HERGÉ FILS DE TINTIN, partie 1

L'art du dessin et la science de la narration

HERGÉ, FILS DE TINTIN

Commentaire sur le livre de
BENOÎT PEETERS
(partie 1)

*«Tintin, c’était moi, avec tout ce qu’il y a
en moi de besoin d’héroïsme, de courage,
de droiture, de malice et de débrouillardise…»*

Hergé (Extrait: HERGÉ FILS DE TINTIN,
Benoît Peeters, Éditions Flammarion, 2006,
collection Champs essais, édition de papier,
540 pages pour l’édition numérique)

L’ART DU DESSIN
ET LA SCIENCE DE LA NARRATION
<«Au fil des ans, je n’ai cessé de retrouver
Hergé : j’ai lu des dizaines de livres et de
manuscrits à son propos, préfacé de
nombreux volumes…mon regard sur Hergé
avait changé : son travail continuait de me
parler, mais chaque fois différemment.
Benoît Peeters.>
(HERGÉ FILS DE TINTIN. Extrait de l’introduction)

Dans cette première partie d’un dossier consacré à HERGÉ, FILS DE TINTIN, je me limiterai à vous communiquer mon commentaire et mes sentiments sur ce livre fascinant…personnellement, je le considère fascinant d’une part parce qu’il y est question de deux de mes meilleurs amis d’enfance : Tintin et Milou et d’autre part parce qu’il s’agit d’une des meilleures biographies d’un personnage adulé par ses pairs et par des millions de jeunes lecteurs et lectrices qui connaissent Georges Rémi sous le nom de HERGÉ. D’abord, dès les premières lignes de l’ouvrage, l’éditeur, Flammarion, nous donne une précieuse indication sur la façon dont on doit aborder le livre : *…dans ce singulier roman de formation, c’est surtout le personnage qui a construit son auteur. Le jeune employé du quotidien LE VINGTIÈME SIÈCLE était parti de bien peu de chose. Album après album, Tintin a fait l’éducation de Hergé, le conduisant vers des horizons inimaginables. * (Extrait)

On pourrait considérer le livre comme un journal, mais c’est plus que ça, indirectement, c’est une biographie. Cette belle histoire commence en 1929 avec une idée qui débouche sur la naissance de Tintin. Au début c’est timide, quelques planches dans des journaux, des revues et des magazines jusqu’en 1930 où parait le premier album officiel : TINTIN AU PAYS DES SOVIETS et suivront 22 albums canoniques, de TINTIN AU CONGO jusqu’à TINTIN ET LES PICAROS. Il faut mentionner aussi qu’entre les albums de Tintin, Hergé développait d’autres séries qui allaient faire la joie des jeunes lecteurs et lectrices : Quick et Flupke et les aventures de Jo, Zette et Jocko.

Du livre HERGÉ, FILS DE TINTIN en général, j’ai apprécié le caractère exhaustif. J’ai tout appris : chaque album a son histoire et fait un pas de plus dans l’évolution de son auteur, on apprend aussi que la plupart des personnages ne sont pas là par hasard. Ils ont été inspirés par la réalité, même les Dupond-Dupont. Par exemple, une des premières amies de Hergé s’appelait Marie-Louise Van Cutsem. Son surnom était …Milou! Vous devinez la suite. J’ai aussi appris que, malgré tout le respect qu’on lui vouait, Hergé était souvent critiqué. 

En fait, plusieurs attribuaient à certains albums un caractère politique qui passe évidemment tout droit aux yeux des enfants. J’ai aussi appris que Hergé était un homme fragile à l’esprit tourmenté, devenu un peu dépressif suite au fameux retour d’âge de   quarantaine. Les relations avec ses pairs étaient souvent houleuses, d’autant que Hergé était perfectionniste jusqu’à l’obsession. J’ai appris tellement de choses sur Hergé, je ne peux pas tout dire, c’est à vous amis lecteurs et lectrices de le découvrir, mais une chose m’est apparue évidente : outre l’altruisme et l’empathie qui caractérisent Tintin, c’est le caractère propre insufflé au personnage qui forcera son créateur à grandir et évoluer, sans compter l’interaction du héros avec ses amis dont le capitaine Haddock qui est mon préféré…Mille sabords qu’il m’a fait rire celui-là! Peeters a passé en revue chaque étape de la vie de Hergé, a interrogé de nombreux témoins, lu une impressionnante correspondance et appuyé sur le concept historique de chaque album et l’influence de la deuxième guerre mondiale. C’est fouillé, c’est approfondi, documenté et complété par une impressionnante bibliographie.

Quand j’étais jeune, je suis devenu *tintinophile* dès le premier album. Je ne me souciais sûrement pas des côtés sombres de son auteur et de ses États d’âme. Quand j’ai terminé ce livre remarquable de Peeters, je me sentais un peu bizarre. J’ai vite compris pourquoi. Lire ce livre comporte un danger, celui de briser la magie. Vous comprenez sans doute ce que je veux dire. J’ai connu le monde magnifique de Tintin et de ses amis, maintenant je connais l’essence floue et compliquée de son auteur. On finit par passer par-dessus cette faiblesse. Je vous recommande ce livre sans hésiter.

Dans un deuxième volet consacré à HERGÉ, FILS DE TINTIN, je vous proposerai demain une courte biographie de Hergé, deux lectures parallèles issues de l’extraordinaire bibliographie sur le célèbre auteur-dessinateur dont une sur les célèbres jurons du capitaine Haddock et je complèterai en parlant brièvement de la présence de Tintin au cinéma.


BONNE LECTURE

CLAUDE LAMBERT

Le samedi
18 janvier 2020

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