LE LIVREUR

Au plaisir de ton bonheur...Le Livreur

LE LIVREUR

Commentaire sur le livre de
Marie-Sophie Kesteman

*Personne ne l’avait jamais vu. Plus mystérieux encore
était le fait qu’il œuvrait ainsi dans l’ombre depuis près
de trois-cents ans. La plupart des villageois expliquaient
son immortalité par ses origines célestes, puisque pour
beaucoup, il serait un ange chu du ciel qui, tombé
amoureux du patelin, vivrait parmi eux. *
(Extrait: LE LIVREUR, Marie-Sophie Kesteman, Éditions
Hélène Jacob, collection Mystère/Enquête, 2014. Édition
numérique, 210 pages

Au cœur de Silver Owl, depuis trois cents ans, une légende prospère, jalousement gardée. Le dimanche, au cœur des ténèbres, entre minuit et 10 heures, le Livreur opère. Et un mystérieux colis noir apparaît sur le chemin d’un des habitants. « Ce que vous désirez le plus au monde », voilà ce qu’il vous offre. Il ne se trompe jamais. Il ne demande rien en retour. Et personne ne l’a jamais vu. De lui, on ne connaît que sa légendaire signature. Une ombre fugace, la lueur dans l’obscurité ; il est le héros de chacun. Qui est-il ? Quel est son objectif ? Tant de questions demeurent sans réponses… Cependant, pour la première fois en trois cents ans, le Livreur a commis une erreur… Une erreur qui pourrait bien mener Mélie sur sa piste. Parviendra-t-elle à être plus rusée que son héros ? Fondez-vous avec elle dans les pas du Livreur, et plongez au cœur de ses secrets. Imaginez-vous dans la grande noirceur…après minuit…

AU PLAISIR DE TON BONHEUR
Le Livreur
*Après avoir, par le plus grand des hasards,
heurté le livreur cette nuit-là, j’ai pris
conscience de son plus gros défaut: il a une
fâcheuse tendance à s’assurer qu’il n’a commis
aucune erreur. *  
(Extrait)

LE LIVREUR est ce que j’appelle un roman d’attente : cabinet de médecin, autobus, quand on attend dans l’auto ou qu’on relaxe sur la plage. Certains appellent ce livre *roman de gare*. Donc vous voyez un peu le genre. Ce n’est pas un livre qui va bouleverser la littérature mais ça reste une lecture légère, agréable et rapide. L’histoire est fantaisiste et pourrait même titiller l’imagination du lectorat car après tout, le livreur n’est-il pas un marchand de bonheur. Il livre chaque dimanche un petit colis à une personne sélectionnée et dans ce colis se trouve la réalisation d’un rêve. Alors, on peut s’imaginer facilement à la place de Mélie, l’héroïne de l’histoire qui espère ardemment la visite du livreur afin de réaliser un rêve très particulier…un peu fou même. Quelle ne fut pas sa surprise le jour où elle a reçu le fameux colis…vous aurez compris que l’histoire est prévisible.

C’est un roman très léger, victime de certains choix de l’auteure, Marie-Sophie Kesteman. Par exemple elle a choisi de faire connaître l’identité du livreur très tôt dans l’histoire, dans les premiers chapitres. C’est un choix qui fait changer le texte de direction et qui enlève beaucoup de saveur à l’ensemble de l’histoire. Tout est prévisible ou presque dans cette histoire surtout une amourette qui devient un grand amour entre Mélie et le livreur. Le récit est un peu naïf. Par exemple, comment Mélie et son ami ont pu trouver aussi vite la maison du livreur qui œuvre au bonheur de ses semblables de père en fils depuis 300 ans, sans recherche, sans indice. Nos amis, savent que la maison est là…un peu d’effraction et voilà…le tour est joué. Je souligne aussi la naïveté de la relation entre les deux jeunes adultes héros du récit. On dirait des enfants.

La principale force du roman réside justement dans sa naïveté. Il ne se prend pas vraiment au sérieux et reste positif. Imaginez, un rêve réalisé pour chaque colis livré. Le problème, c’est qu’une fois Mélie bien installée dans sa relation avec le livreur, on entend plus parler de livraison. L’histoire est recentrée et se prépare à une finale plutôt intéressante malgré certains aspects discutables.

C’est une lecture intéressante, vivante, très légère, agréable. Malgré tout, elle ne m’a pas emballé parce que l’histoire est sous-exploitée et je dirais sous-alimentée. Je reproche souvent aux romans leur longueur. Ici, c’est le contraire. Le roman n’est pas assez long et omet des détails intéressants, sinon importants. Il aurait été intéressant par exemple de connaître l’origine de cette étrange tradition du livreur, d’en savoir plus sur l’altruisme du fondateur, de comprendre les bases financières. Réaliser des rêves chaque dimanche pendant 300 ans suppose des dépenses colossales. D’ailleurs j’ai bien vu que le jeune livreur et celui qui passe pour son domestique appelé MOZART (en passant), ne regardent pas à la dépense.

Pour ce qui est des personnages, je dois dire que j’ai eu de la difficulté à m’y attacher. Ils manquent de profondeur et d’authenticité. Mais il y a quand même Mozart qui est un peu spécial et qui m’a fait sourire, consacrant ainsi un brin d’humour rafraîchissant. Comme vous voyez, il y a quand même du positif. L’ensemble aurait simplement besoin de retouches.

Donc pour résumer, je dirai que c’est un petit livre sympathique, agréable à lire. Son sujet est original, presque onirique qui donne à l’ensemble une allure de conte. L’auteure est avare de détails et de rebondissements, donc l’histoire se lit très vite. Il n’y a pas non plus beaucoup de place pour les rebondissements. Malgré tout, c’est une lecture positive et bonne pour le moral.

Au moment de publier mon article, Marie-Sophie Kesteman a 25 ans et réalise sa septième et dernière année de médecine à l’Université de Liège. Elle rédige elle-même une courte biographie sur un sympathique ton badin : * Étudiante, boute-en-train, éternelle optimiste, future médecin, auteure, Belge, Liégeoise, chroniqueuse, mais avant tout… rêveuse ! J’ai pour habitude de dire que les chaussures des rêveurs sont toujours usées, parce qu’ils passent plus de temps à regarder les étoiles qu’à regarder leurs pieds… Eh bien ! Sachez que je n’ai plus aucune paire de chaussures convenable ! Et c’est tant mieux ! Pourquoi j’ai décidé d’écrire ? Pour rendre possible l’impossible. Aussi, je vous invite à plonger avec moi au cœur de mes rêveries. Elles sont parfois un peu farfelues, mais peut-être en ressortirez-vous avec de la poussière d’étoiles plein les yeux. *

Bonne lecture
Claude Lambert
vendredi 6 novembre 2020

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