24 histoires d’avent Noël

Noël tous les jours

24 HISTOIRES D’AVENT NOËL
Version audio

Commentaire sur le livre de
ERIK BJORK

Les titres

  • Le Noël de Jimmy l’épouvantail (Mary Wilkins Freeman) ;
  • La fée de Noël de Strasbourg (Joseph Stirling Coyne) ;
  • Le Noël de Lapinou (Lyman Frank Baum) ;
  • Noël tous les jours (William Dean Howells) ;
  • La petite fille aux allumettes (Hans Christian Andersen) ;
  • Quand Johnny Grillon vit le Père Noël (Johnny Gruelle) ;
  • Joyeux Noël, Père Fouettard ! (Erik Bjork) ;
  • Le sapin (Hans Christian Andersen) ;
  • Le bonhomme de neige (Hans Christian Andersen) ;
  • L’enlèvement du Père Noël (Lyman Frank Baum) ;
  • La lettre au Père Noël ;
  • Le Noël de Paulina (Anna Robinson) ;
  • Le voyage de Lilli au pays du Père Noël (Ellis Towne, Sophie May et Ella Farman) ;
  • Le moulin magique (Mary Howitt) ;
  • Le Noël des poupées ;
  • Toinette et les elfes (Susan Coolidge) ;
  • Le Noël de la petite fille (W. E. Lincoln) ;
  • Le Père Noël n’oublie pas ;
  • Gretchen et la chaussure en bois (Elisabeth Harrison) ;
  • Le cadeau de Noël de Boréas (W. J. Hays) ;
  • Joël et le Père Noël (Eugene Field) ;
  • Les sabots du Petit Wolff (François Coppée) ;
  • L’incroyable aventure de Chatouille et Pistou (Erik Bjork) ;
  • Ce que le père Noël dit aux jouets (Abbie Phillips Walker).

(FILEOS éditeur, 2015, Durée d’écoute : 5 heures 2 minutes. Narrateurs : Eric Bjork, et Anouck Montreuil.)

NOËL TOUS LES JOURS
*-Est-ce que le Père Noël a apporté un cadeau
à l’épouvantail ? -Bien sûr que non ! …
Je te souhaite un Joyeux Noël dit-elle à
Jimmy l’Épouvantail
(Extrait de LE NOËL DE
JIMMY L’ÉPOUVANTAIL)

Voici une petite merveille sonore qui accompagnera les enfants dans les jours précédant Noël. L’œuvre comprend 24 contes et histoires, soit un pour chaque jour de décembre avant Noël. Un calendrier sonore de l’avent pour les tout-petits. Durée moyenne: treize minutes. Chaque histoire est enrichie d’effets sonores, de musique, de voix d’enfants. La narration d’Eric Bjork et Anouk Montreuil est un bijou de chaleur et d’émotions avec un registre vocal tout en nuance qui est de nature à cultiver chez l’enfant le sens de l’émerveillement. Les contes m’ont rappelé évidemment les souvenirs de mon enfance, je pense à UN NOËL TOUS LES JOURS de Howell.

J’ai renoué avec ce bon vieux Père fouettard que j’imaginais sombre, barbu avec des cheveux hirsutes et sur lequel j’entendais beaucoup d’histoires qui ne plaisaient pas aux enfants qui n’étaient pas gentils. On retrouve dans la collection quelques classiques d’Andersen. Je ne suis pas sûr que les enfants apprécieront LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES, mais ce serait l’exception. C’est bien fait, léger, chaleureux et je le rappelle encore une fois, c’est une occasion en or d’introduire les enfants à la littérature, une occasion de se rapprocher des enfants, de leur donner du temps car idéalement, les parents doivent accompagner les enfants dans cette démarche de découverte et je ne m’en cache pas, ça m’a permis de retomber en enfance pendant un moment. Une expérience sonore des plus agréable.

Rien d’intéressant en photo ni en propos concernant l’auteur et narrateur Erik Bjork. Par contre, j’ai pu apprendre sur Anouk Montreuil que c’est une véritable femme orchestre, avant tout comédienne et dont la voix est spécialement largement utilisée : Livres audios, dessins animés, publicité, documentaires, doublages, applications-jeux, vidéos, internet, jingles, présentations, etc. Ses capacités vocales lui permettent de doubler aisément tous les âges de la vie : entant, adolescent, jeune adulte, troisième âge et aîné.

