LA LIGNÉE

La mythologie vampirique redéfinie

LA LIGNÉE

Commentaire sur le livre de
GUILLERMO DEL TORO
et
CHUCK HOGAN

*Ou bien une créature qui avait été Czardu. La peau
ratatinée, assombrie, assortie aux plis multiples de
son ample robe. Une ressemblance frappante avec
une tache d’encre mouvante. Cet être se déplaçait
sans effort apparent tel un spectre immatériel…Les
ongles de ses orteils, pareils à des serres d’oiseaux
de proie, grattaient légèrement le plancher.*
(Extrait : LA LIGNÉE, Guillermo Del Toro, Chuck Hogan,
Presses de la Cité 2009, édition de papier, 450 pages.)

Un avion en perdition finit par atterrir à New-York. Ce que les secouristes découvrent dépasse leur entendement. Après eux, une équipe d’épidémiologistes découvrent avec horreur que tous les passagers sont morts sauf quatre d’entre eux. Les victimes sont mortes paisiblement, du moins en apparence. Le même soir, parallèlement à cette stupéfiante découverte, 200 cadavres disparaissent des morgues de New-York. Ephraïm et son équipe d’épidémiologistes comprennent rapidement qu’une menace sans précédent plane sur toute l’agglomération New-Yorkaise et ses 20 millions d’habitants et pire, ça risque de s’étendre à toute la planète. Est-ce un attentat au gaz? Une bactérie foudroyante? Comment les choses peuvent peuvent-elles en arriver là? Ce que personne ne sait encore c’est que les vampires sont là, tapis dans l’ombre…

LA MYTHOLOGIE VAMPIRIQUE REDÉFINIE
*«Je pensais que les vampires ne buvaient que le sang
des vierges…Qu’ils hypnotisaient leur proie, qu’ils se
transformaient en chauve-souris.»…«On a beaucoup
brodé autour de leur existence. La vérité est plus…
comment dire… ?*
(Extrait : LA LIGNÉE)

Ce livre est un coup de cœur pour moi. Le thème des vampires est au cœur de l’histoire. Si LA LIGNÉE est une variation d’un thème surdéveloppé, il faut savoir que la variation est importante. En fait, LA LIGNÉE c’est Bram Stoker* revisité, modernisé, dépoussiéré mais dans le respect de l’idée de base : *Bram Stoker a popularisé la croyance selon laquelle le vampire pouvait se transformer en créature nocturne tels le loup ou a chauve-souris. C’est une idée fausse qui repose quand même sur un fond de vérité.* (Extrait) Ici, les auteurs vont au-delà du Dracula classique et aussi au-delà du vampirisme moderne que nous sert la télévision. Ce qui fait que j’ai trouvé le livre original. Je vous laisse découvrir les différences que proposent Del Toro et Hogan. Je crois que vous ne serez pas déçu.

Cela dit, l’histoire est imprégnée de mystère dès le début : un avion atterrit avec 200 passagers morts, plus tard, 200 cadavres disparaissent de différentes morgues. Un expert médico-légal a le temps de faire une autopsie et fait une découverte à la fois extraordinaire et terrifiante : *Il se passait quelque chose d’extraordinaire. On aurait dit que les lois immuables de la mort et de la décomposition devenaient obsolètes sous ses yeux, là, dans cette salle d’autopsie* (Extrait) Rien ne laisse supposer qu’il s’agit de vampires à ce stade. Les auteurs prennent bien leur temps pour confirmer cette notion jusqu’à ce qu’on constate qu’ils se multiplient de façon exponentielle : *Ces vampires -car c’est bien de cela qu’il s’agit-, sont des virus incarnés et ils vont se répandre dans toute la ville jusqu’à ce qu’ils nous aient tous exterminés.* (extrait)

Dès le départ, les auteurs m’ont entraîné dans une atmosphère d’intrigue, de mystère, de questionnement, le tout, s’en allant grandissant au fil des pages. Je n’ai compris que vers le milieu du livre que les auteurs m’entrainaient dans une logique de transformation du mythe des vampires. Rien à voir avec les vampires qui mordent le cou de leur victime, rien à voir avec Twilight. Je vous laisse découvrir les différences et comment Ephraïm pourrait éviter l’anéantissement de l’humanité étant donnée la vitesse avec laquelle se propage ce *virus incarné*.

J’ai trouvé ça novateur, audacieux, original avec quelques éléments qui m’ont atteint particulièrement comme le rôle que joue le site du World Trade Center dans cette histoire. La destruction des tours donne un lien intéressant et respectueux aussi avec la destruction possible de l’humanité dans cette histoire.

L’histoire est très bien construite et amène très graduellement le lecteur dans l’horreur, le chaos, la désolation. Il y a beaucoup d’action. C’est un thriller haletant. Je ne vous cacherai pas toutefois que j’ai trouvé la finale un peu bâclée. Les points forts du livre compensent largement cette faiblesse. Je vous recommande donc ce livre : LA LIGNÉE, premier tome de la trilogie du même nom…une série dite *vampirique*.

Guillermo del Toro est un réalisateur, scénariste, romancier et producteur de cinéma mexicain né le 9 octobre 1964 à Guadalajara, dans l’État de Jalisco. C’est aussi un spécialiste des effets spéciaux. Pendant plus de 10 ans, il a œuvré, dans son entreprise : Necropia à la création de nombreux effets spéciaux pour des productions mexicaines. Son imagination débordante s’est étendu au domaine littéraire avec quatre romans, trois coécrits avec Chuck Hogan et le quatrième avec Daniel Kraus. Il cumul de nombreux prix, mais essentiellement dans le monde du cinéma.

Chuck Hogan est un écrivain et scénariste américain né en 1969 à Canton dans le Massachusetts. Il est spécialisé dans la littérature policière, d’horreur et de science-fiction.  Son fameux roman LE PRINCE DES BRAQUEURS publié en 2004 lui a valu le PRIX HAMMETT. Sa notoriété s’accroit d’un cran alors qu’l s’associe au réalisateur-scénariste mexicain Guillermo Del Toro pour l’écriture d’une trilogie sur la violence amorcée avec LA LIGNÉE en 2009.  LA CHUTE et LA NUIT ÉTERNELLE complètent la série. Je note enfin que LE PRINCE DES BRAQUEURS a été adapté au cinéma par Ben Affleck en 2010 sous le titre THE TOWN.

La suite…

Abraham Stoker (1847-1912) est un écrivain britannique d’origine irlandaise, auteur de nombreux romans et créateur de DRACULA publié en 1897 et qui lui a valu la célébrité. Toute son œuvre est imprégnée du style néogothique qui n’est pas sans rappeler certaines œuvres devenues classiques comme par exemple FRANKESTEIN de Mary Shelly.  DRACULA, les vampires ne tarderont pas à envahir la littérature et le cinéma.

Christopher Lee.
Le plus célèbre DRACULA
du septième art

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le dimanche 27 janvier 2019

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