GEORGES BRASSENS

LE POLISSON DE LA CHANSON

Georges Brassens

Commentaire sur le livre de
René Fallet

*J’ai passé, près ou loin de lui, quinze années d’amitié,
d’une amitié pour laquelle je ne trouve qu’un mot
d’une banalité accablante : merveilleuse.*
(Extrait de : GEORGES BRASSENS par René Fallet dans son
*introduction pour mieux saisir les intentions d’un auteur
qui n’en avait aucune* , Éditions Denoël, 1967, 115 pages.)

Dans son récit-hommage, René Fallet témoigne de son amitié avec Georges Brassens, un monument de la chanson française. Tout a commencé en 1953 alors que Fallet publiait un article sur Brassens. Ce dernier, séduit, offre son amitié au journaliste. Depuis, la relation s’est enrichie jusqu’à la mort du poète. Ce livre est plus un hommage qu’une biographie. On y retrouve des textes, des témoignages, des anecdotes, des photographies. Fallet a choisi de mettre le mythe de côté et de se concentrer sur l’homme mettant en perspective, de façon parfois émouvante le caractère affectueux de Brassens, son petit côté drôle et libertaire. Ce livre a été édité une première fois en 1967, puis réédité en 2001 enrichie cette fois d’extraits du journal de Fallet, textes de programme, et présentations de Brassens auxquelles l’auteur a prêté sa plume.

Le polisson de la chanson

*J’aime mieux m’en tenir à ma premièr’ façon
et me gratter le ventre en chantant des chansons.
Si le public en veut, je les sors dare-dare,
s’il n’en veut pas je les remets dans ma guitare.
Refusant d’acquitter la rançon de la gloir’,
sur mon brin de laurier je m’endors comme un loir.
Trompettes
de la renommée,
vous êtes
bien mal embouchées!
(Extrait de la chanson LES TROMPETTES DE LA RENOMMÉE
sortie en 1962. Paroles et musique : Georges Brassens, du
9e album de Brassens)

J’avais hâte de vous parler de mon auteur-compositeur préféré : Georges Brassens. Mon engouement pour ce poète, ce *polisson de la chanson* a commencé très tôt : 1964, j’étais en 3e année à l’école primaire Saint-Maurice de Shawinigan. Le conjoint de mon enseignante, Yvon, me donnait, une fois par semaine, des petits boulots à faire à son club de céramique à l’aréna de Shawinigan. Un samedi matin, en longeant le long couloir menant au club, j’entends une chanson. Le tourne-disque d’Yvon était aussi précieux que ses céramiques et il ne se gênait pas pour l’utiliser à volume élevé quand il était seul au club à préparer ses cours.

À l’approche de l’atelier, j’ai accroché non sur la voix du chansonnier mais sur les paroles de sa chanson : *Trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées! Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente avec le Pèr’ Duval, la calotte chantante, lui, le catéchumène, et moi, l’énergumèn’, il me laisse dire merd’, je lui laiss’ dire amen…* (extrait : LES TROMPETTES DE LA RENOMMÉE). En entrant dans le local, on se salue et je lui demande qu’est-ce que c’est que cette chanson? C’est là qu’il a commencé à me parler de Georges Brassens, un nom qui ne disait rien aux jeunes de mon âge et pourtant, je commençais à beaucoup m’y intéresser. Depuis, la force d’attraction de Brassens n’a cessé de croître sur moi.

Pour moi, comme pour la plupart de ses fans d’ailleurs et même pour ses amis, Brassens était un personnage singulier, énigmatique, secret. Même dans le monde du spectacle, Charles Aznavour disait de Brassens qu’il était à part. À Bobino, dont il avait fait pratiquement son quartier général, Georges Brassens se présentait sur une scène dépouillée, avec un seul accompagnateur : un contrebassiste. Comme équipement : sa guitare bien sûr, une chaise pour y poser le pied. Attendant, déjà en sueur dans son veston un peu froissé et sa cravate ample…lorsque le rideau se levait, il était parti pour la gloire de divertir un public déjà conquis, venu applaudir le polisson de la chanson.