Bonne écoute
Claude Lambert
Le dimanche 29 novembre 2020

LES FIANCÉS DE L’HIVER

L'innocence d'une héroïne

LES FIANCÉS DE L’HIVER

Commentaire sur le livre de
CHRISTELLE DABOS

*Ses deux cicatricesjuraient presque sur la
nouvelle symétrie de son visage, bien rasé,
bien peigné. Lentement, il se tourna vers
Berenilde.
Jai tué un homme. Il avait jeté
cela d
un ton nonchalant, comme une
banalité, entre deux lampées de soupe.*
(Extrait : LES FIANCÉS DE L’HIVER, Christelle
Dabos, premier tome de la saga LE PASSE-MIROIR,
Éditions Gallimard jeunesse 2013, papier, 600 pages)

« Écoute-moi bien, fille…tu es la personnalité la plus forte de la famille. Je te prédis que la volonté de ton mari se brisera sur la tienne.» Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Fiancée de force à l’un des héritiers d’un clan du pôle, elle quitte à regret le confort de sa famille. La jeune femme découvre ainsi la cour du seigneur Farouk, où intrigues politiques et familiales vont bon train. Loin de susciter l’unanimité, son entrée dans le monde devient alors l’enjeu d’un complot mortel. LES FIANCÉS DE L’HIVER est le premier tome de la saga LA PASSE-MIROIR.

L’INNOCENCE D’UNE HÉROÏNE
*Je pensais que ses petites manies meurtrières
lui étaient passées avec l’âge, enchaîna
Thorn en appuyant sur chaque consonne. Le
tour qu
elle vient de vous jouer prouve  le
contraire.>
(Extrait : LES FIANCÉS DE L’HIVER, PASSE-MIROIR #1)

Voici une histoire extraordinaire et originale. On y raconte le destin d’Ophélie, une jeune animiste vivant dans une des arches d’un monde futur fantastique et que, pour des raisons de mariage arrangé avec un mufle, on la catapulte dans l’arche du Pôle : *Le pôle est celle qui traîne la plus mauvaise réputation. Ils ont des pouvoirs qui vous détraquent la tête ! Ce n’est même pas une vraie famille, ce sont des meutes qui se déchirent entre elles*. (Extrait) Voici donc notre pauvre Ophélie qui atterrit dans un monde cruel et étrange pour un mariage dont elle ne veut pas, son fiancé non plus d’ailleurs, Thorn, l’intendant du Pôle, aussi sentimental qu’une veuve noire. Ce mariage a simplement été voulu par un club de vieilles filles qu’on appelle les Doyennes et qui ont décidé que cette union rapprocherait les deux familles pour leurs bénéfices mutuels.

Ophélie va donc évoluer dans un monde où la citadelle flotte dans les airs et devient une *citacielle*, un monde où on peut donner une gifle sans lever la main, un monde où on peut manipuler l’esprit par simple malfaisance, où certains objets s’animent et affichent un certain caractère comme le fameux foulard d’Ophélie et où de rares personnes, comme notre héroïne peuvent voyager en passant à l’intérieur d’un miroir. Eh oui ! Ophélie est une passe-miroir. Pour parler d’Ophélie elle-même, disons que c’est une fille sans attrait, pas particulièrement jolie, elle… *n’était bonne qu’à lire. Si on lui retirait ça, il ne restait d’elle qu’une empotée. Elle ne savait ni tenir une maison, ni accomplir une tâche ménagère sans se blesser.* (Extrait) Elle était gauche et maladroite. Au Québec, on dirait d’Ophélie que c’est une niaiseuse de première classe, mais ce n’est pas si simple. À vous de découvrir pourquoi : voici un indice : *Écoute-moi bien ma fille…tu es la personnalité la plus forte de la famille. Je te prédis que la volonté de ton mari se brisera sur la tienne.* (Extrait) 

J’ai beaucoup aimé ce livre. J’ai trouvé son charme enveloppant, sûrement à cause de la beauté de l’écriture, à la fois simple et directe…une écriture chaude qui raconte un monde froid… j’ai été ébranlé par toute une variété d’émotions concernant le personnage principal. Ça peut sembler paradoxal, mais de toutes les faiblesses de son Ophélie, l’auteure dégage une force extraordinaire. Donc Ophélie est pour moi une petite sœur, ma grande amie, mon élève, ma pupille, ma fille… je l’aime et je deviens lecteur vorace tellement j’ai hâte de voir comment elle va se sortir de ce milieu particulièrement pourri. Tel est le pouvoir de la plume de Christelle Dabos, issu d’une imposante recherche et une volonté de minutie sur les personnages et les interactions avec le milieu.

