anneau. La compagnie tentera de vaincre Sauron, ultime force du mal. Tome 2 : LES DEUX TOURS la quête pour la destruction de l’Anneau dont Sauron de Mordor cherche à s’emparer pour asservir les peuples de la terre habitée. Tome 3 : LE RETOUR DU ROI Frodon tente de franchir la Porte Noire mais n’y arrive pas. Aura-t-il une alternative. Il doit détruire l’anneau à tout prix. Entre temps, la Terre se couvre de ténèbres alors qu’on se prépare pour le combat final.

UN POUR TOUS ET TOUS CONTRE L’ANNEAU
*…Un anneau pour les gouverner tous,
Un anneau pour les trouver,
Un anneau pour les amener tous
et dans les ténèbres les lier,
Au pays de Mordor où s’étendent les
ombres.
*
(Extrait)

Pour résumer brièvement la saga, je dirai que le lecteur suit les aventures de Frodon Sacquet, neveu de Bilbo. Ce sont les deux personnages piliers du récit. L’objectif de Frodon Sacquet qui est en fait le fil conducteur de l’histoire, est de détruire l’Anneau unique dont veulent s’emparer Sauron et Saruman pour réduire à l’esclavage les peuples de la Terre du milieu. Il sera aidé par des amis, membres de chaque espèce : nains, elfes, hobbits et hommes. Ensemble ils forment la Communauté de l’anneau. Ils frôleront la mort plus d’une fois pour aider Frodon dans sa quête, et beaucoup n’en réchapperont pas.

En 10 ans, j’ai lu le Seigneur des Anneaux trois fois et j’ai vu la trilogie cinématographique une dizaine de fois. Je vois du nouveau à chaque fois. J’ai été séduit par plusieurs choses dont la richesse du langage qui confine parfois à la poésie. D’ailleurs, on trouve quantité de poèmes et de chants parsemés dans le long récit. Ils viennent préciser les sentiments de l’auteur, de ses personnages, d’un évènement, du destin. J’ai toujours été sensible à la qualité du langage dont l’expression doit m’atteindre non seulement au cerveau mais jusqu’au fond du cœur.

J’ai été aussi sensible à tout cet univers créé par Tolkien, son décor, ses habitants avec leur histoire, leur généalogie. Il n’y a pas de faille dans l’univers de Tolkien. Tout est cohérent.

La plume de Tolkien est d’une légèreté remarquable comme si le récit n’avait pas été prémédité…comme si le scénario se précisait au fur et à mesure que l’auteur le couchait sur papier et pourtant, j’ai trouvé l’ensemble majestueux avec des passages descriptifs de toute beauté lorsqu’il est question par exemple du village bucolique des hobbits ou encore le repère des Elfes du monde sylvestre.

Bien sûr, l’œuvre a quelques faiblesses. Par exemple, j’ai eu un peu de difficultés à m’attacher aux personnages. Sauf quelques exceptions J’ai trouvé qu’ils manquaient de chaleur, d’empathie, le genre marche ou meurs. Les exceptions comprennent Legolas et le peuple sylvestre. Partout dans le récit qui souffre de longueurs, les Elfes viennent apporter beauté, douceur, légèreté et apaisement. Dernière exception : les Hobbits, avec leur joli village vert, leur culture, leur histoire, leur mentalité. Ils sont petits avec les pieds poilus, ils sont enjoués, aiment la vie, la famille, les amis et ils adorent leur terre. Enfin, j’ai fait la connaissance d’un personnage très très spécial : TOM BOMBADIL à qui Tolkien consacre deux poèmes dans les aventures de Tom Bombadil. Je n’ai jamais compris pourquoi Peter Jackson n’en a pas tenu compte dans sa trilogie cinématographique.

