Un projet altruiste

…Tandis qu’il descend les marches, le garçon
Ne peut retenir un sourire gamin :
Mentir n’a jamais été aussi excitant…
(extrait de LES BRAVOURES DE THOMAS HARDY
1. LE BAL DES ANCIENS de Philippe Alexandre)

Commentaire sur le livre
LES BRAVOURES DE THOMAS HARDY
Du Québécois Philippe Alexandre

Pour bien marquer son entrée au secondaire et devenir très populaire, Thomas Hardy décide de se démarquer en établissant un record du monde qui serait immortalisé dans le livre des records Guinness. Au cours de ses préparatifs, une chaîne d’évènements fait réaliser à Thomas qu’établir un record ne lui apporterait finalement pas grand-chose. Alors… pourquoi pas un projet qui sèmerait de la joie de vivre et du soleil autour de lui en particulier pour sa grand-mère chez qui le médecin vient de diagnostiquer la maladie d’Alzeimer. La première chose à faire pour Thomas : prendre son courage à deux mains…

 

Quand je lis un livre pour pré-ado, je dois d’abord relever le défi de retrouver l’esprit qui m’animait quand j’avais 11-12-13 ans. La nature fait le reste…car après tout, les jeunes d’aujourd’hui ne diffèrent pas tellement de ceux de l’époque des baby-boomers. Les jeunes de tous temps sont caractérisés par la curiosité, la soif de connaissance, le goût de l’indépendance, la nécessité de se démarquer et le besoin d’être aimés. Ainsi retombé en enfance, le temps d’une lecture, je peux décider si, d’après mes critères, les jeunes lecteurs et jeunes lectrices ont été bien servis par le livre. Je crois que c’est le cas ici. J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre Thomas dans son aventure.

Je note d’abord que Philippe Alexandre a donné à son héros principal une personnalité attachante et une belle force de caractère avec juste ce qu’il faut de sensibilité. Donc, Thomas rayonne et a cette capacité de transmettre au jeune lecteur et à la jeune lectrice de l’énergie et le goût d’en savoir plus, ne serait-ce que de s’assurer que le jeune héros est allé au bout de ses rêves.

Les thèmes développés dans ce livre sont aussi très intéressants et sont de nature à influencer positivement les jeunes : la valeur de l’amitié, les relations intergénérationnelles et interethniques, les relations garçons-filles et la naissance de sentiments. Bien sûr on y retrouve des thèmes à caractère un peu plus romanesques mais qui attirent souvent les jeunes comme un aimant : par exemple, le courage, la générosité et un brin de témérité.

C’est un livre fluide et rafraîchissant qui devrait plaire aux jeunes et leur donner le goût de lire davantage…qui sait?

BONNE LECTURE

JAILU
JUIN 2013

(En Complément…)

UN MORCEAU D’ANTHOLOGIE

*Les hommes qui habitaient Diaspar avaient
Été conçus aussi soigneusement que ses
Machines. Le fait qu’il fût unique faisait
D’Alvin une rareté, mais ce n’était pas
Nécessairement une vertu.
(extrait de LA CITÉ ET LES ASTRES, d’Arthur
C. Clarke, Éditions Denoël, 1962)

Commentaire sur le livre
LA CITÉ ET LES ASTRES
D’Arthur C. Clarke

 
Diaspar est une ville d’un très loin futur, dirigée par un superordinateur qui  maintient les citoyens en vase clos, à l’abri du besoin mais dans l’éternelle crainte de l’extérieur de la ville, apparemment glacé, désertique, invivable. Les Citoyens sont maintenus en vie grâce à des circuits d’éternité qui les reproduisent à l’infini. L’histoire est celle d’Alvin, une exception dans l’univers de Diaspar car c’est sa première vie et il ne semble pas du tout effrayé par l’inconnu.

AVANT-PROPOS :

LA CITÉ ET LES ASTRES   sorti en 1956, soit 12 ans avant la parution de L’ODYSSÉE DE L’ESPACE 2001, point culminant de la littérature de science-fiction.  Je le précise ici parce que j’ai cru décelé  dans LA CITÉ ET LES ASTRES des *germes* de l’Odyssée, à la lumière de multiples allusions aux étoiles, à l’espace et à la petitesse de l’être humain dans un univers infini. Peut-être l’Odyssée couvait elle aussi dans d’autres livres de Clarke?  Ça pourrait être la joie d’une nouvelle découverte dans le puits sans fond de la littérature…

LA CITÉ ET LES ASTRES est un des plus beaux romans de la littérature au rayon de la science-fiction. Bien que publié pour la première fois il y a plus de 50 ans, pour moi, ce roman est sans âge et demeure indémodable, incontournable.