*Ses contemporains respirent en lui comme un parfum d’autrefois, un revenez-y de douceurs disparues…Georges Brassens est un homme de qualité. Cette qualité est son plus beau costume de scène. Cette qualité du texte de la pensée est la plus fière marque de respect que l’on puisse  donner à un public. Les marques extérieures n’existent pas auprès de celle-là…*

Brassens était un poète complet comme il ne s’en fait pas beaucoup. Chacune de ses chansons est un univers à explorer et à décortiquer. C’est précisément ce qu’a fait René Fallet dans son petit volume : un commentaire pour chaque chanson à la façon bien particulière de Fallet…colorée, originale, enveloppée de poésie vivante, celle si chère à Brassens. Et plus encore, Fallet enrichit son texte d’une chaleur enveloppante et d’une extraordinaire sincérité.

J’aurais aimé être l’ami de Brassens…tout le monde aurait aimé être l’ami de Brassens…mais voilà, c’était pas donné à tout le monde. Je vous invite donc à connaître Georges Brassens ou à renouer avec celui qui nous a laissé un héritage poétique et culturel d’une exceptionnelle profondeur et d’une magnifique beauté à travers l’amitié que lui vouait René Fallet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

René Fallet (1927-1983) était un écrivain et scénariste français. Après sa démobilisation en 1945, il publie son premier recueil de poèmes. Les années qui suivent seront consacrées à l’écriture, à la critique et aux voyages. En 1952, il entre au CANARD ENCHAÎNÉ, célèbre hebdomadaire satirique français. En 1953, il rencontre Georges Brassens. Ce sera le début d’une belle et longue amitié. Il se marie et entre temps reçoit le prix du roman populiste pour ses trois premiers romans BANLIEUE SUD-EST,  LA FLEUR ET LA SOURIS et PIGALLE. En 1964, son fameux roman PARIS AU MOIS D’AOUT, qui lui rapporte le PRIX INTERALLIÉ lui assure prestige et notoriété.

BONNE LECTURE
JAILU
FÉVRIER 2016

LA THANATOLOGIE DÉMYSTIFIÉE

AVIS DE DÉCÈS les tribulations d'un croque-mort

AVIS DE DÉCÈS
Les tribulations d’un croque-mort

Commentaire sur le livre de
Daniel Naud

*Et cette chose me guette, en attente, les
mâchoires exhibées. Installé entre les
pédales de frein et d’accélération, le crâne
de l’homme me fixe de ses sombres orbites
vides. Tombé de son emplacement
original, il repose entre les pieds de son
propre corps.*
(Extrait : AVIS DE DÉCÈS les tribulations d’un
croque-mort, Daniel Naud, Perro éditeur,  2013,
édition numérique, collection i book)

AVIS DE DÉCÈS LES TRIBULATIONS D’UN CROQUE-MORT est un recueil anecdotique inspiré de l’expérience personnelle et professionnelle de l’auteur, le québécois Daniel Naud, thanatologue depuis 1992. L’auteur répond à presque toutes les questions que se pose le commun des mortels sur son métier, dévoilant ainsi les aspects techniques et rituels généralement classés par le grand public comme des mystères. Mais pour l’auteur, il n’y a pas de mystère, seulement une retenue imposée par le respect, les traditions et les émotions. Les explications livrées par les différents récits contribuent à apporter une meilleure compréhension sur un monde mystérieux, un mystère qui a toujours terrorisé les humains : la mort… un vécu d’embaumeur raconté d’une façon très personnelle, parfois avec humour, mais surtout avec respect.

La thanatologie démystifiée
*Ce recueil ne vise pas le sensationnalisme, mais
bien la présentation des facettes cachées du
domaine funéraire, et le partage d’histoires
parfois touchantes, drôles, stupéfiantes et
même à lever le cœur*
(Extrait du prologue de AVIS DE DÉCÈS LES
TRIBULATIONS D’UN CROQUE-MORT)

AVIS DE DÉCÈS est un ouvrage original qui ouvre la porte sur un monde fascinant qui suscite de nombreuses interrogations et ce, depuis les origines de la vie : LA MORT. L’auteur sait de quoi il parle puisqu’il est lui-même thanatologue depuis de nombreuses années. Dans ce recueil, Naud a soigneusement évité les artifices, l’humour crasse. Il n’est pas question non plus de vie après la mort. Je dirais plutôt que ce livre, dans lequel le respect est omniprésent, développe un sujet aussi mystérieux que la mort elle-même : la thanatologie et la thanatopraxie, c’est-à-dire la gestion de la mort. Pour en parler, l’auteur a choisi de raconter, de façon personnelle et directe, quelques histoires tirées de son vécu d’embaumeur.