En terminant, c’est vrai qu’il y a beaucoup de longueur, le déploiement descriptif de Tolkien est impressionnant et parfois c’est trop et ça dilue l’implication émotionnelle du lecteur. Enfin je crois que la psychologie des personnages est réduite au minimum. Mais il ne faut pas oublier que LE SEIGNEUR DES ANNEAUX est né d’une passion de Tolkien pour la philologie et les contes de fée. Pour moi peu importe, à cause de la richesse d’expression, le petit caractère chaleureux et folklorique des hobbits, le caractère enchanteur des décors, les critères environnementaux si disparates entre le mordor et les terres libres, la puissance de l’écriture, je reconnais LE SEIGNEUR DES ANNEAUX comme précurseur et catalyseur de la littérature dite de FANTASY, une œuvre marquante du XXe siècle considéré comme un classique.

Je n’hésite pas à vous recommander LE SEIGNEUR DES ANNEAUX mais avant d’entreprendre cette longue lecture, j’ai deux suggestions à vous faire : vous apprécierez beaucoup plus et beaucoup mieux votre lecture si vous connaissez Tolkien, ne serait-ce qu’un peu. Une petite recherche internet vous permettra d’en savoir un peu plus sur sa vie, son œuvre et sa mentalité. LE SEIGNEUR DES ANNEAUX deviendra beaucoup plus compréhensible. Enfin, avant la lecture du SEIGNEUR DES ANNEAUX, je vous recommande de lire BILBO LE HOBBIT que j’ai déjà commenté sur ce site (cliquez ici) l’ouvrage précurseur introduit Gandalf et Bilbo le Hobbit qui, avec d’autres personnages, tissent la toile de la plus extraordinaire fresque de la littérature moderne. L’ouvrage principal sera beaucoup plus facile à comprendre. Une dernière remarque : j’ai préféré lire le livre avant de regarder la trilogie réalisée au cinéma par Peter Jackson.

 

Tolkien nous raconte l’histoire du célèbre BILBO LE HOBITT, personnage de la Comté, paisible qui n’aime ni les aventures ni les imprévus et qui tisse pourtant, sans le savoir la toile de la plus extraordinaire fresque de l’histoire de la littérature: LE SEIGNEUR DES ANNEAUX. Commentaire de jailu/Claude Lambert.

 

John Ronald Reuel Tolkien est né en 1892 à Bloemfontein, en Afrique du Sud. A la King’s Edward School, il découvrit ses talents. diplômé d’Oxford il partit pour la France en juin 1916 comme sous-lieutenant des Lancashire Fusiliers. Il combattit pendant la bataille de la Somme mais fut ensuite rapatrié pour avoir contracté la fièvre des tranchées. Il consacra les années suivantes à son travail d’enseignant et se révéla bientôt comme l’un des meilleurs spécialistes de philologie du monde.

 En marge de sa carrière académique, il continuait d’écrire un grand cycle de mythes et légendes situées dans un monde imaginaire appelé Terres-du-Milieu, qu’il avait entâmé dès son adolescence. Il eut quatre enfants, pour qui il écrivit d’abord Bilbo le Hobbit en 1936. Le succès fut tel que son éditeur réclama une suite. Tolkien travailla 14 ans à l’élaboration de cette suite, Le Seigneur des Anneaux, dont le premier tome ne parut qu’en 1954, et qui remporta un succès phénoménal dans tous les pays.

 Tolkien prit sa retraite à Bournemouth, où il mourut le 2 septembre 1973, laissant à son fils Christopher la tâche gigantesque mais passionnante de publier, notamment sous la forme d’un récit suivi et cohérent (Le Silmarillion), la masse énorme de manuscrits qu’il avait accumulé tout au long de sa vie. (source)

LE SEIGNEUR DES  ANNEAUX au cinéma
Les films de la trilogie sont sortis respectivement en 2001, 2002 et 2003, tous réalisés par Peter Jackson. Réalisé au coût de 285 millions de dollars, ce projet fut l’un des plus ambitieux de l’histoire du cinéma.
Principaux acteurs : Elijah Wood (Frodon), Ian McKellen (Gandalf), Sean Astin (Sam), Billy Boyd (Peregrin), Dominic Monaghan (Meriadoc), Vigo Mertensen (Aragorn), Sean Bean (Boromir), Orlando Blomm (Legolas), John Rhys-Davies (Gimli), Ian Holmes (Bilbon), Chistopher Lee (Saruman).