Dabos fait évoluer son héroïne dans un monde baroque, ambitieux, malsain où tout est truqué, joué d’avance. Sa principale force est d’entraîner le lecteur sur ses pas et de développer le goût de mettre beaucoup de personnages poudrés et artificiels à leur place. Elle a rendu la marchandise quoi. Ce livre m’a fait réagir. Il s’en dégage une gamme d’émotions. Ici l’auteure donne à un genre littéraire qui semble parfois épuisé, de la légèreté, de la subtilité, comme une nouvelle jeunesse. Ici, pas de dragon, d’épées qui cherchent le point faible d’encombrantes armures mais attention, il y a tout de même péril en la demeure. Sans redéfinir le genre, Christelle Dabos propose un style différent, plus léger. C’est du fantastique sans être trop spectaculaire. L’auteure développe les dons de ses personnages avec parcimonie et modération et j’aime ça. Pas d’exagération, pas de longueurs et de *m’as-tu vu*.

Je vous recommande donc LES FIANCÉS DE L’HIVER, premier tome de la série LA PASSE-MIROIR et je vous invite à faire comme moi éventuellement, vous lancer dans la suite : LES DISPARUS DU CLAIRDELUNE (tome 2) et LA MÉMOIRE DE BABEL (tome 3). Il sera très intéressant de voir comment évolue Ophélie dans ce milieu de loups et surtout de voir si le fameux Thorn est apprivoisable, voir domptable. Pour l’instant, il y a quelque chose qui fait que Thorn est dur à définir mais sous sa carapace froide de frustré antisocial, il y a des tendances qui pourraient bien s’inverser. Disons que l’auteure a préparé un festin à plusieurs services. La suite est prometteuse…très prometteuse. Je ne vais pas vendre la mèche mais je dirai simplement que les relations entre Ophélie et Thorn vont se préciser quelques peu pendant que de mystérieuses disparitions sont signalées à CLAIRDELUNE.

Une lecture qui évolue lentement, sûrement, agréablement.

À lire aussi :

      

Originaire de la Côte d’Azur, Christelle Dabos passe son enfance à Cannes. Bien qu’elle ait grandi dans une famille de musiciens, c’est surtout la plume qui l’intéressait. Elle ne tarde pas à rejoindre LA PLUME D’ARGENT, une cybercommunauté d’auteurs. Après avoir suivi une formation de bibliothécaire, elle s’installe en Belgique où elle vit maintenant, se consacrant à l’écriture. Le premier tome de LA PASSE-MIROIR lui vaut en 2013 le prix du premier roman jeunesse Gallimard. Un autre tome a suivi en 2015, le troisième en 2017. Les deux premiers ouvrages ont été récompensés du GRAND PRIX DE L’IMAGINAIRE dans la catégorie roman jeunesse francophone en 2016.

Bonne lecture
Claude Lambert
Samedi 28 novembre 2020

 

LE MYSTÈRE MENGELE

Sur les traces d'un monstre

LE MYSTÈRE MENGELE

Commentaire sur le livre de
JORGE CAMASARA

*Dès son arrivée, Mengele fit preuve d’une grande
activité… Il reçut bientôt le titre de «monstre» et
d’«ange de la mort» chez les prisonniers…ils se
souvenaient de lui à cheval, au milieu des victimes
…toujours une cravache de cuir à la main…*
(Extrait : LE MYSTÈRE MENGELE, Jorge Camarassa,
Robert Laffont, 2008, édition de papier, 179 pages)

Fruit d’une longue et rigoureuse enquête, le livre raconte un obscur épisode de l’exil en Amérique latine de l’un des plus grands criminels de guerre. Jeune savant eugéniste, Josef Mengele fut chargé de faire exploser le taux de naissances aryennes, afin de fournir les futurs soldats du Reich. À Auschwitz, il sélectionnait à l’arrivée des trains des enfants, juifs et tziganes – souvent des jumeaux –, sur lesquels il pratiquait d’effroyables expériences. En 1945, avec la complicité du Vatican, il échappe à la justice des Alliés et parvient à s’enfuir en Amérique latine où il officie comme médecin  alors  dans une ville frontalière du Brésil. Dès lors, les naissances de jumeaux se multiplient…tous blonds aux yeux bleus… les scientifiques n’ont pas d’explications à ce phénomène, mais pour l’historien Jorge Camarasa, on ne peut écarter l’hypothèse troublante : serait-ce là l’oeuvre du docteur Mengele ?