Clarke a donné à son personnage principal, Alvin, une exceptionnelle force de caractère sensiblement allégée par une certaine candeur. Alvin est l’éternel curieux qui a soif de connaissance et qui est soucieux de sortir son peuple de l’ignorance et de l’automatisme d’une vie sans saveur et sans défis. J’ai beaucoup apprécié le courage que lui a insufflé l’auteur, ainsi que son petit côté *tête de mule* qui le pousse à aller au bout de ses rêves. Il est attachant et comme lecteur, je m’en suis fait un ami.

Dans cette belle histoire, Alvin est l’élu. Ça, c’est le côté typique, pratiquement non-renouvelable des romans de type *fantasy*. Mais au-delà de ce *déjà vu*, l’originalité de l’ensemble réside dans le fait que l’élu veut préparer son peuple à recevoir et à surmonter une terrible vérité : que toute l’histoire de son peuple, s’étendant sur des millions d’années, repose sur des faussetés et des mensonges et qu’il existe à l’extérieur de Diaspar un autre peuple, différent mais qui gagnerait à être connu. Donc l’histoire repose sur la recherche de la vérité et non sur la guerre, la violence, les armes et l’agressivité belliqueuse. Il n’y a pas d’armées, pas d’esprit de vengeance ni de désirs de domination.

Ce sont les thèmes développés dans l’histoire qui rendent LA CITÉ ET LES ASTRES unique car plusieurs de ces thèmes échappent habituellement aux romans *fantasy * :  la beauté, le sens profond de l’amitié, le partage,  l’acceptation des différences…la tolérance, la recherche enthousiaste de la paix et du goût de vivre.

Malgré son âge, LA CITÉ ET LES ASTRES est un roman *au goût du jour*…un vent chaud et apaisant.

Bonne lecture
Jailu…JUIN  2013

(En Complément…)

SAVEUR DE CELTE

…Tout se passe comme prévu…Selon le calcul
De nos savants, il faudra 60 jours pour abaisser

La température du Gulf Stream jusqu’au niveau
Qui provoquera un froid extrême dans les
Régions du nord. La femme en or sourit et se
Versa une autre coupe de champagne…
(extrait de ODYSSÉE de Clive Cussler, Grasset, 2004)

COMMENTAIRE SUR LE LIVRE
*ODYSSÉE* de Clive Cussler

 

Dirk Pitt et Al Giordino découvriront alors un mystérieux projet de tunnels reliant deux océans et qui pourrait avoir un impact dramatique et permanent sur notre planète et notre monde…serait-il déjà trop tard?

 

 

Bien que ce livre ait, encore une fois comme toile de fond, la domination du monde par un sombre personnage riche et puissant (car, que recherchent les puissants de ce monde sinon encore plus de puissance, thème développé des milliers de fois dans la littérature) , j’ai beaucoup aimé ce livre à cause de son lien avec l’œuvre d’Homère.

Fidèle à sa tradition, Cussler débute son histoire par l’évocation d’une catastrophe du passé qui bien que légendaire, n’a jamais eu d’explication plausible sur le plan historique et géographique. Il s’agit ici de la guerre de Troie.

Toujours en partant de la découverte d’un vase Celte de 3 000 ans et avec son extraordinaire imagination, Cussler explique sa vision de l’odyssée et avance des explications fort plausibles sur ce que fût le cheval de Troie, l’utilisation qui en a été faite, le lien avec les Celtes, les druides et même l’emplacement géographique de la guerre de Troie qui ne serait pas du tout celui qu’on croit.

Sans artifice ni lourds discours scientifiques, Cussler a développé, à travers son interprétation de l’histoire, une intrigue solide et cohérente, sans longueur, en maintenant une tension constante. Ses personnages sont attachants et l’ensemble est bien documenté. J’ajoute que le percement d’un canal entre le pacifique et l’Atlantique sous le Nicaragua afin de stopper l’action naturelle du Gulf stream est une véritable trouvaille.

Odyssée est un roman intelligent. Je vous le recommande sans hésitation.

BONNE LECTURE

JAILU
JUIN 2013

(En Complément…)