Bonne lecture
JAILU/Claude Lambert
Le samedi 13 avril 2019


FRANKENSTEIN

Animé par le feu du ciel

FRANKENSTEIN
ou le Prométhée moderne

Commentaire sur le livre de
MARY SHELLEY

*Sa stature gigantesque, la difformité de son aspect,
trop hideux pour appartenir à l’humanité, m’apprirent
sur-le-champ que c’était le misérable, l’épouvantable
démon à qui j’avais donné la vie.*

(Extrait FRANKENSTEIN, Mary Shelly, édition originale : 1818,
pour la présente réédition, Les Éditions du 38, 2015,
édition numérique, 200 pages num.)

   

FRANKENSTEIN OU LE PROMÉTHÉE MODERNE raconte l’histoire de Victor Frankenstein, un jeune savant suisse passionné de physique et fasciné par les effets de la foudre. Un jour, Frankenstein décide d’actualiser ses connaissances scientifiques jugées par ses tuteurs scientifiques faussées et faibles. Il va même les propulser vers l’avenir en utilisant l’énergie fantastique de la foudre et son esprit devenu un peu torturé pour créer, à partir de chairs mortes, un être vivant. Ça fonctionne, mais l’être qu’il crée, quoique doué d’intelligence est affreusement hideux au point que Frankenstein l’abandonne et disparaît. Furieux d’avoir été rejeté par son créateur et persécuté par la société, la créature traquera son père. Victor Frankenstein sera finalement recueilli sur la banquise par un navire faisant route vers le pôle nord. Un face à face semble inévitable…

ANIMÉ PAR LE FEU DU CIEL
*Mes machinations criminelles ont donc eu
 raison de ton existence, mon cher Henry!
 J’ai déjà détruit deux êtres humains. D’autres
 victimes vont encore succomber!*
(Extrait)

Mon exploration de la littérature classique se poursuit cette fois avec Frankenstein de Mary Shelly, un livre qui a beaucoup frappé l’imaginaire depuis le milieu du XIXe siècle jusqu’à nos jours car le thème central tourne autour du pouvoir de donner la vie et la mort. Je n’ai pas été déçu mais j’ai été surpris, étonné de constater à quel point l’œuvre de Mary Shelly a été galvaudée et mal comprise. Je me réfère ici aux très nombreuses adaptations de Frankenstein pour le cinéma et la télévision.

D’abord résumons. Ce livre raconte l’histoire de Victor Frankenstein qui, émerveillé par la puissance de la foudre et obsédé par une théorie scientifique, réussit à créer, à partir de chairs mortes, un être vivant. Victor ne lui a pas donné de nom. On parlera de lui comme étant le monstre de Frankenstein. Monstre parce que l’être que Victor a créé est immense, difforme, laid, hideux. Victor rejette sa créature qui, elle, ne l’accepte pas. Le monstre demande à son créateur de créer une créature femelle à son image en échange de quoi il disparaîtra complètement de sa vie. Frankenstein refuse. Alors la créature se vengera sur tous les proches que Frankenstein aime.

C’est tout. L’histoire n’explique pas comment a été créé le monstre, comment et où le docteur allait chercher les organes, les parties de corps. L’histoire n’explique pas non plus, ou très peu comment le monstre exerçait sa vengeance sur les proches de Frankenstein. L’histoire commence alors que le docteur pense entrevoir sa créature et bâtit secrètement des plans pour l’éliminer. Quant à la finale, elle est loin d’être aussi spectaculaire que ce à quoi le septième art nous a habitué.