Dans ses récits, Daniel Naud nous livre, de façon exhaustive, les grands thèmes qui se rapportent à sa vocation en commençant par sa propre perception de la mort, l’aspect rituel, les aspects techniques comme ceux relatifs à la décomposition, la préservation d’un corps et tout ce qui doit être fait avant l’exposition y compris l’accompagnement des familles en deuil, les aspects complexes de la récupération de corps sur les lieux d’accident, les risques liés à son métier et les sentiments qu’il éprouve…

C’est un récit simple, dépourvu de sensationnalisme qui nous rappelle que les thanatologues sont des êtres humains et empathiques. On ne peut rester indifférent à un tel livre parce que la mort fait peur, mais la fin de la vie suscite tellement de questionnements, de curiosité qu’on ne peut résister à un récit développé avec autant de délicatesse que de franchise. Dans ce recueil, j’ai ressenti de l’émotion…une émotion stimulée par un choix approprié des mots et un certain humour empreint d’une bienfaitrice retenue.

Malgré quelques passages morbides obligés, le livre est équilibré et bien ventilé et livre même des moments qui nous arrachent quelques sourires comme par exemple dans le chapitre COUP DE FOUDRE AU CIMETIÈRE où l’auteur raconte comment il est tombé en amour ou encore le chapitre L’HABIT NE FAIT PAS LE MORT qui raconte une incroyable confusion de vêtements sur des défunts.

Ce livre est un peu plus qu’un simple ABC de la thanatologie car la vie professionnelle et même personnelle de ce que l’on appelle encore aujourd’hui un croque-mort y est livrée avec la mémoire des yeux et du cœur. Pour ma part, je crois que ma curiosité a été satisfaite.

Daniel Naud est un thanatologue et écrivain québécois né à St-Félicien, au Lac St-Jean, en 1971. Il évolue de près ou de loin dans le domaine funéraire depuis une vingtaine d’années et il adore ce métier qui lui permet d’aider les gens tout en vivant diverses émotions. Passionné depuis toujours par les sciences et la littérature, il poursuit avec bonheur son rêve d’écriture.

BONNE LECTURE
JAILU
OCTOBRE 2015

Dans la peau de nos ancêtres…

Dans la peau de nos ancêtres de Guy Solenn

Bonjour!

Je vous parle aujourd’hui d’un ouvrage que j’ai trouvé très intéressant et divertissant. Il s’agit de DANS LA PEAU DE NOS ANCÊTRES, de Guy Solenn. C’est un livre d’un peu plus de 200 pages divisé en courts paragraphes parlant du mode de vie de nos ancêtres, dans ses petits détails sur lesquels les livres d’histoires ne s’arrêtent généralement pas. La période visée est principalement du Moyen Âge à nos jours, tel que mentionné sur le quatrième de couverture. Un détail important qui n’y figure pas par contre, c’est que ce livre concerne surtout la France. Bien que la plupart des informations sont sans doute applicables sur la majeure partie de l’occident, les nombreuses anecdotes, exemples, clins d’oeil concernent presqu’essentiellement l’histoire de la France. Ça reste très intéressant, mais ça aurait été la moindre des choses de le signaler d’une quelconque façon, dans le titre ou ailleurs.

Mais à part cette petite frustration, je suis très satisfait de ce livre. La division en petits paragraphes et l’écriture simple, concise en font un livre divertissant et agréable à lire. Les petites images qui ponctuent les articles, sans être extraordinaires, augmentent l’attrait général. Il y a beaucoup de sujets abordés: Les villes, la campagne, la relation avec le temps, le divertissement, la famille, les métiers, la cuisine, l’éducation, la hiérarchie et l’hygiène. Ce sujet revient d’ailleurs assez souvent. Des exemples d’articles: La création de la poubelle, la popularisation de la patate, l’évolution du pantalon, la découverte du savon, l’apparition de l’éclairage publique, etc etc etc…

Oui assurément le curieux y trouvera son compte. L’historien par contre sera soit inspiré pour aller approfondir ses connaissances ou juste frustré par un ouvrage trop simpliste et pratiquement sans références. Personnellement j’ai trouvé le livre efficace en ce sens qu’il m’est arrivé à plusieurs reprises pendant la lecture, de me retrouver dans ma cuisine, mon salon, mon auto, et de m’arrêter un instant malgré moi, et de contempler ce qui m’entoure en me disant “wow, que les choses étaient différentes… que je suis bien!”.

Phenixgoglu
Mars 2013

(En Complément…)