SUR LES TRACES D’UN MONSTRE
*Josef Mengele a passé ses dernières années
au Paraguay, dans cet enchevêtrement de
confusions, de soupçons et de données
improbables sur sa vie ou sa mort.*
(extrait)

C’est un livre qui rassemble des hypothèses sur la vie et la mort de Joseph Mengele, un des plus grands criminels de guerre de l’histoire et probablement le plus insaisissable, après sa fuite d’Auschwitz en 1945. Mengele était obsédé par une mission qui n’était rien d’autre qu’une manifestation eugénique tordue et dépravée : produire des jumeaux 100% Aryens afin de fournir des soldats au Reich. : *Si on peut être sûr de quelque chose avec cet individu insaisissable, c’est que Mengele n’a jamais renoncé dans sa tâche…Son obsession pour les jumeaux le marquera jusqu’à sa mort. *  (extrait)  À Auschwitz, surnommé « l’Ange blond de la mort », il sélectionnait à l’arrivée des trains des enfants juifs et tziganes sur lesquels il pratiquait d’effroyables expériences. En 1945, il échappe à la justice des Alliés et parvient à s’enfuir en Amérique latine. Au début des années 1960, on le retrouve médecin itinérant, féru de gynécologie, à Candido Godoi, une ville frontalière du Brésil dans laquelle vit une communauté allemande. Depuis 1963, plus de cent paires de jumeaux sont nées dans la petite ville de sept mille habitants. Une proportion qui dépasse l’entendement. Pour l’auteur-historien Jorge Camarasa, on ne peut écarter cette question troublante : serait-ce là l’oeuvre du sinistre docteur Mengele ? Ce livre est le fruit d’une enquête sur l’itinéraire de Mengele dans son exil en Amérique latine et tente d’expliquer pourquoi il n’a jamais été arrêté.

On sait que Mengele était un monstre sans conscience et dont les atrocités ont été largement détaillés dans beaucoup de livre et dans la presse. On sait qu’il envoyait des prisonniers à la mort en souriant ou en sifflant une chanson et qu’il se gardait les autres pour ses abominables expériences. Le livre de Camarasa ne s’attarde pas aux bassesses de Mengele mais plutôt à son errance en exil d’une part et son obsession pour la gémellité d’autre part. *…son histoire, sa correspondance, ses antécédents laissaient clairement apparaître son seul leitmotiv dans l’existence : l’expérimentation génétique. * (Extrait) Dans le livre, une phrase en particulier m’a intrigué car elle résume très bien le caractère insaisissable du personnage : *Joseph Mengele a passé ses dernières années au Paraguay dans cet enchevêtrement de confusions, de soupçons et de données improbables sur sa vie et sa mort. * (Extrait)

C’est un livre intéressant qui nous*rappelle de ne pas oublier* ces millions de personnes assassinées pour satisfaire une ambition eugénique et qui nous motive à exercer une tolérance zéro sur ces monstruosités. Toutefois, le quatrième de couverture mentionne que l’enquête de Camarasa est rigoureuse. Elle l’est sûrement. C’est un livre sérieux mais je constate malheureusement que tous les éléments qu’on y retrouve ne font qu’alimenter la légende entourant Joseph Mengele. Il y a beaucoup d’hypothèses, beaucoup de questions, mais peu de réponses.

Une chose est sûre, c’est que certains régimes politiques latins ont protégé Mengele et agissaient comme des sympathisants à la cause Nazie même si la défaite a dissout le régime. Le livre met en perspective des collaborations, des complicités, des associations douteuses, de la protection. Il semble que même pendant son exil, Mengele inspirait la crainte. Je suis donc resté un peu sur ma faim. Bien sûr, je peux poursuivre mes recherches avec des livres plus récents, mieux documentés. Pour ce qui est de LE MYSTÈRE MENGELE, la zone grise de la vie de Mengele demeure encore beaucoup trop vaste.

Jorge Camasara (1953-2015) était un écrivain et journaliste argentin diplômé en sciences de l’information par l’Université nationale de La Plata et qui a vécu à Córdoba. Il a travaillé dans plusieurs journaux et a servi en tant que conseiller du Centre Simon Wiesenthal.
Il a aussi participé à des colloques, et donné des conférences dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe. Sa bibliographie comprend près d’une quinzaine de livres dont quelques-uns sont devenus référentiels.

Bonne lecture
Claude Lambert
Vendredi 27 novembre 2020