En fait, ce livre repose essentiellement sur la honte et les regrets du bon docteur Frankenstein ainsi que sur une singulière haine que se vouent mutuellement la créature et son créateur. Voici un exemple, extrait d’un plaidoyer de la créature à son créateur. Il fait plus que dire son mépris, il crache sa haine : *Tu te souviens sans aucun doute de ces notes. Les voici! Tout ce qui concerne mes origines maudites y est consigné. Chaque détail de cette chaîne de faits horribles est mis en relief. Et y est donnée aussi la description précise de mon odieuse et repoussante personne, en des termes qui accusent ta propre horreur et qui rendent la mienne indélébile. J’étais dégouté en lisant cela. «Maudit soit le jour de ma naissance ! » m’écriai-je.* (Extrait)

Au-delà d’un récit au rythme lent et très redondant à mon avis, le livre véhicule un beau schéma de pensée sur la vie, la mort, l’amertume de la vengeance et, dans un cadre plus moderne, les risques d’une recherche scientifique non encadrée et la mise en perspective de l’éthique.

Il y a un élément en particulier qui m’a agacé : de la création du monstre jusqu’à la conclusion du livre, il s’écoule trois années. Or, lors d’une longue histoire que la créature raconte à son créateur, je me suis aperçu très vite que le monstre s’exclamait dans un français haut de gamme et faisait preuve d’une érudition qu’il faudrait une vie entière pour atteindre. Cette histoire était en fait une supplique. Le monstre insistait pour que Frankenstein crée une réplique féminine. Comment une créature qui ne sait ni lire ni écrire peut déclamer à ce point dans un français aussi impeccable. Pour moi, c’est une incohérence.

Je crois que c’est le cinéma qui a fait la notoriété du livre et le cinéma ne s’est pas encombré des lamentations du docteur ni du français haut perché de sa créature. Les performances de Boris Karloff en particulier et les investissements de la Hammer ont frappé de plein fouet l’imaginaire collectif et ont dénaturé l’œuvre de Mary Shelly, faisant du monstre de Frankenstein l’œuvre la plus adapté au cinéma avec Dracula et Tarzan.

Sans être un chef d’œuvre, Frankenstein demeure pour moi un classique de la littérature. Ne vous attendez pas à de l’action, il n’y en a pas…pas plus que des scènes d’horreur et des bains de sang. Ce livre est d’abord l’histoire d’un homme qui s’accuse et c’est surtout sa teneur philosophique qui m’a intéressé.

Mary Godwin (1797-1851) est une écrivaine britannique née à Londres. Elle était la fille d’un écrivain politique et d’une mère philosophe féministe. En 1816, Mary épouse le poète Percy Shelley. La même année, encouragée par son marin, Mary se met à l’écriture et entreprend son roman FRANKENSTEIN qui sera publié en 1818. Après la mort de son mari, Mary Shelley se consacre entièrement à sa carrière d’écrivaine et fait publier ses œuvres ainsi que celles de son mari. FRANKENSTEIN OU LE PROMÉTHÉE MODERNE en 1818 sera suivi de MATHILDA en 1819, VALPERGA en 1820, LE DERNIER HOMME en 1826 et différents récits de voyage. Des œuvres qui seront sensiblement mises dans l’ombre par son célèbre FRANKENSTEIN qui atteindra une notoriété exceptionnelle et qui deviendra aussi un des leviers ouvrant la voie à la science-fiction moderne. Mary Shelly est morte en 1851 à l’âge de 53 ans.

FRANKENSTEIN AU CINÉMA

                  
1931                                           1957                                          1970

Boris Karloff a été le premier à interpréter Frankenstein dans l’adaptation cinématographique de 1931 produite par Universal. Sa prestation influencera toutes les incarnations futures du monstre. La plupart des scénarios ont une forte tendance à dénaturer l’œuvre de Mary Shelley. Les productions télé de 1973 et long métrage de 1994 sont beaucoup plus proche du roman. Quant à Boris Karloff, on peut dire qu’il aura marqué l’imaginaire collectif. Nous verrons dans d’autres adaptations de FRANKENSTEIN des contemporains de Karloff briller à l’écran : Christopher Lee (Frankenstein s’est échappé), Peter Cushing jouant le docteur dans les productions de la Hammer films, Lon Chaney jr (Le fantôme de Frankenstein) et bien sûr Bela Lugosi (Frankenstein rencontre le loup-garou)

  

                       1935                                                    2015

La production de 1935 remet en scène Boris Karloff. Il faut rappeler que dans l’œuvre de Mary Shelley, le docteur Frankenstein avait effectivement une fiancée.  Quant à la production de 2015, elle nous donne l’occasion de revoir Daniel Radcliffe qui joue autre chose qu’Harry Potter.

BONNE LECTURE
Jailu
Le dimanche 24 février 2019

 

LE COMPTE DE MONTE-CRISTO

Une vengeance en finesse

LE COMTE DE MONTE-CRISTO

Commentaire sur le classique d’
Alexandre Dumas

*Et maintenant, adieu bonté, humanité, reconnaissance…
Adieu tous les sentiments qui épanouissent le cœur!…
Je me suis substitué à la Providence pour récompenser
les bons…Que le Dieu vengeur me cède la place pour
punir les méchants!*
(Extrait : LE COMTE DE MONTE-CRISTO, Alexandre Dumas,
Flammarion 1998, édition revue en 2007 et réunissant les deux
tomes parus en 1998 en un seul volume. Papier, 420 pages)

Ce livre raconte l’histoire d’Edmond Dantès, capitaine en second sur le navire Marchand LE PHARAON. En février 1815, Dantès est promu capitaine par son armateur suite au décès du capitaine Leclère. Il est heureux et se promet d’épouser Mercédès, sa jolie fiancée. Jaloux de cette promotion, le comptable de bord, Danglar fomente, avec l’aide de complices, un complot qui vise à éliminer Dantès qui se retrouve au cachot dans le château d’If. Il devient ami avec un codétenu, détenteur du secret de l’existence d’un fabuleux trésor sur l’île de Monte-Cristo. Par une ruse habile, Dantès s’échappe du Château d’If, réussit à se rendre dans l’île déserte de Monte-Cristo et à prendre possession du trésor. Alors, Dantès devient le Comte de Monte-Cristo et jure de récompenser les rares personnes qui l’ont aidé et à poursuivre ses bourreaux afin d’exercer une implacable vengeance. Rien de moins, une intrigue puissante sur fond de haine, d’amour et de vengeance.

UNE VENGEANCE EN FINESSE
*«Camarade…je vous adjure d’avoir pitié de moi
et de me répondre. Je suis le capitaine Dantès,
bon et loyal français, quoique accusé de je ne
sais quelle trahison : où me menez-vous? Dites-
le, et, foi de marin, je me rangerai à mon devoir
et me résignerai à mon sort.»*
(Extrait : LE COMTE DE MONTE-CRISTO)

Encore une fois, j’avais une envie irrésistible de me tourner vers les classiques de la littérature. Je voulais un roman à large spectre comprenant plusieurs éléments : action, trahison, espionnage, machination, romantisme, vengeance et autres *tags* appropriés. J’ai consulté la liste des best-sellers à vie et j’ai finalement choisi un livre que j’ai déjà lu il y a plus de 40 ans. Je vous parle du grand classique d’Alexandre Dumas : LE COMPTE DE MONTE-CRISTO. Alors que j’étais dans la jeune vingtaine, je me rappelle très bien avoir été séduit par la beauté de l’écriture du Père Dumas et de son style exotique et alerte.

La trame est très simple mais le développement est surprenant : le 24 février 1815, jour où Napoléon quitte l’île d’Elbe, Edmond Dantès débarque à Marseille pour s’y fiancer avec Catalane Mercédès. Edmond est un jeune marin de 19 ans, second du navire LE PHARAON et pressenti pour remplacer le capitaine. Trahi par ses propres amis jaloux, Edmond est dénoncé comme conspirateur bonapartiste, enfermé au Château d’If sur une île au large de Marseille. Il y restera pendant 14 ans et y fera la connaissance de l’abbé Faria qui dévoile à Edmond le secret de l’emplacement d’un trésor sur l’Île de Monte- Cristo. Avec difficulté et non sans d’énormes risques, Edmond s’échappe de sa prison et réussit à gagner l’île de Monte-Cristo, trouve le trésor, s’en empare et enfin concocte sa vengeance contre ceux qui l’ont accusé et emprisonné injustement.

J’ai trouvé remarquable la façon dont l’auteur a réintégré Dantès dans son milieu. Il le fait passer pour divers personnages dont le comte de Monte-Cristo. J’ai aussi beaucoup apprécié la finesse avec laquelle Dantès exerce sa vengeance. En adhérant à cette vengeance que je jugeais fort légitime, je devenais accro du livre, de la magie de son écriture et du petit caractère fantastique que j’ai perçu dans le développement du récit. tout à fait dans la tradition littéraire du XIXe siècle avec un petit plus : une vengeance méthodique sans violence abusive, une garantie de bonheur et de liberté pour ceux qui lui sont restés fidèles le tout enrobé d’émotions et d’un style qui je crois allait ouvrir la voie à une nouvelle forme romanesque en littérature et aux fameuses histoires de cap et d’épée au cinéma.

J’ai noté toutefois quelques faiblesses, mais c’est en comptant avec mon raisonnement de lecteur du 21e siècle. Le livre accuse des longueurs et des redondances. Devrais-je me compter chanceux? L’édition originale de l’œuvre compte 1 500 pages dans le genre roman feuilleton. Dumas adorait s’étendre longtemps sur des passages précis de ses œuvres et parfois, ça ne finissait pas de finir. L’édition que j’ai lue a un peu plus de 400 pages et j’observe encore des longueurs. Il y a aussi plusieurs passages déclamés aux formes plus théâtrales que littéraires. Certains passages rappellent la complainte,d’autres le conte. J’ai été aussi un peu déçu de la finale, le sort de Morel traînant à mon avis inutilement en longueur.

Et puis j’ai trouvé l’aspect romanesque légèrement sous-développé. Enfin, il y a deux parties à ce roman : Edmond Dantès avant sa rencontre avec Fariah et le Comte de Monte-Cristo après sa rencontre avec Fariah alors qu’il est devenu un peu plus froid et calculateur jusqu’au machiavélisme, une situation plus difficile à inscrire dans un contexte romanesque.

Mais ce sont des détails. La perfection n’existe nulle part y compris en littérature. Encore une fois, 40 après, j’ai été enchanté de revisiter Alexandre Dumas dont l’influence est encore marquante dans la littérature moderne. Je vous invite donc à entreprendre la lecture du livre le plus lu d’Alexandre Dumas et une des œuvres les plus adaptées à l’écran : LE COMTE DE MONTE-CRISTO.

Alexandre Dumas Père (1802-1870) est un écrivain français. Ne pas confondre avec Alexandre Dumas fils (1824-1895) à qui on doit entres autres LA DAME AUX CAMÉLIAS. Le Père, à 13 ans, grâce à la grande qualité de sa calligraphie, est engagé comme coursier dans une étude de notaire. Il se lie avec Adolphe de Leuven qui l’initie à la poésie moderne. Ils écrivent ensemble des vaudevilles qui connaîtront des succès flatteurs. Il devient très prolifique. Suite à la publication et au succès de LES TROIS MOUSQUETAIRES en 1844 et LE COMTE DE MONTE- CRISTO en 1846, il lance en 1853 LE MOUSQUETAIRE, un quotidien, suivi en 1857 du MONTE-CRISTO, un hebdomadaire. Parallèlement, il écrit…jamais en panne d’inspiration…LA REINE MARGOT en 1845, LE COLLIER DE LA REINE, LA COMTESSE DE CHARNY et plusieurs autres…

LE COMTE DE MONTE-CRISTO AU CINÉMA
Ils ont incarné Monte-Cristo au fil du temps

          
Jean Dangelo (1929)                             Robert Donat (1934)

    

                                 Louis Jourdan 1961               Richard Chamberlain 1975

Jim Caviezel, 2002

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 18 novembre 2018